<< 2 mars 2009 | Cinéma : Harvey Milk (G. Van Sant) / Slumdog Millionaire (D. Boyle) | 5 mars 2009 >>
Aujourd'hui, j'ai été voir le film Harvey Milk de Gus Van Sant. J'avais vu la bande-annonce et elle m'avait donné envie d'aller le regarder, donc comme aujourd'hui aller à un cours sur la religion en Gaule m'a paru insurmontable et que je n'avais pas envie de voir qui que ce soit, j'ai pris la direction du cinéma.
Le film retrace les huit dernières années de la vie d'Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l'histoire. (Souce : Allociné)
L'histoire commence donc en 70, on voit Harvey Milk alors qu'il n'est pas militant, il cache son homosexualité pour ne pas perdre son emploi d'assureur. Cette année-là il rencontre un homme, Scott, qui va devenir son partenaire. Comme vivre caché leur pèse, ils partent s'installer à San Francisco qui est, dans les années 70, la ville de ceux qui sont considérés comme des marginaux. Ils ouvrent alors une boutique de photographie et se retrouve immédiatement confrontés au problème de l'homophobie.
C'est suite à cela qu'Harvey Milk commence à militer. Au début, il ne souhaite que créer un espace de tolérance au sein de sa rue, puis de son quartier, mais très vite, le mouvement prend de l'ampleur, sa boutique devient le QG de tous les gays qui s'assument et qui refusent la discrimination. Harvey Milk se présente donc comme conseiller municipal. Il échoue plusieurs fois, mais répète inlassablement ses "My name is Harvey Milk, and I want to recrute you" et recommence sans cesse la lutte avec toujours plus de soutien, malgré les conséquences dans sa vie personnelle.
Au début, des images d'archives sont diffusées, elles montrent des rafles dans des bars gays, on y voit des hommes qui cachent leur visage de peur d'être reconnus, ils ont honte. D'ailleurs, au fil du film, on voit l'intolérance, la dicrimination, l'homophobie à laquelle ils doivent faire face. Ils sont considérés comme des "déviants sociaux" "pratiquant la bestialité", ils sont associés aux "forces maléfiques" et à la pédophilie et comme des malades qu'il faut envoyer à l'hôpital pour qu'ils se fassent soigner.
Au fur et à mesure, les homosexuel(le)s et les transgenres s'affirment, ils sont de plus en plus nombreux et insistent sur le fait qu'ils sont humains malgré ce qu'en diront leurs adversaires, et ils luttent donc en brandissant les droits de l'homme dans lesquels il est écrit que "tous les hommes naissent libres et égaux". Par conséquent, leur refuser un emploi ou les licencier est une atteinte à leur liberté et une intrusion dans leur vie privée.
On voit donc que lorsqu'Harvey Milk meurt, les homosexuels se retrouvent protégés par la loi alors que huit ans auparavant ils devaient se cacher et vivre dans la clandestinité. Certes, la loi est théorique et en pratique elle n'est pas toujours respectée, et elle n'encadre pas tout, mais on constate quand même une nette avancée. Même en ce moment en France; quand on entend les propos de Christine Boutin -entre autres- on voit qu'il y a blocage dans l'esprit de beaucoup de gens et que ce qui était d'actualité dans aux Etats-Unis dans les années 70 l'est toujours partout aujourd'hui (et je ne parle même pas de certains pays qui punissent l'homosexualité par la peine de mort...).
Par ailleurs, dès le début, on sait que le héros du film va mourir, dès les premières minutes des images d'archives montrent une femme qui dit au journaliste que le maire de San Francisco et Harvey Milk on été assassiné. C'est un peu une histoire de mort annoncé, comme on trouve dans Elephant (inspiré par la journée où a eu lieu la fusillade dans le lycée de Columbine) ou Last days (les derniers jours d'une rock-star inspirée par Kurt Cobain), mais de manière totalement différente. Ici, pas d'attente, d'ambiance pesante, c'est au contraire un film dynamique, rythmé malgré sa duré (un tout petit plus de deux heures).
Finalement, je peux dire que j'ai bien aimé. J'ai certes trouvé le film un peu long, mais c'est peut-être dû au fait qu'en ce moment j'ai un peu de mal à me concentrer. Le film est bien rythmé, les images tournées mêlées au images d'archives donnent du poids aux propos, ça donne un ancrage historique (de même que les vêtements ! Très seventies !). Et chose que j'ai trouvé intéressante, c'est quand avant le générique, on nous dit ce que sont devenu ceux qui sont les protagonistes du film ; on constate que beaucoup font encore quelque chose en rapport avec ce qu'ils ont fait il y a trente ans.
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Autre avis sur un film (très différent) dont je n'arrête pas de repousser la mise en ligne : Slumdog Millionaire de Danny Boyle. J'avais commencé à écrire un article dessus, mais je n'ai jamais pu le finir à cause des circonstances, et à chaque fois que j'ai voulu le reprendre, l'enthousiasme avec lequel j'avais commencé me paraissait obsolète. Mais vu qu'aujourd'hui j'ai écris un article sur Harvey Milk, autant continuer à parler cinéma, donc j'ai réécris mon avis sur Slumdog Millionaire.
Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie.
Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d'où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu'il a perdue.
Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d'une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante. (Source : Allociné)
Tout début janvier, j'avais vu la bande annonce et je me suis dit que le film avait l'air sympa, en plus l'acteur qui joue le rôle principal, Dev Patel, avait attiré mon attention puisqu'il jouait Anwar dans les saisons 1 et 2 de la série Skins. Donc déjà, j'étais pas mal tentée, et j'ai cédé après que le film ai reçu une moisson de prix, dont 4 Golden Globes et 8 oscars.
Le film nous raconte donc la vie de Jamal Malik via des flashbacks. A chaque question qui lui est posée dans la version indienne de Qui veut gagner des millions ? ou par les policiers qui l'interrogent après les soupçons de tricherie, le film revient sur l'épisode de sa vie qui explique qu'il connait la réponse, alors même qu'il n'a pas vraiment reçu d'éducation.
On voit donc comment il faut s'accrocher pour (sur)vivre parce quant on part de rien : le système D, la débrouille, les buisness montés à la va-vite, l'enrôlement dans des groupes malhonnêtes et sans scupules (qui n'hésitent pas à brûler les yeux des orphelins qu'ils ont récupéré, parce que quand il mendie ça rapporte plus), etc...
A travers le film, on voit une Inde grouillante, fourmillante, saturée de couleurs et de bruits. La promiscuité entraîne la solidarité et la fraternité, mais aussi la violence et la crasse. On dirait que le pays vibre de tant d'animation, on dirait un être vivant, c'est un personnage omniprésent dans le film.
On voit aussi la modernisation de l'Inde qui est doublée d'une occidentalisation. Les hauts immeubles vitrés naissent du sols, les maisons des plus riches sont identiques à celles que l'ont trouve en Europe ou aux Etats-Unis, on dirait des décors aseptisés pour des catalogues, la mode des nantis est celle des magazines répandus partout, etc.
J'ai beaucoup aimé le film, on entre dedans, c'est très prenant, il y a sans cesse de la tension, la musique est rythmée (à écouter là), les images colorées et c'est très dépaysant, les yeux ont toujours quelque chose à voir parce que beaucoup de chose ne me sont pas habituelles. L'histoire du film est aussi une histoire d'amour, généralement ce n'est pas trop ce qui me plaît, c'est souvent niais, mais là ça passe, même si la fin est... kitsch.
C'est aussi très différents des deux autres films de Danny Boyle que j'avais pu voir, Petits meurtres entre amis et Trainspotting. J'avais bien aimé ces deux films aussi, notamment l'humour noir du premier, mais ils n'ont absolument rien à voir avec Slumdog Millionaire puisque Petits meutres entre amis raconte comment trois colocataires se trouvent pris dans une série de quiproquos qui les pousse au meurtre et à la paranoïa et que Trainspotting adapte (très fidèlement) le roman éponyme d'Irvine Welsh qui décrit la vie misérable d'une bande de jeunes Ecossais drogués. Mais bien que très différent, Slumdog Millionaire m'a beaucoup plu.
Publié par Miss-C à 21:49:23 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
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