Pourquoi Jésus est un fromage : une démonstration magistrale réalisée par Salvador Dali en 1961 (en image, c'est là) : "[...] Dernièrement des Jésuites ont venus me voir. Ils m’ont demandé pourquoi je peignais des montres molles. Alors aussitôt j'ai répondu que je peignais des montres molles parce que j’étais mystique. Alors ils m’ont dit "Mais quels rapports entre le mysticisme et les montres molles ?" Et j’ai répondu "Parce que les montres molles sont comme du fromage, et surtout le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qu'il a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors "Quel rapport entre le fromage et le mysticisme ?" Alors Dali a répondu une chose sublime, il a dit : "Parce que Jésus, c’est du fromage." Alors là, il y a eu un certain malaise de la part des Jésuites, mais comme que je suis très jésuitique moi-même, je savais déjà que cette chose, c’était Saint Augustin qui l’avait dit avant Dali. Et alors je leur ai cité un psaume de la Bible dans lequel on parle de Jésus en le comparant à une montagne. C’est très long, mais ça commence en disant : "Montus coagulatus, montus fermentatus, montus...", enfin c’est une série de montagnes, toutes lesquelles ils ont des attributs et les vertus caractérisées et ammoniacales du fromage. Et rien d’autre que Saint Augustin il dit, il écrit textuellement que ce passage il faut l’interpréter que Jésus ce n’est pas une montagne de fromage, mais que c’est de montagne de montagne et de montagne de fromage. Alors un des frères, un des Jésuites m’a dit : "Je crois que dans ça il y a quelque chose de vrai, parce que je me souviens de ce passage de montus coagulata, tout ça, mais je ne me souviens pas de la citation de Saint Augustin. Et au bout de trois jours, j’ai reçu une lettre me disant "vous avez tout à fait raison". Il m’a envoyé la citation exacte de Saint Augustin que moi même je ne connaissais pas très bien et naturellement ça aurait été Dali tout seul qui aurait dit que Jésus c’était du fromage, ça n’aurait pas marché du tout, mais si c’est Saint Augustin, tout le monde est forcé de dire que quand même, c'est pas aussi fou, ni si paranoïaque que ça."
Publié par Miss-C à 21:25:34 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens

Image : Lullaby for Pi, film de Benoît Philippon
« - Je veux te connaître », pleurniche Sean
« - Quoi ? »
« - Te connaître. Je veux te connaître. » Suppliant.
« - Mais qu’est ce que ça veut dire ? Me connaître ? » Je lui demande. « Me connaître ? Personne ne connaît jamais personne. Jamais. Tu ne me connaîtras jamais. »
Les lois de l’attraction, Bret Easton Ellis
C'est frustrant de se dire que jamais, jamais on ne parviendra à comprendre complètement qui que ce soit. Pas même soi d'ailleurs. On ne peut pas faire autre chose que de se contenter de cet inachèvement des relations, de cette méconnaissance d'autrui aussi bien que de soi, il faut admettre qu'il y aura toujours quelque chose qui nous échappera, une limite infranchissable, aussi décevant que ce soit. La concordance parfaite n'existe pas.
J'en viens parfois à me dire que ça ne sert à rien de faire l'effort de se lier aux gens parce que finalement, quelque soit l'investissement, il restera toujours une part d'incompréhension et qu'au mieux on pourra faire avec cette frustration ou au pire, ça mènera à une prise de distance. Mais d'un autre côté, qu'est-ce que les choses seraient angoissantes et ennuyeuses si on pouvait tout savoir de chacun, le fait qu'il y ait quelque chose d'insaisissable créé un intérêt, une tension.
En fait, j'aimerais à la fois tout savoir, que le lien soit complet et absolu, mais en même temps je sais que c'est impossible et que même si ça l'était, je n'en voudrais pas. Je suis contradictoire, je sais. Alors au final, comme je ne peux pas tout avoir, je ne veux rien, mais le souci c'est qu'au fond de moi, je continue de désirer le tout. Je veux et ne veux pas la fusion et la distinction. Douloureuse dichotomie donc. Et c'est valable pour à peu près tout.
En l'occurrence, je crois que cela participe au fait que je m'isole dans la solitude. Je n'ai jamais été très sociable et j'ai toujours beaucoup aimé la solitude, mais cela se trouve exacerbé avec le temps. En fait, en apparence, je n'ai plus autant l'air d'être la fille timide et réservée que j'étais : je suis plus à l'aise pour aller vers les gens, leur parler,..., cela me permet de multiplier les contacts, les connaissances, mais ça reste superficiel. Dès qu'il s'agit de s'attacher, quelque chose se bloque.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, ça se fait progressivement et imperceptiblement, au gré des déceptions, de la lassitude, des trahisons, des mensonges, des différences insurmontables qui apparaissent. Les anciens liens se défont faute d'être resserrés et les nouveaux liens ne se font pas, ou peu. Peut-être que le fait de savoir que même si on s'implique beaucoup on ne connaîtra jamais complètement qui que ce soit, qu'on ne saisira jamais ce qu'il est vraiment, fait que je n'ai même pas envie d'essayer.
Parfois, même, j'ai envie de complètement couper les ponts, de supprimer toutes les interfaces où j'échange (blog, Facebook), de ne plus envoyer de mail ou passer de coup de fil, rien, même pas répondre quand on s'adresserait à moi. Ne plus voir personne, que ce soit des connaissances ou des inconnus. Un désir d'autonomie complète, d'autarcie, faire l'anachorète et vivre en recluse en fait. Mais je me rends bien compte que ce serait du gâchis, et qu'une situation aussi extrême ne peut pas être viable.
Donc au final, des liens se dénouent ou sont coupés et d'autres ne se nouent pas. Je pars un peu à la dérive. S'isoler est une manière de se protéger de la douleur, parce que s'attacher c'est se rendre vulnérable, c'est créer une source de douleur potentielle. Alors en m'emmurant dans la solitude (que ce soit en restant seule ou en ne dévoilant rien aux gens), je me protège de la douleur et des déceptions. Sauf que je me protège de la joie et du bonheur aussi.
J'ai tout à fait conscience de ne pas emprunter la bonne voie, que se planquer derrière des murs de livres, comme j'ai tendance à le faire, c'est vivre par procuration, donc ce n'est pas vraiment vivre. Je sais aussi qu'on peut aimer la solitude sans pour autant s'isoler à ce point, sans fuir les gens, mais c'est comme un réflexe qui s'est installé. Je ne parviens plus que difficilement à accorder ma confiance, et encore, ce n'est jamais complètement. Il y a plein de choses qui concourent à ce qu'au final, et malgré les apparences qui montrent le contraire, quelque chose en moi se ferme aux autres.
Publié par Miss-C à 10:08:29 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens
Apparemment, lorsque j’étais plus jeune, j’avais un potentiel de créativité. Je savais dessiner, on disait de moi que j’étais inventive, les gens en général et les profs en particulier, s’émerveillaient sincèrement ce que je pouvais faire. Et si j’avais suivi mes envies plutôt que les voies balisées, j’en serais peut-être encore capable, capable de créer, d’inventer, d’exprimer, d’imaginer. Aujourd’hui, je suis incapable de faire cela. Je ne sais plus dessiner, je ne sais pas écrire quoique ce soit d’intéressant, de pertinent ou d’original, j’ai perdu, ou peut-être abandonné, en chemin ce petit quelque chose qui rend apte à concevoir, élaborer, engendrer. Je n’ai pas osé être moi-même à certains moments, j’ai préféré des voies un peu plus sûres, ou en tout cas moins incertaines, au détriment de ce que j’étais, et je crois que je le regrette aujourd’hui.
Désormais, si j’ai une feuille blanche devant moi et un stylo dans la main, je suis paralysé. Je n’ai pas d’idées, et lorsque j’en ai, je suis incapable de les exprimer de manière satisfaisante. Et quand bien même j’arriverais à obtenir un résultat qui, intrinsèquement, est correct, il n’en demeurerait pas moins médiocre dès lors que je sortirais du cadre de la feuille parce que ça m’évoque toujours quelque chose d’autre, quelque chose d’existant et de mieux. Je lis énormément, j’écoute de la musique, je regarde des films,…, j’absorbe donc des matériaux. Chez certains, ce sont des sources d’inspirations incroyables, mais chez moi c’est complètement inhibiteur, je suis incapable d’utiliser tout ça, de l’assimiler et de le reformuler, et au final, quoique tout ce que je peux exprimer me fait inévitablement penser à quelque chose que j’ai lu, vu ou écouté.
Par conséquent, plus je lis, regarde, vois, écoute et entends et plus je suis muette. Sans cesse et de plus en plus, mes mots font dans ma tête références à d’autres et je me demande alors pourquoi écrire si une citation peut exprimer plus exactement ce que je ressens, pourquoi dessiner s’il existe des images plus réussies que ce que je ne pourrais jamais faire. Et puis au fond, qu’est-ce que j’ai d’original à dire ? Tout ce que je vis et ressens, d’autres l’ont déjà vécu, rien de nouveau en somme. Il y a tellement de choses, mais tout semble avoir déjà été exprimé tant de fois et par tant de biais différent, alors à quoi bon se fatiguer à l’exprimer à nouveau, en moins bien, en moins intéressant, en moins pertinent ? Pourtant certain y arrivent, certains savent exprimer ce que beaucoup d’autres on déjà (res)senti, et ils le font avec des mots, des sons, des lignes et des couleurs que beaucoup d’autres ont déjà utilisé auparavant.
C’est pour cela que j’admire les gens qui sont capables d'aller au-delà de cela et qui savent créer, écrire un livre, composer une chanson, tracer un dessin, etc. Je ne parle pas ici des plumitifs, des rimeurs, ni des barbouilleurs, de ceux qui ne sont mus que par la soif de gloire, de ceux qui produisent en masse sans souci de la qualité, ni de ceux qui se contentent des lieux communs, etc, mais des vrais créateurs. Ce sont ceux qui ont cette aptitude à exprimer ce qu’ils ressentent autrement, à intercepter quelque chose d’existant pour en faire quelque chose d’inédit, à capter quelque chose, à transformer cette matière brute et à en faire quelque chose de différent mais similaire. Ils savent faire d’une émotion, d’une lumière ou d’un moment, quelque chose de distinct tout en y ayant mis l’essence de ce qu’ils avaient saisi. Ceux qui savent voir ce que personne n’avait saisi ou voir nouvellement ce que tout le monde avait vu.
En fait, c’est difficile de définir ce qu’est un artiste, les définitions qu’on trouve dans les dictionnaires me paraissent insuffisantes. Si je m’appuis sur mes lectures, je vois que pour A. Schopenhauer, "le don de l’artiste" c’est "devenir pur sujet connaissant, c'est se détacher de soi-même" et avoir une "conception purement objective des choses". Chez C. Bukowski, "les artistes sont des découvreurs, désespérés et suicidaires" et pour S. Freud, un artiste est "un introverti qui frise la névrose" et qui "voudrait conquérir honneurs, puissance, richesses, gloire et amour des femmes". Donc un artiste est quelqu’un qui a manifestement un équilibre psychologique précaire, voire instable, quelqu’un qui n’est pas complètement en accord avec lui-même, qui n’est pas une unité en fait (puisque détaché de lui-même), et qui recherche également une certaine reconnaissance. Pas faux tout ça.
Mais, pour O. Wilde, "les bons artistes existent simplement pour ce qu'ils font, et sont en conséquence totalement inintéressants dans ce qu'ils sont. […]. Le simple fait d'avoir publié un livre de sonnets médiocres rend un homme absolument irrésistible. Il vit la poésie qu'il est incapable d'écrire", ce qui se rapproche de ce qu’écrit W. Gombrowicz : "Ne peut-on pas penser que chacun est plus ou moins artiste ? Que l'humanité crée de l'art non seulement sur le papier ou sur la toile, mais à chaque moment de la vie quotidienne ?". Donc un artiste est aussi quelqu’un qui ne fait pas forcément de l’art une activité à part, mais qui vit l’art et la création au quotidien, sans que ce soit grandiose. Le beau, la poésie et la pertinence artistique seraient donc partout. Pas faux non plus.
La définition de ce qu’est un artiste est donc très variable et floue, très subjective en un mot. Mais il faut dire que celle de l’art l’est tout autant (Est-ce c’est ce qui est beau ? ce qui dérange ? ce qui reproduit ? ce qui innove ? ce qui sublime ? Etc...), donc à partir de là difficile de définir ce qu’est un artiste, cela dépend de chacun. Pour moi c’est quelqu’un qui sait exprimer d’une façon nouvelle ce qui a déjà été dit mille fois, qui voit les choses d’un regard neuf, qui arrive à exprimer exactement ce qu’il ressent, qui voit le détail qui fait la différence, qui sait interpréter d’une manière originale, qui sait saisir et traduire une ambiance ou une émotion, qui sait associer différents éléments et créer ainsi une nouvelle perspective, etc, le tout en y ajoutant un morceau de soi, le style, la patte, le petit quelque chose qui fait qu’on reconnaîtra l’auteur.
Ce que je veux dire finalement avec tous ces mots, c’est que j’admire les gens qui savent créer, ceux que je considère comme des artistes. Non seulement ils possèdent quelque chose qui ne s’apprend pas et qui n’est pas donné à tout le monde, mais en plus, ils savent l’utiliser et ne pas se résigner à faire autre chose qui serait jugé plus utile. Et aussi négligeable et inutile que soit mon opinion, je tenais à dire que vraiment, sincèrement, j’admire les artistes, aussi vague que soit ce mot.
Publié par Miss-C à 23:02:55 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens

Je ne suis pas une élève qui s'illustre particulièrement, que ce soit par son intelligence ou par sa médiocrité : en général, je suis moyenne, terne. Parfois, il arrive quand même qu'il y ait quelques éclats (ah, mes notes en Maths de la 4ème à la Terminale : je ne comprenais rien mais j'avais toujours au moins 15/20...!), mais il arrive aussi malheureusement qu'il y ait des obscurcissements, comme, notamment, le devoir d'Economie de décembre 2005, celui d'Histoire grecque antique en mai 2008, et, désormais, le DS de Droit de décembre 2009.
Ce dernier est un échec magistral, d'une exactitude myope, avec une argumentation incohérente et un raisonnement absurde. Mon travail est digne de la logique qu'on peut trouver dans le terrier du lapin d'Alice au Pays des Merveilles. J'ai beau avoir révisé pendant des heures et des heures, et ce, depuis plusieurs jours, avoir fait des fiches, des exercices d'applications, des recherches, etc, je suis toujours incapable d'appliquer quelque chose de pourtant très rationnel... Ça ne rentre pas dans les cases de ma mémoire, tout simplement.
Sinon, les professeurs nous ont aujourd'hui signalé que suite au très grands nombre de malaises chez les étudiants depuis lundi, une salle de repos avec un lit et des fauteuils avait été ouverte et qu'il ne fallait pas hésiter à y aller en cas de fatigue ou de malaise imminent... (A mon avis, pour faire face à la situation, il faudrait installer une tente-hôpital dans la cour du bâtiment.)
Publié par Miss-C à 20:02:44 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens

Image : capture du film Coffee and cigarettes de Jim Jarmusch
Là, j'ai juste envie de pleurer, de prendre un truc contre le mal de tête et de me mettre sous la couette pour dormir, et surtout oublier.
Oublier qu'on a un rythme de malade. Que la semaine dernière on a eu 37h de cours et qu'à côté il faut préparer les exposés, faire les exercices, réviser pour les DS. Ce week-end je devais travailler, mais je n'ai presque rien fait tellement je suis épuisée moralement. Ce n'est même pas de la fatigue physique, parce que je dors beaucoup, mais c'est juste qu'au bout d'un moment je n'ai plus aucun volonté ni aucune capacité pour enregistrer quoique ce soit. Et comme ce week-end je n'ai rien pu faire (cerveau en mode OFF), j'ai pris beaucoup de retard.
Et en plus, la semaine dernière n'était que le début. Parce que déjà ce matin j’apprends que j'ai deux heures de plus aujourd'hui, ce qui me fait 9h de cours dans la journée. Donc, la pause de 3h30 pendant laquelle je comptais réviser et souffler un peu, devient une pause-sprint de 1h30 pendant laquelle je vais devoir me dépêcher de faire le minimum afin d'être en cours à l'heure. Au total, cette semaine, je vais avoir 39h de cours avec un exposé et 2 DS, et à côté (donc en plus), j'ai 2 exposés à préparer, et des DS à réviser.
C'est impossible à gérer, tout se superpose : jeudi après-midi (seule demi-journée de libre), je suis censée aller à la bibliothèque pour emprunter des matériaux pour un exposé, retrouver un groupe pour préparer un autre exposé, retrouver une autre personne pour préparer encore un autre exposé, prendre un rendez-vous en rapport avec mon stage, etc.
En comme si ça ne suffisait pas, il pleut beaucoup et comme il y a du vent le parapluie ne sert à rien. Mes chaussures sont imbibée d'eau, mon pantalon est trempé jusqu'aux genoux, je vais devoir me changer ce midi. Sans compter que malgré mes précautions il y a quand même de l'eau plein mon sac de cours donc mes feuilles sont humides et mon agenda a pris l'eau tellement de fois qu'il est littéralement en train de se dissoudre.
Le pire, je crois, c'est qu'on est que lundi, qu'il n'est même pas midi et que je je frôle déjà le blackout nerveux.
(Méthode Coué : Je dois y arriver, je peux y arriver, je vais y arriver !)
Publié par Miss-C à 12:09:17 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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