Publié par didurban à 09:54:13 dans Prévention | Commentaires (8) | Permaliens
C'est une classe de BTS, avec des élèves plus âgés que dans mes interventions habituelles. Elle est au troisième rang, pile dans mon viseur lorsque je passe en revue la classe. Au milieu de l'animation, la voilà qui se tortille dans tous les sens, les deux mains dans le tee-shirt, tirant sur les bretelles de son soutien-gorge, dénudant ses épaules. Ses seins, plutôt protubérants et méchamment secoués, finissent même par reprendre leur liberté et j'aperçois un mamelon surréaliste sous les néons froid de cette salle de classe. Elle me sourit et continue. J'évite de lui signaler oralement mon désaccord de peur que les garçons en profitent pour lui ruiner sa réputation. Je lui renvoie une moue, signifiant que sa gymnastique mammaire est un peu limite et surtout nuit un peu, il faut le dire, à ma concentration. Exprimer tout ça dans une moue me vaudra peut-être une nomination aux prochains césars...
Qu'importe, le regard teinté de provocation de jeune adulte en pleine crise hormonale, elle continue à se tortiller, m'invitant malencontreusement au lapsus :
- Bon vous me parliez des malades et de la prise en charge... Et bien l'accès aux seins...
Blanc. Eclat de rire. J'ai dû rougir un peu. Elle, hilare, rééquilibre une dernière fois sa poitrine et reprend ses notes, avec un brin de fierté d'avoir réussie à me déstabiliser.
- Je voulais donc dire vous l'avez compris, l'accès aux soins... Et me voilà à embrayer sur la prise en charge des malades du sida et le coût d'un traitement...
A la cantine, je raconte ma mésaventure au prof qui accompagne mon steack-frite. En décrivant la fille, il sourit et me dit aussitôt :
« Celle-là, c'est une spécialiste du genre découvert. Régulièrement, je lui demande de reboutonner son décolleté et de fermer le canyon du Colorado... »
Est-ce bien la peine de spécifier que c'était un prof d'histoire-géo.
Publié par didurban à 18:31:35 dans Prévention | Commentaires (15) | Permaliens
Publié par didurban à 10:28:28 dans Prévention | Commentaires (18) | Permaliens
Ils sont cinq à tenir le crachoir, postillonnant leur
éternelles vannes de cités, niveau « vase-bitume ». Impossible de les
calmer, le sujet les rendant prolixes. Certains des autres élèves sourient à
leurs blagues, d'autres haussent les yeux au ciel. Ils ont démarré fort, par un
grand classique des animations, ce que j'ai finit par appeler « la coupe
du monde des séropos » :
- Monsieur, y'a beaucoup de malades au Mali ?
- Oui, le Mali est un pays touché par la pandémie. Mais...
Les rires fusent , les doigts désignent. Celui qui ne rigole
pas reprend :
- Et au Congo, Monsieur ?
- Oui, le Congo aussi...
Les rires reprennent. Mais cette fois, celui qui ne rigole
pas n'est plus le même... Et ainsi de suite, en passant en revue, le pays
d'origine de l'un ou l'autre.
Afrique, tu te meurs et tes petits-enfants, français
aujourd'hui, se foutent de ta gueule...
Puis, nous avons parlé des relations filles/garçons et
comment ils envisageaient leur avenir amoureux. Hétérosexuel, bien sûr,
l'avenir. Parce que c'est bien connu, l'homosexuel est aux quartiers, ce que
Ness est au Loch, un monstre qui sommeille et qu'on aperçoit les soirs de fog
au pays des hommes en jupe.
Leurs femmes seront vierges, fidèles, bien roulées, bonnes
cuisinières et surtout devront avoir une bonne paire de "boops" pour satisfaire à
la fois leurs fantasmes élevés aux mamelles pornographiques et allaiter la
tripotée de morveux issus d'un siège continu de leur utérus. Mais avant la
cérémonie nuptiale, elles ne doivent pas sortir seules et encore moins avec le
string qui dépasse ou le short trop court. Autrement dit, elles n'ont pas le
choix de leur garde-robe et doivent commander en VPC au rayon burka des
Galeries Talibans... Pas question d'essayer en cabines, on ne sait jamais, avec
les miroirs sans tain.
Ceci dit, je commence à être rodé à ce type de discours, un
rien provo dans le conventionnel barbu... Autrement dit, je m'ennuyais presque.
Et puis, il y a eu un éclair : elle s'est présentée
sous le prénom de Doris et leur a tout balancé aux Pits de la morale. Que
toutes les filles n'avaient pas forcément envie de vivre dans des sacs,
qu'elles ne les emmerdaient pas quand ils avaient le caleçon qui sortaient du
pantalon porté aux genoux, qu'elle ne serait pas forcément vierge au moment du
mariage et qu'elle n'irait pas se faire recoudre un semblant d'hymen, qu'elle
travaillerait et que son mec, et ben, elle irait le chercher ailleurs...
Ils ont été soufflés les censeurs. D'autant plus que Doris était assise à leurs côtés, qu'elle était jolie et que visiblement, plus d'un en pinçait pour elle. Je les ai senti déstabilisés, refroidis dans leurs ardeurs de jihad domestique... Doris avait lancé les hostilités et d'autres filles suivaient, voire d'autres garçons, plus effacés... Doucement, la classe a basculé dans la révolte. Les timides, les humiliés, les offensés ont pris à leur compte cette parole qu'on leur offrait, leur restituait. Deux heures de liberté pour se dédouaner du joug des dictateurs. Le débat a duré, avec des cris et beaucoup de bruit. J'ai essayé tant bien que mal de réguler avec équité les temps de parole et j'ai surtout laissé faire. Je me suis dit que l'école publique prenait là toute sa vraie dimension, celle de l'éducatif et du débat, celle de l'ouverture et de la liberté de parole, cette dimension laïque et indépendante qu'on se doit de défendre. Pour preuve, nous sommes rarement conviés dans le privé, où les ados, c'est bien connu, n'ont pas de sexualité. Alors, un jour de grève de temps à autre pour la soutenir cette école, c'est si grave que ça ?...
Publié par didurban à 09:38:41 dans Prévention | Commentaires (28) | Permaliens
D'entrée, il s'est mis à l'écart. Il est rentré dans la salle comme une balle, s'est précipité au fond de la classe, a reculé au maximum sa table et s'est bouché les oreilles... Puis il s'est écroulé sur celle-ci, faisant corps avec elle, pour disparaître de mon champ de vision, devenir une simple excroissance du mobilier... Comme inanimé. Je n'ai pas relevé, ne voulant pas le stigmatiser. Ce sont les autres qui en ont rajouté :
- Il est puceau, M'sieur, il ne veut pas entendre le mot sexe.
- Et pourtant, il kiffe grave... Regardez, il se frotte à la table.
- C'est ramadan, M'sieur. Il dit qu'il n'a pas le droit d'écouter ça... mais c'est un chaud.
Il a relevé la tête, preuve que les sons traversent facilement la paume des mains. Il a sourit bêtement, un rien gêné. J'ai senti un peu de détresse dans son regard fuyant. J'ai préféré laisser faire plutôt que de lui mettre la classe à dos, rappelant quand même le cadre de mon intervention, dans le respect des sensibilités de chacun.
L'intervention s'est déroulée normalement avec une classe plutôt participative et les deux-trois grandes gueules habituelles qui avaient déjà tout vu, tout tenté, tout vécu, les professionnels de la baise. Je le surveillais du coin de l'œil et je m'aperçu rapidement qu'il avait légèrement incliné sa tête pour s'offrir un meilleur angle de vue et d'écoute tout en conservant une pseudo attitude de repli.
Je n'ai pas remarqué le garçon qui grâce à une belle plongée en apnée sous les tables, avait réussi a récupéré le préservatif de démonstration dans la poubelle. A la sonnerie, il s'est précipité sur l'exilé du fond et lui a chatouillé l'oreille avec. Les autres, autour, comme une meute de hyènes, excitées par l'odeur du lubrifiant, se sont mis à hurler de rire. Une fille s'est saisie de la capote et l'a jetée sur le visage du malheureux garçon. J'ai entendu un hurlement et il s'est précipité à l'extérieur comme si le diable était à ses trousses.
Au moment de quitter l'établissement, la proviseure m'a interpellé :
- Que s'est-il passé, un élève est arrivé en courant et a demandé qu'on lui ouvre la porte rapidement...Il avait l'air tourmenté... Et il n'a pas voulu répondre à mes questions.
Je lui narre la scène, signalant mon étonnement quand au caractère disproportionné de sa réaction. Nous convenons que l'évènement devra être repris le plus tôt possible avec l'infirmière.
Plusieurs témoins ont vu le garçon dévaler la rue du lycée. Aux dernières nouvelles, il aurait pris la porte de Bagnolet, puis le périphérique. Peut-être qu'il continue de tourner aujourd'hui.
Ses parents vont peut-être porter plainte pour « incitation à la débauche » ou « tentative d'homicide religieux par préservatif ». Je me suis dit que je contre-attaquerais pour « satanisation abusive de pulsions naturelles»...
Publié par didurban à 09:49:36 dans Prévention | Commentaires (33) | Permaliens
Depuis le 09-11-2006 :
87151 visiteurs
Depuis le début du mois :
1785 visiteurs
Billets :
109 billets
Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com
La Blablathèque