Je ne crois pas avoir autant lu de ma vie que cet été. Il faut dire que je n'ai jamais eu autant de vacances d'affilés, c'est-à-dire 16 semaines. En plus comme je suis un peu associale et misanthrope, j'ai préféré passer mon temps à lire plutot qu'à voir du monde. En tout cas, comme en période scolaire je suis trop fatiguée pour lire (et pourtant on ne peut pas dire que je m'épuise en recherches et révisions !), je compense pendant les vacances, et d'après mes savants calculs j'ai traversé l'été avec une moyenne de 4 livres/semaine (contre environ 2-3 livres/mois en période scolaire).
Comme la rentrée littéraire a déjà commencé, il est temps que je fasse un petit bilan des livres qui m'ont le plus marquée. Beaucoup ont été très agréables à lire, mais ils leur manquait peut-être un petit quelque chose pour que je les j'en garde un souvenir consistant, pour qu'ils me surprennent, me donnent envie de ne pas m'arrêter avant dernière page,... Donc j'en ai retenu dix, dix livres que je présentent ici, sans ordre de préférence.
Le chameau sauvage, Philippe Jaenada
Ce livre, je l'ai lu par hasard. Le titre m'a intrigué pour un ouvrage rangé avec les romans, on dirait que c'est un bouquin animalier, mais quand j'ai lu le résumé, ça m'a fait changer d'avis et j'ai eu envie de le lire : "Un jour d'hiver je me suis mis en tête de réparer le radiateur de ma salle de bain, un appareil à résistances fixé au dessus de la porte. Je ne sais pas ce qui m'est passé sous le crâne ce jour-là, je me suis cru l'un de ces magiciens de la vie pour qui tout est facile. Il faut dire que jamais encore je n'avais été confronté à de réels obstacles, ni dettes faramineuses, ni chagrins d'amour, ni maladies graves, alors naturellement j'étais naïf.". Dans ce livre, le héros est un trentenaire qui a une vie banale, vie qui va basculer lorsqu'il va vouloir réparer un chauffage : il va se retrouver mêlé à une bagarre, va être arrêté par la police, va rencontrer dans la rue une femme, Pollux, qui vient de recevoir une bassine d'eau sur la tête, il va tomber amoureux d'elle, va la perdre puis la rechercher parce qu'il pense qu'on a toujours une deuxième chance de revoir les gens qui nous ont marqué. C'est léger, mais pas futile, c'est un mélange de quotidien et de folie douce, c'est surprenant, réaliste, agréable parfois absurde et loufoque, j'ai beaucoup aimé. A noter que ce livre a été adapté au cinéma par Luc Pagès, sous le titre A+ Pollux.
La rage au coeur, Ingrid Bétancourt
Ce livre, c'est Wendy qui ma l'a prêté. Généralement, je ne suis pas encline à lire les livres en rapport avec la politique ou l'actualité, je préfère les romans. Mais si Wendy a jugé bon de ma le prêter c'est qu'il doit avoir quelque chose de différent. Et en effet, ce n'est pas le livre auquel je m'attendais, je pensais que j'aurais affaire à un ouvrage exposant les idées politiques d'Ingrid Bétancourt, une sorte de programme, mais en réalité, c'est un livre où elle retrace le chemin qui l'a menée à la politique, les difficultés qu'elle a rencontré pour arriver là où elle est arrivé,... Ce n'est pas un livre froid et lisse, au contraire, c'est livre vivant, courageux, écrit avec passion, avec rage comme le dit le titre. Je ne connaissait pas grand chose d'elle et finalement, ça m'a beaucoup appris sur la situation politique de la Colombie et du pourquoi de sa prise d'otage qui dure maintenant depuis plus de cinq ans. Je trouve également qu'Ingrid Bétancourt a une forte personnalité, après avoir lu le livre, on ne peut que l'admirer pour avoir tenté de changer la situation politique de la Colombie et lutter contre la corruption, alors qu'elle n'avait quasiment personne pur la soutenir au début, et qu'elle a risqu" beaucoup pour se faire une place.
La vallée des poupées, Jacqueline Susann
Au début, je pensais que ça serais un livre un peu niais, une sorte d'équivalent littéraire des soap-opéras américains. Il y a bien un tel aspect dans ce livre, mais il y a autre chose aussi. Ce livre culte raconte l'histoire de trois femmes qui se lancent dans des carrières d'actrices, qui rêvent de gloire et de luxe, mais pour réussir, elle doivent faire des choix, saisir les occasions qui leurs sont proposée,... Forcément, tout ne se passe pas bien et les héroïnes connaissent les déceptions amoureuses, les addictions aux médicaments et à l'alcool, les mauvaises critiques,... La réalité n'est pas aussi rose et pailletée qu'elle en a l'air. J'ai donc bien aimé ce livre, mais je l'aurais encore plus aimé si ça avait été un peu plus sombre. (C'est l'image du DVD parce que je n'ai pas trouvé de couverture du livre)
La tête dans le carton à chapeau, Mark Childress
Au début, je m'attendais à un livre dans le même genre que La vallée des poupées : une femme va à Los Angeles pour se lancer dans le cinéma. Mais en réalité, c'est très différent de ce à quoi je m'attendais et je préfère ça d'ailleurs, sinon j'aurais eu une impression de déjà lu. Donc, certes c'est l'histoire d'une femme, Lucille, qui veut devenir une star du cinéma, mais ce qui rends l'histoire plus piquante, c'est qu'elle a empoisonné puis décapité son mari au couteau électrique et qu'elle traverse une partie des Etats-Unis, pour aller à Los Angeles, avec la tête de son époux dans une boîte Tupperware. Et ce qui est intéressant aussi, c'est que l'histoire a deux narateurs, Lucille, et Peejoe, son neveu. Ce dernier est, comme toute sa famille au courant du meurtre, mais il est le seul à qui Lucille en ait raconté les circonstances. Par ailleurs, Peejoe, lui, reste dans son coin pommé d'Alabama où il est témoin des conflits raciaux des années 60. L'histoire est intéressante parce qu'elle a un côté sérieux vu par le regard d'enfant de Peejoe, et le côté déjanté et loufoque de sa tante Lucille. J'ai vraiment aimé ce livre qui se lit très bien, j'ai eu du mal à faire des pauses tellement j'avais envie de connaître le dénouement.
Moi, Charlotte Simmons, Tom Wolfe
Ce livre, c'est son volume qui m'a attiré, j'aime les pavés littéraires, alors quand j'ai vu que ce livre avait 1000 pages, j'ai eu envie de le lire, surtout que l'histoire avait l'air intéressante. Il s'agit d'une jeune fille originaire d'un coin perdu des Etats Unis qui va entrer dans une grande et prestigieuse université, cela va bouleverser ses valeurs, sa personnalité,... parce que le monde des études supérieures est très différents de ce à quoi elle s'attendait et heurtent tout ce qu'elle a pu connaître auparavant. Malgré son volume, le livre se lit très bien et le style est limpide. Le seul truc que je n'ai pas trop aimé, c'est la fin qui est un peu fade à mon goût.
A suivre...
Publié par Miss-C à 11:53:41 dans Nothing in particular | Commentaires (16) | Permaliens
Je suis assise dans le bus, j'ai froid, pourtant j'ai des vêtements à manches longues et une veste assez épaisse. C'est la fin de l'après-midi et je suis fatiguée. Je regarde par les vitres, mais je ne vois rien, seulement les gouttes de pluie qui se sont fracassées sur les fenêtres et qui glissent paresseusement. Il fait sombre dehors et il y a beaucoup de circulation, je vois les lumières des phares, multipliées par les goutelettes d'eau. C'est bien un temps de novembre. Plus loin dans le bus un enfant ouvre une carte musicale et je reconnais Jingle Bells dans les notes nasillardes qui en sortent.
Ce n'est pas une scène qui s'est déroulée en novembre, mais bel et bien aujourd'hui, le 20 août. (Mais moi ça me va, j'adore l'hiver.)
Publié par Miss-C à 21:22:24 dans Nothing in particular | Commentaires (3) | Permaliens
When the day is long and the night,
The night is yours alone,
When you're sure you've had enough of this life,
Well hang on.
Don't let yourself go,
Everybody cries and everybody hurts sometimes.
Sometimes everything is wrong.
Now it's time to sing along.
When your day is night alone,
Hold on, hold on
If you feel like letting go,
Hold on
When you think you've had too much of this life,
Well hang on.
Everybody hurts.
Take comfort in your friends.
Everybody hurts.
Don't throw your hand.
Oh, no.
Don't throw your hand.
If you feel like you're alone,
No, no, no, you are not alone
If you're on your own in this life,
The days and nights are long,
When you think you've had too much of this life to hang on.
Well, everybody hurts sometimes,
Everybody cries.
And everybody hurts sometimes.
And everybody hurts sometimes.
So, hold on, hold on.
Hold on, hold on.
Hold on, hold on.
Hold on, hold on.
Everybody hurts.
You are not alone.
Publié par Miss-C à 09:29:34 dans Nothing in particular | Commentaires (6) | Permaliens
L'autre jour au goûter, c'était champagne et macarons.
(Ca fait du bien de se prendre pour une reine de cinéma parfois, même si l'alcool nous rend un peu malade et qu'on aime pas vraiment les macarons !)
Image : la Marie-Antoinette de Sofia Coppola
Musique : Ceremony, New Order
Publié par Miss-C à 21:37:31 dans Nothing in particular | Commentaires (4) | Permaliens
"Vous ne pouvez jamais prédire où votre esprit va s'aventurer, au milieu de la nuit, quand il est affamé de calme et repu de frayeur. [...] Vous entendez le ronronnement du réfrigérateur et le tic-tac d'une pendule dans une pièce voisine, et rien d'autre ne vient concurrencer le bruit des conseils que vous susurre votre voix intérieur."
"J'ai découvert l'enfer car je ne suis pas capable d'émousser les sensations de mes actes. L'enfer, c'est la souffrance singulière qui réside dans cette perte que vous vous êtes infligée à vous-même. Épuisée, je me suis endormie, et quand je me suis réveillée, tout m'a paru plus clair. Tout semblait si simple. La solution était évidente et je me demandais à présent comment elle avait pu m'échapper. tout allait bien se passer."
"Pour un individu, une affection peut avoir davantage de réalité que tout le reste de son existence. Une affection peut vous aider à tenir le coup, comme la foi religieuse."
"J'avais envie d'être libre d'ignorer la douleur et la souffrance du monde."
"La faculté de revivre les états émotionnels du passé est à la fois une aptitude et une malédiction. C'est une malédiction car cela vous empêche d'avancer dans la vie. La moindre coupure, le moindre bleu, le moindre rejet engendre une moisson que l'on garde en stock. La douleur est conservée sous un pain de glace et on peut compter qu'elle restera aussi fraîche qu'au premier jour."
"Mais une fille, ça grandit, cela devient d'abord romantique, ensuite ça devient cynique et branché, puis ça se laisse tyranniser pour l'éternité par ses préoccupations intimes. Ces derniers agissant sur elle comme un anesthésique, elle s'acclimate à ce qu'elle finit par étiqueter comme ses "problèmes parentaux"."
"Que veux-tu ? Nous sommes étudiants. Nous sommes encore assez naïfs pour nous croire de changer les choses, encore assez jeunes pour penser que nous avons du temps devant nous."
"Il est écrit qu'en toi s'affrontent une aptitude à l'empathie, un sens moral élevé, une rationalité rigoureuse et une sensation de vide chronique, des angoisses d'abandon, des phases de colère aiguë et ton obsession pour Anna. Le résultat est un sentiment de honte immense. La folie (ce terme, c'est moi qui l'emploie, pas lui) était le prix à payer pour le temps passé à être trop lucide. Un prix que la plupart des gens, d'instinct, savent trop élevé. "Le jeu n'en vaut pas la chandelle, note mon père, narquois. Et donc la quasi-totalité d'entre nous s'en sort en refusant d'observer lucidement les choses. Tout est un peu flou, mais comme ce flou est permanent, les gens ne le remarquent pas et nous disons qu'ils sont tous un modèle de santé mentale."
Publié par Miss-C à 21:44:37 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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