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Stairways.2.L

L'Antechrist est un petit capitaliste frustré...

"Highway Star" sur la ligne 9C... | 26 février 2007


Comme j'ai, plusieurs fois déjà, eu l'honneur de vous le dire, les manifestations de mon Pouvoir sont tout aussi diverses qu'imprévisibles. Le Diable sait quand il me viendra l'envie d'interférer sur le cours des choses, pour faire de n'importe lequel d'entre vous...ma Chose.

Tenez, Samedi dernier, par exemple : je profitais des transports en commun, comme chaque semaine. Bien calé dans les coussins au fond du bus, je regardais complaisamment les autres usagers, 4 ou 5, lorsque monta sur mes lèvres un étrange et irrépressible sourire. Là, c'était le moment ; ne me demandez pas pourquoi, je le savais, c'est tout. Ici même, sur la banquette arrière du bus, sous les yeux de cet étudiant à l'air neurasthénique et de ces deux jumelles d'une cinquantaine d'années, issues visiblement du bas-fond des classes populaires. Un léger picotement, une démangeaison parcourut mes doigts, posés sur la main-courante en métal qui faisait le tour de la cabine du véhicule ; et ils se mirent à y danser, d'abord imperceptiblement puis de façon de plus en plus ostentatoire., comme ceux d'un musicien sur les cordes d'une guitare. Un air diaboliquement rythmé m'inspirait soudain, de ceux composés par Steve Harris ou Ritchie Blackmore, pour vous donner une idée. Mon influence ne tarda guère à se manifester, avec un brusque coup d'accélérateur de la conductrice...

Quelques instants plus tard, la machine était lancée. Le bus fonçait à une vitesse folle sur la chaussée mouillée ; à l'intérieur, la radio indifférente passait du Cabrel, et les gens vaguement terrorisés se recroquevillaient sur leurs sièges ou se cramponnaient où ils pouvaient. Imperturbable, je continuais à "jouer" ; pas besoin de tablature ni de partition, la musique du Malin est inscrite dans ma mémoire, j'en connais les moindres morceaux par coeur (excusez du peu)...

Enfin, après dix minutes d'une course effrénée qui avait bien failli provoquer plusieurs accidents, crises cardiaques et autres fractures de jambes de vieilles dames, je décidai de mettre fin à mon interprétation diabolique de "Speed King" (ou bien était-ce "Run To The Hills" ? Je ne sais plus). La conductrice stoppa opportunément à un feu rouge, dissimulant ainsi impeccablement la soudaine baisse de régime du moteur. Très fier de ma mise en scène, je regardai autour de moi : mauvais public, les deux soeurs gardaient un air impassible, cramponnées nerveusement à la main-courante à présent inoffensive. Quant à l'étudiant, applati contre la cloison arrière de l'autobus, il gardait les yeux fixés sur mes doigts, incrédule ; puis son regard croisa le mien, et je vis qu'il avait compris (je suis sûr qu'il avait reconnu le morceau, d'ailleurs ; Diable, j'apprécie les jeunes qui connaissent leurs classiques). Je le laissai, témoin privilégié, méditer sur les abîmes de ma puissance, et descendis à l'arrêt suivant pour aller faire tranquillement mon shopping.

Cousin Gat'.

Publié par Cousin à 14:43:45 dans Antechrist | Commentaires (7) |

Signes | 20 février 2007


Quand on rôde la nuit dans une ville comme celle où je suis né, on voit forcément des choses ...étranges, voire... intéressantes. Très intéressantes, même. Dans l'inhabituel se cache souvent un de ces petits encouragements "d'en bas" , un de ces petits signes qui sont pour moi comme autant de pas japonais disposés dans l'apparente banalité d'une vie de rêveur à l'Ouest.

C'est ainsi, marche nocturne après marche nocturne, que j'ai pris conscience de Ma Mission. Au début, rien de vraiment notable. Juste quelques petites allusions glissées là par cette vieille maison qui me faisait un clin d'oeil, ici par ce jeune banc qui semblait rire de ma surprise. Puis ce furent cette ruelle déserte où les pavés vibraient sous mes pas, ou ce parc, où les arbres se penchaient pour venir me taper sur l'épaule. Peu à peu, cette réalité d'un temps très ancien m'est apparue, étroitement emmêlée à votre réalité de tous les jours ; d'abord trouble, comme l'on voit les cailloux au fond d'une mare... puis peu à peu plus claire et plus nette : j'étais l'Antéchrist, j'avais...des pouvoirs. Et le Monde le savait.

Certes, des pouvoirs à doubles tranchants, et qui pouvaient parfois me condamner au triste état de paratonnerre pour haine universelle : quand vous transformez, par votre seule présence, une beuverie d'étudiants en dégustation de tisane, il vaut mieux courir vite pour échapper aux conséquences...

Mais comme dans toute profession à facteur de risque élevé, il y a des compensations. Des choses auxquelles tout le monde n'a pas accès, des portes qui pour moi seul sont ouvertes ; vous ne pouvez même pas imaginer ce à quoi j'ai accès. Mais tout Prince du Mal que je suis, je suis aussi bon prince : vous pouvez bien évidemment compter sur quelques petites chroniques de l'Interdit, quelques friandises de l'Inimaginable. Je vous donnerai des aperçus de cette vie insoupçonnée, je vous ferai peut-être voir, si vous n'êtes pas trop sages, ce monde occulte que mes yeux seuls distinguent.

Pour cela, ayez confiance, soyez fidèles ; soyez...mes Fidèles.


(Rejoignez la Société Mondiale pour la Tempérance et la Vertu)

Publié par Cousin à 16:17:04 dans Dumplings | Commentaires (5) |

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Le Collectif "Cousins"

Nous nous sommes rencontrés dans la Terre, la boue, la pluie ; dans les fragments d'un monde nous avons picolé. Mais c'est "Au Mandarin Brutal" qu'est née l'idée du Blogg. Un 24/12/06, précisément. Christ naissait mais nous l'avions oublié à cause du saké...

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