Il y a 27 ans j'ai été considérée comme la petite fille malade,
mourante, fragile, sans avenir... Par mes parents, et la famille
élargie par ricochet. Aujourd'hui, vous savez bien qu'un avenir est
possible.
Même si au fil du temps, la réalité s'est imposée, mon
avenir s'est construit, je pense que cette idée reste ancrée quelque
part au fond du cerveau. Pas du mien hein, du leur ! :-)
Les restes de dépendance sont dans leur esprit, le mien n'en a plus la moindre miette... :-)
Les
repas de noël n'ont fait que me le confirmer, j'ai l'impression de
n'avoir rien en commun avec ma famille (en ratissant large).

Je pense
qu'ils me connaissent moins bien que quiconque. Je suis la pauvre
petite Céline. "T'as une gamine qui a besoin d'être couchée !" ai-je
entendu cette année. Et aussi une cousine qui me dit "Ah des rochers,
j'adore ça ! Y en avait dans le placard de mamy, mais on avait jamais
le droit d'y toucher, c'était pour toi"... Oui je crois bien que je
suis la préférée, et je déteste ça. Je ne suis ni la plus grande ni la
plus petite, juste l'handicapée. Qu'on m'aime je veux bien, mais pour
de bonnes raisons.
Cette même mamy qui faisaient prier mes petites
cousines, non pas pour moi mais presque, "pour les petits enfants
handicapés qui n'ont pas la chance comme Céline d'avoir des parents
aussi merveilleux/courageux"... Mouais.
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