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Lumière des jours

le blog de Jacques Ancet

L'identité obscure | 05 juin 2009

Le prix Apollinaire 2009 vient d'être décerné à L'identité obscure dont le chant X

avait été présenté ici dans la rubrique "Dernières parutions" à la page du 27 février 2009

Ci-dessous, le

 

chant XII


Tu te dis qu’il faut se dépêcher, qu’il faut garder
ce qui peut l’être encore, un après-midi de mars
par exemple, avec un ciel gris et des primevères,
un marché, peut-être aussi, comme il y a longtemps ,
la lumière, les cris, les odeurs et ce silence
où tout soudain s’arrête sans pourtant s’arrêter,
mais tu vois chaque visage, chaque geste figé
dans l’éclat d’un instant suspendu, une explosion
immobile qu’on entend partout dans la douceur
de l’heure qui sonne, le roucoulement des pigeons,
sous les paroles, les sourires, les mains serrées,
tu te dis qu’est-ce qu’on peut faire, la vie continue,
mais la vie c’est quoi au juste quand tout vole en éclat,
sang, débris, corps, bouches qui s’ouvrent sans se fermer,
photos, discours, le poudroiement, dit-il, la fumée,
le siècle commence dans la haine et la fureur,
sirènes hurlements, une minute de silence,
les voix s’étranglent, les yeux s’enfoncent dans les yeux,
plus rien n’en sort que des morceaux, des débris de vie,
le chœur bêle en temps réel, une peur en images,
elle n’a aucun et à la fois tous les visages
comment lui échapper, déconecte-toi, dit-il,
ouvre toutes les fenêtres et pars sur les chemins,
mais en reste-t-il qui ne mènent pas au pire,
tais-toi et marche, fait-il encore, ou reste là,
peu importe, l’interstice seul te sauvera,
cet entre-deux qui ne brille sur aucun écran
mais là, tout près, dans cet espace entre la clôture
et le chêne, quelque chose comme une embrasure
tu dis là, regarde, mais elle s’est refermée,
n’en reste qu’une lueur instantanée, un mot
qui tremble sous son sens, moins, un souffle sur les lèvres,
les choses ont repris leur place, versé dans les yeux
le plein de leurs images sais-tu ce que tu cherches,
le jour brille sur le cendrier d’étain, la porte
interdit de voir qu’il n’y a jamais rien à voir,
que tout est là sans y être, visage, fenêtre,
tu marches mais tu n’as plus de jambes, tu tends des mains
sans doigts, les phrases ont perdu leurs bouches, tu ne sais plus
que l’évidence sans profondeur d’un paysage
arrêté comme dans l’attente de ce regard
il ne le reconnaîtrait plus puisqu’il aurait soudain
traversé tout son savoir, puisqu’il toucherait sans voir
et dans sa vue éprouverait le toucher du monde,
sa profondeur perdue, mais aujourd’hui le jour tombe
quand il se lève, un brouillard de voix couvre les yeux,
un désordre de branches, tracteurs, tronçonneuses, haches
racourcissent le paysage, le temps n’est plus
ce qu’il était, tu pries quand tu ne peux plus penser,
tu dis ce que tu peux non ce que tu veux, tu baves,
tu n’as plus un mot à toi, tous les mots sont aux autres,
ils vous les ôtent de la bouche, tu es sans voix,
sans autre certitude que le fil du présent
où tu avances en équilibre fixant un point,
une image invisible et son éclair sous les yeux,
pendant ce temps, poudre bleue, nuages et primevères
font un nouveau printemps qu'on voudrait bien te gâcher
OMC, PNB, PIB, PAF, ONU, COGEMA,
terrorisme, mésanges, élections, les arbres en fleurs
et malgré l'angoisse le corps marche à la rencontre
de la lumière comme pour la première fois
ou est-ce la première fois qui vient vers lui,
à chaque pas le premier pas, même si tu tombes
tu te relèves, soleil, pluie, cliquetis des doigts
sur un clavier et le livre abandonné, repris,
qu’y cherches-tu que jamais tu ne pourras trouver,
que tu trouveras tout de même mais sans savoir
et toute une vie à ce jeu, perdue ou gagnée,
perdue et gagnée, avec à chaque jour l’espoir
d’en arrêter le jour, ce vertige sans issue
où en aveugle une fois de plus tu recommences
mais qui tu, et quel visage dans tous ces visages
qui s’avance, tu crois le reconnaître à cette voix
sortie de sa bouche, tu écoutes chaque syllabe,
tu vas comprendre, tu comprends un instant, tu oublies
et c’est de ça que tu te souviens, de cet éclat
où soudain toutes les lumières se réunissent,
toutes les poussières, où chaque chose est autre chose,
et autre chose la même chose, l’identité
est un puits noir, rien n’y est identique, tu vois
en sortir des images, des formes, des contours,
tu dis, je tu on, on tu je, je tu, ou tu on,
jours, gestes, corps font un fleuve de reflets, ils dansent,
se touchent, se perdent, tu dis voilà, c’est la vie

Publié par Tecna à 15:24:20 dans Dernières parutions | Commentaires (1) |

L'identité obscure | 27 février 2009

Vient de paraître

L'IDENTITE OBSCURE éditions Lettres Vives, 2009



Chant 10

La neige dis-tu aussi n'est pas un blanc manteau,
elle n'habille rien, elle révèle ce qui,
sans elle, serait invisible, l'arbre ou la ville
enfouis sous leur nom soudain surgissent dans les yeux
comme un morceau d'inconnu, un poudroiement de givre,
un damier gris et blanc où hésite la buée
fixe du regard, va-t-il se perdre, se trouver,
et s'agit-il seulement du regard quand le froid
te saisit, comme on dit, t'arrête pour mieux te mordre
mais sans bouche, bien sûr, sans dents, toutes les images
s'éparpillent, pâlissent, tu dis le froid et moi
moi et le froid, tu répètes moi, froid, tu éprouves
sur tes lèvres cette unique syllabe, l'écho
qui de l'un à l'autre vous confond, alors plus de mot,
la seule présence tombée comme un bloc massif,
une sorte de suspens où tout se pétrifie,
l'haleine, l'espace, le temps lui-même devient
pauvre, tu ne te reconnais plus, ta voix se fige,
tu suces un morceau de glace sonore, plus rien
ne sort de ta bouche qu'un filament de salive
qui luit, qui durcit, pourras-tu jamais parler,
les jours se succèdent comme des images blanches,
ils t'emportent, te ramènent à la même présence
de cette voix qui parfois en sait bien plus que toi,
on dirait qu'elle n'a pas bougé, qu'elle t'attend
tu ne sais où, quelque part au milieu de ces mots
qu'elle prononce dans ta bouche, tu les écoutes,
tu parles comme si tu ne savais pas parler,
ce que tu dis tu ne le comprends pas mais c'est là,
c'est une évidence comme l'air que tu respires,
comme cette table sous ta main où tu t'appuies,
qui te résiste, qui te rappelle le miracle
quotidien, aller dans la vapeur du jour levé,
traverser une place, dire je suis vivant,
je marche, je fais l'espace, longer une rue,
le café où l'homme lit les nouvelles du jour,
le joailler, le magasin de prêt-à-porter,
répéter je suis vivant, entrer dans une allée,
passer à côté d'un vélo, de quatre poubelles,
monter des marches poussièreuses, ouvrir une porte,
la refermer, écouter les voix dans l'escalier,
le petit chien qui s'égosille, le grincement
des pas au-dessus, ne plus dire mais se sentir
vivant, malgré tant de raisons de ne pas y croire,
vivant, oui, tu voudrais que tout répète avec toi
vivant la table, la chaise, vivant le passant
croisé, vivant le feuillage, le ciel qui se couvre,
les toits poudrés de neige, le vent froid qui te giffle,
l'air qui te traverse, vivant, mais les mains tendues,
les corps prostrés, les yeux vides crachent leur silence,
alors tu ne dis plus, tu t'enfonces dans ta honte
de vivant vivant, tu sens quelque chose qui monte
en toi, qui appelle, une rumeur, un grondement,
et quand tu cries, ce n'est pas toi qui crie mais le cri
de toutes les gorges dans ta gorge, tu voudrais
dire la vie et sa beauté , tu dis la douleur,
et la mort, tu serres les dents, tu serres les poings
ou tu ne serres rien, tu étouffes simplement,
et pourtant tu es vivant, le dieu est là tout près,
son éclair scintille, alors comment s'y reconnaître,
faire de la vie avec la mort, tirer des ténèbres
cette lumière et comment ne pas la saluer,
debout, aveugle, dans sa clameur silencieuse,
avec le corps entier qui s'ouvre comme un regard,
cristal, poudre, neige, rien n'est là et tout est là,
l'espace coule de tes yeux, le jour, la montagne,
le chêne, la clôture se lèvent dans la voix,
la même toujours, celle qui une fois encore
te traverse et d'où vient-elle pour qu'il y ait
ce suspens, cet oubli dans ce qui soudain commence,
vitre, visage, un autre jour mais sans nom, sans date,
la simple surprise d'être là, que tout soit là
comme à jamais en équilibre sur ce noyau
de foudre autour duquel tourne le monde, tu te
tais, tu regardes, tu écoutes, touches, vacilles,
le cercle des choses se referme, où es-tu

Publié par Tecna à 11:35:11 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

L'orage vient | 28 novembre 2008

VIENT DE PARAÎTRE

L'orage vient 

 

Tu arrives de plus loin.

On ne sais pas d'où tu es

ni quel visage tu as.

On entend une musique

sous le silence. On voudrait

la garder trouver un nom

pour la dire. Mais on n'a pas

de bouche, pas de main

pour l'écrire. Seul ce feu

du désir, l'orage vient.

 

Editions
La Porte 
Yves Perrine, 215 rue Moïse Boudhuin, 02000 Laon 

Publié par Tecna à 16:12:22 dans Dernières parutions | Commentaires (1) |

L'entre-deux | 07 novembre 2008

Vient de paraître aux Éditions TARABUSTE

rue du Fort

36170 Saint-Benoît-du-Sault

Fax 02 54 47 67 65

Jacques Ancet/Claude Melin

L'ENTRE-DEUX

Tirage 100 exemplaires

sur grands chiffons des papèteries Joahannot,

tous signés et numérotés

22,5cmX16,5cm

40 euros

 

 

Que ce soit l'éblouissement brusque, l'ombre passante sur ton

visage, c'est toujours cet instant qui s'arrache à lui-même, et

toi avec. Tu glisses à travers une douceur de feu, tes mains

sont des poignées d'étincelles. Très vite, tu as perdu ton nom

et quand ta bouche parle il en sort le jour: un voyage de syllabes.

 


 

 

 

 

 

Publié par Tecna à 11:32:01 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

La voix de la mer | 06 octobre 2008

Vient de paraître aux éditions virtuelles publie.net. dirigée par François Bon

un recueil d'essai 

 La voix de la mer

où figure l'extrait ci-dessous 

 

Le poème et l'ennui


Tout pourrait commencer par l'ennui. L'arrêt du monde. Le passé ne pousse plus, le futur ne tire plus. Une plage vide, une surface d'eau dormante. Ce qui se passe ne se passe pas. On s'enfonce peu à peu. La vie n'est plus un récit, une fuite vers la fin. Une attente, simplement. Qui n'attend rien. On voit le jour. Gris. On écoute les bruits. Comme sans les reconnaître. Ils ne désignent rien, n'annoncent rien. Des bruits, tout court. L'horloge marque dix heures. Un peu plus tard ce sera toujours dix heures. Et encore un peu plus tard. L'heure ne bouge pas. On est au centre. On s'enfonce, oui. On pourrait disparaître. Mais rien n'arrive. Pas même le pire. Les choses sont là, pétrifiées, hypertro-phiées. Comme les débris rejetés par la marée. Elles se serrent pour ne laisser aucun interstice, aucun jeu. Rien qui bouge. Même si le mouvement, l'agitation ne ces-sent pas. Alors, on se souvient. L'été, le jaune de la maison d'en face. Le soleil sur la rue vide. Épicerie, sa-lon de coiffure, boucherie. La vitre est fraîche contre le front. Qu'est-ce qu'on voit  ? Qu'est-ce qu'on est  ? Les lèvres bougent. Quelques mots répétés, toujours les mêmes. Á voix basse. Comme si les choses s'étaient mises à parler. Leur insignifiance, leur silence têtu. Comme si chaque son, chaque syllabe les faisaient ré-sonner. On écoute. Bruit de bouche, bruit de monde. On écoute, mais c'est l'enfance. On ne sait pas.

2

Ce qu'on ne sait pas insiste. Est-ce pourquoi on écrit, on n'en finit pas d'écrire  ? Le poème a-t-il partie liée avec l'ennui  ? Cet arrêt sur image – cet arrêt des images. Peut-être n'y aurait-il pas de poème sans ce suspens, cette sorte de blanc dans le film ininterrompu de la vie. Soudain, on ne voit plus, on n'entend plus ce qu'on voit, ce qu'on entend. Ou, plutôt, on ne voit plus, on n'entend plus qu'un obsédant il y a. Et quel-ques mots qui gomment ce qu'ils désignent, ouvrant l'éclat d'un sens évaporé. Et, non, très vite on ne sait plus où l'on est, qui on est. Le visage est familier mais étrange. Et ce que dit la voix, on ne le sait pas bien. Comme si c'était la même et une autre. Dans ce qui disparaît, ce qui apparaît. Disparition, apparition – « élocutoire », disait-il. Ça n'est plus là – c'est là. Et entre les deux, comme dans l'ennui, ce suspens, ce rien que suppose toute création  :

            Dieu dit  : – Que le Néant soit.
            Sa main droite se leva
            jusqu'à voiler son regard.
            Et le Néant exista.

3

Brusquement, chaque geste reste comme suspen-du, chaque parole au bord des lèvres. On n'a pas bou-gé. Les objets sont à leur place, familiers, rassurants. Pourtant, on est perdu. Parce qu'ils n'ont plus de sens. Quelle improbable main pourrait-elle les saisir  ? Et pour en faire quoi  ? On voit les lunettes sur la table et sur la vitre un paysage. On voit le monde, ses photos, ses images qui bougent. On entend un rire, un avion ou un cri. On n'attend rien. Tout est absent. La lumière touche la fenêtre. La même, toujours. On sombre dans son vide éblouissant. Les mots qui viennent n'en sont pas. Des vibrations, plutôt, une effervescence claire. On compte pour leur donner forme, les avoir dans la bouche. Parce qu'ils sont un pur venir, ce qui vient leur ressemble.

4

Tout poème est une amnésie. Celle du présent. Á chaque instant, à chaque mot, l'oubli de tout. De ce qui précède, de ce qui suit. Nul précepte, nul espoir. Le seul mouvement de ce qui passe. Et, pour le porter, cet il y a. On dit  : soir, collines, visages. On dit  : voyage, pain, rivière. On ne dit rien. On dit ce souffle porté par chaque mot. Ce que dit un poème, c'est ce mouvement de dire qui le traverse. Bouteille à la mer, poignée de main  : un passage, toujours. Celui d'un corps et sa chaleur continuée. Et tout ce qui l'habite, l'enveloppe  : le bruit du bidon à lait un soir ou celui des bottes  ; les trous dans le mur et la poussière qui en tombe quand y passe le doigt  ; cette odeur de guerre civile, un matin  ; et les ardoises du toit, l'inépuisable, ou la chaleur va-cante. On peut énumérer sans en jamais finir. Mais tout est là entre ces quelques mots et leurs réseaux d'échos qui font signe. Non pas dehors, là-bas, mais dedans, vers la figure que dessine leur trame. Ce « latent com-pagnon qui en [vous] accomplit d'exister  ». Une om-bre qui passe. On ne la connaît pas et, pourtant, on la reconnaît.

5

On s'arrête dans le minuscule, dans l'infime  : comme quand l'enfant à plat ventre regarde les brindil-les, les fourmis. Et, comme dans l'enfance, les mots du poème sont petits. Ils ne disent rien que leur propre présence. Ils font peu de bruit, mais dans ce bruit, quelque chose résonne. Une rumeur. Comme dans le coquillage, le bruissement qui pourrait être celui de la mer ou de la profondeur de la terre. Ou de la nuit qui tombe en rouge et mauve. On dit  : le bruit du monde. Le poème, c'est le bruit que fait le monde quand on parle. Non pas quand on parle pour dire, quand le bruit des paroles couvre de son brouhaha ce qu'il faudrait entendre et qu'on n'entend pas. Mais quand on parle en silence. Quand quelque chose parle, résonne dans ces paroles muettes. Quelque chose de plus vaste que tout ce qu'on peut dire. Le monde, oui.

6

L'ennui, c'est regarder – habiter – ce qui n'a pas de sens. C'est perdre soi-même son sens – moi, identi-té. Devenir autre, anonyme, comme les choses, comme les mots qui semblent vous regarder mais ne vous re-gardent pas. Le réel, c'est comme l'ennui  : l'insignifiant qui s'ouvre à tous les sens – dans tous les sens. Ce que chaque forme, chaque odeur, chaque image, chaque son ne fait que révéler et masquer à la fois. Le réel, c'est l'invisible, l'inaudible – l'imperceptible. Et comme l'ennui, comme le réel, le poème n'a pas de sens. Il ne montre rien, ne dit rien  : il résonne, il rayonne. Écho, vibration, éclat.  Y entrer, c'est être traversé, remué, aveuglé. Y entrer, c'est ne plus savoir. Ni du langage, ni du monde. C'est dire, c'est écouter, c'est voir ce qu'on ignore mais qui com-mence. Ne cesse jamais de commencer.

7

Ce qui commence c'est aussi du sens. Non pas ce qu'on comprend  mais ce qui s'ouvre, ce qui emporte. Disparition, apparition. Systole, diastole. Ce qui se perd (le connu), ce qui se trouve (l'inconnu). Où est-on  ? Dans quelle attente, le front contre la vitre ? Dans quel élan de paroles muettes  ? On avance. Vers la rue vide, avec sa maison jaune, son épicerie, son salon de coif-fure, sa boucherie. Avec sa fenêtre où un enfant re-garde. Mais ce qu'il regarde, on ne le voit plus, puisqu'on est ce qu'il regarde. Puisqu'on est ce qui vient. Ce qui, dans la bouche, s'est mis à parler. Les choses sans leur nom. Une invisible marée sans limites ni formes. Jours, nuits, nébuleuses, visages, en jaillis-sent, s'y défont. La lumière, pourtant, n'a pas bougé. Elle dessine sur le trottoir sa géométrie d'ombres im-mobiles. Les yeux regardent ce qui les traverse. Les mains sont vides. Rien ne s'y loge. Comme si elles ne cherchaient plus à saisir mais à recevoir. Elles sont là, posées sur le bord de la fenêtre. On dirait qu'elles at-tendent. On ne les voit pas, mais on les devine. L'ennui est là, dans cette image. Et le poème avec. On ne sait pas pourquoi.

 

Publié par Tecna à 20:48:23 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

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