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Le Canard Flottant

Laqué mais insubmersible

On vend des bouées pour les cailloux | 13 février 2007

Les regrets ne nourrissent pas, les tambours ne ponctuent que le temps. Et quelques danses, à coups sûrs des souvenirs de cinéma. La course chorégraphiée de Jules et Jim, et de Catherine plus loin devant, on s'est r'perdus de vue, on s'est retrouvés à recouler la Seine un moment. Lestes comme un sac de pierres jeté du bois du Pont des arts, qui rêve des rives des côtes de Barcelone.
Et toutes ces pièces qui couvrent le lit des fontaines, de deux traits visent juste à couper les mondes.

On vend des bouées pour les cailloux, pour ceux qui ne veulent pas voir le fond encore.

Les remords ne coupent aucune soif. Ils ne comprennent pas plus que le reste, le reste qui peut toujours faire de son mieux, il n'y a pas d'autres mystères que des revers de portes qu'on ne franchit pas. Même pour prendre de l'avance. Geste d'un petit groupe de pierres : la natation synchronisée, pour qu'alone ne sonne plus comme Barcelone.
Il en va de toutes ces pièces qui font le lit des fontaines et valent à peine les prix qu'elles payent pour les vœux.

On vend aussi des bouées pour les pierres, les précieuses qui rêvent de surface.

Je secoue à gauche, je secoue à droite, des montres et des calendriers, j'attends une heure sans savoir quand elle viendra. Quand elle viendra, et si je la reconnais, je me jetterai dans les auréoles d'essence qui tachent les étangs et cachent les galets qui se ricochent dedans. Zeste de pierre qui roule comme une peau à fleur d'attendre, avec l'accent qui fait rimer Londres et Barcelone.
J'en ai marre de jeter l'argent par les fenêtres d'une fontaine qui ne marche pas. Je me coucherai bien dans ton lit à toi, pour le moment.

Nous vendons des bouées pour les moments. Les laisser flotter infiniment.


Publié par Duck La Bouee à 10:57:55 dans le canard affligeant | Commentaires (4) |

L'extinction | 13 février 2007

Un ascenseur pour un échafaud qui nous plait bien. Dans les trompettes d'un Miles Davis, des gorges impatientes qui se soupent. La chambre ne sera que désordre, et les jambes entre elles ne tiendront plus leurs places, en échafaud pour corps hachés, jusqu'à ce que la petite mort s'ensuive.
Et toute l'extinction des sens, l'interrupteur du goût de ta chair sur le bout de ma langue.
Et toute l'extinction des sens, l'interrupteur du ravissement sur la cornée.

Nous nous tatouons des souvenirs bien au-delà de la peau. Nous nous griffons des marques bien au-delà de la peau. Pas plus de règles, pas plus de notes, pas plus de plan, pour tout éteindre.
Et toute l'extinction des sens, l'interrupteur de l'auto-stop de tes doigts sur la route de mes reins.
Et toute l'extinction des sens, l'interrupteur de ton apnée acoustique calquée à la danse.

Je veux bien mourir tous les jours, si ça recommence tous les jours comme ça. Je veux bien me laisser aller, en allers-retours, en va et reviens aux pieds des bourreaux, et sur les planches des sommiers.
Et toute l'extinction des sens, l'interrupteur du parfum de ton plaisir dans la fragrance du mien.


Publié par Duck La Bouee à 10:57:24 dans le canard flottant | Commentaires (0) |

La bilingual duck touch : leçon de séduction n°2 | 13 février 2007

« J'aime bien Peggy Lee et les portes. »

On peut dire « a mi me gustan Peggy Lee y las puertas » si on est d'origine portoricaine, mais on s'en tiendra à beaucoup plus classe.

Come on baby, light my fire, try to set the night on fire. You give me fever, when you kiss me. Fever when you hold me tight. Fever! In the morning, fever all through the night.

Let's have a repeating recapitulation :

Come on baby, light my fire, try to set the night on fire. You give me fever, when you kiss me. Fever when you hold me tight. Fever! In the morning, fever all through the night.


Publié par Duck La Bouee à 10:56:44 dans le canard britannisant | Commentaires (0) |

L'incendiaire | 13 février 2007

Tu te promènes avec tes allumettes dans les herbes sèches qui couvrent ma tête. Tu es mon dimanche en chaussettes. Tu joues de tes briquets et fait griller des sèches, on enfume la pièce, tu m'allumes après. Tu serais ma pyromane, que j'en serais pas étonné, et quand tu m'as bien grillé, tu me rafraîchis de tes baisers mentholés.
Des baisers qui font tic tac et quelques autres mille parfums.
On se promène sur le velours des faims d'après-midi, des jeux et quelques siestes, mais pourquoi aimes-tu tant le rouge ? Sûrement que tu es ma pyromane, et qu'en plus tu es pompier.

Publié par Duck La Bouee à 10:55:09 dans le canard affolant | Commentaires (0) |

Fiat Lux sur mon écran de salle de bain. | 13 février 2007


Parfois de ma baignoire, je regarde passer les pubs (et quelques remorqueurs plastique, voire des montagnes en genoux). J'ai au mur de ma salle de bain, un écran plat, à coins carrés qui quand ils se regardent font coin coin en coins de faïence. HD Ready, la Grande Punto, entre dans la ville tout en percussions et les gratte-ciels se prennent alors pour un analyseur de spectre de l'harmonica à la basse en passant par les cris d'enfants. J'adore... c'est pas ce qui me donnera l'envie de rouler en Grande Punto, parce que je rêve déjà passablement de Fiat, et des autoroutes industrielles de Turin, dans un soleil bien pollué. Je laisse couler l'eau du bain, pour mieux rêver de nuages d'échappement, et d'un baiser aux pieds des Alpes.

Publié par Duck La Bouee à 10:54:23 dans le canard groovant | Commentaires (0) |

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