<< Inglorious Basterds, Quentin Tarantino | 28 août 2009 | Perdue, Riké >>
I
Le poids du vide. Accablant. Etouffant. Asphyxiant. Comment parvenir à ce faire ne serait-ce qu'un pas dans cet infini de rien et de vain ? Je regarde autour et réalise que le néant et l'absurde sont partout, sous mes pieds même. Rien n'est assez réel et vrai pour qu'on s'y accroche. Je flotte dans un rien infini et éternel, dénué autant de direction que de sens. Pétrifiée dans une lucidité aveuglante. Il me faut fermer les yeux devant la réalité, mais elle est indélébile et ses tâches restent sur l'illusion.
II
Les spasmes, la nausée, l'asphyxie. Un coup de poing qui n'épargne rien mais ne laisse aucune trace. Un coup de poing qui vole l'air, la vie et les rêves. La douleur comme une salve fulgurante, invisible et immatérielle. Une douleur qui touche la tête, le corps, le coeur. Qui laisse sans voix, sans souffle, sans larmes. Les remords de ce qui n'a pas été fait plus tôt, les regrets de ce qui l'a été trop tard. Désarmée face à l'implacabilité de l'existence. Et la douleur toujours. Comme si le temps se dilatait pour la démultiplier.
III
Se sentir remplie et complète, juste une seconde. Une seconde d'absolu. Juste avant d'être submergée par la honte, les regrets et la culpabilité. Savourer cette seconde d'ivresse et de satiété avant l'écoeurement et la douleur. Toute cette destruction incessante, ce cycle infernal éternel, c'est pour cet instant de soulagement fugace. Toute cette préparation et cet effort juste pour se sentir planer un instant avant de chuter et de s'écraser lamentablement. Et toujours recommencer malgré l'inéluctable naufrage final.
IV
La vie c'est la ferveur et la ferveur c'est la vie. Se sentir exaltée et vivante, plus que jamais. Savourer une joie intense, être grisée d'un excès vitalité. Chaque nerf mis à vif par le bonheur et se frottant à la vie. Chaque pore captant et inspirant le moindre atome d'intensité. Le soi dissout dans le monde et le monde absorbé pas soi. Se sentir exister intégralement et intrinsèquement. Comme un état de grâce et d'exultation dans toutes leurs nuances. N'être plus que le rythme haletant et effréné de son coeur qui bat.
Publié par Miss-C à 00:27:05 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
Contact me
"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)