Publié par didurban à 11:11:42 dans Action | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par didurban à 16:03:34 dans Action | Commentaires (8) | Permaliens
Publié par didurban à 11:54:53 dans Action | Commentaires (1) | Permaliens
Qui a dit que dans ce pays, il n'y avait que des salauds de
droite, planqués derrière le concept de l'immigration positive pour mieux
assumer ce racisme ordinaire empreint de pétainisme qui les caractérise ? Hein,
qui l'a dit ? Quand je suis arrivé au Tribunal Administratif, rue de Jouy
dans le IVe, j'ai reconnu dans la cour centrale une trentaine de visages venus
pour soutenir Mr B. Ému aux larmes, son père, un vieux monsieur à quelques
encablures de la retraite nous aurait presque tous embrassé. Vu de l'extérieur,
ça aurait pu faire mariage, sauf que nous étions plutôt là pour consommer le
divorce entre l'Etat français et les droits de l'homme. Nous avons squatté la
moitié de la salle du tribunal. Les gardiens de la paix qui n'en ont que le nom
avaient tous l'air surpris d'une mobilisation aussi importante. Mr B. fatigué,
a refusé nos sandwichs, l'estomac tordu par la bile et l'enjeu. On a patienté
en prêtant l'oreille aux plaidoiries des avocats des autres déférés. Nous avons
écouté la triste litanie de ces gens partis d'ailleurs parce qu'ils rêvaient
d'ici et qu'un coup de botte va renvoyer là-bas. Cette fois, nous n'étions pas
spectateur au Théâtre du Soleil, mais bien confronté à des vraies tranches de
vie de migrants, dans toute leur tragédie. "On joue sa vie comme on joue
au flipper", chantait Téléphone. Les types à la barre, eux, ils venaient
de prendre un sérieux coup de bumpers et d'une belle fourchette juridique,
Les deux chinois avant Mr B. étaient seuls au monde et ils le seront probablement encore plus dans leur pays qui s'apprête à recevoir la crème de la diplomatie internationale au moment de la plus grande bouffonnerie sportive de tous les temps. Une traductrice leur restitue à l'oreille la teneur des débats entre l'avocat et le représentant de la préfecture, un homme à la chemise blanche aux rayures saumon, que nous ne verront que de dos. Le représentant de la pref', c'est Mr Verdier. Je donne son nom, histoire qu'il reste une trace écrite de ses forfaitures quelque part, juste au cas où les FFI reviendraient. Il a le même patronyme que le pire de mes voisins, celui qui ne supporte pas qu'on se gare sur sa place de parking. Et ben Mr Verdier de la pref', il ne supporte pas que des étrangers viennent s'installer sur le sol qui lui est réservé. Alors plutôt que poser sa démission, il fait son travail, sans entrain certes, mais froidement, cliniquement. Il ne ressemble à rien ce petit fonctionnaire collabo, qui à défaut de remplir des trains, réserve des places de charters, en queue d'appareil, près du réservoir à merde.
L'avocate de Mr B. est minable. Elle n'arrive pas à
enchaîner deux phrases sans chercher ses mots, parle d'un magasin à Montreuil
au lieu de Bagnolet, appelle son client Mr A. au lieu de Mr B.... Elle est empruntée,
faussement concernée maintenant que le chèque est touché. Le Papon local reste
stoïque. Il a trente militants, cinq membres de la famille, un bébé qui tête
son biberon dans son dos et pourtant, comme il lirait la notice d'une étagère
Ikéa, il énumère administrativement les motivations de son bon coup de balai
vers
Monsieur P.
Professeur des écoles
Paris, le 14 juin 2008
à Monsieur Michel Gaudin
Préfet de police
Objet: Affaire B. n° étranger 9303xxxxxx retenu au centre de rétention de Vincennes
Monsieur le Préfet de Police,
je suis l'instituteur de S., la fille de Monsieur B. et je me permets de solliciter votre haute bienveillance pour l'affaire citée ci-dessus. S. est une élève très bien intégrée à la classe que j'ai le plaisir de diriger cette année et elle a de très bonnes relations avec ses camarades. Elle est, à titre d'exemple, souvent invitée aux anniversaires de ses amies. S. vit très mal la situation qu'elle ne comprend d'ailleurs pas. S. qui est une bonne élève, calme, appliquée et sérieuse ne peut quitter son univers auquel elle est attachée et qui est toute sa vie.
Les autres élèves de la classe ne saisissent pas, non, plus l'état de tristesse dans lequel S. se trouve. Ils ne savent que faire pour la soutenir. Il est difficile, pour un maître d'école de travailler avec un tel poids affectif, voire d'expliquer à des élèves si jeunes une situation aussi éprouvante... On ne peut la laisser s'installer dans la classe parce qu'elle perturbe les apprentissages de tous. Ainsi, nous ne pouvons concevoir que S. perde ses repères familiaux.
En sachant que vous ferez tout votre possible pour aider cette famille, très intégrée, je le rappelle, je vous prie, Monsieur le Préfet de Police de croire en l'expression de ma très haute considération.
Les dés étant jetés, seule une poignée ont poireauté jusqu'à 17h30 pour la décision du juge. Moi, j'avais du taf. Je suis parti un rien pessimiste. J'ai serré la main de la femme de Mr B. sans trop la regarder, car j'avais les larmes aux yeux. Elle m'a remercié.
Et puis, en fin d'après-midi, la nouvelle est tombée: Mr B. était libre et son avis de reconduite à la frontière était annulé !!! Franchement, j'étais fier de nous et pour une fois, pas mécontent d'être français. Verdier, j'ai un dernier message pour toi : tu fais vraiment un métier d'enfoiré.
Publié par didurban à 11:35:45 dans Action | Commentaires (14) | Permaliens
Mr B. est au centre de rétention de Vincennes. Ses 4 enfants et sa femme passeront le week-end sans lui. Pendant que les footeux s'enivreront à la bière devant France-Pay-bas, Mr B. trinquera avec ses compagnons de misère en buvant l'eau de la cuvette des toilettes. Le résultat du match de ce soir n'y changera rien, Mr B. se retrouvera lundi devant le Tribunal Administratif qui décidera si lui et sa famille doivent dégager en Tunisie, un pays que les enfants ne connaissent qu'en carte postale. Lundi, on sera une fois de plus au tribunal, pour signifier notre désaccord avec cette politique du désastre et apporter un peu de chaleur humaine dans un prétoir froid et implacable. On essayera de sourire à Mr B., de sensibiliser celui ou celle qui posera dans la balance de la justice le destin de toute une famille, de motiver l'avocate qui part perdante. Puis, peut-être qu'à la sortie, on se congratulera et qu'on repartira plus forts, plus heureux d'être humain, d'être bien vivant. Ou peut-être qu'on filera vers Roissy ou Orly pour tenter de mobiliser les passagers en tongs d'un avion à destination de Djerba ou Tunis que leurs vacances peuvent être légèrement repoussées, qu'elles en seront encore plus bonnes parce que marquées du sceau de l'héroïsme, que le souvenir de leur refus de décoller sera plus fort à raconter que les soirées barbecue ou la balade en chameau, que la solidarité a aussi ses charters. Peut-être qu'on rentrera tous chez nous, la tête baissée et que j'expliquerais à mon fils que sa copine de 9 ans, est repartie dans un pays dont elle ne parle pas la langue, juste parce qu' " on ne peut pas accueillir toute la misère du monde " ou " la France au français ". Je lui montrerai alors une photo de Mr Hortefeux, histoire qu'il n'oublie pas, que sa génération aussi, à eu son Papon.
Publié par didurban à 11:32:30 dans Action | Commentaires (19) | Permaliens
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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com
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