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Stairways.2.L

L'Antechrist est un petit capitaliste frustré...

In vino...Satanas et Diabolo...grenadine | 10 décembre 2007


Vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi j'étais Président de la Société Mondiale pour la Tempérance et la Vertu ? Non, ce n'est pas (le Diable m'en préserve) pour convertir à ma cause, par ce biais, toutes les vieilles bigottes de la Terre. Enfin, pas seulement. Il y a aussi d'autres raisons plus...profondes. Plus personnelles, quoi ; parce qu'on a beau être l'Antéchrist, on n'en est pas moins un Homme. C'est à dire...une machine.

J'ai la fâcheuse faculté (mais vous le savez sans doute) de changer par ma seule présence le vin en eau et tout alcool, en général, en une boisson aussi inoffensive que la limonade. C'est ma condition qui veut ça ; je ne l'ai pas choisi. Mais il existe des moyens de contourner toute règle ; et celle-ci ne faisant pas exception, j'ai pu me procurer ces fameux verres à l'épreuve de mes pouvoirs afin de me prendre, comme de juste, une cuite mémorable. Elle le fut certes ; mais pas pour les raisons qu'on imagine : en fait tout fut "normal" pendant un moment. Et puis mes sensations se firent plus lointaines, mon rire plus nasillard (et plus bête), et mon champ de vision se résorba tout à coup comme peau de chagrin. Floup ! Comme une télévision qui s'éteint. Sauf que je restai conscient derrière l'écran ; en veille à l'intérieur du téléviseur. Je vis avec terreur la machine qui fonctionnait en moi, assistant impuissant au jeu de ses leviers. Je pouvais parler, mais je saisissais pour ça les mots percés sur une bande perforée, attrappant au hasard des bouts de mémoire instantanée, tel un vieil ordinateur, perplexe. De quel démon subalterne étais-je le jouet, en fin de compte ? Etait-ce toujours lui qui tirait mes ficelles, ou bien assurait-il seulement l'intérim en attendant que je recouvre mes esprits ? La raison m'adjure de croire en cette seconde hypothèse. Sans quoi...
Depuis ce jour, j'évite soigneusement l'ivresse et ses horribles conséquences ; organiser la Fin du Monde exige de la lucidité, c'est le prétexte officiel. Mais je veux surtout éviter de tomber à nouveau si bas que la machine qu'est mon corps ne reprenne le dessus. Qui sait, c'est peut-être ce qui est arrivé à Lucifer, lors de sa Chute : il s'en sera relevé dégrisé, sombre et désabusé, laissant désormais aux Anges et aux curés l'usage du vin de messe... De là viendrait l'attribution, à chaque génération d'Antéchrist, d'un pouvoir visant à nous garder du perpétuel recommencement de cette épreuve-par-l'alcool.

Bien sûr, il aura fallu que moi, j'aille mettre malgré tout mon doigt dans l'engrenage ; mais Diable, j'ai compris la leçon ! On ne me verra plus ivre avant longtemps - très longtemps. Sérieusement, si j'ai un conseil à vous donner : baisez tant que vous voudrez, succombez à tous les vices qu'il vous plaira ; mais, surtout, ne buvez pas !
(Rejoignez la S.M.T.V.)

Signé : Cousin Greg' & Cousin Gat'.

Publié par Cousin à 14:58:21 dans Dumplings | Commentaires (1) |

Histoire De Fanshawe Le Corbeau... | 29 octobre 2007

(Même à l'Antéchrist, on lisait des contes lorsqu'il était enfant. Celui-ci, par exemple...)

     C'était il y a longtemps, bien avant l'Ere Industrielle, à une époque où on ne brûlait plus les sorcières mais où l'on jetait encore les gens en prison pour toutes sortes de bonnes raisons. Parfois même on les exécutait ; et c'est là qu'intervient l'histoire de Fanshawe le Corbeau. Fanshawe vivait dans une prison, tout en haut d'une colline que la neige couronnait souvent ; il nichait sous le banc d'une ancienne cellule, entre les os d'un prisonnier qu'on avait oublié là de très nombreuses années auparavant. Fanshawe le Corbeau était le seul ami du bourreau de la prison ; et celui-ci, qui tous les matins faisait son office près de la guillotine dans la cour, donnait ensuite à manger à Fanshawe. C'avait toujours été ainsi : un long bruit de glissement métallique, parfois un cri sinistre, déchirant, et puis le grand "CLAP". Ensuite, le bourreau frappait dans ses mains pour appeler Fanshawe. Quand le corbeau se présentait, il trouvait à chaque fois, bien en vue au pied de la guillotine, une corbeille abondamment remplie de tout ce qu'un corbeau aime picorer. Alors il s'en donnait à coeur joie, il dépeçait son festin à grands coups de bec, ne laissait pas un lambeau de chair et nettoyait consciencieusement les os. Puis, heureux et repu, il s'en allait dormir sous son banc. Il ne ressortait que le soir, pour folâtrer autour de la prison en croassant d'une voix parfaitement lugubre...

     Avec le temps, Fanshawe le corbeau se mit à apprécier tout particulièrement le son de la guillotine qui pour lui signifiait : "à table !"; puis il apprit à aimer le spectacle du couperet qui tombait, tombait... Cela devint un jeu pour lui d'imiter le couperet de la guillotine. Il prenait son envol lorsque le triangle d'acier s'élevait, puis quand ce dernier retombait il piquait, piquait... Cette gymnastique le mettait en appétit. Et aussi...il sentait l'excitation le gagner. L'envie de manger, avant même la faim, se faisait plus aigüe dès qu'il voyait le bourreau préparer son instrument pour l'exécution. Parfois même, quand il ne pouvait plus tenir, Fanshawe le Corbeau haranguait le condamné qui tardait trop par de vifs piaillements d'impatience. Il voletait autour de la guillotine, montait comme pour emmener le couperet jusqu'en haut et se laissait tomber ensuite en piqué pour simuler la mise à mort. Cette danse macabre se poursuivait jusqu'à ce qu'il trouve enfin la corbeille pleine. Il finit par se prendre pour la Justice qui décidait des exécutions quotidiennes ; et il se prenait pour le couperet qui tombait chaque jour de plus haut, plus vite, plus fort. Mais un jour...

     Fanshawe le Corbeau estima qu'on le faisait attendre ; trois fois il avait piqué vers le sol, mais le bourreau le regardait et le couperet ne voulait pas tomber. Alors, excédé, l'oiseau monta le plus haut qu'il put ; puis il plongea. Sous lui, la guillotine qui se rapprochait, de plus en plus vite. Bientôt, dans un éclair, il vit le couperet descendre enfin. Encore plus vite. Fanshawe s'en rapprocha, Fanshawe le dépassa. Plus vite, plus vite encore. Grisé, le corbeau songeait que le repas allait, enfin, lui être servi, qu'il était plus que temps et qu'il avait bien fait de manifester son courroux légitime par cette éclatante démonstration. Enfin, comme de juste, la tête tant attendue roulait...
Il ne redressa pas. Tandis que son repas roulait dans la corbeille, Fanshawe le corbeau, qui tombait comme une pierre, ne sentit pas ses plumes le trahir ; il s'écrasa près de la corbeille, sur le pavé noir et humide de la cour de la prison.

"SPROUITCH"...

Cousin Gat'.
 

Publié par Cousin à 15:35:06 dans Dumplings | Commentaires (4) |

Introspections Antéchristiques... | 11 avril 2007


Ce n'est pas parce qu'on est l'Antéchrist que l'on n'a pas aussi une histoire comme tout le monde, figurez vous. On ne naît pas conscient de ses Pouvoirs, en adressant à la sage-femme un sourire démoniaque. Non non, mon Maître n'est pas si fou, il laisse les choses venir à leur rythme. Car, que Diable, un bon artisan de la Fin du Monde ne se forme pas en 5 minutes...

Au début, j'étais un bambin "normal" ; un peu solitaire, un peu conscient de sa différence après l'embrasement inexplicable de 2 ou 3 terreurs de la cours de récré qui tentaient de me battre ou la transformation d'une professeur d'anglais en statue de sel à la suite d'un contrôle sur les verbes irréguliers...mais sans plus.

Avec l'âge vinrent les premières questions ; ces questions stupides qui viennent à l'esprit des adolescents qui se sentent à part ou rejetés. Qui suis-je, pourquoi moi, etc... Et forcément, pas de réponse. La relation avec les autres se transforme en un maelstrom d'incompréhension et de mépris réciproque ... et sans ces signes que j'étais seul à voir, le Diable seul sait où j'aurais été chercher des solutions foireuses. Il en est d'autres dans mon cas qui ne se trouvent jamais, qui craquent, deviennent moine ou se flinguent. Il paraît que j'ai perdu ainsi pas mal de concurrents. Que voulez vous, la sélection est rude... Mais, justement, il y avait ces signes. Tracés à la craie sur les murs du lycée ou dans les coins des tableaux noirs. Dans mes cahiers, aussi. Et puis ces filles que je regardais de loin, sans espoir - quoi, vous n'aviez jamais pensé que l'Antéchrist pût être timide ? - et qui tout à coup se retournaient vers moi - non pas en pouffant bêtement comme deux boutonneuses qui se moquent d'un vilain canard mais un peu intriguées, la prunelle en feu, comme si on leur avait soufflé à l'oreille : "c'est Lui..."

Ensuite, le Destin a fait le reste ; j'avais lu les bons livres, écouté les bonnes voix. Quand mon Maître me porta la Révélation, je n'en fus - comme il l'avait prévu - même pas surpris.   Le terrain était favorable, mon introspection avait porté ses fruits. Ah, c'est qu'il a de la suite dans les idées, mon bon Maître.
 
Alors, quand j'ai le cafard, j'endosse mes habits de citoyen lambda et je pars dans la ville anonyme. J'attends sous les néons d'un abribus un hypothétique autocar, je regarde tourner dans une laverie glauque des machines qui ne sont pas les miennes, je m'enfile un diabolo grenadine au comptoir d'un "Café de la Gare"... et je pense à mon Destin. Drôle de truc quand même, le Destin...
 

Publié par Cousin à 10:34:31 dans Dumplings | Commentaires (5) |

Signes | 20 février 2007


Quand on rôde la nuit dans une ville comme celle où je suis né, on voit forcément des choses ...étranges, voire... intéressantes. Très intéressantes, même. Dans l'inhabituel se cache souvent un de ces petits encouragements "d'en bas" , un de ces petits signes qui sont pour moi comme autant de pas japonais disposés dans l'apparente banalité d'une vie de rêveur à l'Ouest.

C'est ainsi, marche nocturne après marche nocturne, que j'ai pris conscience de Ma Mission. Au début, rien de vraiment notable. Juste quelques petites allusions glissées là par cette vieille maison qui me faisait un clin d'oeil, ici par ce jeune banc qui semblait rire de ma surprise. Puis ce furent cette ruelle déserte où les pavés vibraient sous mes pas, ou ce parc, où les arbres se penchaient pour venir me taper sur l'épaule. Peu à peu, cette réalité d'un temps très ancien m'est apparue, étroitement emmêlée à votre réalité de tous les jours ; d'abord trouble, comme l'on voit les cailloux au fond d'une mare... puis peu à peu plus claire et plus nette : j'étais l'Antéchrist, j'avais...des pouvoirs. Et le Monde le savait.

Certes, des pouvoirs à doubles tranchants, et qui pouvaient parfois me condamner au triste état de paratonnerre pour haine universelle : quand vous transformez, par votre seule présence, une beuverie d'étudiants en dégustation de tisane, il vaut mieux courir vite pour échapper aux conséquences...

Mais comme dans toute profession à facteur de risque élevé, il y a des compensations. Des choses auxquelles tout le monde n'a pas accès, des portes qui pour moi seul sont ouvertes ; vous ne pouvez même pas imaginer ce à quoi j'ai accès. Mais tout Prince du Mal que je suis, je suis aussi bon prince : vous pouvez bien évidemment compter sur quelques petites chroniques de l'Interdit, quelques friandises de l'Inimaginable. Je vous donnerai des aperçus de cette vie insoupçonnée, je vous ferai peut-être voir, si vous n'êtes pas trop sages, ce monde occulte que mes yeux seuls distinguent.

Pour cela, ayez confiance, soyez fidèles ; soyez...mes Fidèles.


(Rejoignez la Société Mondiale pour la Tempérance et la Vertu)

Publié par Cousin à 16:17:04 dans Dumplings | Commentaires (5) |

Avaler, c'est parfois mauvais pour la santé... | 08 janvier 2007


Début janvier, tout reprend après le silence assourdissant de la Ville pendant les fêtes. On déblaye la neige artificielle ; à nouveau, des voitures, du monde, du mouvement. Nous sommes entrés dans l'ère des galettes : si vous avalez la fève, rendez-vous aux urgences. Sinon, vive le Roi, vive la Reine. Il me faut acheter une galette : quelle fève choisir ? La petite fève en plastique (un classique) ? La fève 'Polonium 210' (le must cette année, ils en ont même des lumineuses qui font "bzzz") ? Peut-être la cultissime fève 'Ange Déchu' en porcelaine noire ; mais elle laisse, dit-on, un petit goût de soufre à la frangipane. Dommage...

Diable, le choix est difficile.

Je me représente assez bien la scène du repas, tout à l'heure ; une petite table ronde avec trois couverts. Hé bien oui, quoi : un pour moi, un pour mon Père (spirituel, j'entends) et un pour ma promise. Enfin, c'est à dire l'actuelle...

Elle ne sait pas tout encore, je n'ai pas voulu la brusquer ; la Révélation doit être progressive. Tout d'abord repas aux chandelles (rouges, pour faire original, les noires je n'en ai pas trouvé) ; au dessert, je lui explique que j'ai invité mon Mentor, présent avec nous non pas physiquement mais par l'esprit (petit côté mystique, j'espère qu'elle appréciera). Là, partage en trois parts égales de la galette : la première pour mon vieux Maître. Moment crucial : la part se consume dans un nuage d'étincelles du plus bel effet (je compte beaucoup sur ce petit détail pyrotechnique pour impressionner la miss) ; rapide examen des cendres... Désolé Maître, vous n'aviez pas la fève.

A nous maintenant ; pour montrer l'exemple je croque allègrement dans ma part, et elle fera de même. Evidemment, ce n'est pas moi qui aurai la fève, je Sais ces choses-là ; et puis j'ai déjà un Royaume, moi. J'attends avec impatience qu'elle découvre la fève que j'ai choisi pour elle, je guette son regard surpris et émerveillé, j'attends de pouvoir lui révéler qu'elle sera ma Reine, désignée par le Destin. Diable, faîtes qu'elle n'avale pas, faîtes qu'elle n'avale pas ma fève...

BONG !

Rhaaa, je ne l'avais pas vu venir, ce f... lampadaire. Voilà, maintenant tous les passants se marrent, génial. Et je n'ai toujours pas choisi ma fève, pfff...

Publié par Cousin à 13:17:12 dans Dumplings | Commentaires (1) |

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Le Collectif "Cousins"

Nous nous sommes rencontrés dans la Terre, la boue, la pluie ; dans les fragments d'un monde nous avons picolé. Mais c'est "Au Mandarin Brutal" qu'est née l'idée du Blogg. Un 24/12/06, précisément. Christ naissait mais nous l'avions oublié à cause du saké...

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