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Experiments.

_par Nymphe.

Glossaire.

#. | 26 décembre 2005

Les corps, s'approchent, s'accrochent, admirent la grande cérémonie. Les violoncelles et les violons. L'hésitation de l'archet à entamer sa mélodie, puis apparaît alors le son... Toute fébrile, cette caresse. Ce tremblement : tant de douceur que de tristesse. Dans la grande salle, naît le silence. Les hommes aux vestons méticuleusement repassés ne font la cour aux Dames qu'en parlant par les yeux. Voilà une curieuse danse. Ces dernières, les joues rosies par le vin, sourient, un peu. Oh les violons, les Violoncelles ! Manient les mesures qui commencent. La peau si blanche, et la délicatesse des mains gantées de dentelle...

Elles portent d'un geste gracile les coupes de cristal entre leurs lèvres d'un rouge sang. Les nappes aux ourlets argentés diffusent autour mille étincelles. Le vin sirupeux fait tourner les esprits. Paisiblement. Hommes et femmes, enfin, se lèvent. Les lustres de diamants percent la nuit. La dentelle se glisse alors dans les mains robustes des Messieurs. L'alcool qui amène la transe. Les robes longues aux tissus souples ; les robes longues se balancent. Les pas des hommes sont assurés. Les chevelures volent selon le rythme : vois comme les talons vernis avancent. Un pli, des volutes de fumée. Une courbe, un dos qui s'élance. Les mains qui sur les épaules fortes s'accrochent.

Et en arrière, se pencher. Une note, deux, des croches. Des dents serrées agrippent leurs lèvres. Et les violons, les violoncelles ; des profondeurs infinies. Jouent maintenant avec fièvre. La main connaît si bien les cordes qu'elle arrive à faire naître les cris. Les corps s'emmêlent, la musique aussi: elle se tord en gémissements. Les chevilles sont fragiles, les dames croient défaillir. Leur ouïe leur joue des tours, les mesures s'emportent. La baguette vacille pour un charmant délire, les hommes font en sorte... Que les dames oublient. Rusés, s'amusent de leur ivresse. Les voilà qui gracieusement s'affaissent. Et les tapis, des déserts de tissus riches ! Et les soieries : de la paresse. S'ils s'y nichent, on les laisse. Les Violonistes ! Des mélopées venues d'ailleurs, qui les envoient aux plus hauts cieux. Leur jeu désormais ne cesse. « Ré... mi... fa. » Dénudent leurs pieds, observent les regards envieux. Une volupté privilégiée. Tremper ses orteils dans le vin, une fantaisie pour ces princesses. « Fa... sol... la. » Leurs ongles brillants que l'on dévore des yeux. Et derrière le voile de soie, les bouches se prennent, c'est une caresse. Les cordes vibrent et l'archet glisse. Les doigts sur le manche des violons, l'onde parcourt les femmes qui frémissent. Oh comme elles aiment la musique... Font basculer alors, outrageusement leurs cuisses. Qu'elle est belle notre noblesse... Les violons, les violoncelles, un jeu si divinement mélodique. Un échange entre Il et Elle. Echange, et il entre en elle.

Une danse macabre où la Luxure abuse la Folie. 

Publié par nymphedark à 18:29:03 dans _ | Commentaires (14) |

#. | 03 décembre 2005

Alors que la pluie tombe, j'improvise une suite. Une ribambelle de maux pour des phrases mal écrites. Dépenser sur la feuille des pensées dans le vent. Suivre toujours la ligne et éviter la fuite. La neige s'en est allée, on espère le printemps. Les murs paraissent sales juste après qu'il ait plu. Ainsi c'est une averse qui caresse les vitres ? Ce soir à l'inverse, la photo est sans titre. Je calque le néant. Je reproduis le vide. Commencer par une majuscule et finir par trois points... Comme on nous l'a appris, attendre mais jusqu'à quand?

Publié par nymphedark à 12:06:26 dans _ | Commentaires (5) |

#. | 26 novembre 2005

PLATONOV. Attendez, vous ne comprenez rien du tout. Vous n'avez aucune idée de l'enfer dans lequel je vis! Un enfer de vulgarité et de déception. Ne haïssez-vous jamais ceux chez qui vous discernez une lueur de votre propre passé? Ne les haïssez-vous pas de vous rappeler ces jours enfuis où vous étiez jeune - et pur - et plein de rêves idéalistes? Tout est tellement simple quand on est jeune. Un corps vif, un esprit clair, une honnêteté inaltérable, le courage et l'amour de la liberté, de la vérité et de la grandeur. (Il rit). Mais voilà que surgit la vie quotidienne. Elle vous enveloppe toujours plus étroitement de sa misère. Les années passent, et que voyez-vous alors? Des milions de gens dont la tête est vidée par l'intérieur. Eh bien, cependant, que nous ayons su vivre ou non, il y a quand même une petite compensation: l'expérience commune, la Mort. Alors, on se retrouve à son point de départ: pur. (Silence). "A peine au monde, nous pleurons, car nous sommes entrés sur cette grande scène de folie." C'est terrible, ne trouvez-vous pas?

Anton Tchékhov. Ce Fou de Platonov. Acte I Scène XIV.

Publié par nymphedark à 18:08:34 dans Extraits de Livres. | Commentaires (3) |

#. | 20 novembre 2005

http://img444.imageshack.us/img444/9996/83no7.jpg

Une ouverture vers l'enfermement.

Un manque.

De mots.

D'ailleurs.

Publié par nymphedark à 21:17:32 dans _ | Commentaires (6) |

#. | 19 novembre 2005

We should have each other some tea, uh?
We should have each other with cream... 


. The Cure. The Lovecats.

Publié par nymphedark à 19:11:58 dans _ | Commentaires (12) |

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