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Corps | 12 février 2007

Le corps: adoré et rejeté... forme des dieux sculptés et siège de la concupiscence pour beaucoup de croyants monothéistes. Il est surprenant de voir à quel point certains chercheurs spirituels tentent de transcender la conscience du corps au lieu d'habiter celui-ci.

Comment prétendre s'établir dans des 'plans supérieurs de la conscience' alors qu'en général on est incapable d'habiter pleinement son corps et ses sens?

Lorsque j'habite pleinement mon corps, je n'ai aucun besoin de m'occuper l'esprit à chercher des repères, des explications sécurisantes. Je me fais croire que je m'élève sur une montagne alors que mes pieds n'ont pas décollés du sol. Je me fais croire que j'ai besoin de prises pour escalader la montagne (croyances, pratiques, image de soi ou de 'dieu').
Au coeur de mon propre rêve d'élévation, je commence à descendre. Et une fois pleinement sur le sol et donc dans la conscience corporelle, je me réveille et m'aperçois que je n'ai jamais quitté la terre ferme. J'ai seulement rêvé que je la quittais; mais maintenant c'est fini. Je sens la terre sous mes pieds, la terre de la présence sacrée. Je puis alors parler du divin parce que j'en ai la saveur. Il est le sol sur lequel je découvre l'énorme liberté de n'avoir plus de prises à saisir. J'ai les mains grandes ouvertes, je peux faire mille cabrioles. 'Bienheureux les pauvres!'. Je découvre alors que cette terre si ferme est semblable au ciel et que je flotte, libre de mon propre poids. Je ne pèse plus rien. Je suis la nature de l'espace qui m'entoure. Je n'ai pas de passé, pas d'avenir, pas de territoire. Je n'ai rien. Je suis nu. Je suis dépouillé de tout vêtement et identification, vêtu de ciel, JE SUIS DE NE PAS ETRE.

Quand on est pleinement dans la conscience corporelle, on se rend compte que pour l'intelligence du corps, il n'y a ni temps ni espace.
Je m'explique : le corps est toujours dans l'instant car les 5 sens sont de l'ordre de l'instantanéité : je regarde l'arbre, c'est du présent, mais lorsque je me dis que je regarde l'arbre, c'est déjà mon mental, je rentre dans le processus temporel à savoir : 'l'idée que je regarde l'arbre' qui se superpose à la vitesse de l'éclair sur la pure perception du présent.

L'instant, c'est l'éternité, l'intemporalité car bien que toutes sortes de choses se produisent et se sont produites, tout cela se fait à l'intérieur du grand 'ici et maintenant' qui inclut tous les 'temps'.

La pensée, c'est la temporalité, car elle ne rencontre pas le flux de la vie qui est dans l'instant, elle est toujours en retard, elle ne peut saisir qu'un cadavre du réel, une représentation mentalisée du réel et non le réel. Ensuite, pour le corps et les sens, il n'y a pas non plus d'espace, pas d'intérieur ni d'extérieur, car comment puis-je me distinguer de l'arbre puisque le mécanisme mental n'intervient pas au moment de la perception pure? L'oeil n'a aucune possibilité de se distinguer de ce qu'il voit, c'est uniquement lorsque l'idée que 'je regarde l'arbre' émerge que la dualité sujet/objet commence à apparaître! Ceci était un exemple avec le sens de la vue, mais il en va de même avec tous les autres sens du corps. On dit à tort que l'occident est matérialiste, mais c'est faux, il est MENTALISTE. Si l'occident vivait vraiment dans la matière, le corps et la concrétude, les gens venu au monde dans cette culture habiteraient davantage leur corps et vivrait l'instant ! Cependant, ce problème n'est pas propre à l'occident, même si on le retrouve massivement chez nous. Beaucoup d'ascètes cherchent aussi le divin ailleurs que dans leur corps...

En discutant un jour avec un homme que je considère comme ayant atteint un certain niveau de réalisation, je me suis rendu compte à quel point la méconnaissance du corps pouvait encore entraver certaines personnes vivant pourtant d'une authentique spiritualité. Celui-ci me disait : 'mon corps n'est que fioriture, aucune importance...' Je lui parlais des quelques expériences d'unité que j'avais pu vivre et lui disais : quand j'ai vécu le sacré, je sentais intuitivement qu'il s'agissait de quelque chose que je 'connaissais' cellulairement, qui n'a jamais quitté mon corps en quelque sorte. Je pense que c'est le mental qui nous en sépare mais que le corps, lui, baigne dans cette atmosphère lumineuse en permanence. Lui me rétorquait que : ' Benjamin, ce n'est pas dans le corps ni dans le mental mais par-delà l'au-delà du mental plus encore, au sein de ce que tu es en somme. Le corps baigne dans ce qu'est le monde, le mental dans ce qu'est l'univers, le sacré est encore par-delà'. Je lui ai dit que je n'étais pas d'accord, parce que le corps est LIBRE, l'intelligence du corps est reliée à la source sacrée de toute chose... c'est en quelque sorte le psychisme qui dérègle, court-circuite l'unité entre le corps et le spirituel. D'ailleurs le but avoué de l'alchimie n'est-il pas l'édification du 'corps spirituel' (autre terme pour parler de la pierre philosophale)? La méditation nous montre qu'il suffit d'être présent au souffle physique pour entrer dans le mouvement du souffle spirituel qui nous conduit au-delà du temps et de l'espace, là où tout ne forme plus qu'un cyclone divin dont l'oeil qui est au centre est immobile... immobilité qui n'est rien d'autre que la vitesse infinie du mouvement

Publié par Algernon à 12:12:35 dans Le serpent de l'arc-en-ciel | Commentaires (0) |

Bien longtemps | 05 février 2007

Besoin d'un peu de distance, d'une pause.

Aujourd'hui, nouveau point. Lassitude. Solitude toujours, pesante.
Et à nouveau la manip', grossière et insultante. Jalousie, frustration, mesquinerie... jusqu'à l'injure.
Bien sûr, j'ai les armes. Mais à quoi bon ? Ce n'est pas du rire, juste du ricanement.
Nième relance... Jusqu'où ? Pourquoi ?
Sans moi... Simplement.

Envie de douceur, d'écoute, de tendresse... Tu n'es pas là.
Ton souvenir comme un phare dans mon brouillard.
Et cette question lancinante : qui d'autre ?
Sans tes silences et ton pseudo mystère.

Chaque tentative de définition m'éloigne de la vérité. Chaque précision me parait absurde dans son application. Et pourtant envie d'écrire. Dans le vide, pour rien. Pour tenter d'accoucher de la boule que j'ai dans la gorge. Pour démêler le fil de mes pensées.

Publié par Algernon à 12:56:51 dans Le serpent de l'arc-en-ciel | Commentaires (1) |

Histoire de mots | 02 décembre 2006

Trois petits mots
qui vous viennent dans le coeur, subitement, sincèrement...
que vous écrivez au bas d'une histoire,
une histoire que vous avez écrite, qui est ce que vous pensez,
trois petits mots qui font peur, pcq l'autre se sent prisonnier,
trois petits mots qui étaient l'expression de votre ressenti du moment,
juste trois petits mots,
qui n'engagent que celui qui les écrit,
qui n'exigent rien de l'autre, à peine d'être compris,
trois petits mots tout gentils, plein de tendresse,

trois petits mots qui détruisent,
trois petits mots qui vous rejettent un peu,

C'étaient trois petits mots, rien de plus...
Je ne les dirai plus jamais. [Virgile_597]

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Caractéristiques physiques, ethniques, professions, affections diverses, choses, concepts... rien n'échappe au polissage sournois d'une langue qui a désormais peur d'elle-même. de nombreux mots et expressions sont devenus "indécents" et on se demande parfois pourquoi. Même la merde qui s'écoule des fosses septiques devient une "eau usée" dans la bouche de ceux qui n'osent plus appeler un chat un chat. Ce n'est pourtant pas le mot en question qui est gênant puisqu'il est devenu un juron des plus communs. C'est donc son sens premier, ici la merde en tant que matière fécale que nos yeux ne sauraient plus voir.

Parfois c'est le contraire, des mots disparaissent car jugés indignes de rendre compte avec suffisament de noblesse de ce qu'ils sont censés désigner. Ainsi, le rhume banal n'existe plus. Prouesse médicale ? Que nenni, linguistique ! Le moindre atchoum est devenu une affection rhino-pharyngée, de préférence "gris pâle", avec écoulement nasal subséquent. Et si avoir la diarrhée est aujourd'hui méprisable et provoque les moqueries, se taper la turista en vacances ou une gastro-entérite à la rentrée incite à la compassion.

Pourquoi une telle mise à l'index de nombreux termes jugés aujourd'hui indignes d'être prononcés, par ceux qui se posent en garants du bon goût, d'un respect universel imposé par décret, ou de dieu sait quelle attitude jugée par eux plus conforme à notre statut d'humain évolué ? Parce qu'il y a une confusion entre le sens des mots et les intentions de ceux qui les utilisent parfois avec une intention moqueuse, dévalorisante ou injurieuse. Cette exception imbécile devient ensuite la règle, par une sorte de contagion d'idée, et des termes sans connotation désobligeante intrinsèque tombent dans ce domaine d'exclusion. Appeler un nain un nain, s'il n'est pas de jardin, est aujourd'hui considéré comme une insulte. Remarquez que cela ne fonctionne pas avec géant car il n'y a jamais eu d'imbéciles pour traiter les géants de géants avec mépris, on se demande pourquoi !

Alors on édulcore, on tente de trouver des formules qui ne présentent pas (encore) de connotations désobligeantes, mais elles ne peuvent jamais masquer l'hypocrisie de ceux qui préfèrent tordre les mots plutôt que le cou de ceux qui, parfois, s'en servent comme des armes.

Corollaire : l'insulte verbale que certains voudraient voir disparaître, ne disparaît pas, mais se durcit, change de forme, devient plus sournoise ou immédiatement contondante. L'humour, par contre, disparaît, et cela c'est très mauvais signe ! Le manque d'humour est le signe distinctif de toutes les dictatures, alors qu'il fleurit on ne peut mieux dans la résistance.  [C.Thomas]

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« Toi qui aimes faire des listes, m'enjoint ma cousine Marcelle, combien y a-t-il de sentiments ? »
Houla !
La peur, crainte, effroi, frayeur, terreur, angoisse, l'épouvante, l'appréhension, l'inquiétude, la frousse, le pessimisme, l'inquiétude, la mélancolie, le défaitisme, l'alarmisme, doute,
la joie, la liesse, l'allégresse...
- La tigresse lapodéfesse
Arrête, c'est idiot ! Je continue... La satisfaction, le contentement, le bonheur, la jubilation, le plaisir, l'exultation, l'enthousiasme, le délire...
- On y est en plein...
Vas-tu te taire à la fin ! La passion, la surprise, être déconcerté, l'étonnement, la stupéfaction, être ébahi, étonné, stupéfait...
- Pfff (je ne dirai plus rien)
La colère, la susceptibilité, la fureur, le mécontentement, le courroux, l'irritation...
- J'ai rien dit !
Je peux continuer? C'est MA propa ! Je disais quoi?
- rien, juste un peu d'irrit...
Silence (on ne peut plus placer un mot sans être tranquille, c'est un monde, ça), être emporté, violent, la honte, le déshonneur, l'ignominie, l'humiliation, l'infamie...
- l'infamie! Mais c'est trop ! Et je n'ai mérité ni cet excès d'honneur, ni cette indignité.
L'agacement, la correction, le fair play, la décence, l'honnêteté, l'équilibre, le scrupule, la fierté, dédain, orgueil, être hautain, altier, la bonté, bienveillant, humain, compréhensif, indulgent, charitable, la méchanceté, l'hostilité, être mauvais, cruel, sans cœur...Tu ne dis plus rien, là ?
- Non. Désormais me tais.
Le courage, l'énergie, la volonté, la résolution, la poigne, la hardiesse, la témérité, être décidé, être résolu, être entreprenant, aventureux, l'énervement, agacement, l'excès, être excédé, l'impatience...
- Je vous prends tous à témoin, je n'interviens plus.
L'ennui, le tracas, les embêtements, la fatigue, l'empoisonnement, être assommé, être importuné...
- Pas par moi ! Si le silence même m'est interdit !
Étourdi...
- Interdit, j'ai dit. Interdit. !
Inattentif...
- Nullement, je vous suis avec attention.
Écervelé, tête en l'air, hurluberlu, faible, fragile, désarmé, impuissant, prétentieux, crâneur, vaniteux, présomptueux, sage, sensé, avisé, judicieux, prudent, songeur, penseur, rêveur...
- Qui nous révèlera la puissance du rêve, qui donc nous offrira en cadeau somptueux tout à la fois ce vol des oiseaux qui s'élèvent et ce chant si subtil onirique et joyeux !
T'as fini ?
- Vi

Quand je pense que pour 90% de l'humanité souffrante et - pluzoumoins - francophone, ça va se résumer à jélahaine et tébonne toitussais. [Samo]


Publié par Algernon à 19:06:47 dans Le serpent de l'arc-en-ciel | Commentaires (0) |

. | 26 novembre 2006

"C'est bizarre, les cadavres, il n'y a plus personne à l'intérieur." Coppens

Triade, octave. Ensembles et Poincaré.
Tarot. Ne pas se voir en dehors.

Chape de plomb sur les neurones, il est temps que je me repose. La voie est suffisament ouverte pour l'instant.
Travail physique maintenant... Et création.

Publié par Algernon à 02:51:08 dans Le serpent de l'arc-en-ciel | Commentaires (0) |

! | 24 novembre 2006

cerveau déconnecté (quelle part ?) --> une dimension de plus...
le temps : 1 ou 2 dimensions ?

mystiques et autres allumeurs de réverbère, si vous passez par ici... zappez vite :-)))

persiste et signe : une chenille sur le plan

Publié par Algernon à 14:49:40 dans Le serpent de l'arc-en-ciel | Commentaires (0) |

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