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marie curry

mon journal de Bangalore

La grève or not la grève? | 13 novembre 2007

Aujourd'hui, comme tous les jours, j'ai fait ma petite revue de presse perso des journaux français sur internet.

Et là, je constate qu'une nouvelle grève dans les transports se profile pour cette semaine: 1 métro sur 10, 12% des trains... ça promet!

Le phénomène de la grève dans les transports en commun est un sujet inépuisable de conversation avec mes collègues ici (presque autant que le débat mariage d'amour/mariage arrangé, j'en reparlerai...). Bien sûr, tout le monde ici est mort de rire quand il entend que Paris (et donc la France) sera paralysé, pour plusieurs raison:

- l'Inde est un pays où 1/3 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, mais où les magasins ferment à 22 heures, y compris le dimanche, et où la plupart des entreprises privées travaillent le samedi (y compris Eric, ça c'est pas la joie). Bref, c'est un pays où l'on bosse.

- le phénomène des transports en commun est un truc difficile à expliquer, parce qu'il y en a très peu en Inde: il y a des bus (pourris), un métro est en cours de construction à Bangalore, donc avec un peu de chance et si l'argent ne disparaît pas en entier dans la poche des fonctionnaires, il verra le jour dans 50 ans. Par exemple, un nouvel aéroport est supposé être inauguré d'ici avril 2008, mais on a à peine pensé à construire une route décente pour y mener, donc vous pensez bien qu'un train entre le centre -ville et l'aéroport... comme dit l'autre "tu peux te brosser Martine"!

- l'Inde n'est pas un pays centralisé comme la France: la capitale administrative est Delhi, la capitale économique c'est Mumbai, la capitale intellectuelle et littéraire c'est Calcutta, et Bangalore est la capitale de l'informatique et des call center. Donc si une ville est bloquée, on la laisse se débrouiller seule tranquilement. En plus, les langues parlées sont différentes d'un état à l'autre: vous ne pensez pas qu'on aura la moindre sympathie pour une ville qui ne parle pas la même langue! Tu peux te re-brosser Martine!

- essayez de faire comprendre à un Indien qui n'a ni Sécu ni retraite que les Français manifestent pour garder le droit de partir à la retraite à 50 ans, ou que les étudiants ont peur que l'entrée du secteur privé dans leur financement "mène à la paupérisation des étudiants"!  Dans un pays où les gens ne s'arrêtent jamais de travailler (l'espérance de vie d'un Indien est en moyenne de 64 ans), et où 50% de la population atteint les études secondaires (59% pour les hommes, 47% pour les femmes), nos revendications semblent bien dérisoires.

Bref, mes collègues Indiens considèrent les grèves en France comme une caractéristique d'un peuple romantico-dépressif qui s'ennuie et n'a rien à faire de mieux. Je suis bien obligée d'en rire avec eux.

Bon courage à ceux qui seront bloqués cette semaine dans les bouchons!

 

Publié par mariecurry à 16:15:52 dans marie curry | Commentaires (6) |

Le syndrome de l'Inde | 11 novembre 2007

« En débarquant en Inde, terre des mille et un temple et ashrams, cela risque de réveiller l'élan mystique des plus rationalistes, entraînant des troubles de type hallucinatoires ou délirants. Les gens entrent dans une forme d'errance et éprouvent des sentiments d'extase profonde. C'est une plongée sans repères dans un tourbillon de misère, de surpopulation, d'images et de dieux inconnus, on n'y comprend plus rien... La dépersonnalisation est en route»
 

Ceci est la définition d'un syndrome psychologique connu sous le nom de « syndrome de l'Inde ». Cela se manifeste par une désorientation, parfois allant jusqu'au délire, qui touche souvent des gens qui « font leur trip indien » et qui partent avec l'idée qu'ils vont vivre une expérience spirituelle dans l'Inde millénaire des temples et des gourous.


Résultat ? A peine arrivés en Inde, s'ils sont un peu fragiles et s'ils ne sont pas soutenus par des amis ou au moins un contact avec l'Occident, ils se retrouvent confrontés à la misère, à la mendicité, à la maladie (la lèpre par exemple), au bruit, à la foule extrêmement dense et colorée, et peuvent « péter un plomb ». C'est ce qu'on appelle la décompensation psychique : un trouble psychique (dépression, psychose...) n'est plus compensée par d'autres fonctions du cerveau qui nous permettent au quotidien de nous adapter à des situations difficiles.


Evidemment, cela ne nous est pas arrivé ici : nous habitons certes dans le centre d'une ville de 10 millions d'habitants, mais nous vivons dans des conditions qui nous permettent de nous isoler de la foule si l'on veut. Les restaurants occidentaux sont nombreux, ce qui permet en cas de gros ras-le-bol du curry de varier un peu. Et surtout, nous habitons dans le sud de l'Inde, qui est réputé beaucoup plus « soft » que le nord en terme de rapport humains : cela se traduit par moins d'agressivité au quotidien, beaucoup de soutires et d'occasions de discuter avec les gens qui nous entourent. Cela veut dire également qu'en tant que femme, j'ai droit à moins de regards insistants de la part de ces messieurs...


La clé en effet pour ne pas subir ce syndrome (en dehors d'une fragilité psychique au départ), c'est de ne pas totalement se couper de sa culture d'origine, d'avoir la possibilité de communiquer avec des Occidentaux, de partager ses difficultés d'adaptation, de commencer son voyage par une ville pas trop dure, et en dernier recours, de contacter l'un des 2 psychiatres Français spécialisés dans ces problèmes (1 à Delhi et 1 à Pondichéry !).
 

Donc, avis aux voyageurs : l'Inde (du moins le peu que j'ai vu pour l'instant) est un pays magnifique où l'on apprend beaucoup, mais ne commencez pas par visiter Bénarès ou les bidonvilles de Bombay, et en cas de petit passage à vide, essayez d'aller manger occidental : un simple cornet de frites chez Mc Do peut se révéler d'un grand réconfort !

Publié par mariecurry à 13:37:25 dans L'Inde, c'est plus fort que toi (mes coups de coeur/coups de gueule) | Commentaires (2) |

C'est pas Diwali pour tout le monde... | 09 novembre 2007

Aujourd'hui le calme est revenu: on entend quelques pétards exploser au loin, mais tout le monde vaque à ses occupations en attendant le coucher du soleil, qui marquera le début du 2e jour de festivités.

Le quartier est très calme, ce qui est inhabituel: peu de rickshaws circulent, peu de klaxons, ça fait du bien...

Bien sûr, tout le monde n'a pas les moyens d'acheter des feux d'artifice ni de préparer des pâtisseries spéciales pour Diwali: cette photo est prise du balcon de notre cuisine, un immeuble est en construction depuis maintenant plusieurs mois (voir mon article de juillet 2007: http://www.blogg.org/blog-54789-billet-et_pendant_ce_temps_la____les_shadocks_construisaientprocent-630723.html)

Plusieurs familles qui travaillent sur ce chantier ont investi l'immeuble en construction, sans eau et sans murs, pour s'y établir, y dormir et faire la cuisine.Les enfants se balladent dans le 2e étage sans aucune cloison, et les familles ont détourné une ligne du quartier pour avoir un peu d'électricité...

Bref, c'est pas la fête pour tout le monde! J'ajoute cependant pour ne pas plomber trop l'atmosphère que les gens en question sourient, les enfants rigolent et jouent entre les tas de gravier. Cette capacité à garder le sourire qu'ont les Indiens est certainement la chose qui m'étonne le plus ici.

Donc on garde le moral, mais on garde aussi les yeux ouverts!

 

Publié par mariecurry à 08:11:21 dans L'Inde, c'est plus fort que toi (mes coups de coeur/coups de gueule) | Commentaires (3) |

Diwali, c'est parti! | 08 novembre 2007

Ca y est: depuis le couché du soleil, les pétards et les feux d'artifices ne s'arrêtent plus! Pour l'instant, c'est vraiment chouette, c'est un mix entre Noël et le 14 juillet. Dans 3-4 heures, on en reparlera... Ca va durer 3 jours et 3 nuits!

Le quartier est tout décoré (beaucoup de façades sont couvertes de guirlandes lumineuses, et en bas de l'image, une boutique du quartier décorée comme pour Noël).

Comme disent les Indiens: Happy Diwali!

 

Publié par mariecurry à 14:41:12 dans marie curry | Commentaires (1) |

Diwali | 05 novembre 2007

Ce week end, je suis tombée en arrêt devant 2 femmes qui dessinaient des motifs sur le sol devant un magasin avec des sables de couleur: les préparatifs de Diwali battent leur plein.

Les 9, 10 et 11 novembre, tout le pays va fêter Diwali, l'une des fêtes indiennes les plus suivies et les plus spectaculaires: on fête les lumières, la victoire du bien sur le mal. Pendant 3 jours et 3 nuits, toute la population allume des bougies, et fait exploser des pêtards (parfois de véritables dynamites!).

Ce sera mon 1er Diwali, je compte bien prendre un maximum de photos et vous montrer tout ça! L'année dernière, Eric était déjà en Inde et moi j'étais en France: je l'ai appelé le 1er soir de Diwali, j'ai cru que Bangalore était bombardée tellement les explosions étaient fortes!

En attendant, tout le monde se prépare, tout le quartier est quadrillé de guirlandes lumineuses...

Ca promet!

A bientôt,

 

Marie

Publié par mariecurry à 19:04:08 dans marie curry | Commentaires (1) |

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