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En vacances, en tongs et sans capotes… | 29 avril 2007

Sedetegnash negn - Mahmoud Ahmed (Ethiopiques 7)

Publié par didurban à 21:24:45 dans Action | Commentaires (4) |

Travaux pratiques | 27 avril 2007

Depuis quelques temps, je préfère passer plus de temps avec les ados sur la manière d'établir une relation, plutôt que sur les différentes pratiques sexuelles et les risques encourus. De toutes façons, pour un bon nombre d'entre eux, à 15-16 ans, le premier rapport n'est que fantasmé et s'ils pratiquent la sodomie ou le cunnilingus, c'est uniquement sur Playstation ou XBox. Les ados reconnaissent être saturés d'images à caractère pornographique. À la télé, sur le net, sur leurs portables, dans les rues, les images de cul sont légions. Mais finalement, on leur parle peu de la relation, de la rencontre, des divers sentiments qui animent le cerveau, des diverses hormones qui électrisent les synapses, quand on passe en quelques minutes de l'excitation à l'angoisse de mal faire, du fantasme à la réalité, du corps habillé à la nudité, du sourire Email Diamant à l'haleine de cendrier... J'ai trouvé sur un site éducatif québécois, un outil intéressant qui incite à la réflexion, nommé la règle des trois C et définie comme suit :
- Connaître ses propres limites, évaluer ses envies, ses désirs.
- les Communiquer à l'autre.
- s'assurer du Consentement mutuel.

La notion de limites est souvent très floue. Jusqu'où sommes-nous prêt à aller par amour pour un partenaire ? Dans la sexualité comme dans le partage du quotidien. Dans la relation, les pressions sont multiples, les rapports de force incontournables. La jalousie, dictature qu'on travestie avec la robe immaculée de l'Amour, sert souvent de prétexte à une main mise sur l'emploi du temps de l'autre. Très tôt, les ados subissent les enjeux de la vie de couple sans s'y être préparés et nombreuses sont les relations conflictuelles. C'est toujours fascinant de les voir prendre à leur compte ce sujet sur les limites, car les débats ne manquent pas. Mais tout le monde n'a pas la même définition des limites, le même degré de protection de son intimité...

A ce sujet, hier, j'étais dans un CFA restauration hôtellerie, avec des futurs serveurs et serveuses, âgés de 18-19 ans. La plupart avaient connu toutes sortes d'orientations foireuses ou d'impasses existentielles avant d'échouer ici. Deux filles et une quinzaine de garçons s'y partageaient l'espace. Partager n'est pas forcément le mot, car dès l'arrivée en classe, la bataille a fait rage pour s'asseoir à côté des deux jeunes filles, habillées, premières chaleurs obligent, très légèrement. Les deux vainqueurs ont tout de suite abhorrés le faciès fier du mâle, chef de meute, qui a pris l'ascendant sur le reste du troupeau, doublé d'une option pour les travaux pratiques. Comme pour mieux signifier leur victoire, les deux coqs ont tout de suite posé leurs mains, l'un sur l'épaule, l'autre sur la cuisse de leurs voisines de classe. Puisque c'était le sujet, je leur ai demandé de se tenir correctement afin d'établir tout de suite des limites...

Comme je leur parlait de la règle des trois « C », une des deux filles, me jette d'un regard malicieux un : « Cul, Couilles, Clitoris », clamé comme un slogan de 68, capable à lui tout seul de faire imploser St Nicolas du Chardonnet, un dimanche de Pâques. Aussitôt la classe a exulté, frappé du poing sur la table, s'est astiqué les zygomatiques à défaut d'autres choses.

J'ai réprimé un sourire et lui ai rétorqué que c'était aussi une façon de voir les choses mais que, comme entrée en la matière, j'avais dans l'idée d'élever un peu le débat. Pour le reste, la bagatelle, nous y reviendrions au dessert. Le garçon à côté d'elle en a profité pour lui passer la main entre les cuisses. La fille a pouffé, s'est tortillée un peu et lui a fait un clin d'œil l'invitant à aller plus loin. L'autre couple s'affairait lui aussi. J'ai surpris dans la même seconde le garçon en train de nettoyer l'oreille de sa compagne à grand coup de langue, la main gauche dessinant des courbes autour d'un sein. Je me suis dis que si les autres s'énervaient aussi, l'intervention risquait de virer au Gang Bang...

Heureusement, l'heure de la pause cigarette vint à mon secours. Je réussis à retenir une des deux jeunes filles, celle qui m'avait donné sa propre définition de la règle des 3C.
- Ça ne te gêne pas de te faire tripoter par un élève en plein cours.
- C'est rien, ça, monsieur, ça passe le temps.
- Tu ne t'es pas posé la question de savoir si ça pouvait gêner d'autres personnes de la classe ? Si ça pouvait me gêner ? Puisqu'on parlait tout à l'heure de limites, tu sais qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi en société, en cours ? Qu'il y a un cadre, des lois ?
- Mais je les emmerde moi, les autres. Il me met juste la main sur la cuisse. Et puis, lui, je le connais. Je sais qu'il sait s'arrêter.
- Si je te demande de garder des distances pour la seconde partie, ça te convient.
- Oui, c'est bon, d'accord.
Elle est sortie en tortillant du popotin, tout en me jetant un regard qui aurait pu faire la couverture de FHM.

Elle n'est jamais revenue pour la seconde partie de l'intervention. Son voisin, non plus d'ailleurs. A entendre les allusions des autres, j'ai compris qu'ils étaient passés aux travaux pratiques, en train de s'échanger quelques chlamydias aux toilettes. Je n'ai même pas eu le temps de leur distribuer des capotes...

Publié par didurban à 14:50:17 dans Prévention | Commentaires (13) |

Retour d’acide | 25 avril 2007

Au creux de ton bras - Mano Solo

A la demande de mon employeur, j'ai réalisé ce matin ma première séance de prévention sur le thème des conduites addictives. Un rien fébrile, je craignais un peu les questions autour de ma légitimité à faire ce type d'intervention. En gros étais-je un ancien tox qui fait son come-back de cure pour discutailler le bout de chichon avec les élèves. Bien entendu, ils m'ont posé la question. Bien entendu, je leur ai répondu que les expériences personnelles n'étaient pas à l'ordre du jour, que nous n'étions pas un groupe de parole qui se retrouve pour décrocher et que le but de la séance était de réfléchir plus globalement sur les produits psycho-actifs et leur conséquences sur le psychisme, le physique, le quotidien, la relation aux autres... Ils m'ont dit que je parlais bien mais qu'ils voulaient savoir ce que je prenais, question de crédibilité mais aussi à cause de mes paupières encore un peu collées. Alors pendant quelques secondes, je me suis mis à repenser à tous ces univers parallèles que nous avions visité à l'adolescence et longtemps après. Maintes fois, nous avions défié les lois de la gravitation, vivant comme les australiens, la tête à l'envers.

Je n'allais tout de même pas leur raconter cette soirée où nous avions débattu pendant plusieurs heures avec les personnages d'un tableau sur un mur, après avoir pris un acide... Ni la fois où nous avions tremblé toute une nuit dans nos couettes après nous être probablement trompé de champignons, ou de bouse... Ni ces vacances où nous avions touché de l'huile de cannabis, ou cet ecsta que j'avais pris dans un mirador à l'armée et qui m'avait valu plusieurs jours de trou pour avoir déclencher une alerte fictive ... Et ni... Non ça craint trop ! Ni ça non plus d'ailleurs... Je ne pensais pas que le sujet allait me rendre un rien nostalgique sur toutes ces bonnes soirées de défonce. Ceci dit, je pourrais aussi leur parler de ces potes disparus, d'overdose, d'accidents de voitures à cause de l'alcool, du sida... De tous ceux qui ont quelques synapses qui déconnent, ou un physique de petit vieux à 40 ans. Des factures d'orthodentiste pour les chimistes et des devis de chirurgie esthétique pour masquer la couperose apéritive. Finalement, je suis resté « éthique » comme on dit et j'ai respecté la charte de l'intervenant. Pourtant, je suis incapable de relater ce que m'ont dit les élèves. J'étais probablement trop concentré sur mon sujet. Ou bien j'ai eu un retour d'acide...

Publié par didurban à 16:20:53 dans La tête à l'envers | Commentaires (0) |

Condom Blues | 24 avril 2007

Il repose là. Juste à côté de l'oreiller de ma compagne. Posé sur la table de chevet, entre « La vérité sur les cosmétiques bios » et « Le livre noir de la psychanalyse ». Sur son emballage, côté recto, est écrit « Female Condom ». Côté verso, une petite BD explique en 6 points, la manière de le placer. Il attend depuis 6 mois qu'une main habile déchire délicatement son emballage pour participer à nos étreintes. Le problème, c'est qu'il risque d'attendre longtemps, parce que ma copine, elle, ne veut pas en entendre parler, du préservatif féminin. Elle trouve ça moche, difficile à mettre, ridicule... Un vrai tue l'amour. Et pourtant, j'ai essayé tous les arguments...

Carriériste :
- Puisque j'en parle en intervention, je dois l'essayer. J'ai une conscience professionnelle, moi...

Présentateur à « M6 boutique » version orgasmique :
- Comme il est bien lubrifié, intérieur et extérieur, ça permet une meilleure conduction de chaleur. Tu vois, l'anneau extérieur va frotter sur ton clitoris pendant le rapport. C'est un vrai plus produit. On peut avoir plusieurs rapports d'affilée sans l'enlever... Et si tu m'en prends deux, je n'économiserais pas ma sueur.

Garde à vue :
- Une nouvelle expérience, ça donne un peu de piment, ça sort de la routine... Prenons le comme un accessoire... Regarde, l'anneau intérieur s'enlève... Attaches moi avec au radiateur et prends un gros bottin.

Militant :
- Toutes les femmes engagées, de Gisèle Halimi à Fadela Amara, de Rosa Luxemburg à Louise Michel, de Ginette Garcin à Marthe Vilalonga ont essayé ce préservatif qui donne enfin un choix aux femmes dans la prévention des IST et des risques de grossesse, sans avoir à attendre que ces salauds de machos sexistes aient une érection pour mettre leurs préservatifs sur leurs sexes dressés, véritables étendards de leur virilité, donc de leur pouvoir de phallocrates insensibles. Et tu es une femme engagée, oui ou merde ?

Scientifique :
- Il est en Polyuréthane. Avec, nous allons vivre une expérience sexuelle cosmique : on peut toucher enfin à la sexualité du futur. Les frères Bogdanoff en ont parlé. Stephen Hawkins l'a testé dans son travail sur les trous noirs.

Politique :
- Sarkozy est contre.

Politique (bis) :
- Royal ne le quitte plus et Marie George en a toujours un dans le buffet.

Pratique :
- Tu peux le mettre plusieurs heures avant le rapport. Tu le portes sous ta robe, la journée au boulot, comme ça tu t'habitues et ce soir, dès que les gosses dorment, on l'essaye. Génial, non ?

Rien à faire. L'idée d'installer ce sac à sperme dans son sexe la révulse. Cela dit je la comprends un peu. Peu de jeunes filles me le réclament et quand elles en prennent un, c'est plus par bravade vis-à-vis des garçons que pour vraiment l'utiliser.

Mais j'aimerais bien l'essayer. Je ne vais tout de même pas tromper ma nana par obligation professionnelle... « Ce n'est pas de ma faute, monsieur le Juge, c'est dans mon contrat de travail. Regardez, c'est écrit en toute lettre : doit maîtriser tous les outils de prévention... ».

Alors, de temps à autre, je lui fais la poussière pour qu'il brille, espérant qu'un reflet de la lampe de chevet vienne taper dans l'œil de ma compagne et lui donne des idées, des envies. Je vérifie régulièrement la date limite d'utilisation. (2010, ça me laisse un peu de marge). Je parle de lui aux amis qui nous invitent, à la famille, aux commerçants, aux voisins, aux contrôleurs RATP. Je me fais le chantre du préservatif féminin pour qu'il soit présent à nos côtés, qu'il intègre notre quotidien, qu'il ne se sente pas abandonné. Je compte bien l'emmener avec nous cet été. Après tout, il est devenu un peu notre animal domestique. Même si les enfants ne le caressent pas encore. Et en classe, je continue mes démos en faisant croire que je maîtrise l'outil. Un peu comme un bonimenteur de la Foire de Paris qui présente la râpe à carottes et qui ne mange que des sandwichs...

Publié par didurban à 08:51:58 dans Pensées partagées | Commentaires (5) |

Métro Sarko | 20 avril 2007

..."Au nom de quoi, devrions-nous, NOUS, payer nos tickets, accepter les contrôles et baisser la tête quand il y a un casseur ?"...
(Nicolas Sarkozy- discours d'Issy les Moulineaux- mercredi 18 avril 2007)

Sarkozy prend donc le métro. Il voyage probablement sur la ligne 2. Il part de Charles De Gaulle, survole Jaurès, se réfugie sous la banquette à Colonel Fabien, laisse son bicorne à Couronnes... Avant dimanche, il peut encore descendre à Père-Lachaise avant d'atteindre La Nation...

Publié par didurban à 15:33:21 dans Rêve éveillé | Commentaires (3) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Le Buzz autour du Dr

Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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