4 ans et demi.
Vis dans ma tête avec les autres
Entre les dissonances plastiques
Les photographies qui ne sourient plus
Et les jeux de maux qui ont mal tourné
Comme du lait pendant l'orage.
Sauf mention contraire,
Textes, photographies et autres travaux
Présentés ici m'appartiennent.
Les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d'un monde pluriel qui les expulse.
Jean Cocteau.
L'échappée.
Renversée par le temps dans son bocal de verre, toute de fibres muettes mais de cris dans le corps, dansant avec la crise parmi les cristaux fins, la danseuse échappée a le parfum du soufre. Une gangrène terrible lui dévorant les sangs. L'atroce acidité consumant la rêverie, le reproche. Et puis l'envie. Elle se disperse dans l'encre. Ses mains tordues de crampes, tel le jouet cassé. Des éclats de travers. Enfantine torturée, absorbée par son chancre. Une fille de porcelaine qui volette dans sa boîte sur la pointe des pieds. Danseuse à la migraine prise de spasmes et qui boîte sans plus se relever. Des échos de silence dans le chaud de cette nuit.

Publié par nymphedark à 22:44:34 dans Nymphe | Commentaires (6) | Permaliens

Pripiat sous la neige.
L'image comme le refrain d'une comptine délébile, l'échappée attirante. Que l'on crée toujours par le rêve éphémère, les prénoms effacés par le passage du train sur des rails lointains, dans des bruits mécaniques, s'enfuir, se rendre sourde, toujours plus éloignée du cocon nutritif qui ne me nourrit pas ou ne me nourrit plus. Fuir au loin par-delà le réel et même son propre corps, par le songe et la perte de ses sens, par les mégalopoles aux silhouettes noctambules, démultiplication des ombres agitées, les douleurs asphyxiées dans le nombre qui pullule. S'enfuir dans le nouveau pour effacer l'ancien, inventer encore. Recommencer encore.
S'en aller dans le noir comme on
va dans le songe, partir toujours plus loin de la maison trop close où la
raison repose. Accélérer le rythme. Noyer la solitude. Trouver l'autre dans l'insomnie
et la confrontation des décalages horaires, l'inconnu et, que l'on devine
pourtant, un déjà-vu, ou un déjà-vécu, dans des ailleurs bien distincts.
Pripiat comme un visage.
Où ne reste que l'empreinte. La
structure désertée seul témoin d'un passé animé, la cicatrice encore bien
ouverte d'où s'échappe le silence. L'absente présence dans les traces et les
failles des écorces de peinture sur des grands murs de vide. Émerveillement
infatigable de la désolation, du tout qui a quitté sa cellule primaire, la
ville comme nos cœurs réduits à des enveloppes.
Le magnifique Abstrait figuré par la ruine, abandon éternel ou renouveau du rien juste perpétuel. L'incertitude floue. Les peaux tremblantes et usées absorberaient bien pourtant une dernière caresse. Juste pour essayer. Pripiat, comme une attente.
La raison écorchée prédit déjà la suite. Nous sommes les magiciens de nos belles illusions, nous avançons à pas légers, le foulard sur les yeux en ayant à l'esprit nos futures répliques et futurs mouvements. Nous allons nous blesser. Et chacun sait que dans ces tours terribles nous sommes les plus talentueux de tous les maîtres de l'art et la torture. Mais tellement amoureux des ressources du risque passionné, tellement rongés par l'aventure.
L'attirance comme une radiation
qui perdure tout en nous désintégrant par le dedans. Un jeu pour abîmés,
lâcher-prise fugace des envies dévorantes. Pripiat sous la neige comme une
fuite au loin.
Une passion nouvelle. Déchirante.
Un mois d'avril.
♪. Coil - "Dark River".
Publié par nymphedark à 01:34:27 dans Nymphe | Commentaires (12) | Permaliens

Je m'échappe sous le ciel. Sous les rayons solaires qui percent les nuages et me percent la peau. Percent mes souvenirs d'ondulations dorées filtrées par tes rideaux. Je m'enfonce dans le rêve comme dans une eau claire. Doucement suspendue à une seule seconde, je m'élève dans les airs. Je repasse comme un film les émotions soufflées. D'une bouche éphémère qui me prend et m'apprend, quand tes mains écartées s'offrent à ma solitude et me délivrent alors. Je m'échoue sur les côtes d'un océan de brume, je m'échoue sur tes côtes, des matins lumineux. J'ose à nouveau plonger dans un imaginaire. Je me laisse charmer par l'éclosion nouvelle qui s'opère sous mes os, telle une fleur de passion.
Je songe tendrement à nos minutes primaires, celles qui sont apparues bien avant la course, avant même que nos sexes ne deviennent mécaniques, avant même que nos voix ne soient des précipices. Je repense aux instants où le repos se voulait virginal, et nos corps asthéniques, le support étroit de nos nuits de sommeil. Meurtries dorénavant. Et nous nous entachons de retours vulnérables. Et nous nous attachons, et nous nous rejetons dans un effroi formidable.
Je m'échappe sous le ciel et cherche le soleil, et je brûle mes yeux dans le soir persistant. Je m'écorche à l'idée de ces cycles incessants et tire les rideaux nus sur une cage trop froide. Plus de bouche pour m'apprendre, plus de mains pour s'éprendre. Je m'échoue sur mes côtes, saillantes dans la pénombre.
Je suffoque dans le rêve et crie aux passiflores pour qu'elles libèrent mon ombre.
Publié par nymphedark à 22:12:20 dans Nymphe | Commentaires (9) | Permaliens

Je suis la petite fille des gares. Je monte dans des trains en route vers nulle part.
♪. Yann Tiersen. "La Valse des Monstres".
Publié par nymphedark à 16:29:24 dans Nymphe | Commentaires (9) | Permaliens

Tu sais combien je suis une enfant effritée. Je digère encore mal. Orphée je te murmure. Je chuchote tes syllabes devant les portes closes de nos paradis. Je te désire tant. Je te respire; je t'attends. Je noie toutes tes lettres dans le lait qui s'écoule, affections avortées dans le fluide maternel, comme les céréales d'un délice innocent. Je précipite ton nom entre les surfaces lisses du rêve encore fiévreux, tremblante et en sueur. A demi-éveillée. La majuscule acide dans ton avant-bras, inscrite sur mes paupières, bat au-delà des yeux. Secrète et aiguisée.
Orphée tu m'apprivoises. Tu coules sur mon corps comme une pluie d'automne, me demande de rester, ou de ne pas partir. Tu parles de lendemains lors de soirs sans retour, consumés, consommée, refusant le futur, j'accuse à tour de rôle l'histoire paralysante et les tendres brûlures; qui me nourrissent toujours.
Je frissonne dans le froid d'une rame souterraine un soir en métropole. Dans le cri mécanique des freins continuels, et m'enfouis sous les draps d'un dimanche rose pâle. Nous sommes tous deux faits de faim comme de manque, de ferveur et d'étoiles.
Nous engloutissons nos bouches, cherchant avec candeur une salive tiède qui sera salutaire. Je t'attache en pensée à des courbes et des creux, à des aspérités et de simples douceurs, à de calmes enthousiasmes et de fougueuses colères. Tu es celui qui veille. Tes doigts restent imprimés dans la membrane fine qui dessine mon bassin, tes chuchotements doux sur l'arrête de ma nuque. Jusqu'au dos de l'oreille. Tes flux dans mes organes, ton parfum encore tiède, s'accrochent aux fibres frêles de froissements matinaux. J'ai des écorchures sous la peau, des ecchymoses faites de tes mots.
Orphée je te sublime. Dans les sourires nocturnes et notes de piano, sur le bord d'une falaise faite d'espoirs naissants. Je plonge dans ta peau depuis la mienne ouverte, comme on s'immergerait dans un livre non achevé. Mes pages luttent au vent.
Photographie. Un de mes travaux photographiques provenant de la série Les Rêveurs.
Publié par nymphedark à 19:50:03 dans Nymphe | Commentaires (4) | Permaliens
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Leurs Derniers Maux.