Plutôt que de voir le verre à moitié vide -je suis rentré du Maroc plus tôt que prévu- je vais voir le verre à moitié plein : j'y ai été pendant un peu plus de deux semaines. Pour résumer, c'était un chantier international au Maroc avec 4 projets : repeindre une école, faire faire des activités à des enfants, enseigner l'anglais à des adolescents ou enseigner le français à des enfants. C'est ce dernier projet que j'avais choisi.
Les cours
Le but premier de mon séjour était donc d'enseigner le français à des jeunes marocains, ce que j'ai fait 5 jours par semaine de 8h30 à 12h, avec une pause de 10h à 10h30. Je me suis retrouvée avec une classe d'environ 25 élèves de 10 à 12 ans alors que je n'avais jamais eu aucune activité se rapprochant de l'enseignement. Ça a donc été difficile d'autant plus que la classe que j'avais était loin d'être attentive. J'ai dû beaucoup crier, et toujours la même chose tous les jours : silence, restez assis à vos places, etc. En fait, les élèves parlaient tout le temps, et quand ils voulaient aller au tableau, ils se levaient, s'avançaient vers le tableau en levant la main et en criant "Maîtresse, maîtresse, maîtresse !", ce qui fait que je me retrouvais entourée d'élèves.
En tout cas, j'ai réalisé à quel point enseigner était quelque chose de difficile : il faut faire preuve d'autorité pour avoir une calme classe ou on peut parler, il faut faire des cours qui captent l'attention des élèves, il faut leur faire comprendre ce qu'on essaie de leur enseigner, etc. Je le savais déjà un peu mais ce séjour l'a confirmé : je ne suis pas faite pour l'enseignement, donc cette orientation reste hors de mes projets !
Le logement
Comme le nombre des volontaires était trop important pour être logé dans une seule école, ceux qui faisaient les activités et la peinture ont été dans une et ceux qui faisaient l'enseignement du français ou de l'anglais dans une autre. Je faisais partie du groupe logé dans une école privée, l'école Leila. Comme les bâtiment étaient plus rapprochés les uns des autres, la cour intérieure était plus souvent à l'ombre ce qui fait que la température était un peu moins élevée que dans l'autre école où il y avait une grande cour.
Pour dormir, on avait mis des matelas dans deux salles de classes vidées de leur mobilier. On pouvait dormir dans ces salles, mais beaucoup préféraient mettre leur matelas dehors pour profiter de la relative fraîcheur de la nuit.
Sinon, il y avait une autre salle qui servait de salle commune : il y avait la photocopieuse, la chaîne, des livres pour préparer les cours, etc... On y mangeait aussi le midi car le soleil donnait trop pour qu'on puisse manger dans la cour.
Les moyens de transports
A Errachidia même, les gens se déplacent en mobylette, en charrette, en vélo, en âne, à pieds, en voiture ou en taxi. Les touristes utilisent les taxis, qui sont de deux sortes : les petits taxis bleus et les grands taxis gris. Les premiers sont des petites voitures qui peuvent accueillir trois passagers, ils font surtout des trajets dans la ville. Les seconds sont plus grands et prennent 6 passagers (4 sur la banquette arrière et deux sur le siège passager), ils font des trajets plus longs, pour emmener hors de la ville notamment.
Entre les villes, on peut aussi utiliser des cars, climatisés ou non, ces derniers étant moins chers et plus fréquents. J'ai pris deux fois le car : Casablanca - Errachidia (10h) et Errachidia - Meknès - Fès (6h). A chaque fois il faisait nuit, sûrement pour éviter que la température ne soit trop élevée, mais de toute façon, ça n'aurait pas été un problème vu que la climatisation est au maximum ! Pendant les deux premières heures du trajet Errachidia - Meknès - Fès, la température a baissé de 17°C dans le car ! Je ne sais pas de combien elle était parce que le thermomètre était mal réglé, mais c'est passé de -91°C à -108°C : les températures sont fausses mais la différence entre elles est bien réelle !
Sinon, les Marocains n'ont pas froids aux yeux : en allant aux gorges du Ziz, notre taxi a doublé un camion dans un virage en côte et avec ligne continue. Et pire, en allant à Fès, mon car a doublé un camion, dans un virage, en côte avec ligne continue aussi, mais de nuit !
Et une fois, j'ai vu dans la rue un vieux Traffic à l'arrière duquel un homme était en train de faire monter deux vaches et sur le toit duquel il y avait une grande cage contenant deux trois chèvres et autant de moutons.
Le climat et le paysage
Errachidia est une ville qui est située à l'arrière de l'Atlas, donc l'air venant de la mer est bloqué par les montagnes, ce qui fait que le climat est très chaud et très sec. On transpire beaucoup et rien qu'à dormir on se réveille en sueur, il faut dire que les températures dépassent les 40°C à l'ombre. Quant à l'air, il est tellement sec que mes cheveux (pourtant long et épais) ne séchaient qu'en quelques minutes !
On a aussi le droit à des tempêtes de sable. En temps normal, elles arrivent surtout de la mi-juillet à la fin août. Elle n'étaient pas très impressionnantes, mais vu qu'il n'y a pas de vent dans le coin où on était, ça faisait bizarre. En tout cas, ça met du sable partout ! Et on a même eu des vitres à casser quand des fenêtres ont claqué à cause du vent !
Quand aux paysage, c'est un peu toujours la même chose : du sable et des cailloux, c'est très aride. Parfois, au creux des vallées il y a des oasis, c'est beau, il y a un contraste entre la sécheresse caillouteuse des montagnes et la végétation luxuriante en bas de celles-ci.
Les boissons et la nourriture
Le thé à la menthe est bien sûr LA boisson marocaine par excellence, bien qu'on devrait parler de sucre au thé, parce que c'est très sucré. T. a même une fois bu un thé avec tellement de sucre que ça avait un goût de caramel. Sinon, on trouve du Coca-Cola partout, d'ailleurs, le moindre petit hameau perdu dans les montagnes a une habitation surmontée d'un panneau de la célèbre marque, c'est stupéfiant !
Pour la nourriture, l'école où nous étions avait une cuisinière, Fatima, qui nous préparait de délicieux plats. En entrée ce sont souvent des salades à base de poivrons, concombres et tomates, parfois on a eu des salades bettraves-carottes-pommes de terre ou pommes de terre-coquillettes-carottes. En plat principal, c'était tajine, couscous (le vendredi), des sortes d'omelettes avec du poulet ou du boeuf, etc, toujours avec des épices. En dessert, on avait des pastèques (miam :p) ou des melons d'eau le midi et le soir c'était des yaourts (que beaucoup n'osaient pas manger parce qu'il n'étaient pas frais). Et j'ai découvert que la pizza marocaine consiste en un pain plat garni de poulet, d'amandes et d'oignons.
La source bleue de Meski
Une de nos première visite a été celle de la source de Meski. C'est une oasis où l'eau est très fraîche, c'est pour cela qu'un bassin de baignade a été aménagé. Ce qui nous as paru choquant c'est qu'il n'y avait que des hommes et des enfants à se baigner, les femmes restaient complètement vêtue sur les espaces autour du bassin. Les filles du groupe pouvaient se baigner, mais beaucoup ne sont pas resté longtemps à cause du poids des regards, elles se sentaient gênées, mal à l'aise.
De la source, on a aussi été se promener pour voir la kasbah qui est en photo dans mon article précédent. En chemin on s'est arrêté dans une arrière boutique pour boire du thé. La pièce appartient à une musicien ce qui fait qu'il y avait de nombreux instruments accrochés un peu partout, ainsi que des objets de décoration, des tapis, des armes blanches, etc. Les membres de l'association qui nous accompagnaient nous ont joué des morceaux avec des tebilats (sorte de double tam-tam, avec une caisse plus grosse que l'autre) et des qraqebs (sorte de double-mini-cymbales qui se tiennent à bout de doigt et dont le rythme n'est pas le même selon la main, par exemple : celui qu'on tient dans la main gauche est cogné deux fois plus souvent que celui tenu dans la main droite, c'est difficile !).
Le hammam
On a aussi été passer deux heures dans un hammam. Il y a en fait deux entrées au bâtiment : une pour les hommes et une pour les femmes, une fois dedans, on ne se voit jamais, ce sont deux parties complément coupées l'une de l'autre. D'abord, on va dans un vestiaire qui est une grande pièce, haute de plafond et carrelée de blanc, vert et bleu. On se met en maillot de bain et on laisse nos affaires dans une étagère. Avant de rentrer dans le hammam même, on nous confie un seau et on peut acheter un savon naturel.
Le hammam est constitué de trois pièces de plus en plus chaudes. Dans chaque pièce, il y a deux robinets : un d'eau chaude et un d'eau froide. Il faut en fait remplir son seau d'eau, et se savonner, puis se rincer, sans cesse. Dans la troisième salle, il y avait une femme qui faisait un massage et un nettoyage au gant de crin (dans le hammam pour homme, il y a aussi un massage, mais il est nettement plus... "musclé" d'après les dires de T.)
Sinon, les Marocaines sont souvent par deux dans le hammam, elles se lavent mutuellement, se teignent les cheveux au henné, etc. Et autant nous on y va pour se détendre, autant les Marocaines s'y lavent complètement et s'y épilent, c'est comme une salle de bain !
La sortie dans le désert
Le week-end des 12 et 13 juillet on a eu une sortie dans le désert. On est parti d'Errachidia dans la matinée, on s'est arrêté à Erfoud pour aller faire un tour dans le souk, puis on est arrivé à Merzouga pour le déjeuner. Dans l'après-midi, on pouvait soit profiter de la piscine de l'hôtel où nous étions, soit nous reposer dans une des chambres réservée par l'association. Nous aurions dû partir vers 18h pour le désert, mais à cause d'une tempête de sable nous ne sommes parti qu'une heure plus tard.
Le trajet dans le desert de faisait en dromadaires, ceux-ci étant par caravanes de 3 à 6. Quand on est sur le dos d'un dromadaire, on est loin d'avoir les pieds près du sol, c'est assez haut comme animal, c'est pour cela qu'il faut bien se tenir quand on vient de s'installer et qu'il se relève. Et puis ce n'est pas reposant ! Pas de risque de s'endormir pendant les deux heures de dromadaire parce que ça secoue bien ! Pendant le trajet, on contourne les dunes, on peut voir du sable fin et orange à perte de vue. On trouve aussi quelques déchets (eh oui, même dans le désert...) : pots de yaourts, bouteilles d'eau vides, plusieurs paires de chaussures (?!).
Au terme du trajet, on est arrivé dans un camp berbère où on a mangé et dormi. Ou plutôt : on a dormi, on nous a réveillé pour manger puis on s'est couché, à la belle étoile. Ce qui était dommage, c'est que le temps était nuageux, donc on n'a pas pu voir les étoiles... Mais bon, on voyait déjà la lune, et c'est incroyable ce qu'elle est lumineuse quand il n'y a aucune lumière au sol (pollution lumineuse des villes par exemple).
Le lendemain matin, on est reparti à dos de dromadaire vers l'hôtel où on avait été la veille, on a pris des douches et des petits-déjeuners, puis on s'est reposé un peu (c'est fatiguant le dromadaire et ça fait mal, surtout à l'intérieur des cuisses). On est ensuite parti vers Rissani où on pouvait aller au souk et où on a mangé au restaurant, on est ensuite aller voir une kasbah, avant de retourner à Errachidia.
Image : dessin que j'ai fait de la vue qu'il y a depuis la terrasse de l'école Leila où nous étions logés
Publié par Miss-C à 21:11:00 dans Nothing in particular | Commentaires (4) | Permaliens
"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)
Last comments