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Lumière des jours

le blog de Jacques Ancet

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L'entre-deux | 07 novembre 2008

Vient de paraître aux Éditions TARABUSTE

rue du Fort

36170 Saint-Benoît-du-Sault

Fax 02 54 47 67 65

Jacques Ancet/Claude Melin

L'ENTRE-DEUX

Tirage 100 exemplaires

sur grands chiffons des papèteries Joahannot,

tous signés et numérotés

22,5cmX16,5cm

40 euros

 

 

Que ce soit l'éblouissement brusque, l'ombre passante sur ton

visage, c'est toujours cet instant qui s'arrache à lui-même, et

toi avec. Tu glisses à travers une douceur de feu, tes mains

sont des poignées d'étincelles. Très vite, tu as perdu ton nom

et quand ta bouche parle il en sort le jour: un voyage de syllabes.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Tecna à 11:32:01 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

La voix de la mer | 06 octobre 2008

Vient de paraître

aux éditions virtuelles publie.net. dirigée par François Bon

un recueil d'essai 

La voix de la mer

où figure l'extrait ci-dessous 

 

Le poème et l'ennui


Tout pourrait commencer par l'ennui. L'arrêt du monde. Le passé ne pousse plus, le futur ne tire plus. Une plage vide, une surface d'eau dormante. Ce qui se passe ne se passe pas. On s'enfonce peu à peu. La vie n'est plus un récit, une fuite vers la fin. Une attente, simplement. Qui n'attend rien. On voit le jour. Gris. On écoute les bruits. Comme sans les reconnaître. Ils ne désignent rien, n'annoncent rien. Des bruits, tout court. L'horloge marque dix heures. Un peu plus tard ce sera toujours dix heures. Et encore un peu plus tard. L'heure ne bouge pas. On est au centre. On s'enfonce, oui. On pourrait disparaître. Mais rien n'arrive. Pas même le pire. Les choses sont là, pétrifiées, hypertro-phiées. Comme les débris rejetés par la marée. Elles se serrent pour ne laisser aucun interstice, aucun jeu. Rien qui bouge. Même si le mouvement, l'agitation ne ces-sent pas. Alors, on se souvient. L'été, le jaune de la maison d'en face. Le soleil sur la rue vide. Épicerie, sa-lon de coiffure, boucherie. La vitre est fraîche contre le front. Qu'est-ce qu'on voit  ? Qu'est-ce qu'on est  ? Les lèvres bougent. Quelques mots répétés, toujours les mêmes. Á voix basse. Comme si les choses s'étaient mises à parler. Leur insignifiance, leur silence têtu. Comme si chaque son, chaque syllabe les faisaient ré-sonner. On écoute. Bruit de bouche, bruit de monde. On écoute, mais c'est l'enfance. On ne sait pas.

2

Ce qu'on ne sait pas insiste. Est-ce pourquoi on écrit, on n'en finit pas d'écrire  ? Le poème a-t-il partie liée avec l'ennui  ? Cet arrêt sur image – cet arrêt des images. Peut-être n'y aurait-il pas de poème sans ce suspens, cette sorte de blanc dans le film ininterrompu de la vie. Soudain, on ne voit plus, on n'entend plus ce qu'on voit, ce qu'on entend. Ou, plutôt, on ne voit plus, on n'entend plus qu'un obsédant il y a. Et quel-ques mots qui gomment ce qu'ils désignent, ouvrant l'éclat d'un sens évaporé. Et, non, très vite on ne sait plus où l'on est, qui on est. Le visage est familier mais étrange. Et ce que dit la voix, on ne le sait pas bien. Comme si c'était la même et une autre. Dans ce qui disparaît, ce qui apparaît. Disparition, apparition – « élocutoire », disait-il. Ça n'est plus là – c'est là. Et entre les deux, comme dans l'ennui, ce suspens, ce rien que suppose toute création  :

            Dieu dit  : – Que le Néant soit.
            Sa main droite se leva
            jusqu'à voiler son regard.
            Et le Néant exista.

3

Brusquement, chaque geste reste comme suspen-du, chaque parole au bord des lèvres. On n'a pas bou-gé. Les objets sont à leur place, familiers, rassurants. Pourtant, on est perdu. Parce qu'ils n'ont plus de sens. Quelle improbable main pourrait-elle les saisir  ? Et pour en faire quoi  ? On voit les lunettes sur la table et sur la vitre un paysage. On voit le monde, ses photos, ses images qui bougent. On entend un rire, un avion ou un cri. On n'attend rien. Tout est absent. La lumière touche la fenêtre. La même, toujours. On sombre dans son vide éblouissant. Les mots qui viennent n'en sont pas. Des vibrations, plutôt, une effervescence claire. On compte pour leur donner forme, les avoir dans la bouche. Parce qu'ils sont un pur venir, ce qui vient leur ressemble.

4

Tout poème est une amnésie. Celle du présent. Á chaque instant, à chaque mot, l'oubli de tout. De ce qui précède, de ce qui suit. Nul précepte, nul espoir. Le seul mouvement de ce qui passe. Et, pour le porter, cet il y a. On dit  : soir, collines, visages. On dit  : voyage, pain, rivière. On ne dit rien. On dit ce souffle porté par chaque mot. Ce que dit un poème, c'est ce mouvement de dire qui le traverse. Bouteille à la mer, poignée de main  : un passage, toujours. Celui d'un corps et sa chaleur continuée. Et tout ce qui l'habite, l'enveloppe  : le bruit du bidon à lait un soir ou celui des bottes  ; les trous dans le mur et la poussière qui en tombe quand y passe le doigt  ; cette odeur de guerre civile, un matin  ; et les ardoises du toit, l'inépuisable, ou la chaleur va-cante. On peut énumérer sans en jamais finir. Mais tout est là entre ces quelques mots et leurs réseaux d'échos qui font signe. Non pas dehors, là-bas, mais dedans, vers la figure que dessine leur trame. Ce « latent com-pagnon qui en [vous] accomplit d'exister  ». Une om-bre qui passe. On ne la connaît pas et, pourtant, on la reconnaît.

5

On s'arrête dans le minuscule, dans l'infime  : comme quand l'enfant à plat ventre regarde les brindil-les, les fourmis. Et, comme dans l'enfance, les mots du poème sont petits. Ils ne disent rien que leur propre présence. Ils font peu de bruit, mais dans ce bruit, quelque chose résonne. Une rumeur. Comme dans le coquillage, le bruissement qui pourrait être celui de la mer ou de la profondeur de la terre. Ou de la nuit qui tombe en rouge et mauve. On dit  : le bruit du monde. Le poème, c'est le bruit que fait le monde quand on parle. Non pas quand on parle pour dire, quand le bruit des paroles couvre de son brouhaha ce qu'il faudrait entendre et qu'on n'entend pas. Mais quand on parle en silence. Quand quelque chose parle, résonne dans ces paroles muettes. Quelque chose de plus vaste que tout ce qu'on peut dire. Le monde, oui.

6

L'ennui, c'est regarder – habiter – ce qui n'a pas de sens. C'est perdre soi-même son sens – moi, identi-té. Devenir autre, anonyme, comme les choses, comme les mots qui semblent vous regarder mais ne vous re-gardent pas. Le réel, c'est comme l'ennui  : l'insignifiant qui s'ouvre à tous les sens – dans tous les sens. Ce que chaque forme, chaque odeur, chaque image, chaque son ne fait que révéler et masquer à la fois. Le réel, c'est l'invisible, l'inaudible – l'imperceptible. Et comme l'ennui, comme le réel, le poème n'a pas de sens. Il ne montre rien, ne dit rien  : il résonne, il rayonne. Écho, vibration, éclat.  Y entrer, c'est être traversé, remué, aveuglé. Y entrer, c'est ne plus savoir. Ni du langage, ni du monde. C'est dire, c'est écouter, c'est voir ce qu'on ignore mais qui com-mence. Ne cesse jamais de commencer.

7

Ce qui commence c'est aussi du sens. Non pas ce qu'on comprend  mais ce qui s'ouvre, ce qui emporte. Disparition, apparition. Systole, diastole. Ce qui se perd (le connu), ce qui se trouve (l'inconnu). Où est-on  ? Dans quelle attente, le front contre la vitre ? Dans quel élan de paroles muettes  ? On avance. Vers la rue vide, avec sa maison jaune, son épicerie, son salon de coif-fure, sa boucherie. Avec sa fenêtre où un enfant re-garde. Mais ce qu'il regarde, on ne le voit plus, puisqu'on est ce qu'il regarde. Puisqu'on est ce qui vient. Ce qui, dans la bouche, s'est mis à parler. Les choses sans leur nom. Une invisible marée sans limites ni formes. Jours, nuits, nébuleuses, visages, en jaillis-sent, s'y défont. La lumière, pourtant, n'a pas bougé. Elle dessine sur le trottoir sa géométrie d'ombres im-mobiles. Les yeux regardent ce qui les traverse. Les mains sont vides. Rien ne s'y loge. Comme si elles ne cherchaient plus à saisir mais à recevoir. Elles sont là, posées sur le bord de la fenêtre. On dirait qu'elles at-tendent. On ne les voit pas, mais on les devine. L'ennui est là, dans cette image. Et le poème avec. On ne sait pas pourquoi.

Publié par Tecna à 20:48:23 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

Sur une confidence de la mer grecque | 18 février 2008

Andrés Sánchez Robayna / Antoni Tàpies

SUR UNE CONFIDENCE DE LA MER GRECQUE
présenté et traduit par Jacques Ancet
Gallimard

Ce n'est pas la première fois qu'Andrés Sánchez Robayna travaille avec Antoni Tàpies, mais c'est la première fois que leur collaboration est aussi étroite. " Sans doute parce qu'une même recherche les anime. Par-delà les images familières, les routines perceptives de la réalité, mais en même temps avec elle, avec ses matières, ses objets usés, la quête de cet illimité, de ce vide de formes que traverse une énergie, où tout s'abîme et s'engendre à la fois. "
A cette double suite de poèmes où dialoguent passé et présent, ténèbres et éblouissement, morts et épiphanies, éternel et éphémère, répond, porté par la même tension, chaque dessin de Tàpies: présence charnelle des empreintes de mains sur la blancheur sans fond de la page, signes désordonnés de ce qui se défait et se fait, disparitions, apparitions. D'où le prix de ce petit livre. Ces affinités, cette fraternité des deux démarches qui, chacune dans son ordre, répond à l'appel, aux sollicitations de l'inconnu
.

DEUX ou trois nuages.
Et puis l'immensité de l'air tremblant,
dans la brume de l'aube.

Les paupières
de la mer surgissaient.
Surgissaient et frappaient.

Elles frappaient
les flancs de la lumière.

Ces signes là blessaient.
 





C'ETAIT l'attente, la mer du matin,
les côtes
entrevues, solitaires,
désertes,
la pupille solaire.

Quel jaillissement ! Tu pus
l'ouvrir, une pupille
entretissée à l'autre, apercevoir
les côtes, lumière
entretissée qui se répand de très lointaines pierres
et traverse la brise,
pleine d'espace, couvre
cette théorie d'îles dispersées.
 






TU ENTENDIS
presque inaudible, engloutie
au fond des puits de la lumière,
une rumeur, une syllabe presque,
parmi les eaux.

Elle tombait du tympan,
dans l'espace
du non dit, de l'indicible peut-être,
elle tombait, brève
rumeur saline, dans le silence.

Tu l'écoutais naître
au dicible, de l'inarticulé.
 





PEU A PEU le soleil, dans son domaine,
prit possession des eaux, et mit l'ombre
dans l'écume, créa le grand vide des vagues.

Ecroulées et soudaines, les vagues
saluaient le soleil et renaissaient.
De hautes lueurs dansaient sur la mer d'été.

Les dieux souriaient sur les eaux brillantes.
Qu'ils ne meurent pas ces dieux. Qu'ils sourient
dans l'éternel, la mer soit leur sourire.

 

 

Publié par Tecna à 11:14:22 dans Dernières parutions | Commentaires (1) |

Entre corps et pensée | 21 novembre 2007


Jacques ANCET

ENTRE CORPS ET PENSÉE

publié avec le concours du Centre National du Livre
Un ouvrage de 160 pages, au format 11X19 cm. Collection le dé bleu
Choix de poèmes établi et présenté par Yves Charnet
couverture : Alexandre Hollan

« Un vide venu de nulle / part, qui souffle, qui traverse / les murs, les arbres, les corps ». C'est à ces vibrations de l'invisible que s'est, du premier jour, vouée la poésie de Jacques Ancet. La poésie de ce sujet neutre qui signe — on le devine à maints indices — à regret, presque, des livres constituant, dans le temps, l'anonyme enregistrement d'une « rumeur muette ». Un sujet toujours au bord de lui-même comme du monde dont le mondoiement n'en finit plus de le fasciner. Jusque dans sa quotidienneté la plus rudimentaire. Écrire scande l'interminable attente d'une plénitude à venir. Dans la nostalgie de l'impossible. Comme signés par personne — rien qu'un masque d'os et de peau... — ces poèmes sont les stigmates d'un témoin brûlé par l'imminence d'une fulgurante apparition. Plus voyeur que voyant, ce poète tient à ciel ouvert un « journal de l'air » où il guette, traque, épie la moindre épiphanie. Chaque brin d'herbe a quelque chose à dire. Tel est le cogito poétique d'un sujet brûlant qui communique aux mots — à l'intervalle blanc qui les sépare autant qu'il les relie — le feu de son expérience la plus vive. Expérience de ce qui fait que vivre devient consubstantiel à dire. Depuis toujours déjà. « L'imperceptible brûle ». Voici, en dernière analyse, la vérité qui consume cette poésie. Ces poèmes qu'on va lire. Dans leur contagieuse ardeur. Ces poèmes qui sont la cendre encore chaude d'une incandescence minuscule et fabuleuse. Quand dire, c'est vivre — entre corps et pensée.

Extrait de la préface d'Yves CHARNET

Pour se procurer le livre écrire à

L'IDÉE BLEUE éditions, 6 place de l'Église, 85310 CHAILLÉ SOUS LES ORMEAUX

 

Publié par Tecna à 21:27:24 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

NU(e) n° 37 Jacques Ancet | 30 octobre 2007

NU(E) n°37 JACQUES ANCET

Un nouveau numéro de la revue Nu(e)

La revue Nu(e), dirigée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, est un lieu de travail et de correspondance. Son nouveau numéro est consacré au poète, traducteur, romancier et essayiste :

JACQUES ANCET

« Je n'écris pas pour : pour raconter, pour décrire, pour communiquer, établir un dialogue, etc. J'écris par : par impossibilité de faire autrement, par passion, au sens où je subis quelque chose qui me déborde, par désir, par saisissement... Et ce qui me saisit, c'est cet apparaître qui fait de moi un autre. Alors, plus que « chercher quelqu'un», écrire c'est « trouver quelqu'un », ce « latent compagnon », justement, qui ne se fait que dans les mots et pas ailleurs. Un double sans visage, anonyme dont la voix est pleine d'un silence bruissant de voix. Écrire, aimer, sont peut-être un seul et même mouvement de perte de soi et d'apparition, dans ce vide laissé par l'identité, d'une altérité qui éveille celle de l'autre, lecteur ou être aimé. De l'autre de soi à l'autre de l'autre s'établit un rapport qui est moins de réciprocité que de transfert. »


Le volume de 170 pages que lui consacre la revue, coordonné par Serge Martin (poète, maître de conférence en littérature française contemporaine à Caen), rassemble les contributions suivantes :

• Un entretien de Jacques Ancet avec Serge Martin, sur le continu de son écriture.

• Un inédit de Jacques Ancet : « L'égarement ».


• Des dessins d'Alexandre Hollan.

• Des créations poétiques et contributions critiques, des textes et témoignages d'amis : Bernard Noël ; Antonio Gamoneda ; James Sacré ; Henri Meschonnic ; Gaspard Hons ; Salah Al Hamdani ; Michel Collot ; Fabio Scotto ; Amelia Gamoneda Lanza ; Yves Charnet ; Bernard Vargaftig ; Béatrice Bonhomme ; Laurent Mourey ; Emmanuel Hiriart ; Ménaché ; Emmanuel Malherbet ; Serge Ritman.
• Une bibliographie des ouvrages de Jacques Ancet




Pour recevoir ce numéro, il faut envoyer un courrier sur le modèle suivant:

Mme/M. :

Adresse :

Souhaite : ...... exemplaire(s) du numéro de la revue Nu(e) sur Jacques Ancet. et paie ce jour le montant de ...... x 18 € (+ 2 € de frais de poste), soit au total ....... € à l'ordre de l'Association Nu(e), avec la mention :
« Souscription J. Ancet» :

• pour la France : par chèque, c/o Béatrice Bonhomme , 29 avenue Primerose, 06000 NICE

• pour les autres pays : par virement au compte de l'Association Nu(e) - IBAN : FR76 1831 5100 0004 2667 9641 539 - BIC : CEPAFRPP831.

 

Publié par Tecna à 12:02:59 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

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