J'ai l'impression d'être loin, toujours de plus en plus loin. De ne pas être là, même quand je le suis, comme si j'étais complètement vide, un vrai pantin se mouvant sous les mains de l'habitude et de la norme. Avant, quand j'étais absente de la réalité physique, du présent, de l'ici et du maintenant, c'est que je pensais à autre chose, désormais, c'est juste que je ne pense à rien. Avant, il y avait des choses à m’animer, à me motiver, à m’intéresser, dorénavant je me sens vid(é)e, lass(é)e, monotone. Je me sens terne, gris-beige, ennuyeuse, insipide, d’une platitude abyssale. J'ai l'impression que le subjectif disparaît ; tout m’apparaît tellement froidement concret et distant, comme si je devenais un point de vue neutre et objectif, et donc "désimpliqué", détaché de tout. Je ne réagis plus qu'en tant pis et en tant mieux : ça m’est égal. Je suis absente à moi-même, mais je ne sais pas où je suis, où je est.
Publié par Miss-C à 06:49:09 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens
Joli nymphéa, on en oublierait presque qu’il asphyxie le milieu où il vit. Belle fleur, mais fleur parasite. Je ne sais pas d’où vient son germe, j’avais juste vu quelque chose qui semblait beau, une jolie gemme que j’ai entretenue pour voir ce qui allait en éclore. C'était il y a huit ans déjà. Huit, l'infini sans dessus-dessous. Je pensais pouvoir maîtriser cette pousse, mais c’était l’inverse. Je n’avais pas fait attention au fait qu’il s’accroissait aussi rapidement, et quand je m’en apercevais, je ne faisais que m’extasier devant une si belle fleur. Alors il a continué à grandir, à asphyxier tout ce qu’il y avait dans son habitat, jusqu’à la quasi complète anoxie de ce dernier. Finalement, on a étêté le nénuphar. Mais on a coupé la fleur, pas les racines ; le nymphéa était toujours potentiellement là, invisible à la surface, caché à l’intérieur. Je n’ai jamais arraché les racines, elles sont trop longues, trop profondes, trop emmêlées, il en restera de toute façon toujours un morceau quelque part, prêt à croître. C’est ce qui arrive parfois : un nymphéa éclot, mais jamais longtemps, on l’élague avant qu’il ne s’épanouisse. Pourtant, il a refleuri il n’y a pas longtemps, et je n’agis pas. J'y reviens, huit ans après. Huit, l'éternel retour à la case départ. Je l’entretiens sévèrement pour ne pas m’étouffer cette fois-ci, mais si pour l’instant je le maîtrise, il suffit de peu de latitude pour que la question se pose de savoir qui possède qui, qui contrôle qui, qui asservit qui. J’expérimente pour savoir jusqu’où je peux aller pour que la fleur se déploie au maximum tout en restant sous mon emprise. Je ne peux pas nier ma fascination morbide pour cette fleur anoxique, alors je la regarde s’éveiller. Délicieuse, venimeuse, enjôleuse, dangereuse.
Publié par Miss-C à 21:56:38 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens
Les mots sont là, mais impossible de les expulser. Ils restent en travers de ma gorge et me suffoquent. Je ne parviens ni à les assimiler, ni à les vomir ; et plus le temps s’écoule, plus ils s’accumulent et m’empoisonnent. Ils cognent dans mon thorax, ils se heurtent contre les barreaux de la cage et me déchirent de l’intérieur. J’aimerais les en extraire, les extirper de là pour me soulager de cette oppressante saturation, alors je plonge les mains dans le magma du Moi, je remue toute cette boue, je cherche furieusement et désespérément à capturer ces entités capricieuses et évanescentes, mais mes mains n’attrapent rien, les mots sont des anguilles, glissants et insaisissables. Je me sens bridée, frustrée et limitée, les mots m’asphyxient, je n’arrive pas à les évacuer. Je me sens pétrifiée, paralysée dans un cri inarticulé.
Publié par Miss-C à 21:28:33 dans Nothing in particular | Commentaires (3) | Permaliens
J'aime énormément lire, et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'attends avec impatience le week-end : afin d'avoir du temps et de l'énergie à consacrer à la lecture. Ce samedi matin n'a pas dérogé à la règle : une fois les courses faites, c'est avec plaisir que je pu me plonger dans un livre acheté jeudi. Sauf que le plaisir s'est transformé en frustration après la page 48 :

Oui, on passe bien de la page 48 à la page 75.
Publié par Miss-C à 12:24:56 dans Nothing in particular | Commentaires (4) | Permaliens

En semaine, je n'ouvre pas mes volets parce que quand je pars en cours il fait nuit et quand j'en reviens aussi (par contre, j'ouvre les rideaux le matin et je les ferme le soir : ça ne sert à rien vu que les volets restent clos, mais au moins dans ma tête ça distingue le jour de la nuit). Sauf que là, c'est le week-end, donc ce matin -pour la première fois de la semaine- j'ai ouvert mes volets. Ça en valait la peine.
Publié par Miss-C à 09:58:59 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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