Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Incidents à la frontière | 29 mars 2007

Infos. Intox. Récup politico-médiatique. Espace extra-communautaire avec produits Foot Locker détaxés, voire gratuits. Zone de transit pour déjections policières. Emeutes ? Baston ? Rixe ? Charges ou Décharge ? Qu'importe. La réalité, c'est que la Gare du Nord est une frontière. La dernière de l'espace Schengen. Une frontière ultra surveillée. Une frontière entre les riches et les pauvres. La dernière porte sur le ghetto. Une frontière à tourniquets. Que forcément, on a envie de sauter. Juste pour échapper à la grisaille et au merdier.

Publié par didurban à 21:23:47 dans Pensées partagées | Commentaires (4) |

Pas de Nesquick pour Groquick | 29 mars 2007

Sa veste de travail « bleu-auréolée » semble vouloir exploser entre le 3ème et le 4ème bouton. Il est avachi sur sa chaise, la ceinture abdominale détendue par les kebabs, les hamburgers et les sodas des déjeuners adolescents. Il déborde d'énergie. Ce matin, il a du s'engloutir trois sangliers, arrosés de Red Bull. Il fait le show et visiblement le reste de la classe est habitué à ses frasques. Le gros qui fait marrer, on donne dans le cliché. Il est vraiment imposant, d'autant plus qu'il a décidé de s'installer juste devant moi, obligeant sa nuque à des rotations à presque 180° pour vérifier l'impact de ses blagues sur ses camarades. C'est une classe de futurs menuisiers et l'intervention dans l'atelier a un petit coté « réunion syndicale » pour demander une pause turlutte au patron. Ils sont plusieurs a arboré des tee-shirts « Scarface » sous leurs blouses volontairement entrouvertes et sont bien excités. A croire que Tony Montana leur a aussi refiler la poudre qui va avec. Nous abordions les pratiques sexuelles en essayant d'évaluer ensemble les risques de transmission d'IST, quand il est devenu d'un coup plus sérieux :
- « Hé monsieur, c'est quoi le truc que vous avez noté, là, le "cunninligus", cunni j'sais pas quoi »
Un autre élève me prend de vitesse : «  Lorsque le keum y lèche le sexe d'une meuf, ça s'appelle un cunnilingus. »
- « Mais c'est dégueulasse ! Bouffer la chatte, avec le pipi, c'est dégueulasse ! ça se fait pas monsieur. Et puis, ça pue, une chatte.»
Il a l'air vraiment dégoutté, sans en rajouter. Il fait des grands moulinets avec ses bras, se pince le nez et je crains vraiment pour son 3ème bouton. Cinq minutes auparavant, il nous vantait les bienfaits « de la petite pipe qu'il le fait » mais là on venait de dépasser son seuil d'acceptation.
- « Tout à l'heure, tu nous mimais la fellation avec un grand sourire de satisfaction. Et pourtant, il me semble que tu urines aussi avec ton sexe. Dans ce sens là, ça te pose moins de problème ? »
- « C'est pas pareil, monsieur. Je suis circoncis, alors mon sexe, il est toujours propre. Et puis vous imaginez, le keum qui fait un cunni-j'sais-pas-quoi et qui après embrasse sa femme... Où même ses enfants qui rentrent de l'école... C'est dégueulasse. »
Du coup, je me suis mis à penser si cela m'était déjà arrivé... D'embrasser mes enfants le matin, après une ouverture de paupières cunnilinguée juste avant que ce salaud de réveil n'envoie ma douce sous la douche. Je ne pus réprimer un sourire tout en rêvant.
- « Et regardez les gars, vous pensez à quoi, là. Vous, monsieur, vous avez déjà fait des trucs dégueulasses... »
La classe se gausse de son insolence et moi, je leur distribue des préservatifs, tout en fouillant dans le fond de ma mémoire pour retrouver la date anniversaire de mon premier cunnilingus. 

Publié par didurban à 10:02:46 dans Prévention | Commentaires (3) |

Grand écart | 27 mars 2007

Je suis passé de St Denis à Neuilly. De Braouezec à Sarkozy. Du noir ébène au visage pâle. De la verticalité cubique à l'horizontalité architecturée. De la BMW maquillée à la Smart peroxydée. Du Lidl au Monop'. Du bling-bling en dollar à la chaînette en or. Du hip-hop à la pop. De Snoop et Puff Daddy à Benjamin Biolay. Des crânes rasés aux mèches balayées. De la cave à la chambre de bonne. Du " j'te nique " au " on s'appelle ? ". D'un pays en voie de développement à un pays riche. Le tout en 13km dont 9.5km sur autoroutes (soit 14 mn avec une voiture citadine d'après ViaMichelin).

À St Denis, la chatte, on la défonce. À Neuilly, on en rougit. À St Denis, on téléphone et on écoute son lecteur mp3. À Neuilly, on sort son cahier et on écrit en gros, la date et IST. À St Denis, il arrive qu'on bloque religieusement. À Neuilly, on écoute religieusement. À St Denis, on se jette sur le sac de préservatifs. À Neuilly, on les accepte du bout des mains. À St Denis, on n'aime pas trop la sodomie. À Neuilly, on en sourit. À St Denis, on casse du pédé pendant qu'à Neuilly, on se tait. À St Denis comme à Neuilly, des épiciers-pharmaciens font payer la pilule du lendemain aux mineurs. À St Denis, on pense à l'Afrique qui se meure. À Neuilly, on sort son chéquier.

Et pourtant, j'ai fait la même intervention, distribué les mêmes docs et préservatifs. J'ai juste fait le grand écart, entre des jeunes éloignés de seulement 13km et pourtant que tout sépare. Il faudrait le rappeler au (à la) futur(e) président(e) de tous les français...

Publié par didurban à 10:23:15 dans Pensées partagées | Commentaires (2) |

Sucrer la fraise | 24 mars 2007

"Monsieur, il parait que quand on vieillit, le sperme devient de la poudre."

Publié par didurban à 17:57:43 dans Verbatim | Commentaires (0) |

Romano vs Viviane | 23 mars 2007

Hier, dans une classe Electro-tech, j'ai demandé aux élèves d'imaginer un scénario autour d'une rencontre. Ils ont décidé de partir sur un couple hétéro parce que c'est plus « naturel »... Je ne manque pas de leur rappeler que ce qui est naturel pour l'un, ne l'est pas forcément pour l'autre. Cause toujours.
Le garçon, 20 ans, s'appelle Romano. Pour la fille, 18 ans, ils choisissent Viviane. Ils se rencontrent à Auchan, au rayon lingerie. Viviane est en train de choisir un soutien-gorge 95B alors que Romano, lui, s'est perdu. Sacré Romano, il a du confondre rosbeef et soutif. Après une discussion rondement menée (logique avec un 95B) Romano obtient le numéro de portable de Viviane. Il l'appelle le soir même et lui propose un restaurant.
- « Au KFC ! »
- « Non, plus classe. Dans un indien. »
- « Ouais, un indien, c'est classe. »
- « Laisse tomber, ils vont bouffer du pigeon. Il vaut mieux aller au KFC »
- « Non, il l'invite au ciné. Comme ça il lui achète des pop-corn et ça lui revient moins cher.
-« A ce compte là, il propose une balade à La Défense, c'est gratuit »


Après un débat sur l'argent qu'ils sont prêts à dépenser pour draguer une fille (la moyenne se situe à 2-3 euros, le prix d'un kebab), nous choisissons ensemble un restau pas trop cher. Ils boivent un peu. Avec modération. En sortant, il l'a raccompagne car il n'y a plus de bus. En fait, si la banlieue est mal desservie par la RATP la nuit, c'est par civisme. C'est pour relancer la galanterie. Ils arrivent devant chez elle. Elle propose un café. Ils montent et dans l'escalier et ils s'embrassent, se caressent un peu. Hier, ils étaient au rayon lingerie d'Auchan, et là ils s'embrassent goulûment entre deux étages. C'est une affaire bien emballée. Presque trop. Alors, je décide de me mêler un peu du scénario en prenant le rôle de Viviane qui se recoiffe et rajuste son soutien-gorge :
- « Tu sais, je crois que ça va un peu vite. Je préfère qu'on s'arrête là et qu'on se rappelle demain. »
Le tollé est général. Certains élèves se lèvent d'un bond.
-« Quoi, elle nous chauffe à mort. Et il faudrait qu'on parte. Moi, je l'attrape et... » Il mange la suite dans son écharpe.

Je les comprends un peu. Je leur dis que la frustration peut être dur à avaler, que le film qu'ils avaient programmé s'arrête d'un coup, comme un DVD rayé au mauvais endroit, juste avant la grande scène bien « hot ». Mais je rajoute que de toutes façons, ils doivent l'accepter, par respect pour l'autre. Toute autre décision relèverait de l'agression. Eux, ils décident d'insister, de ne pas « lâcher l'affaire ». Ils mettent la pression, la suivent dans l'escalier, continue de la baratiner.
Je leur explique que la fille peut commencer à avoir peur. Après tout, ils se connaissent peu.
- « elle n'avait qu'à pas lui proposer un café. »
- « ouais, c'est avant qu'il faut réfléchir. »
Le mot « taspé » revient dans quelques bouches. Ils sont dans le scénar. En érection ou « en chien », selon.
- «  un café, ça veut dire qu'on est prête à aller plus loin, à faire l'amour ? »

Le débat continue sur le consentement, ses limites, sa durée, la possibilité de le remettre en question à chaque étape. Je me rends compte que peu de garçons laissent aux filles la possibilité de revenir sur leur décision de départ en toute sérénité. Je me dis que parler de la transmission des IST, c'est important mais que ce n'est pas suffisant. L'amour n'est pas uniquement une histoire d'échange de liquides, le rapport à l'autre est primordial. C'est lui qui va déterminer la nature de la relation. Quel fantastique moyen de prévention que le dialogue entre deux êtres qui prennent le temps de s'écouter et surtout d'accepter les désirs de l'autre. Je suis persuadé que l'utilisation ou non du préservatif est lié à l'équilibre de la relation. Un rapport « à l'arrache », accepté sous la pression n'invite pas à la protection, surtout chez des jeunes de 15-20 ans, concentré uniquement sur l'acte lui-même afin d' « assurer un maximum ». Les ados sont obnubilés par la pénétration, et du coup négligent tout ce qui peut la devancer, la préparer. Il faut être rapide et surtout performant. Il faut en retirer le maximum de bénéfices personnels. C'est le libéralisme sauvage adapté à la sexualité. Le CAC 40 du  plumard. D'ailleurs, pour certains, les filles ne sont cotées qu'en bourses. Et surtout pas ailleurs.

Publié par didurban à 10:22:11 dans Prévention | Commentaires (6) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| >>

Tous les derniers titres

Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     

Rechercher

Nb de coïts oculaires

Depuis le 09-11-2006 :
197000 visiteurs
Depuis le début du mois :
2480 visiteurs
Billets :
150 billets

Le Buzz autour du Dr

Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03