"C'est la musique qui est difficile, voilà la vérité, c'est la musique qui est difficile à trouver, pour se dire ces choses, quand on est si proches l'un de l'autre, la musique et les gestes, pour dissoudre le chagrin, quand il n'y a vraiment plus rien à faire, la juste musique, pour que ce soit une danse, un peu, et non pas un arrachement, de partir, de se laisser glisser loin de l'autre, vers la vie et loin de la vie, étrange pendule de l'âme, salvateur et assassin, si on savait danser cette chose-là, elle ferait moins mal, et c'est pourquoi les amants, tous, cherchent cette musique, à ce moment-là, à l'intérieur des mots, sur la poussière des gestes ; et ils savent que, s'ils en avaient le courage, seul le silence pourrait être cette musique, musique exacte, un vaste silence amoureux, clairière de l'adieu, lac fatigué qui s'écoule enfin dans la paume d'une petite mélodie, connue depuis toujours, à chanter à mi-voix."
Océan mer, Alessandro Baricco
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Le train de la vie continue et il ne s'arrêtera pas pour moi. Je n'ai que deux alternatives : m'arrêter et laisser le train continuer en espérant qu'un autre repasse un jour dans le coin, ou bien m'aider des mains tendues pour remonter dedans et m'organiser pour récupérer. Les alternatives sont donc de me replier dans la solitude, la dépression et mes problèmes divers en délaissant mes études (bon à court terme, mais échec à long terme), ou bien m'accrocher coûte que coûte, essayer d'agir et de faire de mon mieux même si c'est difficile (malaisé à court terme, bénéfique à long terme). J'ai pu, pendant quelques temps, choisir la première solution pour me mettre à l'écart et récupérer grâce aux grèves et aux vacances, mais la rentrée approche. Je vais donc m'agripper au train et continuer, même si l'envie et la motivation ne sont plus là. Juste parce qu'il le faut.
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J'ai été faire des photos d'identités pour des CV et des dossiers d'inscription. C'est fou de voir comme les photos peuvent mentir, comme une image vaut mille mots, mais peut-être pas les bons. Dessus j'ai l'air d'une fille plutôt saine et heureuse aux joues rosées, un imperceptible sourire illumine mon visage. On ne voit pas la crème anti-rougeurs autour de mes yeux irrités par les pleurs, l'anticernes pour dissimuler les insomnies, le fard à joues pour camoufler la mauvaise mine, le fond de teint pour cacher les quelques boutons dus à une alimentation déséquilibrée et le rouge sur ma bouche pour recouvrir mes lèvres sèches et bleutées. Tout ça pour avoir l'air d'une jeune femme que je ne suis pas : radieuse, pleine d'avenir et d'ambition. Qui pourrait voir les ruines intérieures derrière cette façade proprette ?
Publié par Miss-C à 11:58:23 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens

Artistin - Marzella, Ernst Ludwig Kirchner
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Irréel, douloureux et pathétique. On est allé dans ce café où on avait été le 27/12/2007 après la piscine. Table 55. Deux thés. No surprises de Radiohead sur les ondes. Ses mots et mes larmes. Il a répété ce qu'il avait déjà dit, j'ai regardé la rue brouillée par la pluie de mes yeux. Ca paraissait étrange : le papier cadeau recouvert de coeurs étalé sur la table, entre deux personnes presque muettes qui ne se regardent pas. Il a fait comme si nous étions amis, on a fait ce qu'on avait à faire en ville, il m'a suivi à la Médiathèque, je l'ai accompagné à la Fnac, on s'est séparés à mon arrêt de bus. Il a dit "A plus", j'ai dit "Salut", je pensais "Adieu".
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Il les a sûrement achetés pour me faire plaisir, mais ça ne sera pas le cas. Je n'utiliserai pas ce produit à l'odeur écoeurante parce que je ne peux m'y résoudre, je ne veux pas avoir cette odeur sur moi parce qu'elle me rappellera sans cesse cette rupture. De toute façon, je ne peux pas l'utiliser non plus puisqu'il est inadapté à ma peau et qu'il contient un ingrédient auquel je suis allergique. De même pour le bijou. C'est juste un objet de plus qui me rappellera ce passé. Le porter me permettra juste d'avoir sans cesse sous les yeux un souvenir douloureux, une menotte qui me rattachera au passé. Non merci, je n'en ai pas besoin. Je ne le mettrais pas. Je l'ai enlevé dès que j'ai été dans le bus, l'ai remis dans son boîtier, le boîtier dans le sac, et le sac dans la boîte où se trouvent tous les petits objets qui ont jalonnés notre relation. Cette boîte est désormais close, il n'y a plus rien à y ajouter.
Publié par Miss-C à 11:56:50 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
Show must go on, Queen
"Inside my heart is breaking,
My make-up may be flaking,
But my smile, still, stays on !
Whatever happens, I'll leave it all to chance.
Another heartache - another failed romance.
On and on !
Does anybody know what we are living for ?"
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"Pourquoi y'a des amoureux qui se séparent ?", oui, pourquoi ? Cette question a résonné dans le crépuscule hier, je n'ai pas pu empêcher mes larmes de couler. Pourquoi le bonheur ne dure-t-il pas toujours ? Pourquoi quelques mots peuvent-ils infliger autant de douleur ? Pourquoi le bonheur de l'un est-il le malheur de l'autre ? Pourquoi les mauvaises choses arrivent ? Les questions sont toujours là, les cauchemars arrivent, les crises d'angoisse reviennent et les larmes s'assèchent. Elles montent encore souvent à mes yeux mais ne coulent plus que rarement. Désormais je réalise pleinement les conséquences et la réalité de la situation. Non, ce n'était pas un cauchemar, c'est tout à fait vrai et irréversible, il me faut désormais vivre avec cette fêlure dans mon coeur.
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Ma mémoire est comme effacée, je me sens anesthésiée, comme une carcasse vide, une poupée brisée. Cela me protège de la douleur mais cette elle est difficile à esquiver et sans cesse ravivée par cette multiplicité de choses me rappellent le passé : ce chocolat, ce parfum, ce mot, ce tableau, cet objet, ce chiffre, ce moment, etc. Il y a trop de chansons que je n'ose plus écouter de peur de rouvrir cette plaie qui commence à peine à cicatriser. Mais l'amnésie et la léthargie ne suffisent pas, on se protège de la douleur comme on peut. Pour moi c'est comme ça, et tant pis. De toute façon, je ne sais pas faire autrement. J'aurais beau parler pour extérioriser, il restera encore trop de chose en-dedans. Je sais que ce n'est pas une solution, que c'est en fait un problème, mais c'est tout ce qu'il me reste, c'est la seule chose qui me fait sentir encore vivante.
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Je devrais essayer de me concentrer sur mes études afin de ne pas rater mon dernier semestre à cause de ce qu'il a fait. Il a déjà mis en morceaux trop de choses, pas la peine d'allonger la liste. Je ne comprends plus pourquoi et pour quoi je dois faire des études, je ne me souviens plus de mon but, je n'ai plus aucune motivation. Je n'arrive pas à me concentrer, je vois les mots, mais je ne les comprends pas, ils n'ont plus de sens ni de logique. J'aimerais arriver à me noyer dans le travail, non seulement pour oublier, mais aussi pour compenser la difficulté de ce semestre, mais je reste devant mes feuilles à ne rien faire. Les livres s'empilent sur mon bureau, et ils restent fermés, malgré toutes les recherches que j'ai à faire et toutes les échéances qui approchent.
Publié par Miss-C à 11:55:42 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
"Son indifférence provoqua une douleur si fulgurante que j'en fus étourdie : c'était donc ça, de pas être aimée ?"
Jeune fille, Anne Wiazemsky
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"J'ai froid plus encore de la solitude de la vie que de la solitude de la maison. Je sens cet immense égarement de tous les êtres, le poids du vide. Et au milieu de cette débandade de tout, mon cerveau fonctionne, lucide, exact, m'éblouissant avec le Rien éternel."
Lettre à sa mère, 1881, Guy de Maupassant
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"Vous êtes vous déjà sentis si mal que toute votre joie de vivre s'est évaporée et que même les choses les plus agréables semblent ne plus avoir de substance ? La mort vous a-t-elle jamais paru attirante ? Avez-vous déjà traversé une longue période où vous pleuriez tous les jours ? Avez-vous déjà eu l'impression que vos problèmes n'avaient pas de fin ? Avez-vous jamais l'impression que rien de droit ou de facile, ou de pur ne vous arrivera plus ? Avez-vous jamais eu l'impression que votre vie est en pièces ?"
Une épouse presque parfaite !, Laurie Colwin
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"Il n'y avait pas d'autre réponse que celle qu'apporte la vie aux questions les plus compliquées et les plus difficiles à résoudre : s'accommoder du présent, c'est-à-dire oublier."
Anna Karénine, Léon Tolstoï
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En le perdant, j'ai également perdu mes buts et mes projets. Non pas que ce que je faisais je le faisais pour lui, mais je le faisais par lui, grâce à lui. Je vois toujours les objectifs que j'avais, mais désormais ils me paraissent vains, vide de sens et dénués d'intérêt. Pour quoi et qui réserver des vacances en août ? Et avec qui ? Pourquoi aller à ce concert ? Pourquoi faire des études ? Pour en théorie avoir un emploi et un logement, mais être seule ? Pourquoi acheter de belles choses s'il n'y a personne pour les voir ? Pourquoi faire le ménage dans ma chambre si personne n'y vient ? Pourquoi prendre soin de moi s'il n'y a plus personne pour regarder ? Je sais ce que je devrais faire, les objectifs que j'avais sont toujours là, mais ils ne sont plus que des boîtes vides.
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Tout déraille. Je me sens glacée et tremble de froid alors que ma peau est brûlante. Ou bien je me sens fiévreuse alors que mes ongles sont bleus. La tête me tourne. Je me sens faible. Je suis trop épuisée pour faire quoique ce soit de mes journées, mais pas assez pour bien dormir. Je cherche dans le sommeil un oubli, un apaisement, du repos mais je n'y trouve que des heures de coma superficiel qui s'interrompent brusquement tôt le matin. Puis tout me revient et c'est comme un coup de poing. Puis je redeviens léthargique et désincarnée, je ne ressens plus rien, ça amortit le choc et la douleur. Et les crises d'angoisse sont revenues. J'avais oublié ce que c'était de se sentir tout à coup oppressée et asphyxiée, paralysée par une peur injustifiée.
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La semaine s'est terminée, je suis en vacances. Ces vacances que j'attendais avec tellement d'impatience afin de le retrouver. Sauf que ça ne se fera plus. Je suis face à un vide immense, vertigineux. Cette semaine de vacances tant désirée, je la vois maintenant comme un calvaire : qu'est-ce que je vais faire pendant les dix prochains jours ? Aller à des soirées ? La seule soirée dont j'ai connaissance est demain soir, organisée par une amie que lui et moi avons en commun, sauf que je ne suis pas invitée, alors que lui oui. Voir du monde ? Non seulement je n'en ai pas vraiment envie, mais de toute façon, c'est exclu vu que je n'ai plus personne à voir, ils ont choisi son camp. Aller faire les magasins ? Pour quoi et pour qui ? Ca sera encore pour acheter des trucs inutiles que personne ne verra jamais et dont je n'ai pas l'utilité. Me consacrer à ma passion ? Mais je n'ai pas de passion. La seule chose qu'il me reste, ce sont mes études, qui ne m'intéressent pas. C'est terrifiant, et tellement angoissant, je me retrouve face à un désert, des journées stériles, un néant absolu, plus d'envie, de passion, de buts, de projets, d'amis, d'occupation, rien.
Publié par Miss-C à 11:52:47 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
Don't speak, No Doubt
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Il dit qu'il se sent renaître alors que je me sens dépérir. Il dit qu'il se sent vivant alors que je me sens désincarnée. Il dit que notre relation a étouffé ce qu'il est au fond de lui-même alors qu'elle a fait ressortir ce que j'étais de mieux. Il dit retrouver ses désirs, ses projets, ses amis alors que j'ai perdu tous les miens. Il dit qu'avec moi il n'était pas lui et que maintenant il est lui-même alors qu'avec lui j'étais moi-même et que maintenant je dois porter un masque. Il dit que nous n'avons pas les mêmes projets et envisage d'aller à Londres cet été alors que lorsque que je l'avais proposé il avait refusé, car pas assez ensoleillé. Il dit que nous n'avons pas les mêmes goûts et cherche quelqu'un pour aller à un concert alors j'étais intéressée, mais qu'il ne m'avait même pas posé la question. Il dit qu'il ne pensait pas que ça durerait aussi longtemps alors que je n'ai pas été la première de nous deux à envisager notre relation sur le long terme.
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C'est étrange comme une même cause peut avoir des conséquences opposées selon la personne. C'est étrange comme les raisons brandies peuvent l'être aveuglément. C'est étrange comme les menteurs s'en sortent souvent mieux que leurs victimes. J'aimerais être en colère mais je n'y arrive même pas, parce qu'il m'a apporté tellement de joie, de bonheur et d'épanouissement que je ne peux pas lui en vouloir, ou alors je suis trop désespérée et anéantie pour être en colère, trop confuse à cause des motifs incohérents évoqués et des questions sans réponse. Il paraît qu'on peut se considérer heureux/se d'avoir été amoureux/se une fois dans sa vie, il semble donc ma part de bonheur soit terminée ; et que, logiquement, le plat ne repassera sûrement plus. Par conséquent dois-je me réjouir de ne plus avoir à connaître le bonheur et l'épanouissement ou dois-je me réjouir de savoir que je ne souffrirais plus autant à nouveau ?
Publié par Miss-C à 11:51:32 dans Nothing in particular | Commentaires (1) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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