" Enfant, l'humain joue. Devenu adulte, il crée, dans la même disposition d'esprit. C'est ce que nous disait l'ange, pour orienter notre trajectoire de vie "
Gitta Mallasz
Et puis aussi :
"Il faut jouer pour devenir sérieux"
Aristote
" Il faut jouer pour devenir sérieux ". Depuis, on hésite entre un désir rousseauiste d'y voir un terrain d'épanouissement pour la créativité et la volonté d'en contrôler, diriger ou utiliser les processus, à des fins souvent humanistes (faciliter l'apprentissage) et parfois inavouables (guerrières ou mercantiles) ; difficile de ne pas constater un appauvrissement. A l'heure où la technologie permet une rencontre sans pareille entre la réalité et le virtuel, déclenchant une révolution qui dépasse le cadre enfantin, s'interroger sur le sens de cette transformation est plus que jamais d'actualité.
JOUER = CREER
Vu sous un certain angle, le jeu enfantin peut être vu comme le modèle de toutes les activités humaines, puisque, de l'amour à la guerre et du " jouer au docteur " à l'exploration des terres inconnues, elles ont toutes fait l'objet d'imitation, mais aussi d'imagination créative de la part des enfants. Le jeu comme modèle des arts ? Oui, avec la danse et le théâtre dérivés des jeux d'imitation, et la littérature issue des joutes oratoires. Le jeu comme modèle de l'amour ? Oui ? Même si, contrairement à la formule de Marivaux, le hasard n'y a guère sa place, si l'on en croit aussi bien la sociologie que la biologie.
Notre véritable fonction d'humain se situerait dans le prolongement du jeu, enracinerait dans l'état d'esprit du gamin en train de jouer. Comme si, se révélant par contraste, l'une des plus graves maladies de l'homme moderne venait de ce qu'il ne sait plus jouer.