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Experiments.

par Nymphe.

Glossaire.

post.76 | 06 novembre 2007

 

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"Tu es une toute petite fille, Électre. Les autres petites filles rêvent de devenir les plus riches ou les plus belles de toutes les femmes. Et toi, fascinée par l'atroce destin de ta race, tu as souhaité de devenir la plus douloureuse et la plus criminelle. Tu n'as jamais voulu le mal: tu n'as voulu que ton propre malheur. A ton âge, les enfants jouent encore à la poupée ou à la marelle; et toi, pauvre petite, sans jouets ni compagnes, tu as joué au meurtre, parce que c'est un jeu qu'on peut jouer toute seule."

 

Les Mouches, Jean-Paul Sartre.

 

Publié par nymphedark à 11:36:18 dans _ | Commentaires (8) |

post.75 | 03 novembre 2007

 

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Il y a cette passion qui ronge les organes. Dissoute dans le sable de nos minutes, elle se renverse sans cesse, déverse son poison. Nous sommes assis dans nos propres esprits comme dans les sièges sales d'un ancien cinéma, les rideaux s'entrouvrant telles des lèvres vaginales et laissant percevoir le danger calfeutré qui nous guette au delà. Tellement doux à l'effleurement, tellement âcre à l'attachement.

Une folie impalpable, délire asphyxiant que l'on chasse de la main ; et malgré tout nous prend, nous hante à l'identique de ces caresses rêveuses d'un passé sur lequel on ne tourne pas les pages. Comme un carnet d'enfant aux lignes écorchées dont on garde la clef, que l'on dénude par amour du supplice ou simple cruauté, envers nous-mêmes, et nous sommes seul.

Un goût sensiblement amer sur nos langues mélangées, qu'on tente d'annihiler, mais qui après l'averse, s'ouvre dans le réel comme une corolle épaisse, alors nous constatons. Oui cette amertume froide est notre condition: nous éclosions dans des fleurs parfumées et nous dépérirons dans des fanes purulentes.

Nous sommes terrorisés autant qu'émerveillés par ce dur architecte, inconscient et quelconque, qui toujours nous habite tel un imaginaire; l'attirance du néfaste circulant dans nos veines selon ses plans terribles... qui pourtant ne sont autres que les pénibles nôtres.
Nous accusons sans cesse.

Nous créons en nous-mêmes des spectacles mauvais et cependant promis à une forte audience.

La part d'altruisme et le coeur éperdu luttent au fond de nos gouffres, s'indignent du charme grave que nous apprécions dans l'amoindrissement. De la chute superbe des dévotions externes, de notre amour obscène pour les fascinations se transformant en cendres. Mais nous ne faisons rien.

 

Photographie. Digitale.

 

Publié par nymphedark à 23:08:03 dans _ | Commentaires (7) |

post.74 | 11 octobre 2007

 

Me voilà à Angers. Nageant dans les arts plastiques et le théâtre.

Des nouvelles bientôt.


Publié par nymphedark à 17:17:57 dans _ | Commentaires (7) |

post.73 | 03 septembre 2007

 

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Le temps est une danse aux élans de démence. Nous enlaçons les cendres d'un monde qui tourne en rond. Un carrousel cruel où nous sommes vagabonds ; et ne pouvons descendre. Nous avons sous nos langues des poussières de cyanure prêtes à nous exploser, dont on ne profite pas. Nous avons la Possibilité à portée de poignets, mais nous nous retournons comme dans nos lits étroits. Nous cherchons la lumière dans un sol bétonné, en grattant de nos ongles au vernis incarnat. Et la pluie tombe sans fin sur nos vitres sans teint. Conflit assourdissant.

Nos cheveux qui embrassent l'humidité des vitres font naître des arabesques d'anges flétris et lassés. Les plumes qui nous soutiennent sont celles des oreillers où la tête se cogne, le rêve nous envole loin des maux du présent, sur des bribes d'inconnu. Nous suivons les évolutions d'un ciel incertain au gré des émotions changeantes qui nous habitent. L'Attente, et puis la Faim. L'averse tant prédite, et l'orage impromptu. Comme si tout était lié, nous caressons le hasard au creux de notre épaule en nous disant qu'il semble être notre Chance et que nous sommes sauvés. Nous remuons sans fin nos éclats de Passé.

C'est l'usure dans les traits de nos visages frustrés que l'on peint sur les murs de nos villes grisâtres. Le froid dans chaque faille, les affiches déchirées. C'est l'usage dans les faits de figures amusées que l'on feint sans rature comme de viles stèles albâtres. La foi qui nous tenaille, les âmes torturées...  

Amphithéâtre du Rien, notre espace amniotique. Nous, enfants orphelins, à la satisfaction critique.

 

Photographies. Vieux port, Douarnenez.

Publié par nymphedark à 14:10:03 dans _ | Commentaires (11) |

post.72 | 14 août 2007

 

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Nous avons vu les fleurs se changer en pierres noires. Nous avons observé, jusqu'à notre affaissement, la Chute. Le changement des choses, leur nouvelle façon d'être, insignifiante et dure. Nous avons senti naître en nous le Crime. Comme une de ces caresses insolentes et si douces que l'on n'ose repousser. L'atrocité sous un masque de soie pure. Nous avons attendu, sages comme des enfants, en comptant les minutes et des berceuses en tête. Nous sommes tellement fragiles.

Le soleil s'est levé, fier dans son bain de rouge. Il se noyait déjà, nous n'aurions de Demain. La tête dans nos bras, nos cachettes de fortune, et mes mains dans tes mains, nous avons patienté. En sachant dans le fond que tout était perdu. Nous n'affrontions pas la vérité, nous la contemplions, juste. Nous voyions une sorte de beauté idéale dans une déchéance fatale ; aveugles, nous empirions la somme. Nous n'avons pas bougé. Les yeux rivés sur la poussière demeurée en suspens. Les enfants métronomes. Nous cherchions sa descente sur le sol brûlant. L'esthétique du mouvement, tout était si facile.

Nous n'avons pas senti la morsure. Le paysage meurtri était simplement autre. En l'intégrant nous rendions la nécrose acceptable, nous n'avons pas compris. C'est la dégénérescence comme un fluide qui vous ronge, dont on finit par s'abreuver. Nous observions nos souffrances tout en gardant les yeux clos ; le poison se distillant dans nos veines chaudes comme le fait l'Emerveillement. Puis un soir, sur des chansons d'enfants, nous avons faiblement entrevu une once de notre peine. Mais tout était trop tard.

Les animaux inconscients se réveillent dans nos ventres et nous poussent au Néant. Nous incitent à l'indicible, commettre l'inadmissible, le meurtre de l'Envie, de chaque moi profond. La rupture d'appétit, l'angoisse et le silence. Nous hébergeons en nous des méduses qui nous assomment de leur venin et nous, les paupières étroites, en savourons encore le goût. Nauséabond.

Publié par nymphedark à 18:36:57 dans _ | Commentaires (10) |

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