
Je m'apprête à faire le grand plongeon et juste avant, je jette un coup d'oeil à l'arrière.
L'année qui vient de s'écouler a été riche, il y a eut beaucoup de changements, mais je ne sais pas si j'en sors heureuse, je ne crois pas, non. C'est un nouveau départ, mais je reste quand même la même. Les choses ont changé et changent et je ne sais pas quel va en être le résultat.
J'ai aimé et été rejetée, j'ai failli aimer et été ignorée, j'ai été convoitée et j'ai refusé, j'ai fait des bêtises, des choses que je regrette, des choses que je ne pensais pas faire un jour, j'ai pleuré beaucoup, j'ai ri un peu, j'ai eu ma Licence mais ça m'est presque égal, je n'ai pas eu mon permis et ça me saoule, j'ai réfléchi, j'ai analysé, j'ai écrit, j'ai dessiné, j'ai lu, j'ai découvert, j'ai appris, j'ai mûri, j'ai raté des occasions, j'ai échoué ce qui comptais pour moi et réussi ce qui était secondaire, j'ai souffert, je me suis perdue, j'ai avancé malgré tout.
Je suis maintenant au bout du plongeoir : je nage ou je me noie.
Image : perso, origine inconnue
Publié par Miss-C à 08:39:10 dans Nothing in particular | Commentaires (2) | Permaliens
(A écouter là)
Laisse-moi te parler d'elle,
Une parmi des centaines,
Elle va en cours, fait des études,
Histoire de faire des études,
Depuis le temps qu'elle suit le mouvement,
Elle a l'habitude.
Elle jongle avec les attitudes,
Déguise sa solitude,
Protégée mais noyée,
Dans la multitude.
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue,
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue.
Elle se fixe des but qui, au fond d'elle, n'en sont pas,
Préfère quand elle y pense pas,
Sinon elle hésite à chaque pas,
A chaque fois elle s'en sort pas,
Elle s'en sort pas.
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue,
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue.
Elle a bien quelques amis, enfin plutôt quelques copains,
Qui n'sont, quand elle y pense, que d'simples connaissances.
Côté famille, c'est l'incompréhension, choc de générations,
Va chercher l'affection sans communication.
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans propre rue,
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue.
Elle rêve d'un beau mariage pour son futur,
D'une belle histoire d'amour qui dure,
Voire même juste une aventure,
Quelqu'un enfin avec qui faire un bout de chemin.
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue,
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue.
Moi j'suis là, posé à la terrasse d'un café,
J'la regarde passer, j'laisse nos regard se croiser,
J'aimerai lui parler, lui expliquer, que s'qu'elle ressent j'connais,
Qu'elle est pas seule, qu'on est des milliers,
J'aimerais la rassurer, lui dire que ça passera au fil des années,
Trop tard, elle a filé, absorbée par cette foule où elle aime se dissimuler.
Elle est perdu, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue,
Elle est perdue, elle est perdue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue,
Même dans sa propre ville, même dans sa propre rue.
Publié par Miss-C à 22:05:53 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
I
Le poids du vide. Accablant. Etouffant. Asphyxiant. Comment parvenir à ce faire ne serait-ce qu'un pas dans cet infini de rien et de vain ? Je regarde autour et réalise que le néant et l'absurde sont partout, sous mes pieds même. Rien n'est assez réel et vrai pour qu'on s'y accroche. Je flotte dans un rien infini et éternel, dénué autant de direction que de sens. Pétrifiée dans une lucidité aveuglante. Il me faut fermer les yeux devant la réalité, mais elle est indélébile et ses tâches restent sur l'illusion.
II
Les spasmes, la nausée, l'asphyxie. Un coup de poing qui n'épargne rien mais ne laisse aucune trace. Un coup de poing qui vole l'air, la vie et les rêves. La douleur comme une salve fulgurante, invisible et immatérielle. Une douleur qui touche la tête, le corps, le coeur. Qui laisse sans voix, sans souffle, sans larmes. Les remords de ce qui n'a pas été fait plus tôt, les regrets de ce qui l'a été trop tard. Désarmée face à l'implacabilité de l'existence. Et la douleur toujours. Comme si le temps se dilatait pour la démultiplier.
III
Se sentir remplie et complète, juste une seconde. Une seconde d'absolu. Juste avant d'être submergée par la honte, les regrets et la culpabilité. Savourer cette seconde d'ivresse et de satiété avant l'écoeurement et la douleur. Toute cette destruction incessante, ce cycle infernal éternel, c'est pour cet instant de soulagement fugace. Toute cette préparation et cet effort juste pour se sentir planer un instant avant de chuter et de s'écraser lamentablement. Et toujours recommencer malgré l'inéluctable naufrage final.
IV
La vie c'est la ferveur et la ferveur c'est la vie. Se sentir exaltée et vivante, plus que jamais. Savourer une joie intense, être grisée d'un excès vitalité. Chaque nerf mis à vif par le bonheur et se frottant à la vie. Chaque pore captant et inspirant le moindre atome d'intensité. Le soi dissout dans le monde et le monde absorbé pas soi. Se sentir exister intégralement et intrinsèquement. Comme un état de grâce et d'exultation dans toutes leurs nuances. N'être plus que le rythme haletant et effréné de son coeur qui bat.
Publié par Miss-C à 00:27:05 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens

En fin d'après-midi, j'ai été voir Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. J'étais très tentée de le voir, déjà même avant sa sortie, non seulement pour le scénario : réécrire la Seconde Guerre Mondiale et le Troisième Reich est une idée risquée mais potentiellement très intéressante, mais aussi pour les bonnes critiques que j'avais pu lire.
Je ne sais pas comment parler du film, il m'a laissée... pantelante et hébétée, je dirais. Ce n'est pas un bon film dans le sens où ce n'est pas un film marquant, avec une histoire, des personnages ou une morale susceptible de bouleverser votre vie. Donc, non, ce n'est pas un bon film dans ce sens, mais indéniablement, c'est un film dense et intense.
Le scénario : un lieutenant, Aldo Raine (Brad Pitt), réunit une poignée d'Américains juifs afin d'aller mener une sorte d'expédition punitive en Allemagne. C'est une chasse aux Nazis tout simplement, une vengeance où tous les coups sont permis pour affaiblir le Troisième Reich. Le but annoncé est de ramener le scalp de cent soldats allemands.
Mais finalement, le scénario et le contexte de la guerre s'effacent pour faire place à une partie de poker où chacun bluffe, où l'adversaire sait qu'on lui ment et où on sait qu'il sait qu'on ment. Les acteurs jouent au chat et à la souris entre eux, tout le monde joue un double-jeu. En plus de ça, le hasard s'en mêle ce qui crée des situations (inat)tendues.
Dans ce film, c'est la manipulation, la violence, les coups-bas et la trahison qui dominent ; pas de compassion, de compromis, de pitié ou d'affection. Alors c'est sûr que beaucoup considèreront que c'est de la violence gratuite (surtout que les choses sont montrées clairement), mais ce n'est pas que ça, il faut garder à l'esprit que c'est une sorte de jeu où la réalité est exagérée et mise en scène.
Et au-delà de la violence et de la tension qui dominent tout le film, il y a de l'humour aussi, du second degré. Ce n'est pas une comédie, mais ce n'est pas non plus un drame ou un pur film de guerre ni même un western. Ce serait plutôt une sorte de jeu mené par Tarantino, un drame violent et ironique si on veut, encore que le film reste difficile à définir.
Il y a quelque chose de magistral dans la manière de faire d'un sujet aussi dramatique que le Troisième Reich, de réecrire le scénario de l'Histoire et d'en faire une toile de fond à un jeu de cache-cache, d'oser mélanger des scènes émotionnellement difficiles, des scènes violentes et des scènes drôles. En tout cas, peu importe le ton choisi, la tension est toujours sous-jacente.
Globalement, c'est vraiment un film compact et soutenu où se mêlent violence et humour, manipulation et hasard. La tension est sans cesse présente et parasite chaque scène avant de se relâcher dans l'avant-dernière scène où tout aboutit, ou presque. La dernière scène n'est qu'une conclusion en forme de dernière trahison, une manière de montrer qu'un basterd reste un basterd.
A noter : l'excellente performance de Christoph Waltz qui joue le colonel Hans Landa. Il a d'ailleurs reçu le prix d'interprétation masculine à Cannes cette année pour ce rôle.
Publié par Miss-C à 22:49:32 dans Nothing in particular | Commentaires (7) | Permaliens
Mes pensées bouillonnent, se cognent et rebondissent aux parois de mon crâne et s'en évadent. Elles se répandent partout, galopent échevelées, escaladent vivement les centaines de livres posés contre le mur, sortent par la fenêtre et grimpent dans les arbres, et d'une branche prennent leur élan, s'envolent et virevoltent dans l'air. Elles dansent sous mes yeux et j'essaie de les capturer, de les saisir avec un crayon et de les fixer par traits et mots sur une feuille mais elles me glissent entre les doigts. Et lorsque je crois en avoir attrapée une et que je l'ai épinglée sur une feuille, je réalise que ce n'est que son ombre que j'ai saisi. Intercepter des pensées aussi vives, multiples, fugaces, abstraites et changeantes est vain, une fois entre les mains, on réalise que ce ne sont tout au plus que des carcasses sans vie. Elles peuvent nous habiter, nous hanter, nous saisir, mais on ne peut pas les appréhender complètement, elles seront toujours plus fade dans la captivité que dans la liberté.
Publié par Miss-C à 21:20:17 dans Nothing in particular | Commentaires (1) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
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