Il est plutôt agité, secoué de drôle de tics, déclenchant un remontée d'épaule peu esthétique, façon Le Quesnoy dans "la vie est un long fleuve tranquille". Il parle vite, bafouille un peu. Sur l'homosexualité, il a une opinion très tranchée : il ne comprend pas. Il n'a pas envie de comprendre. Pêle-mêle, il justifie son point de vue en associant des arguments religieux (Dieu a créé l'homme et la femme), esthétiques (c'est moche deux hommes qui s'embrassent), l'obligation de procréer, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, l'image insupportable d'un sexe pénétrant un anus... Il en fait beaucoup. Presque trop.
- « M'sieur. Je me souviens
d'une fois, gare de Lyon, on avait croisé un type avec un chapeau à
A la fin de l'animation, il passe à côté de moi et me remercie. Je lui signale qu'il n'est pas obligé de frapper toutes les personnes s'habillant différemment de lui... Il me répond qu'il a exagéré l'histoire, que ce n'était pas vrai. Qu'il l'avait raconté juste comme ça, pour rigoler.
- Pourquoi, alors ? Quel
intérêt ? Tu avais quelque chose à prouver aux autres ?
- J'sais pas, moi. Ses yeux fuient
les miens.
- Tiens, c'est le numéro de la ligne
Azur. Si tu as de questions sur tout ce qui touche les orientations sexuelles...
C'est gratuit et anonyme, bien sur.
- Mais j'ai pas de problème, moi. Néanmoins,
il glisse la carte dans sa poche.
- Personne ne t'a parlé de problème.
Tu posais des tas de questions sur l'homosexualité tout à l'heure. Je n'ai pas
eu le temps de répondre à toutes mais eux, peuvent le faire. C'est tout.
- Ah, ok. Merci.
Ligne Azur : 0810 20 30 40 du lundi au samedi de 17h à 21h ou http://www.ligneazur.org
Publié par didurban à 10:08:01 dans Prévention | Commentaires (4) | Permaliens
kenna - say goodbye to love
Hier soir, j'ai regardé "sa raison d'être" sur Rance 2... C'était la deuxième partie d'une pseudo saga sur les "années sida". Quoique maladroit parfois, le téléfilm m'a tout de même ému, parce qu'il m'a téléporté dans le passé. L'accompagnement de fin de vie d'un des héros, que ses amis euthanasient devant la finale de la coupe du monde de 98 (!!), a inévitablement ouvert le tiroir des mauvais souvenirs dans ma mémoire. J'ai revu tous ceux, adultes et enfants, que nous avions soutenus dans leur dernier combat contre la maladie...
Et puis en tentant de trouver le sommeil, je me suis dit qu'une fois de plus, la fiction avait servi la soupe aux idées reçues. Les seuls mecs séropos du film ont été contaminés soit par transfusion pour l'hétéro, soit par relation sexuelle non protégée pour l'homo.... Autrement dit, toujours pas de type hétéro séropositif contaminé par voie sexuelle... L'air de rien, on continue de faire croire que ceux-ci ne sont pas touchés par cette maladie. Dans les lycées, les jeunes ne manquent pas de me le signifier, comme pour mieux se dédouaner et reporter leur vindicte sur les pédés et les femmes... Il y a 25 ans, on en était là.
Vu qu'il est difficile d'obtenir le témoignage à visage découvert des hommes hétérosexuels vivant avec le VIH/sida, il me semble qu'on aurait dû profiter de la fiction pour montrer qu'ils existent bien. Dommage, parce que bien souvent ils se cachent, refusant d'aborder le sujet, vivant dans le déni, n'ayant pas de revendications particulières, ni de volonté de se fédérer. En général, ils ne tiennent pas à associer leur souffrance à celle des homos et se montrent très peu dans les associations. Pour une fois, ils se seraient peut-être identifiés, sentis reconnus...
Il y a bien quelques associations comme Migrants contre le sida ou Sol En Si, qui soutiennent les familles touchées. Mais là encore, le mâle se fait arbre dans la forêt familiale. Quid du chasseur isolé ? Du célibataire plombé ?... Sa raison d'être, à lui, c'est de ne pas être, justement. Alors, on en parle peu et surtout on le situe géographiquement loin, en Afrique ou dans les pays de l'Est... On se rassure comme on peut.
PS : Au passage, dans le film, j'ai revu les images de la manif anti-PACS avec Christine Boutin en fer de lance... On devrait interdire tant de laideur à la télé.
Publié par didurban à 09:43:11 dans Action | Commentaires (3) | Permaliens
Ce matin, je me suis retrouvé au cœur de l'actualité. "Embeded" comme on dit dans les conflits pétroliers. En effet, je devais intervenir au Lycée Gustave Eiffel à Gagny, établissement dont vous n'avez pas finit d'entendre parler.
Les faits remontent à samedi dernier alors qu'un blocus pacifique tentait de rappeler à nos gouvernants (plus près de leur Falcone privé que du RER E) que les suppressions de poste dans l'Education Nationale et plus particulièrement dans leur lycée, pénaliseraient une fois de plus les élèves. Face à ce rassemblement de jeunes faisant l'apprentissage de la citoyenneté comme le dira si bien le proviseur, les CRS ont chargé, lacrymogénisé et flashballé, histoire de se dégourdir un peu en profitant de ce climat d'impunité dont ils jouissent depuis l'arrivée au pouvoir de machin. J'ai trouvé un lycée en émoi, le personnel choqué, les élèves mobilisés et pas du tout prêts à disserter sur le sida. Le virus qui a salement contaminé leur existence a pour nom « Etat Policier » et la seule thérapie qui existe pour le contrer, c'est de manifester.
On y est. A défaut de pouvoir relancer la machine à billet, on tape sur les gamins. Grossier stratagème de celui qui n'existe, aux yeux des fans de Navarro, que comme le terminateur de la chienlit...
Je vous livre ici l'adresse du blog du lycée http://bavures-a-gustave.skyrock.com/ pour en savoir plus. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve que ça fleure bon l'anniversaire. On va souffler sur les braises du côté du quartier latin, histoire d'activer le référendum. Histoire de virer machin.
Publié par didurban à 21:45:30 dans Action | Commentaires (4) | Permaliens
Le tarbessadu ne convient pas à tout le monde. En effet, il n'est pas barbu donc pas exportable sur les terres de Mahomet. Il faudrait remplacer le cochon et éliminer l'alcool... Curieusement, même si j'essaye toujours de faire l'effort d'intégrer les subtilités culturelles de mes interlocuteurs, j'ai du mal à éviter la critique vis à vis des guérisseurs, marabouts et autres charlatans qui contribuent au développement de l'épidémie. En son temps, Dieu garde son âme et laisse moi la mienne comme disait Desproges, Jean-Paul 2 s'érigea en chef des manipulateurs lorsqu'il proclamait, après sa succion des terres séchées des tarmacs africains, son anus en plastique érigé vers le ciel, que « seul l'abstinence pouvait sauver les Africains »... La fondation Bush (Tiens, un autre charlatan) a d'ailleurs repris le flambeau en ne finançant que les associations qui excluent le préservatif de leur programme de prévention.
A une époque, j'ai animé un atelier
d'aide à la recherche d'emploi, fréquenté exclusivement par des femmes africaines,
séropositives et sans papiers... Autrement dit, tout ce que le français moyen de
droite rêve de fréquenter... D'ailleurs, avec le recul, je me dis que mon salaire
aurait pu me servir pour cantiner si le mec de Carla avait été au Ministère de
L'histoire de ces femmes avait en commun la découverte de leur séropositivité au moment de leur grossesse. Et comme en Guinée, leur ami/mari étaient persuadés que la maladie était le fait de leur femme et non l'inverse. Le vieux coup de la pomme version virale. Certains étaient dans le déni total, quand bien même leur compagne et parfois leurs enfants étaient séropositifs. Aujourd'hui, je me dit que plutôt que leur proposer un café ou un thé, j'aurais dû leur cuisiner un petit tarbessadu bien arrosé...
Publié par didurban à 09:37:35 dans Prévention | Commentaires (5) | Permaliens
Heure H
L'infirmière : - vous verrez, ici,
ils sont très gentils. Ça se passera bien.
H+1mn
Moi : - Bonjour à tous, vous
connaissez le sujet de l'animation ? Oui, la sexualité. Le Sida.
Un garçon à une fille : - Le
sida. Avec tous tes boutons, ça va t'intéresser...
- Ta gueule, sale con.
- Toi, ta gueule sale pute. Je nique
ta mère.
H+2mn
La fille se lève et se rapproche du
garçon.
- Tu ne me fais pas peur, pauvre...(inaudible)
Le garçon se lève, pousse son bureau,
prend une chaise et tape sur la fille.
H+3mn
L'infirmière retient la fille pendant
que nous ceinturons le garçon aux yeux injectés de sang par la colère.
H+5mn
La fille est à l'infirmerie. Le garçon
chez le proviseur.
H+15mn.
La fille s'apprête à partir à l'hôpital
avec sa mère, le pouce cassé.
Le garçon est définitivement exclu.
H+20mn
- Bon nous parlions de quoi au juste ?
Renseignement pris, le cogneur à la chaise vit avec ses frères et soeurs de grandes périodes d'errance, délaissé par leur mère, abandonné par leur père. Lors de la dernière remise de carnet, un type s'est pointé se présentant comme l'oncle du gamin. En fait, c'était un parfait inconnu que la mère avait mandaté pour régler le tout-venant... On vit une époque formidable.
Publié par didurban à 09:44:27 dans La tête à l'envers | Commentaires (5) | Permaliens
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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com
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