Publié par didurban à 12:06:51 dans Prévention | Commentaires (10) | Permaliens
La circoncision qui consiste en l'ablation totale ou partielle du prépuce, en laissant le gland du pénis à découvert, est souvent source de débats dans
les classes. En effet, l'acte vient très souvent illustrer une appartenance
communautaire de plus en plus revendiquée par les jeunes. Il y a les circoncis
et les autres. Mais au sein de la grande famille des chauves, il convient de ne
pas mélanger les scalps. En effet, il vaut mieux éviter d'associer le circoncis
musulman et le circoncis juif, le circoncis chrétien et le circoncis athée pour
cause de phimosis (incapacité de rétraction du prépuce derrière le gland). Mélanger tout ce petit
monde des mutilés du prépuce, c'est risquer la guerre de religions. Mettre tout
le monde dans le même sac ou préservatif, c'est risquer le bûcher. Autrement
dit, ce n'est pas parce qu'on a le même gland, qu'on va sucrer les mêmes
fraises après le passage du Styx.
La circoncision est pratiquée depuis la préhistoire. Si on imagine le type en train de se faire taillader le bout à grand coup de silex, on se dit que même le plus têtu des agnostiques devait finir par se convertir... On estime que la circoncision concerne aujourd'hui plus d'un tiers de la population masculine mondiale. Elle est essentiellement pratiquée pour des motifs culturels et religieux, mais aussi thérapeutiques et en prévention de certaines affections. On raconte à ce sujet beaucoup de conneries aux gamins car nombreux pensent qu'une fois circoncis, le pénis a une meilleure hygiène... Et pourtant c'est très facile d'apprendre aux enfants à se nettoyer correctement le sexe en le décalottant sous la douche. Ayant deux fils, je suis bien placé pour le savoir. Pour minimiser l'impact de la religion ou la dimension culturelle, on ne parle que d'hygiène. Une fois de plus, l'intégrisme communautaire avance masqué. Ce n'est pas nouveau.
La circoncision pose pour certains un problème d'éthique en raison du caractère barbare de cette mutilation du sexe et même sur Wikipédia, le sujet y a subi récemment une guerre d'édition... C'est dire si le sujet, au propre comme au figuré, est sensible... J'évite de provoquer le débat avec les jeunes, car le formatage familial est tel qu'il est inconcevable de remettre en cause la circoncision sous peine de se voir taxé de xénophobe, raciste et impur. Pourtant, personnellement, je ne peux m'empêcher de l'associer à l'excision, autre forme de mutilation génitale. A quand une banderole « Touches pas à mon gland » dans les manifs anars ou une place réservée dans les bus, avec les personnes âgées et les femmes enceintes, aux mutilés des religions.
Mais il y a quand même du bon, pas seulement dans le cochon, mais aussi dans la
circoncision. Celle-ci, en supprimant le prépuce, entraîne une kératinisation
de l'épithélium du gland et une diminution relative de sa sensibilité compte
tenu de l'épaississement de la peau. Du coup, selon une étude franco sud-africaine exposée le 26 juillet
2005 à la troisième conférence sur les mécanismes de l'infection par le virus du sida, les hommes circoncis auraient une probabilité « jusqu'à 65% » moindre de contracter le virus du SIDA. Ces données ont été confirmées par deux autres études africaines montrant une diminution de près de la moitié de la contamination chez les circoncis. Il a été souligné que la circoncision ne protège pas complètement contre le virus du SIDA et qu'elle ne doit pas remplacer les autres méthodes de prévention mais venir en complément. (étude source Wikipédia)
Aussi, dans les classes, j'aborde ce sujet en marchant sur des œufs, sans mauvais jeu de mot... Je me souviens m'être un peu enflammé dans une classe et de nombreux garçons circoncis, avaient sauté de joie à l'annonce de
cette étude en clamant haut et fort qu'Allah les aidaient bien, même dans leur
sexualité... Autrement dit, l'idée de se passer de capotes suintait à travers les
slips. Il en faut peu pour que les mecs délaissent les préservatifs et une étude parlant de 65% de diminution des risques tombe à pic. Voilà un fantastique argument publicitaire pour aider tous les crapauds de bénitiers à fourguer leur signe de reconnaissance et commencer à aiguiser leurs couteaux. L'hypocrisie ultime consiste alors à ne parler que de protection du SIDA et surtout pas de rapports sexuels.
Du coup, je me dis que c'est mieux de ne pas en parler. Tout simplement parce que le message est une fois de plus brouillé : « je n'entends que ce qui m'arrange bien ». Et si ce sont les élèves qui me questionnent sur cette étude, je minimise les chiffres afin de privilégier la protection en latex et non l'armure spirituelle. Certains diront que je mens. Moi, je répondrais tout simplement que je ne dis pas tout. Pour éviter le pire. La circoncision avec circonspection...
Publié par didurban à 10:40:40 dans Prévention | Commentaires (21) | Permaliens
Depuis quelques temps, je préfère passer plus de temps avec
les ados sur la manière d'établir une relation, plutôt que sur les différentes
pratiques sexuelles et les risques encourus. De toutes façons, pour un bon
nombre d'entre eux, à 15-16 ans, le premier rapport n'est que fantasmé et s'ils
pratiquent la sodomie ou le cunnilingus, c'est uniquement sur Playstation ou
XBox. Les ados reconnaissent être saturés d'images à caractère pornographique. À
la télé, sur le net, sur leurs portables, dans les rues, les images de cul sont
légions. Mais finalement, on leur parle peu de la relation, de la rencontre,
des divers sentiments qui animent le cerveau, des diverses hormones qui
électrisent les synapses, quand on passe en quelques minutes de l'excitation à l'angoisse
de mal faire, du fantasme à la réalité, du corps habillé à la nudité, du
sourire Email Diamant à l'haleine de cendrier... J'ai trouvé sur un site éducatif
québécois, un outil intéressant qui incite à la réflexion, nommé la règle des trois
C et définie comme suit :
- Connaître ses propres limites, évaluer ses envies, ses
désirs.
- les Communiquer à l'autre.
- s'assurer du Consentement mutuel.
La notion de limites est souvent très floue. Jusqu'où sommes-nous
prêt à aller par amour pour un partenaire ? Dans la sexualité comme dans le
partage du quotidien. Dans la relation, les pressions sont multiples, les
rapports de force incontournables. La jalousie, dictature qu'on travestie avec
la robe immaculée de l'Amour, sert souvent de prétexte à une main mise sur l'emploi
du temps de l'autre. Très tôt, les ados subissent les enjeux de la vie de
couple sans s'y être préparés et nombreuses sont les relations conflictuelles.
C'est toujours fascinant de les voir prendre à leur compte ce sujet sur les
limites, car les débats ne manquent pas. Mais tout le monde n'a pas la même
définition des limites, le même degré de protection de son intimité...
A ce sujet, hier, j'étais dans un CFA restauration
hôtellerie, avec des futurs serveurs et serveuses, âgés de 18-19 ans. La
plupart avaient connu toutes sortes d'orientations foireuses ou d'impasses existentielles
avant d'échouer ici. Deux filles et une quinzaine de garçons s'y partageaient
l'espace. Partager n'est pas forcément le mot, car dès l'arrivée en classe, la
bataille a fait rage pour s'asseoir à côté des deux jeunes filles, habillées,
premières chaleurs obligent, très légèrement. Les deux vainqueurs ont tout de
suite abhorrés le faciès fier du mâle, chef de meute, qui a pris l'ascendant
sur le reste du troupeau, doublé d'une option pour les travaux pratiques. Comme
pour mieux signifier leur victoire, les deux coqs ont tout de suite posé leurs
mains, l'un sur l'épaule, l'autre sur la cuisse de leurs voisines de classe. Puisque
c'était le sujet, je leur ai demandé de se tenir correctement afin d'établir
tout de suite des limites...
Comme je leur parlait de la règle des trois « C »,
une des deux filles, me jette d'un regard malicieux un : « Cul, Couilles,
Clitoris », clamé comme un slogan de 68, capable à lui tout seul de faire
imploser St Nicolas du Chardonnet, un dimanche de Pâques. Aussitôt la classe a exulté,
frappé du poing sur la table, s'est astiqué les zygomatiques à défaut d'autres
choses.
J'ai réprimé un sourire et lui ai rétorqué que c'était aussi
une façon de voir les choses mais que, comme entrée en la matière, j'avais dans
l'idée d'élever un peu le débat. Pour le reste, la bagatelle, nous y
reviendrions au dessert. Le garçon à côté d'elle en a profité pour lui passer
la main entre les cuisses. La fille a pouffé, s'est tortillée un peu et lui a fait
un clin d'œil l'invitant à aller plus loin. L'autre couple s'affairait lui
aussi. J'ai surpris dans la même seconde le garçon en train de nettoyer
l'oreille de sa compagne à grand coup de langue, la main gauche dessinant des
courbes autour d'un sein. Je me suis dis que si les autres s'énervaient aussi,
l'intervention risquait de virer au Gang Bang...
Heureusement, l'heure de la pause cigarette vint à mon
secours. Je réussis à retenir une des deux jeunes filles, celle qui m'avait
donné sa propre définition de la règle des
- Ça ne te gêne pas de te faire tripoter par un élève en
plein cours.
- C'est rien, ça, monsieur, ça passe le temps.
- Tu ne t'es pas posé la question de savoir si ça pouvait
gêner d'autres personnes de la classe ? Si ça pouvait me gêner ? Puisqu'on
parlait tout à l'heure de limites, tu sais qu'on ne peut pas faire tout et
n'importe quoi en société, en cours ? Qu'il y a un cadre, des lois ?
- Mais je les emmerde moi, les autres. Il me met juste la
main sur la cuisse. Et puis, lui, je le connais. Je sais qu'il sait s'arrêter.
- Si je te demande de garder des distances pour la seconde
partie, ça te convient.
- Oui, c'est bon, d'accord.
Elle est sortie en tortillant du popotin, tout en me jetant
un regard qui aurait pu faire la couverture de FHM.
Elle n'est jamais revenue pour la seconde partie de l'intervention. Son voisin, non plus d'ailleurs. A entendre les allusions des autres, j'ai compris qu'ils étaient passés aux travaux pratiques, en train de s'échanger quelques chlamydias aux toilettes. Je n'ai même pas eu le temps de leur distribuer des capotes...
Publié par didurban à 14:50:17 dans Prévention | Commentaires (13) | Permaliens
C'est les vacances scolaires et les lycées se sont vidés. Les CPE et les profs prennent un repos bien mérité. En ce qui me concerne, je suis donc au chômage technique. Mais j'ai gardé quelques tranches de vie en stock pour les périodes creuses.
- « Monsieur, vous avez parlé des violences physiques
mais aussi psychologiques. Comment
peuvent-elles se traduirent ? »
- « L'intimidation, la contrainte, la jalousie trop
importante, l'isolement... tout ce que peut mettre en place, consciemment ou
inconsciemment, le partenaire pour exercer un emprise sur l'autre. »
- « Mon copain ne veut plus que je vois mes amis. Surtout
mon meilleur copain, mon ami d'enfance. Il est très jaloux. Il ne veut pas que
je sorte sans lui. Je ne peux pas en parler avec mes copines car elles le
trouve tellement sympa, qu'elles m'envient et ne comprennent pas que je me plaigne. »
Séduire les copines et se présenter en martyr plus qu'en
bourreau, c'est le modus operandi de tous les hommes violents. Certes, le type
n'a que 18 ans mais visiblement, il maîtrise déjà la technique.
- « Il a déjà été violent avec toi. »
- « Non... Heu, une fois, il m'a poussé contre les portes
de l'ascenseur. Le jour où je lui ai dit que je n'étais plus vierge. Il m'a
accusé de lui avoir menti au début de notre relation. Moi, je n'avais rien
dit. »
- « Tu l'aimes ce garçon ? »
Elle me dit qu'elle n'est plus très sûre. Qu'elle a surtout
peur de le provoquer, de lui dire. Elle craint sa réaction.
Je lui répète qu'elle n'a que 17 ans. Qu'on ne construit pas
une relation sur la peur. Qu'elle doit lui parler. Essayer. J'ai un peu la
sensation d'être un de ces généraux de cavalerie qui envoyait ses hussards à la
mort tout en sirotant une fine agrémentée d'un cigare. J'anticipe un peu le
vent du boulet qui risque de la couper en deux.
Doucement, son visage se ferme. Ses épaules s'affaissent et des sanglots la secouent. Elle pleure. De grosses larmes de tristesse mais aussi de peur. J'hésite à la prendre dans mes bras car d'autres élèves scrutent de loin notre discussion et je crains les quolibets et les sous-entendus. Je lui pose la main sur l'épaule et lui propose de venir à l'infirmerie. Elle se reprend, respire un grand coup, refuse, prend congé, le tout en deux mots et quelques secondes. Je suis mal à l'aise. Je sens bien qu'elle ne dira rien, qu'elle craint pour son intégrité physique, qu'elle va subir la relation. Je ne peux rien y faire. Pour éviter d'être submergé car j'embraye sur une autre classe, je me durci. Comme un gland.
Publié par didurban à 14:59:10 dans Prévention | Commentaires (4) | Permaliens
La loi sur l'âge du consentement sexuel fait toujours couler beaucoup d'encre dans les classes. Nombreux sont ceux qui sont limite dans le choix de leurs partenaires et craignent un détournement de mineur, le tout largement amplifié par les rumeurs de plaintes abouties ou non dans les quartiers. Cette fois je leur parle aussi de la notion d'autorité qui fait passer l'âge du consentement sexuel de 15 à 18 ans en cas de rapport « hiérarchique » entre les deux partenaires. Je leur donne l'exemple du prof et de l'élève. Je sens aussitôt une légère excitation. Des regards rieurs et complices sont échangés. Il y a anguille sous roche, lézard sur pierre, voire boa sous braguettes. A mon visage un rien interrogateur, un élève finit par lâcher qu'une prof aurait eu des relations sexuelles avec un élève de l'internat et que depuis elle aurait été virée. Tout le monde se marre et les superlatifs sur elle pleuvent : « bonne », « bien roulée », « chaudasse ». Les gestes, eux, sont sans équivoque... Visiblement, les prétendants étaient légions. Beaucoup ont en mémoire une Mrs Robinson avec qui nous aurions adoré être déniaisé. Je me souviens de cette prof d'histoire-géo aux décolletés vertigineux qui a accompagné mes premières expériences onanistes. Combien de nuits ai-je rêvé qu'elle jetait son dévolu sur moi et m'entraînait pour des cours de rattrapage le samedi chez elle ? C'est peut-être pour cette raison que je n'ai obtenu que 2/20 dans cette matière au bac. J'attends toujours les cours de soutien.
A la cantine, je décide d'en parler avec le responsable
pédagogique des apprentis. Il semble gêné : - « ah ! Ils vous en
ont parlé. J'avais bien dit à la direction qu'il fallait dégoupiller cette
histoire et passer dans les classes pour éviter que la rumeur enfle... »
Son collègue reprend : « on ne pense pas qu'il y
ait eu rapports. Mais cette prof était trop dans l'affectif avec les élèves.
Elle était jeune et a voulu s'attirer les sympathies. Elle a manqué de distances. »
-« était ? »
-« oui, elle est partie. Elle a posé sa
démission. »
-« ceci dit elle racontait beaucoup de choses trop
personnelles aux élèves. Elle leur avait dit que l'été, elle aimait se baigner
nue dans un lac. Et puis certains connaissaient même sa manière de s'épiler au
niveau du maillot... Et ils avaient l'air vraiment sûr de leur fait »
La décision d'en reparler à la direction et d'informer
toutes les classes sur le départ volontaire de la prof a été adoptée entre le
poulet frites et la vache-qui-rit.
Cette décision n'était pas facile à prendre car le responsable me rappelle le caractère confessionnel du lycée-CFA. Nous sommes chez les cathos, à tendance Chartreux face aux évènements dérangeants. Moi, je me dis que les ablutions étant un moyen d'expiation pour les petits péchés, la « prof-qui-se-baignait-nue-dans-le-lac » devrait être pardonnée. De toutes façons, et quoique en dise cette vieille carne de Benoît XVI, elle a déjà été canonisée par les élèves.
Publié par didurban à 10:13:28 dans Prévention | Commentaires (3) | Permaliens
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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com
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