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Avant-hier, on m'a demandé si je me sentais bien dans ma vie, et hier on m'a demandé si j'étais heureuse. Dans les deux cas, j'ai été incapable de répondre. Quand on me pose une question, la réponse est "je ne sais pas" ou bien "ça m'est égal". Je suis incapable d'exprimer une opinion, comme si je disparaissais, que je disparaissaît.
Je n'arrive pas à exprimer ce que je ressens, et même si j'y parvenais, ça serait toujours en moi. J'aurais formulé sans résoudre. J'ai faim, d'autre chose, mais je ne sais pas de quoi. De quel oxygène me manque-t-il pour que je me sente asphyxiée comme je le suis ? Comment les autres font pour supporter la vie ?
Je ressens une frustration, une oppression, une fureur, une rage, quelque chose de violent. J'ai l'impression d'être sans cesse en train d'errer, hallucinée, à la recherche de quelque chose qui pourrait combler -ou au moins soulager- le trop plein de vide qui m'oppresse. J'aimerais me sentir vivante.
Je veux me battre avec la vie, je veux qu'elle me griffe, qu'elle me morde, qu'elle me cogne, je veux sentir la vie, quitte à avoir mal. J'en veux plus, encore, encore, encore, et plus fort. J'en n'ai jamais assez. Je veux l'ivresse, la ferveur, l'absolu, la consomption, la jouissance en continu.
Je suffoque littéralement, je manque d'air et les larmes me montent aux yeux. Mes pensées ne s'arrêtent jamais. J'ai toujours cette faim qui me tenaille, qui me ronge. Je n'arrive pas à supporter le vide, le vain et l'absurdité de tout. Je veux tout détruire, mais je n'arrive pas à bouger. J'ai la gorge nouée et je veux hurler.
Et puis tout ça s'arrête et me laisse pantelante. Je m'engourdis, engloutie dans la torpeur. J'agis automatiquement, sans dire un mot. Je ne regarde pas, je vois, et je n'interviens pas. C'est comme si je n'étais pas là, que je n'existais pas. Je suis présente, mais je suis absente. Je suis une carcasse vide, lasse et découragée.
Publié par Miss-C à 10:09:49 dans Nothing in particular | Commentaires (0) | Permaliens
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"Elle cherche quoi faire de sa vie entre soif d'absolu et peur de la déchéance."
"Elle est perdue avec elle-même, perdue avec le monde. Elle exige trop d'elle-même, trop du monde."
(Alain Rémond)