4 ans et demi.
Vis dans ma tête avec les autres
Entre les dissonances plastiques
Les photographies qui ne sourient plus
Et les jeux de maux qui ont mal tourné
Comme du lait pendant l'orage.
Sauf mention contraire,
Textes, photographies et autres travaux
Présentés ici m'appartiennent.
Les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d'un monde pluriel qui les expulse.
Jean Cocteau.

Pripiat sous la neige.
L'image comme le refrain d'une comptine délébile, l'échappée attirante. Que l'on crée toujours par le rêve éphémère, les prénoms effacés par le passage du train sur des rails lointains, dans des bruits mécaniques, s'enfuir, se rendre sourde, toujours plus éloignée du cocon nutritif qui ne me nourrit pas ou ne me nourrit plus. Fuir au loin par-delà le réel et même son propre corps, par le songe et la perte de ses sens, par les mégalopoles aux silhouettes noctambules, démultiplication des ombres agitées, les douleurs asphyxiées dans le nombre qui pullule. S'enfuir dans le nouveau pour effacer l'ancien, inventer encore. Recommencer encore.
S'en aller dans le noir comme on
va dans le songe, partir toujours plus loin de la maison trop close où la
raison repose. Accélérer le rythme. Noyer la solitude. Trouver l'autre dans l'insomnie
et la confrontation des décalages horaires, l'inconnu et, que l'on devine
pourtant, un déjà-vu, ou un déjà-vécu, dans des ailleurs bien distincts.
Pripiat comme un visage.
Où ne reste que l'empreinte. La
structure désertée seul témoin d'un passé animé, la cicatrice encore bien
ouverte d'où s'échappe le silence. L'absente présence dans les traces et les
failles des écorces de peinture sur des grands murs de vide. Émerveillement
infatigable de la désolation, du tout qui a quitté sa cellule primaire, la
ville comme nos cœurs réduits à des enveloppes.
Le magnifique Abstrait figuré par la ruine, abandon éternel ou renouveau du rien juste perpétuel. L'incertitude floue. Les peaux tremblantes et usées absorberaient bien pourtant une dernière caresse. Juste pour essayer. Pripiat, comme une attente.
La raison écorchée prédit déjà la suite. Nous sommes les magiciens de nos belles illusions, nous avançons à pas légers, le foulard sur les yeux en ayant à l'esprit nos futures répliques et futurs mouvements. Nous allons nous blesser. Et chacun sait que dans ces tours terribles nous sommes les plus talentueux de tous les maîtres de l'art et la torture. Mais tellement amoureux des ressources du risque passionné, tellement rongés par l'aventure.
L'attirance comme une radiation
qui perdure tout en nous désintégrant par le dedans. Un jeu pour abîmés,
lâcher-prise fugace des envies dévorantes. Pripiat sous la neige comme une
fuite au loin.
Une passion nouvelle. Déchirante.
Un mois d'avril.
♪. Coil - "Dark River".
Publié par nymphedark à 01:34:27 dans Nymphe | Commentaires (12) | Permaliens
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