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Le Canard Flottant

Laqué mais insubmersible

La salle de bains à Prague | 20 avril 2007

Et. Si j'avais envie de faire des flaques, dans une salle de bains à Prague, sur les vieilles pierres du mur, dans les éclaboussures de baignoire, dans les reflets de miroirs, dans les traces humides des traces de pas, dans le toucher ivoire de la paume sur les mains. Une signature du carrelage qui s'affaisse sur le dos, qui s'adosse sur les fesses, de rectangulaires baisers carrelés.
Et. Tu me dirais pourquoi à Prague. Et je dirais gravons nos noms sur les arbres tchèques en bois. Ressers moi une chanson à boire.
Et. Plus à l'est, là où le soleil se lève, ou bien là où on le retient, dans un fleuve qui embrasse. Et. Dans un coude de Nitra s'inventer des nénuphars qui passent, s'inventer des rayons de phare qui passent, et entre eux se noyer à cache-cache, comme savent s'en faire les bouées.

 


Publié par Duck La Bouee à 14:08:42 dans le canard battant | Commentaires (3) |

Extrait n°46 de la vie privée des bouées | 20 avril 2007

- Tu veux faire un tennis ?
- De je t'aime ?
- Oui. Duck au service... Han... Je t'aime.
- ...
- Ouais. 15-0.
- J'aime pas ce jeu...
- Jeu, set et mat, Duck, sur abandon.

Publié par Duck La Bouee à 14:08:39 dans le canard dialoguant | Commentaires (2) |

Extrait n°45 de la vie privée d’une bouée toute seule | 20 avril 2007

- Faudrait que j'arrête de m'arrêter au feu vert.

Publié par Duck La Bouee à 14:08:39 dans le canard dialoguant | Commentaires (0) |

L'entreprise entreprenante | 20 avril 2007

Je regarde une araignée faire le pendule d'un balcon à l'autre, en tissant entre les étages un élastique volage. Tout ça fait nuit noire. Et pensées hantées, dentelées, disposition des corps en minuscules sur un cahier de draps froissés. Le sol est froid. Les premières heures de la nuit seront blanches. On y est libre de mettre des couleurs.

Les couleurs sont trois cris de série, quand je m'échine à l'encre de nuit à n'en avoir qu'un, pour ponctuer la troisième. D'une industrie industrielle, d'une entreprise de placard, tu dis que je te laisse faire trop de bruit, ou que je le provoque. Et puis on s'en fout d'ailleurs.

A la question qu'est-ce que ça fait d'aimer une baptiseuse de squares, je réponds, j'en sais rien. Et je me lance dans un souvenir philosophique de ce qui se sait et du pas sûr pendant que je passais devant un salon de coiffure. Dans un maelström de pronoms personnels et vainqueurs.


Publié par Duck La Bouee à 14:08:18 dans le canard affligeant | Commentaires (0) |

Le matin d'orient est plus long et plus à l'est | 20 avril 2007

Nous sommes amants depuis la nuit des temps, et nous nous jouons du jour des temps. Les levers de soleil à la touche pause des magnétoscopes, derrière les perses persiennes et sous les tapis volants. Et pour mille et une nuits, comptées par les enfant qui ne comptent que jusqu'à dix en ajustant leurs doigts qui s'embrassent en baisers de phalanges. Nous ne sommes que des amants extraordinaires, de ceux qui n'ont rien à faire que se dire des mots d'amants, et de laisser sur les murs, l'ombre chinoise des gestes d'amants.

Publié par Duck La Bouee à 14:08:11 dans le canard flottant | Commentaires (0) |