Hier soir sur France ô, j'ai vu un reportage sur
l'homosexualité en banlieue. Evry, Grigny, Aulnay... Que des villes que j'ai
appris à connaître, des lycées, des CFA que j'ai fréquenté et des phrases, des
injures, des attitudes, des explications à la mord-moi-le-pitt que j'ai entendues.
Quel courage, il a fallu à ces 4 jeunes, Emir, Mikaël, Brahim et Julia, pour témoigner à visages découverts devant la
caméra, le pire ne venant pas toujours de la bande qui prend racine au pied de
la tour mais parfois d'une mère : « je suis peut-être fatigante,
mais moi je ne me suis pas fait enculer.. »
Cette question de l'orientation sexuelle, je l'aborde
toujours dans mes interventions et immanquablement, elle déclenche les mêmes
réactions.
- « c'est contre-nature. Dieu a fait les hommes pour
aller avec les femmes. » Autrement dit, on a été conçu pour s'emboîter et
surtout procréer. Point barre. Avec cet argument là, le débat est souvent
stérile car la remise en cause de l'existence d'un Dieu tout-puissant et du
Jardin dEden, donc la genèse de l'humanité version couple hétéro, ça ne se
fait pas.
- « les pédés, c'est sale. Ils font honte à la cité, au
groupe »...Aux autres mâles, quoi. Dans le reportage de Mario Morelli, le
témoignage d'Emir est très touchant. Il vire au sublime quand il parle de sa
liberté, de cette homosexualité qui lui a donné des ailes lui permettant de
survoler le merdier et quand il décrit l'enfermement de tous ces machos,
prisonniers de leur rôle de petite frappe hétéro, dépendant du regard du groupe.
Quel courage, il leur a fallu mais en éteignant ma télé, je
n'ai pu m'empêcher d'éprouver de la crainte pour leur intégrité physique. Je me
souviens de ce CFA à St Denis (93) où les apprentis voulaient me tabasser parce
que je « défendais les pédés », parce que j'en étais... Je les avais
simplement invité à réfléchir sur cette question fondamentale :
Choisissons-nous notre sexualité ?...
Publié par didurban à 09:56:22 dans Pensées partagées | Commentaires (18) | Permaliens
Une blonde platine dans la casbah Biyouna
L'année scolaire est en passe de se terminer et c'est l'heure des bilans. Cette année, j'ai ajouté à ma panoplie préventive, le costume d'intervenant en toxicomanie. Ça n'a pas toujours été facile, les élèves ayant des difficultés à parler de pratiques illicites, surtout devant leurs profs ou les infirmières scolaires. Pourtant, j'ai appris que le produit le plus dangereux pour la société, ne se trouve pas sous les bouses de vache mais bien dans les couilles des hommes.
C'est vrai, quel produit peut rendre nerveux ? Agressif ? Quel produit engendre une furieuse envie d'en découdre ? Quel produit provoque des hallucinations visuelles comme « il m'a regardé de travers » ou auditives genre « il m'a traité de tapette » ? Quel produit donne la sensation d'être l'unique, l'élu, le roi du pétrole ? Contraint l'organisme à rouler des épaules, tendre les muscles, relever la tête, fermer les poings, soulever de la fonte, se masturber l'égo devant les miroirs ? Quel produit provoque des gestes incontrôlés comme le doigt ou le bras d'honneur, la tarte dans la gueule ? Quel produit donne l'illusion que son sexe a triplé de volume? Quel produit détruit la matière grise et fait grossir les testicules ? Quel est donc ce produit qui agit à la fois sur le cerveau et les bourses et qui fait qu'on devient un winner ultra-libéral ou un président avide de pouvoir ? Quel est ce produit qui pousse les hommes à s'armer, à se tirer dessus, à violer, à envahir les terres du voisin, à torturer son prochain ?
La coke ? L'héro ? La kétamine ? Le GHB ? L'ecsta ? La skunk ? Le crack ?
Non, ce produit, c'est la testostérone. Cette putain d'hormone mâle, qu'on produit en continue et en toute impunité, qui transforme l'agneau en bourreau... A quand le sticker à coller sur le front : « l'abus de testostérone nuit gravement à la société » ou « Attention ! La testostérone peut tuer ! ».
Publié par didurban à 12:07:49 dans La tête à l'envers | Commentaires (10) | Permaliens
Il leur arrive même, cette mouille, de la confondre avec les règles, le carburant de la meuf. Une fille, c'est comme une bagnole : il suffit de la chauffer un peu, de la démarrer pour quelle accélère et se mette à rouler, à condition que le mec la conduise, la dirige. Pas détats d'âme, d'affects, de désirs... Une fille ça mouille automatiquement à l'approche du mâle, ça n'attend que ça... Comme les scouts, toujours prêtes... à accueillir le membre en érection. Parce que les filles en pincent pour la pénétration, la vraie, pas le petit va-et-vient de pédé comme on dit dans les ateliers. Alors quand une fille se masturbe, c'est dire si elle ne fait pas dans la dentelle, la cajolerie, la caresse, bref l'érotique: elle ne pense qu'à ce pénétrer avec ses doigts et le plus profond possible, violemment... là où la jouissance est certainement la meilleure.
A ce moment là de notre discussion, il me paraît indispensable
de sortir une planche anatomique et de visualiser le sexe féminin. Je demande
un volontaire pour venir le dessiner au tableau. Le plus bavard d'entre eux se
lève immédiatement et s'approche en dodelinant. Il s'applique, la lèvre
supérieure légèrement pincée, à dessiner une chatte, une « schneg »
comme le lui souffle ses copains d'atelier. Il hésite. Combien de lèvres. 2, 3
ou 4 ? La classe est divisée. Ceux qui ont vus, ceux qui ont comptés, ceux qui
devinent, ceux qui fantasment, ceux qui font semblant de dormir pour ne pas
avoir à avouer leur méconnaissance du sexe féminin. Finalement, il opte pour 4,
rassuré par mon approbation de la tête. Puis vient le moment de placer l'organe
suprême du plaisir, cette excroissance féminine qui dérange dans certaines
cultures par son caractère trop phallique, le clitoris. Le geste est gauche
mais le choix correct. La vulve commence à exister là sous nos yeux, elle s'enrichit
même d'un corps... Doucement, au fil des traits, elle s'humanise. D'autant plus
que le petit malin, autant par soucis de véracité que par jouissance de toucher
à l'interdit scolaire, nous rajoute une forêt de poils pubiens, déclenchant les
habituelles gauloiseries sur les Portugaises.
- Merci. Peux-tu nous montrer les zones sensibles, érogènes ?
- Ben quand une fille se masturbe, elle se frotte le fœtus.
Je me retourne vers la classe, attendant une répartie cinglante des autres,
lapidant le pauvre bougre de diatribes, le vexant sur sa méconnaissance de la
gente féminine, le toisant... Rien, un silence de cathédrale étreint la classe,
genre « et si c'était vrai ? ! Après tout, il a l'air d'en connaître un rayon.
»
-Vous êtes tous d'accord ? Une fille peut se caresser le fœtus ? C'est quoi le
fœtus ?
- Heu, c'est pas un bébé ? Une question. Surtout pas une affirmation, on ne
sait jamais.
- Si, le fœtus, c'est le bébé, à l'intérieur de l'utérus de la mère, dans le
ventre de sa mère...
- Oui peut-être mais même s'il y a un bébé dedans, ça n'empêche pas les filles
de se frotter aussi l'utérus... C'est vrai, monsieur, y'en a que ça ne gêne pas,
d'avoir un bébé et de se toucher.
- D'ailleurs, si on nique une femme enceinte, on peut sentir la tête du
bébé, non m'sieur ?
Publié par didurban à 11:23:42 dans Prévention | Commentaires (5) | Permaliens
A. devait 6 mois de loyer. Elle avait dû recevoir une lettre recommandée qu'elle avait classée dans sa poubelle, pratiquant un tri très sélectif avec les diverses administrations qui tentaient de la contacter. Du coup, un huissier avait finit par l'avertir de son passage, un matin. Elle m'avait demandé d'être présent, afin de l'aider à trouver une conciliation, la diplomatie n'étant pas son fort. Nous attendions donc l'assermenté du racket en buvant un café, agrémenté d'un joint bien tassé pour elle. Elle avait sa mine des mauvais jours et l'état de l'appartement ne dépareillait pas. Elle n'avait pas quitté son lit depuis plusieurs semaines et tout était centralisé autour du matelas, véritable radeau de la méduse échoué sur la moquette. Pêle-mêle, on y trouvait la télé, des conditionnements vides de compléments alimentaires, des plateaux repas associatifs à la saveur caritative à peine entamés, des cendriers pleins, des fringues roulés-boulés, des magazines féminins, divers ouvrages sur l'astrologie et la dernière lettre à en-tête qu'elle avait reçue avec le nom de son futur visiteur. J'avais préparé une lettre type pour demander un échéancier de règlement de la dette et j'avais exposer à A. mon plan de bataille. Nous allions faire profil bas, expliquer ses difficultés financières passagères par la maladie, dealer un échéancier et surtout lancer une demande de HLM ou d'appartement thérapeutique en parallèle.
A l'heure prévue, la sonnette nous injecta un coup d'adrénaline et je crois me souvenir avoir entendu son cœur battre comme jamais. J'allais ouvrir. Le type était fidèle aux canons du look dans la profession : lambda. Un regard circulaire lui permis de faire un état des lieux et une petite idée de la situation. A. était resté au lit et en rajoutait un peu. Le type, un rien embarrassé, ne savait pas à qui s'adresser. J'entretenais volontairement le flou sur ma présence au domicile d'A. afin de lui laisser abattre ses premières cartes.
- Vous connaissez les raisons de ma présence chez vous ce matin. Vous n'avez pas répondu aux diverses injonctions de votre propriétaire et je suis mandaté par lui pour faire un état des valeurs mobilières et autre afin de pratiquer, par la suite, une saisie...
Le discours se voulait technique, froid. Son regard évitait le visage émacié d'A. reposant sur un oreiller jaune délavé qui semblait acidulé à côté de son teint diaphane.
Je lui fis ma proposition d'échéancier, pensant qu'il accepterait afin d'éviter tout conflit.
- Monsieur, non seulement je ne sais pas qui vous êtes mais en plus, sachez que je ne suis pas mandaté pour accepter un échéancier. Il faudra voir ça avec mon client.
Et de sortir un calepin et un stylo et de commencer à lister le matos. Le type était plus dur à cuire que prévu...
C'est à ce moment là qu'elle. a choisit d'exploser. Elle a envoyé balader ses draps et s'est levé comme si les ressorts du sommier l'avaient botté au cul, seulement vêtu d'un tee-shirt cachant à peine son sexe.
- Qu'est ce que tu fais connard. Tu notes quoi ? Je suis malade, je ne peux pas bosser. On te propose de régler sur plusieurs mois, alors tu prends et tu te casses...
Je craignais le pire mais je sentais que je n'arrêterais pas le tsunami. Et puis, en avais-je vraiment envie ? Certains corps de métier n'invite pas à la compassion. A. s'est dirigé sur lui, le fixant de son regard, passé en quelques secondes d'absent à révolver. Instinctivement, le type a fait deux pas de côté.
- Je suis séropo, connard. Tu sais ce que ça veut dire. J'ai le sida et je vais crever. Et toi, tu veux me piquer mes meubles et les jouets de mes gamins.
Elle postillonnait sec et le type tentait d'éviter les projectiles de salive en secouant la tête. Au mot "sida", il a avait eu une légère perte d'équilibre. Désormais, il reculait vers la porte d'entrée. Plus il fuyait, plus elle montait en volume. Elle hurlait à présent. Elle pris un verre et prévint :
- Je vais me couper la main et je vais te refiler le "dass", connard. Casses-toi!
Le mec était blême et il cherchait désespérément le bouton "téléportation" sur sa sacoche. Il ouvrit la porte, la main dans le dos pour mieux surveiller la furie et se précipita vers l'ascenseur, appuyant sur le bouton comme s'il était poursuivit par Hannibal Lecter himself. Mais A.. avait décidé de ne pas le lâcher. Elle hurlait dans le couloir et les voisins entrebâillaient leur porte.
- J'ai le sida et je vais tous vous plomber. Vous me faites chier.
L'ascenseur est enfin arrivé et le type a réussit l'exploit de sauter dedans tout en appuyant sur un bouton au hasard. Il tremblait et je n'oublierais jamais l'effroi dans ses yeux. J'ai repensé à cette scène des "Nuits Fauves" où Collard pour défendre son pote attaqué par des skins, se coupent la main en hurlant qu'il a le sida. On venait de se faire un pur remake.
L'ascenseur était parti depuis cinq bonnes minutes et A. hurlait toujours, insultant la porte, le cul à l'air. Je réussis à l'emmener doucement jusqu'à chez elle, non sans me faire un peu bousculer. Je refermais du pied sa porte et au moment où j'allais lui parler du pays, nous fûmes pris d'un fou rire hystérique...
Publié par didurban à 10:33:25 dans Qui finit mal, en général | Commentaires (6) | Permaliens
Hier, à Pantin...
19 casquettes portées sur le haut du crâne. Une nouvelle mode made in banlieue, après la jambe du pantalon remontée, l'« hydrocéphale attitude ». 38 pupilles dilatées fixent un point imaginaire, au-delà de mon corps, du tableau, de la pièce, de la galaxie. 38 tympans vibrent sans traduire au cerveau. 19 corps sont avachis sur les tables. 19 bouches soufflent. 38 mains roulent dans le vide, mimant le geste qui manque. 19 pieds tapotent nerveusement.
- À votre avis, pourquoi on fume, en général ?
- Parce qu'on se fait chier. Y'a rien à faire...
- Bon vous avez fini, m'sieur...
- Pourquoi, vous en avez déjà marre...
- Non, on voudrait juste aller fumer...
Vu qu'on a largement légalisé l'ennui, on pourrait peut-être dépénaliser le cannabis, non ?
Publié par didurban à 14:39:51 dans La tête à l'envers | Commentaires (4) | Permaliens
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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com
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