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NOTHING IN PARTICULAR

There's nothing here but what here's mine

Angst | 26 juin 2007



Un de mes mots préférés est "angst". Non pas pour le son qui est peu agréable à l'oreille, mais pour son sens. C'est un mot allemand qui se traduit en français par "crainte", mais il a en réalité une définition beaucoup plus subtile.

C'est une sensation sourde qui mêle l'angoisse, la sensation d'oppression, d'enfermement, ainsi que l'incertitude, la lassitude, l'ennui, l'accablement, mais aussi une sorte de rage, la colère, la violence.

Ce mot est souvent associé à l'adolescence parce qu'il exprime cette envie de changer les choses, de tout renverser, l'envie de hurler parce qu'on se sent enfermé, le dépit face à la réalité et les incertitudes, les peurs de l'avenir...

Musique : Teenage Angst, de Placebo

Image : Tomorrow Is Never, de Kay Sage

Publié par Miss-C à 07:32:18 dans Nothing in particular | Commentaires (23) |

Définition subjective de vacances réussies | 23 juin 2007

Définition de ce que je considère comme de bonnes vacances : rester enfermée dans ma chambre, les volets fermés, de l'eau, mon PC, des livres et de la musique, sans voir personne.

(Comme quoi il suffit de peu pour être bien.)

Image : mon lit où je passe l'essentiel de mes journées à lire, dormir, écouter de la musique et me ballader sur Internet.

Musique : Cat On The Wall, de P.J. Harvey

Publié par Miss-C à 17:01:23 dans Nothing in particular | Commentaires (20) |

Jean-Luc Le Ténia | 19 juin 2007

Jean-Luc Le Ténia. Jusqu'à il n'y a pas longtemps, ça ne m'évoquait absolument rien. En fait, il s'agit d'un auteur-compositeur-interprète que j'ai découvert un peu, beaucoup même, par hasard il n'y a pas longtemps.

J'avoue que quand j'ai écouté quelques unes de ses chansons pour la première fois, j'ai été quelque peu sceptique... Je n'ai pas prolongé mon écoute, mais j'ai quand même gardé le lien de son site dans le dossier "A voir un jour" de mes favoris (un dossier où je mets tous les sites que je n'ai pas le temps ou l'envie de voir, je les garde pour quand je n'ai rien à faire).

Et un jour où je n'avais rien à faire, j'ai été voir dans ce dossier s'il n'y avait pas un site susceptible de m'occuper, et en l'occurence, j'ai été sur son site. Sur ce dernier, on a la possibilité de télécharger trois de ses albums (il est très prolifique, il doit bientôt approcher des 30 CDs, avec plus de 1000 chansons !). J'ai téléchargé les 5 premières chansons que chaque album et je les écoutées.

Et là, je suis devenue fan.

Oui, ça peut paraître assez bizarre d'être fan de ce chanteur qui met en musique et en poésie son célibat, ses frustrations, les moindres détails de son quotidien. En fait, il chante tout ce qui lui passe par la tête, ce qui est assez surprenant et déstabilisant. C'est comme des instantanés de la vie quotidienne, des photos de son état d'esprit. A la première écoute, on croit que ses chansons sont des blagues tellement c'est... désespéré, unique, pathétique, peu conventionnel, JLLT chante un peu faux, il n'y a généralement presque pas d'accompagnement,... Bon bref, difficile d'accrocher au premier abord.

Mais pourtant, au bout de quelques écoutes, j'aime vraiment bien. Je ne saurais pas dire pourquoi. Peut-être parce que c'est franc, direct, second degré, inhabituel, drôle, déjanté, pittoresque, attachant,... Comme quoi il ne faut pas se fier à la première impression !

Le pire, c'est que je connais JLLT en vrai ! Oui, parce qu'il travaille à la Médiathèque du Mans, et que j'y vais très régulièrement, donc j'ai dû le croiser assez souvent. Je côtoyais "le plus grand chanteur français du monde" (appellation que lui a donné Didier Wampas) sans même le savoir ! Je me rappelle notamment que c'est lui qui m'a changé ma carte d'emprunt cassée qui ne tenait plus que par du ruban adhésif, et que c'est lui aussi qui a réussi à me trouver un exemplaire du Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, alors que tous les exemplaires étaient signalés comme étant indisponibles.

Et d'ailleurs, énorme coïncidence, c'est dans ce livre que j'ai trouvé un passage (à méditer) qui me fait penser à JLLT : "Les seuls artistes que je connaisse et qui soient personnellement délicieux, sont de mauvais artistes. Les bons artistes existent simplement pour ce qu'ils font, et sont en conséquence totalement inintéressants dans ce qu'ils sont. Un grand poète, un poète réellement grand, est l'être le moins poétique qu'il soit. Mais les poètes mineurs sont absolument fascinants. Plus leurs vers sont mauvais plus ils ont l'air pittoresque. Le simple fait d'avoir publié un livre de sonnets médiocres rend un homme absolument irrésistible. Il vit la poésie qu'il est incapable d'écrire. Les autres écrivent la poésie qu'ils n'osent pas traduire en actes." (chapitre IV)

Son site où vous pouvez, entre autres, télécharger trois albums (gratuitement) : Tenia Diary Si vous n'avez pas envie de tout télécharger ou que vous ne savez pas quoi télécharger, je vous conseille notamment : A coup de piocheMême Le Pen, Caroline n'a pas de coeur, Le dos des carpes, Life in vain, Tenia on ice, Takeshi Kitano, L'argent ou le plomb, Ne rentre pas à pied, Qui appeller, L'art et la manière, En plein étéLes bons conseils D'onc Jean-Jean, H.S., Oui oua, Godiche, L'âme du Mans et I wanna be your boyfriend.

Musique : Les harpies, de Jean-Luc Le Ténia, bien sûr, ça vous donne une idée du personnage... ! (J'ai eu un mal fou à choisir une seule chanson ! j'aurais voulu en mettre une dizaine !)

Publié par Miss-C à 18:31:08 dans Nothing in particular | Commentaires (25) |

Black, Archive | 16 juin 2007

Mon humeur est à l'image du temps : changeant, violent, brutal. Le soleil brille et réchauffe doucement l'atmosphère puis tout à coup, les nuages étouffent la lumière, la pluie se met brusquement à tomber et des rafales de vents balaient tout. Je suis calme, tranquille, apaisée, et tout à coup, la colère, l'angoisse, les regrets me dévastent. La moindre fêlure devient une brèche puis très rapidement un gouffre.

Et comme tous les jours, je me dis et j'espère que demain ça ira mieux.

Please don't stop me
But go and leave me
You can't keep me inside
Please don't stop me
From being so strange
You can't help me
With your lies
Watch me self-destruct

Please don't stop me
Let me lose in the black
You can't touch me
Because I'm not coming back
Please don't watch me
Eyes burn inside
You can't help me
Or even try
Please go and smash me
Break my bones
You capture then leave me
Like a villain alone
Watch me self-destruct

See the light disappear now
Roll it over the black
I've got to disappear now
And I'm never coming back
Let it roll on over
Everything in sight
It's taken out my feelings
And it's fading out the light

Watch me self-destruct
Watch me self-destruct
Watch me self-destruct
Watch me self-destruct

Publié par Miss-C à 21:58:26 dans Nothing in particular | Commentaires (4) |

Johnny s'en va-t-en guerre, Dalton Trumbo | 06 juin 2007

 "Il n'avait pas de jambes et pas de bras et pas d'yeux et pas d'oreilles et pas de nez et pas de bouche et pas de langue. Quel maudit rêve. Bien sûr doux Jésus que c'est un rêve. Il fallait à tout pris qu'il se réveille sans quoi il allait devenir dingo. Personne ne peut vivre ainsi. Toute personne qui se trouverait dans cet état serait morte et il n'était pas mort il ne pouvait donc pas se trouver dans cet état. Il rêvait tout simplement.

Mais ce n'était pas un rêve.

Il avait beau vouloir que ce soit à tout jamais un rêve ce la ne changeait rien à la situation car il était vivant et bien vivant. Il n'était qu'un morceau de chair comme les bouts de cartilages que Vogel le vieux prof leur montrait au cours de biologie. Des bouts de cartilages qui ne possédaient rien sauf la vie et se nourrissaient de produits chimiques. Mais il avait un avantage sur le cartilage. Il possédait un esprit doté de pensées. C'était plus que pouvait n'en dire le vieux Vogel de ses cartilages. Il pensait et il n'était qu'un objet.

Oh non. Non non non.

Il ne pouvait pas vivre ainsi parce qu'il deviendrait fou. Mais il ne pouvait pas mourir parce qu'il ne pouvait pas se tuer. S'il lui était seulement donné de respirer il aurait la possibilité de mourir. C'était curieux, mais c'était la vérité. Il pourrait retenir sa respiration et se tuer. C'était la seule ressource qu'il lui restait. Seulement il ne respirait pas. Ses poumons pompaient l'air mais il ne pouvait pas arrêter leur fonctionnement. Il ne pouvait pas vivre et il ne pouvait pas mourir."

Johnny s'en va-t-en guerre, chapitre V, Dalton Trumbo, 1939

L'année dernière, en terminale, le professeur de Philosophie nous avait fait voir le film éponyme adapté de ce livre. Je ne saurais pas dire exactement ce que j'en ai pensé. C'était bouleversant, fascinant, prenant, angoissant,... Ce film pose beaucoup de questions. En tout cas, quand à la Médiathèque je suis tombé sur le livre, d'où est tiré le film, je n'ai pas hésité à l'emprunter.

Johnny s'en va-t-en guerre est un roman pacifiste sorti en 1939 quelque jours après le début de la Seconde Guerre Mondiale. Il a rapidement été censuré en ces temps de guerre, le pacifisme nuit quelque peu au patriotisme.

C'est un livre qui pose éormément de questions. Sur le fait d'aller à la guerre, de se battre, de se sacrifier. Sur le fait qu'on se bat pour défendre de grandes valeurs, mais cela se fait contre des hommes semblables, ennemis ou pas. Il y a aussi des questions comme jusqu'où peut-on garder quelqu'un en vie ? Comment faire quand les médecins n'ont aucun moyen de voir que le malade a toute sa raison, mais que celui-ci est dans l'incapacité de communiquer ? Comment accepter que ce qui n'est plus un corps humain puisse avoir toute sa conscience et toute sa raison ?

Est-ce qu'on est encore vivant lorsqu'on n'a plus de membres, d'ouïe, d'odorat, de goût, de vue ? Lorsque qu'on ne peut même plus décider de sa vie et de sa mort ? Et quand les jours consistent à se souvenir du passé et que les nuits sont habitées par des rêves qui piochent leurs images dans la mémoire, comment parvenir à savoir si on dort ou si on est réveillé ? Si on rêve ou si on pense ? Comment savoir à quel moment de la journée on est quand on ne sait pas si il fait jour ou nuit ? Comment même savoir combien de temps s'est écoulé quand on n'a aucun repère de temps, que le sommeil et les évanouissements brouillent les répères ? Il ne reste qu'au héros "que" sa mémoire, son imagination et sa capacité de réflexion.

C'est vraiment un livre que je conseille.

Musique : In the army now, de Status Quo (qui sera aux Terre Neuvas le 7 juillet), les paroles de la chanson me font beaucoup penser à Johnny s'en va-t-en guerre (les paroles sont ici et il y en a une traduction ici)

Publié par Miss-C à 21:39:36 dans Nothing in particular | Commentaires (7) |

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