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NOTHING IN PARTICULAR

There's nothing here but what here's mine

12 avril 2009 | 12 avril 2009

Jouer à être normale, comme Dexter. Les cookies cranberry-chocolat blanc. Lire de la philo dans le bus à 8h15 le matin. Black hearted love, PJ Harvey & John Parish. Détruire pour reconstruire ou juste pour détruire ? Résille et plumes. "Just because it’s a game doesn’t mean that it doesn’t really hurt." (Juliana Hatfield). Twix, Efferalgan et Redbull, le petit déjeuner des championnes (ou pas). Planer sur Lights d'Archive au crépuscule. Ne pas avoir le droit de prendre le train toute seule à 21 ans. La Marquise de Merteuil comme inspiration. En huit jours, les trois hommes des deux mois. Que tout est noir, Saez. "[...] je sais que quelque chose ne va pas -mais je m'en fiche complètement. Je me fous de m'en foutre, mais peut-être que je ne me fous pas de ne pas me foutre de m'en foutre." (Elizabeth Wurtzel). Ne pas trop réfléchir parce qu'à trop creuser on déterre des cadavres. Not an addict, K's Choice. Il neige des pétales de fleurs de cerisier. Je hais les repas de famille. Sécher les cours pour un 5 à 7 de 11 à 13. Grandes vacances le 7 mai. Cet après-midi je marcherai sur le sable. Réflexion insconsciente, instinct féminin ou révélation soudaine ? "Je n’ai jamais connu, et ne connaîtrai jamais, d’homme pire que moi." (Henry David Thoreau). Non ce n'est pas un collant blanc, c'est la peau de mes jambes. Black, Archive. J'irai (au moins) en Australie, au Canada, aux Etats-Unis, en Inde et en Nouvelle-Zélande. L'océan n'est qu'un désert recouvert d'eau.

Publié par Miss-C à 07:52:41 dans Nothing in particular | Commentaires (10) |

29 mars 2009 | 29 mars 2009

Wrong, Depeche Mode. Ou le goût de l'échec et l'impression de ne rien contrôler.

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"On se dépensait sans compter, on brillait, on s'agitait, on courait dans tous les sens, on lisait tout, on savait tout, on pouvait tout. Et soudain, c'est l'écroulement. Le corps vous lâche : plus d'énergie, plus de souffle, plus de joie, plus de plaisir, plus de goût à rien. Le néant. Et cette épouvantable impression de n'être plus qu'une loque dépressive, un déchet social, une merde. [...] Et ce qui est effrayant dans cette affaire c'est l'ostracisme qui va s'abattre sur vous, la solitude infinie, et cette honte intime d'avoir été quelqu'un et de n'être plus rien."
La passion du vide : dépression, psychothérapie, philosophie, Guy Amédé Karl

Publié par Miss-C à 00:11:12 dans Nothing in particular | Commentaires (5) |

26 mars 2009 | 26 mars 2009

"Et voici que l'humeur, l'affect désinhibé exerce une tutelle quasi absolue. Le raisonnement est sans pouvoir, les pensées impuissantes, les conseils extérieurs dérisoires, les résolutions inapplicables. Rien ne peut rien contre la tristesse. Une sourde mélancolie emporte la joie de vivre, ou le simple plaisir. Plus de projet. Plus d'avenir. Plus de temps si ce n'est cet instant sans début et sans fin de la mornitude. Plus de contact social, plus de sorties. Plus d'amour ou de désir. Et bientôt les pulsions elles-mêmes disparaissent. Vide sans nom, souffrance indicible du vide. Et la parole, et l'appétit lui-même viennent à manquer.

Tyrannie de l'humeur. Et caprice ! Car, tout aussi inexplicablement, cette nuit noire est parfois déchirée d'éclairs ! Des moments d'une intense allégresse, totalement absurde, totalement incongrue, soudain illuminent ces ténèbres. Moments extatiques, imprévisibles, et qui viennent et qui s'en vont, selon une logique sans logique, absurdement déconcertants, absurdement incontrôlables. Et puis cela retombe, ce n'était qu'une belle illusion. L'existence semblait d'un coup vivable, intéressante. Et puis, à nouveau la nuit. L'humeur est comme la déesse Fortune, capricieuse, imprévisible et folle. Comme la mort elle-même, et comme le Réel. Cela arrive, et vous êtes désemparé."
La passion du vide : dépression, psychothérapie, philosophie, Guy Amédé Karl

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A un moment souriante à parler de la vie à la rentrée prochaine, à lister toutes les nouveautés qu'il y aura dans quelques mois, d'imaginer la liberté et l'indépendance et tout ce qu'on peut en faire, à échafauder des projets, à bavarder en mangeant des pâtes sauce bolognaise au gruyère, à rigoler en cours en parlant d'épilation masculine au niveau du maillot et de poils entre les dents, à glousser parce qu'on se retrouve à aller au cours qu'on voulait sécher uniquement parce qu'on a trop mangé et qu'on n'a plus la force d'aller en ville, à faire un crumble, à s'interroger sur le fonctionnement d'un lave-linge parce que j'ai beau être une fille cette connaissance n'est pas dans mes gênes, à bouquiner un livre policier, à mêler thé et cookies,...

A un autre, désincarnée et déprimée à se dire que tout ne sert à rien, à avoir la tête qui tourne d'avoir trop ou pas assez mangé ou dormi, à ressasser cette histoire, à se faire du mal, à marcher pendant une heure dans les avenues venteuses et inconnues, à constater l'ironie de la vie qui amène la réussite d'études contraintes et ennuyeuse et l'échec d'une relation dans laquelle il y avait tant d'espoir d'investissement et de bonheur, à utiliser l'anti-cernes abandonné il y a plus d'un an, à prendre des cachets contre les maux de tête tous les jours, à être épuisée mais incapable de dormir, à se haïr parce que l'image qu'on a de soit résulte de celle que les autres nous renvoient, à se réveiller du sang sur la joue et des larmes dans les yeux,...

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A la caisse, deux personnes devant moi, il y avait cette femme qui pleurait. Elle essayait de se retenir, elle a eu quelques sanglots étouffés, mais l'homme qui passait avant elle pinaillait à propos d'une réduction. Alors ses larmes ont commencé à couler, puis elle s'est mise à pleurer franchement. La peau rougie et abîmée, les rides aux coins des yeux, son visage exprimait une telle douleur... J'aurais voulu la prendre dans mes bras, la réconforter, faire quelque chose pour l'aider. Mais quand je suis sorti du magasin je ne l'ai pas vue. Sinon, j'aurais été la voir. Je ne sais pas ce que j'aurais dit, ni ce que j'aurais fait, mais elle avait l'air d'avoir tellement mal que j'ai ressenti le besoin de l'aider. Je me demande où elle est ce soir, ce qu'elle fait, comment elle se sent.

Et il y a eu ce tableau aussi. Ce tableau qui était le symbole, la représentation d'un bonheur aujourd'hui perdu. Un bonheur serein, luxuriant, tendre, abondant et intense. Cette image était en face de moi, projetée sur une toile de plusieurs mètres. Cette plénitude disparue étalée sur le mur d'en face, dominant l'amphithéâtre, les dorures et l'éclat attirant le regard. Impossible de ne pas le voir, même sans le regarder. Alors j'ai pris sur moi, j'ai écouté la prof l'analyser, j'ai essayé de n'y voir qu'un tableau, de la peinture sur une toile. Et il y a eu les interprétations, dont une incertaine, mais ô combien réelle désormais. Je ne le lisais qu'au premier degré, d'autres y ont vu autre chose, et cela s'est révélé vrai ici.

Publié par Miss-C à 20:37:21 dans Nothing in particular | Commentaires (6) |

In the mood for love, Wong Kar-Wai | 24 mars 2009

Hier soir j'ai regardé le film In the mood for love de Wong Kar-Wai (2000) et j'ai beaucoup aimé. Pour commencer, voici le synopsis :

Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commencé, Chow Mo-wan et Chan Li-zhen apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison. Cette découverte les choque mais les rapproche. Ils se voient de plus en plus souvent mais le voisinage commence a s'en apercevoir. Il semble n'y avoir aucune possibilité pour eux de vivre une relation amoureuse. Mais la retenue, les réserves émotionnelles de Mme Chan hantent M. Chow, qui sent ses sentiments changer. (Source)

C'est donc une relation ambiguë entre un homme et une femme qui est racontée dans ce film. La nature floue du lien qu'il y a entre eux est très bien mise à l'écran, tout est suggéré par des silences et des ellipses. Les deux personnages sont comme prisonniers de cette relation. D'ailleurs, le film paraît être un huis-clos bien qu'il n'en soit pas un, parce que la plupart des autres personnages est filmée de dos et donnent presque l'impression de faire partie du décor. Ne restent que les deux héros, prisonniers d'une proximité involontaire, les barreaux et grilles reviennent souvent à l'image, comme pour suggérer un emprisonnement, mais aussi la solitude de chacun. Le lien trouble qui les unit est quant à lui mis en image par les jeux de miroirs et les voiles, le "couple" n'est pas filmé directement ce qui montre la confusion et le flou qui définit leur sentiments. Autre élément marquant : la musique et surtout le thème récurrent du film, le Yumeji's Theme, un morceau sensuel, triste et lancinant qui reste à l'esprit.

Ce que j'ai aimé c'est la manière dont les images reflètent la relation entre les deux personnages principaux, à eux-seuls les plans suggèrent l'ambigüité, le trouble et la solitude. Le jeu des acteurs est également excellent et raffiné : ils parlent peu, l'essentiel passe par les expressions du visage et par les mouvements du corps. Je dirais même que le film est beau : les plans sont comme des tableaux, les personnages ont des gestes gracieux et graciles comme s'ils dansaient et la musique accentue toutes les émotions contenue dans les images.

Publié par Miss-C à 20:44:01 dans Nothing in particular | Commentaires (3) |

20 mars 2009 | 20 mars 2009

La dichotomie, la contradition, l'ambivalence. Aujourd'hui les sourires et le dynamisme, demain les mensonges et le lit du  presque inconnu, après-demain les pleurs et les regrets. La solitude. Skins 3x08 : Effy. Le dégoût. "C'est le printemps, j'aurai toujours vingt ans". Les mensonges qu'on te fait et ceux que tu dis. Battle for the sun, Placebo. Les doigts glacés. Repas en bord de mer le 12. Le dernier exposé d'Histoire de toute ta vie. La fatigue. Sonate au clair de lune, Beethoven. Etre ignorée. Etre oubliée. "Things aren't what they seem." Un ciel bleu pur et ton corps sale. Trois épaisseurs de vêtements. L'angoisse. A woman a man walked by, P.J. Harvey. Les pleurs en s'endormant. La panique. Les lèvres gerçées qui saignent. Pas d'invitation pour le 18. Le vide. L'euphorie éphémère. La faiblesse physique. She's lost control, Joy Division. La lumière du soleil et ton obscurité. Les faux sourires. "I'm Pandora, I'm useless !". L'incapacité à se concentrer. Essayer. Continuer. Chercher le pure dans le sale et la douleur. Chercher l'oubli et l'absolu.

"Confusion in her eyes that says it all.
She's lost control.
And she's clinging to the nearest passer by,
She's lost control.
And she gave away the secrets of her past,
And said I've lost control again,
And a voice that told her when and where to act,
She said I've lost control again.
[...]
And she showed up all the errors and mistakes,
And said I've lost control again.
But she expressed herself in many different ways,
Until she lost control again.
And walked upon the edge of no escape,
And laughed I've lost control.
She's lost control again.
She's lost control.
She's lost control again.
She's lost control.
"

Publié par Miss-C à 21:53:31 dans Nothing in particular | Commentaires (1) |

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