
Aujourd'hui je vais faire ma rentrée. En fait, c'est un peu imprévu. Disons que d'après le site de l'université, la rentrée des deuxièmes année en sciences humaines est le lundi 10, alors j'ai cru, naïvement, que je serais en vacances jusqu'à dimanche soir. En fait non, la rentrée est bien aujourd'hui, comme j'ai pu l'apprendre par e-mail entre deux coupures d'Internet.
Donc je vais retrouver la fac, les amphi, les préfabriqués, les élèves, les profs, les exposés, les trajets en bus (puis en tramway en fin d'année), la BU, les constructions d'emploi du temps,...
Le truc qui me dérange, c'est que pour moi, la rentrée c'était lundi, donc je comptais profiter de la fin de la semaine pour lire les quelques livres avec lesquels j'avais envie de conclure mes vacances, reprendre un rythme hypnique adapté aux cours (c'est-à-dire dormir la nuit et être réveillée le jour, pas l'inverse comme c'est le cas), remettre de l'ordre dans mes affaires,...
Là, ça va être un peu juste, je vais devoir retourner dans le bain des études directement sans faire tout ce que j'avais prévu. Mais bon, avec 16h de cours par semaine, le rythme ne devrait pas être insoutenable.
Image : vue aérienne des bâtiments de l'université destinés aux cours de langue et sciences humaines
Musique : Poupée de cire, poupée de son, Wizo (ça donne de l'énergie pour la rentrée !)
Publié par Miss-C à 08:20:33 dans Nothing in particular | Commentaires (12) | Permaliens
Voici donc la suite des dix livres qui m'ont marqué cet été. Je doute qu'il y en ait d'autres parce que même s'il me reste encore un peu de vacances, je n'ai plus le courage de lire, je suis épuisée et franchement j'ai lu énormement de livres alors j'arrive à saturation. Enfin bref, revenons au sujet annoncé :
L'obsolescence de l'homme, Günther Anders
C'est le premier livre que j'ai lu une fois les cours terminé. C'est un livre dont le prof de l'UEL de Philo à la fac nous avait parlé au dernier cours et qui m'avait beaucoup intéressée. Donc c'est un livre de philosophie, mais en fait, ça se lit très facilement, on dirait même parfois de la psychologie ou de la sociologie. Divers sujets sont abordés (la bombe nucléaire, l'influence des médias sur les relations humaines, la "honte prométhéenne",...) et tous ces sujets sont d'actualité alors que le livre a une cinquantaine d'années. C'est un livre vraiment très intéressant qui fait réfléchir sur soi et le monde dans lequel nous vivons.
Vent d'est, vent d'ouest, Pearl Buck
Ce livre m'a été conseillé par Pharaonglace en début d'été. L'histoire est celle d'une jeune Chinoise qui va vivre avec le mari qu'on lui a choisi. Ce mari est un Chinois, mais il a été étudier aux Etats-Unis, ce qui fait qu'il y a un décalage entre lui et son épouse qui, elle, a été éduquée dans la tradition chinoise. L'héroïne se retrouve donc tiraillée entre deux cultures : celle dans laquelle elle a toujours vécu et où elle doit obéir à son mari, et celle de son époux qui est une culture occidentale, très différente. Pour pouvoir vivre avec son mari, elle va devoir aller à l'encontre de tout ce qu'on lui a appris. C'est un livre agréable à lire, c'est un choc entre deux cultures au sein d'une même personne.
Tout ce que j'aimais, Siri Hustvedt
J'ai lu ce livre après être tombé sur plusieurs sites et blogs de gens qui l'avaient bien aimé, comme l'histoire avait l'air pas mal, j'y ai jeté un coup d'oeil. Il raconte l'histoire de deux couple new-yorkais qui s'installent dans des appartements voisins et dont on suit la vie sur plusieurs décennies : amour, amitié, travail, enfants,... J'aime beaucoup, on s'attache aux personnages, on s'habitue aux lieux, c'est vraiment un livre dans lequel on s'installe, les protagonistes sont comme des amis, à la fin du livre on a l'impression d'avoir vécu avec eux. En plus le livre est très bien écrit, les mots sont choisis avec soin, les descriptions sont précises,... , tout cela rend l'histoire plus réelle.
L'objet de mon affection, Stephen McCauley
Je suis tombé sur ce livre de la même manière que le précédent : en errant sur Internet où je l'ai trouvé conseillé sur plusieurs sites. Le narrateur est un trentenaire gay qui vit avec un homme avec qui il a une relation sans passion. Par hasard, suite à une fête, il va se retrouver à aller habiter chez une femme qui va devenir son amie. Cette femme ca se retrouver enceinte et elle va demander au personnage principal de vivre avec elle pour élever l'enfant, et en parallèle, celui-ci va recontrer un homme dont il tombe amoureux. Dit comme ça, on dirait le synopsis d'un soap-opéra, mais en vrai c'est agréable à lire, les personnages sont attachants, c'est vraiment bien comme livre, on ne se prend pas la tête dessus. Par contre, j'a lu un autre livre de cet auteur et j'ai constaté beaucoup de points commun avec ce livre, un peu comme si c'était la même histoire dont les détails avaient été modifiés.
Le démon, Hubert Selby Jr.
J'avais déjà lu deux livres de cet auteur : Last Exit to Brooklyn et Retour à Brooklyn (dont est tiré le film Requiem for a dream), et je les avait bien aimé. Le démon, ce n'est pas que j'ai aimé, c'est que j'ai adoré ! En plus d'être un des livres que j'ai le plus appréciée cet été, et est désormais parmi mes livres préférés. Le héros de ctte histoire est un Américain moyen à la vie réglée, fade voire ennuyeuse. Cependant, il a une sorte de colère, de violence en lui. Il apaise d'abord ce besoin en couchant avec des femmes mariées. Mais au bout d'un moment ça ne lui suffit plus, il s'y est habitué alors il lui faut un exutoire plus fort. A chaque fois qu'il trouve un nouveau moyen de calmer son manque, il fini par se lasser et il lui faut quelque chose de plus fort. J'aime beaucoup l'ambiance oppressante de ce livre, l'impression de malaise, quelque chose de malsain.
Il y aurait pu en avoir un onzième : Johnny s'en va-t-en guerre de Dalton Trumbo, mais je lui ai déjà consacré un article (ici), donc je ne l'ai pas compté ici. Donc voilà pour les dix livres qui m'ont le plus marqué cet été, comme je l'ai déjà dit dans la première partie de cet article j'en ai lu d'autres qui, même si je n'en parle pas ici, n'en sont pas moins bon. En fait, je n'ai pas lu tous les ouvrages que j'avais prévu, mais j'en ai lu beaucoup d'autres, et puis ceux que j'avais et que j'ai envie de lire sont notés dans un petit carnet, donc je finirais bien par les lire un jour.
Publié par Miss-C à 20:42:35 dans Nothing in particular | Commentaires (6) | Permaliens
Aujourd'hui journée à Nantes, quasi à l'improviste. Bonne journée, temps agréable, bien que par moment le vent ait été un peu froid. Tramway, parc de l'île de Versailles, les Machines de l'île, le palais de justice,...., mais aussi les jeux de mots de certains, les photos interdites d'autres, le slim noir à pois blancs, les mots croisés et fléchés dans le train, les canards et les biches, le contrôleur et le Suédois, l'agenda de la fac, les papotages,... C'est sympa de prévoir le truc au dernier moment, en fin de vacances, ça change un peu avant la rentrée, et puis je me rends compte que ça me fait du bien de voir des gens (alors que paradoxalement je me sens généralement mal à l'aise). Enfin, bref, journée dépaysante et agréable, qui brise le rythme du quotidien et qui permet d'éloigner momentanément le spectre de la rentrée qui approche.
Image : l'affiche pour l'inauguration des Machines de l'île
Musique : Louxor de Philippe Katerine (il "adore regarder danser les gens", moi j'aime les regarder aux terrasses des cafés :D)
Publié par Miss-C à 22:11:24 dans Nothing in particular | Commentaires (5) | Permaliens
"Je n'étais pas malheureuse, j'étais mal à l'aise. J'avais l'impression de vivre et de me regarder vivre, rêvant d'ouverture et terrifiée par ce désir."
"C'est courant chez les adolescents. Des adolescents qui, comme moi appuient désespérément sur l'accélérateur pour passer de zéro à cent à l'heure en l'espace de quelques secondes, écrasant tout sur leur passage pour échapper à une enfer à la Norman Rockwell. Ils écrasent tout, y compris leur passé. Y compris eux-mêmes. Ce qu'ils ignorent, c'est que leur passé les suivra partout où ils iront. comme une ombre ou un fantôme."
"Je veux que les gens se retournent sur mon passage en me lançant des regards craintifs. Je veux être intouchable, cruelle, resplendissante, hautaine, comme un chat."
"La boulimie reconnaît explicitement et violemment le corps. Elle s'attaque à lui, mais ne le renie pas. C'est un acte où s'énonce à la fois le dégoût et le besoin. Dégoût et besoin ont un rapport direct avec le corps et les émotions. La personne boulimique est dans l'excès -trop émotive, trop passionnée- et elle reporte ce sentiment sur son corps. C'est lui qui en pâtit, mais ce n'est pas lui le problème. Il y a un sentiment de désespoir chez les boulimiques, un "qu'est-ce que ça peut foutre, autant que je m'empiffre". Ce constat est dangereux mais réaliste, car il tient compte du fait que le corps est inéluctable."
"J'avais pour mission de réussir, grâce à des ambitions pures et déterminées. De devenir quelqu'un pour qui le corps arrivait en deuxième place, après l'esprit et l'art. Je n'avais aucune patience vis-à-vis de mon corps. Je voulais qu'il disparaissent pour que je puisse devenir un pur esprit, admiré et acclamé pour son incroyable maîtrise de soi."
"Je n'avais aucun de ces mécanismes de défense et je n'avais plus aucun respect pour mon corps. Quand on perd la notion de son intégrité physique -signifiant qu'il faut prendre soin de son corps-, on s'en prend directement à la chair. Le corps cesse d'être cet instrument précieux qui permet de penser et de sentir et qui a besoin d'énergie pour y arriver. Il devient un appendice indésirable, une verrue qu'il faut enlever. J'ai un corps, vous dites-vous dans le meilleur des cas. Et non, je suis un corps."
"Si nous avions eu un dieu, il se serait appelé Dionysos. Nous étions des ménades, contemplant l'idée de la possession d'un air mi-crédule mi-sceptique. Mais c'était une époque dionysiaque. On dit que Dionysos devint fou à force d'étudier. Nous ingérions plus d'informations sur le monde, sur ses limites et leur dépassement que nous n'étions sans doute capable d'en digérer. Nous étions trop nombreux à embrasser l'idée romantique de l'artiste fou, du génie qui s'enivre de musique, de mots, de couleurs. Nous voulions être ce génie que l'univers de son esprit a rendu fou. Les couloirs, les routes, les dortoirs résonnaient de vibrations, de fureur, d'exaltation.
Nous avions terriblement faim."
"Il y a un vide qui nous ronge et qui ne peut être comblé. Nous avons faim de quelque chose, sans savoir ce que c'est, alors nous mangeons.
Les élèves d'Interlochen étaient terriblement jeunes. Ils étaient affamés, perdus, terrifiés. Ils avaient besoin de religion, de salut, de quelque chose qui remplirait le vide dans leurs poitrines. Pour bon nombre d'entre nous, ce salut était dans la minceur. Nous étions à une époque de notre vie où la quête d'identité, présente et à venir, était une urgence absolue, où la soif de savoir était extrême."
"Je me suis mise à aimer la douleur : elle m'était devenue nécéssaire. Je pensais aussi qu'elle était méritée. La fierté arrogante devant l'exploit accompli et la certitude d'être si foncièrement mauvaise que l'on mérite les tortures de la faim, ces deux sentiments coexistent parce que l'on est dédoublé. D'un côté, le corps, la partie faible de soi qu'on essaie de tuer; de l'autre, l'esprit, la partie forte qu'on essaie de devenir. Ce dédoublement n'a rien de psychotique. Il ne fait que reprendre l'histoire de la culture occidentale. La résistance à la douleur permet d'accéder à la célébrité, c'est un signe d'ascèse et de sainteté. Et de maîtrise de soi. C'est aussi un signe de masochisme. Et le masochisme est jouissif, sauf que nous n'aimons pas voir les choses ainsi. Nous refusons d'admettre que cette forme d'érotisme pervers où l'on jouit à la fois d'infliger de la douleur au corps et d'être ce corps que l'on malmène en sachant que chaque coup est mérité."
"La mort est une chose fascinante. Certains en ont peur, d'autres la recherchent, mais il est dans notre nature de questionner les limites de la vie, la mortalité, le salut. Quand on est malade, on commence à se poser trop de questions. La mort est là, à côté, elle est notre ombre, notre parfum, la compagne de nos veilles et de nos songes. Quand le sommeil s'abat sur les paupières, on ne peut s'empêcher de penser : "Et si je mourais ?". Et cette question contient un désir qui ressemble à celui d'une jeune fille amoureuse. La maladie occupe les moindres pensées, elle murmure à l'oreille comme un amant. [...]
On ne retrouve jamais cette proximité. On ne retrouve jamais un amant aussi attentionné, aussi attentif, aussi dévoué."
"Je suis très amoureuse de lui et souffre atrocement. Parce que cet amour est trop honnête, trop innocent. Parce qu'il vient d'une petite ville, qu'il est intègre et qu'il croit au monde et à son pouvoir à le changer. Parce qu'il croit à l'amour éternel et aux gens. Parce que je ne suis pas celle qu'il croit et que je ne peux pas lui montrer ce que je suis. Je veux tout lui dire, mais je n'y arrive pas."
"Je veux tout lui dire. Je lui dis simplement que je l'aime. Lui, le seul élément de ma vie qui ne soit pas fou. Je le serre tellement fort que j'ai l'impression que je vais le casser en deux. Il ne comprend pas ce qui se passe."
"Beaucoup ne voyaient pas l'utilité de s'habiller étant donné qu'il n'y avait rien à faire de la journée à part se dire que la vie était merdique, et, pour cela, on pouvait très bien rester en pyjama."
"Pourtant, les contacts physiques ne me venaient pas spontanément. Ils me paraissaient, et me paraisent toujours, tellement lourds de sens qu'il valait mieux les éviter. Je me suis même mise à les fuir et revendiquer l'bsolue propriété de mon corps, si bien que le moindre contact me semblait une menace."
"Mais avec les câlins, ce genre de détachement est impossible. Les câlins impliquent une grande intimité émotionnelle. Ce sont des gestes de tendresse sans sous-entendu sexuel et je ne comprenais pas que l'on puisse s'intéresser moi autrement que sexuellement. Quand quelqu'un vous prend dans ses bras, c'est qu'il s'intéresse à vous en tant que personne. Cela me paraissait profondément faux. J'avais l'impression que je ne méritais pas cet intêret. Le contact avec un autre corps vous rappelle que vous avez vous aussi un corps, chose que vous faites tout pour oublier."
"Je ne voulais pas que ce soit moi en-dessous. Je voulais tuer le moi qui était en-dessous. Cette idée me hantait jour et nuit. Quand on s'aperçoit qu'on a une telle haine envers soi-même, et que cette haine dicte le comportement depuis des années, le cerveau disjoncte. Il essaie de nier l'évidence; il essaie de sauver les meubles, de recoller les morceaux. C'est à mon avis très différent du désir suicidaire de ceux qui souffrent au point que la mort leur semble une délivrance. C'est un désir de meurtre. "Se tuer" serait un mot trop faible. Il y a cette certitude qu'on mérite une torture lente. Sans en avoir pleinement conscience, j'avais choisi de ne pas manger en guise de torture. Quand les gens pensent à se tuer, ils choisissent en général la méthode la moins douloureuse, la plus rapide. Là, c'était différent."
"Meurtrir le corps pour mieux transpercer une âme imparfaite."
"Personne ne sait si c'est mon silence ou le sien."
"[...] mais j'avais atrocement froid. Comment expliquer ce genre de froid ? Il se glisse sous la peau et vous refroidit de l'intérieur. C'est un froid qui glace non seulement les os, mais le sang. On a l'impression de se transformer en iceberg et de se noyer dans une eau gelée. On suffoque."
"L'acte de foi se résume en ceci : il faut se persuader que l'on est suffisement fort pour regarder sa vie en face. Les troubles alimentaires ne sont pas seulement une maladie dont on est dépendant, ils sont aussi une béquille, une manière d'éviter la douleur banale, quotidienne lancinante de vivre. On vit un petit drame intime, on est dans un état d'excitation permanente. Tout est une question de vie ou de mort, tout est grandiose et fulgurant. On n'est plus obligé de penser aux détails pénibles du monde réel, on n'est plus prisonnier de cette chose atrocement ennuyeuse qui s'appelle la vie quotidienne, avec ses factures, ses ruptures, ses courses, ses disputes, ses rapports sexuels ratés, parce qu'à soi tout seul on vit un vrai drame, une grande tragédie. Pourquoi se préoccuperait-on de ces idiots de mortels alors qu'on peut passer des heures devant la glace et vivre une grande passion sadomasochiste avec sa propre image ?"
Publié par Miss-C à 08:21:38 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
L'une de mes chansons préférées dont j'ai utilisé un passage des paroles pour servir de titre à ce blog.
I am the son
And the heir
Of a shyness that is criminally vulgar
I am the son and heir
Of nothing in particular
You shut your mouth
How can you say
I go about things the wrong way ?
I am human and I need to be loved
Just like everybody else does
I am the son
And the heir
Of a shyness that is criminally vulgar
I am the son and the heir
Of nothing in particular
You shut your mouth
How can you say
I go about things the wrong way ?
I am human and I need to be loved
Just like everybody else does
There's a club, if you'd like to go
You could meet somebody who really loves you
So you go, and you stand on your own
And you leave on your own
And you go home
And you cry
And you want to die
When you say it's gonna happen now,
Well, when exactly do you mean?
See I've already waited too long
And all my hope is gone
Publié par Miss-C à 21:49:49 dans Nothing in particular | Commentaires (4) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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