
Hier soir j'ai regardé le film In the mood for love de Wong Kar-Wai (2000) et j'ai beaucoup aimé. Pour commencer, voici le synopsis :
Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commencé, Chow Mo-wan et Chan Li-zhen apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison. Cette découverte les choque mais les rapproche. Ils se voient de plus en plus souvent mais le voisinage commence a s'en apercevoir. Il semble n'y avoir aucune possibilité pour eux de vivre une relation amoureuse. Mais la retenue, les réserves émotionnelles de Mme Chan hantent M. Chow, qui sent ses sentiments changer. (Source)
C'est donc une relation ambiguë entre un homme et une femme qui est racontée dans ce film. La nature floue du lien qu'il y a entre eux est très bien mise à l'écran, tout est suggéré par des silences et des ellipses. Les deux personnages sont comme prisonniers de cette relation. D'ailleurs, le film paraît être un huis-clos bien qu'il n'en soit pas un, parce que la plupart des autres personnages est filmée de dos et donnent presque l'impression de faire partie du décor. Ne restent que les deux héros, prisonniers d'une proximité involontaire, les barreaux et grilles reviennent souvent à l'image, comme pour suggérer un emprisonnement, mais aussi la solitude de chacun. Le lien trouble qui les unit est quant à lui mis en image par les jeux de miroirs et les voiles, le "couple" n'est pas filmé directement ce qui montre la confusion et le flou qui définit leur sentiments. Autre élément marquant : la musique et surtout le thème récurrent du film, le Yumeji's Theme, un morceau sensuel, triste et lancinant qui reste à l'esprit.
Ce que j'ai aimé c'est la manière dont les images reflètent la relation entre les deux personnages principaux, à eux-seuls les plans suggèrent l'ambigüité, le trouble et la solitude. Le jeu des acteurs est également excellent et raffiné : ils parlent peu, l'essentiel passe par les expressions du visage et par les mouvements du corps. Je dirais même que le film est beau : les plans sont comme des tableaux, les personnages ont des gestes gracieux et graciles comme s'ils dansaient et la musique accentue toutes les émotions contenue dans les images.
Publié par Miss-C à 20:44:01 dans Nothing in particular | Commentaires (3) | Permaliens
La dichotomie, la contradition, l'ambivalence. Aujourd'hui les sourires et le dynamisme, demain les mensonges et le lit du presque inconnu, après-demain les pleurs et les regrets. La solitude. Skins 3x08 : Effy. Le dégoût. "C'est le printemps, j'aurai toujours vingt ans". Les mensonges qu'on te fait et ceux que tu dis. Battle for the sun, Placebo. Les doigts glacés. Repas en bord de mer le 12. Le dernier exposé d'Histoire de toute ta vie. La fatigue. Sonate au clair de lune, Beethoven. Etre ignorée. Etre oubliée. "Things aren't what they seem." Un ciel bleu pur et ton corps sale. Trois épaisseurs de vêtements. L'angoisse. A woman a man walked by, P.J. Harvey. Les pleurs en s'endormant. La panique. Les lèvres gerçées qui saignent. Pas d'invitation pour le 18. Le vide. L'euphorie éphémère. La faiblesse physique. She's lost control, Joy Division. La lumière du soleil et ton obscurité. Les faux sourires. "I'm Pandora, I'm useless !". L'incapacité à se concentrer. Essayer. Continuer. Chercher le pure dans le sale et la douleur. Chercher l'oubli et l'absolu.
"Confusion in her eyes that says it all.
She's lost control.
And she's clinging to the nearest passer by,
She's lost control.
And she gave away the secrets of her past,
And said I've lost control again,
And a voice that told her when and where to act,
She said I've lost control again.
[...]
And she showed up all the errors and mistakes,
And said I've lost control again.
But she expressed herself in many different ways,
Until she lost control again.
And walked upon the edge of no escape,
And laughed I've lost control.
She's lost control again.
She's lost control.
She's lost control again.
She's lost control."
Publié par Miss-C à 21:53:31 dans Nothing in particular | Commentaires (1) | Permaliens

Parfois la journée mal et à peine levée, on décide de se recoucher, parce que décidémment, le moral est trop bas. Et puis d'autres fois, comme aujourd'hui, elle commence bien.
C'est un équilibre aléatoire et fragile, une accumulation de petites choses comme se faire réveiller par des cancannements, voir le ciel bleu par les fenêtres ouvertes, laisser rentrer les rayons du soleil dans la maison, sentir l'odeur du lilas sur sa peau, voir que les pruniers et les jonquilles fleurissent,...
Et puis avoir l'impression de se relever un peu parce que les CV et lettres de motivation pour travailler cet été sont envoyés, les dossiers d'inscription pour la rentrée 2009 sont postés aussi, le plan pour ce satané exposé d'Antiquité romaine est trouvé et des idées de vacances commencent à apparaître.
Ce ne sont que des détails, mais souvent, ce sont les détails qui font la différence.
Image : un bâoli à Chand Baori en Inde. C'est un temple avec une sorte de puit qui sert à se procurer de l'eau, et qui sert aussi pour des ablutions. A l'origine, j'avais vu cette photo et j'avais été complètement fascinée. J'ai voulu en savoir plus (surtout qu'il n'y a aucune information à propos de l'image) et j'ai donc fait des recherches qui m'ont permis de savoir de quoi il s'agissait. Allez, comme c'est beau et que ça change les idée, voici une autre photo qui vient d'un très dépaysant album en ligne (ici).

Publié par Miss-C à 12:20:29 dans Nothing in particular | Commentaires (5) | Permaliens

Allongée sur ton lit, enveloppée par la chaleur des rayons du soleil qui rentrent par la fenêtre. Pas envie de faire l'exposé d'antiquité romaine. Pas envie d'aller en cours cette semaine. Envie d'aller à la piscine et de tester les salons de thé du centre ville. Envie de marcher sur le sable, de voir et d'entendre la mer. Envie de changer d'air : Londres, Paris, Lyon, Toulouse, etc. Mais c'est moins bien quand on est seule.
Rien ne compense la solitude et le rejet : avoir de l'argent, son diplôme, une voiture, etc, contribuent certes au bonheur, mais ils ne sont pas le bonheur même. Tout avoir pour être heureux ne veut pas dire être heureux. A quoi ça sert d'avoir son semestre si c'est pour se faire rejeter sans respect ? A quoi ça sert d'avoir bientôt une voiture si à côté ceux qu'on considère comme des amis vous oublient ?
Alors oui, je devrais être heureuse d'avoir tout ce que j'ai, mais je ne le suis pas, et faute de l'être, je fais semblant, je joue un rôle qui m'épuise, parce que la vie continue et que je n'ai pas le droit de me plaindre. Je fais ce qu'on attend de moi, je vis pour les autres parce qu'il faut bien continuer. Mais ça reste un masque, lourd à porter qui plus est.
Et je vais devoir continuer à faire semblant. Parce qu'on a le droit d'être mal, mais pas trop longtemps quand même, sinon ça devient gênant. Alors je dois coûte que coûte maintenir les apparences, à n'importe quel prix ou presque, même si c'est difficile et que ce que je faisais sans effort il y a quelques temps me paraît désormais insurmontable.
Tout est tellement plus facile quand on est heureux.
Image : photo perso, Côtes d'Armor
Publié par Miss-C à 18:03:20 dans Nothing in particular | Commentaires (3) | Permaliens

L'image ci-dessus a été constituée grâce au site Wordle qui prend tous les mots de la première page de n'importe quel site ou blog et qui les reproduit proportionnellement à leur fréquence. C'est assez marrant à faire parce que je me rend compte des mots que j'utilise le plus, sans même y faire attention. Clairement, c'est le mot "plus" qui est le plus récurrent, mais ce n'est pas "plus" au contraire de "moins" c'est "plus" dans le sens de la négation (comme dans "plus jamais"). Je n'avais pas réalisé que j'utilisais autant ce mot, mais c'est vrai qu'il revient pas mal dans les derniers articles puisqu'il marque le fait que quelque chose est terminé.
Publié par Miss-C à 12:30:10 dans Nothing in particular | Commentaires (1) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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