4 ans et demi.
Vis dans ma tête avec les autres
Entre les dissonances plastiques
Les photographies qui ne sourient plus
Et les jeux de maux qui ont mal tourné
Comme du lait pendant l'orage.
Sauf mention contraire,
Textes, photographies et autres travaux
Présentés ici m'appartiennent.
Les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d'un monde pluriel qui les expulse.
Jean Cocteau.

Je trace à l'encre noire des cœurs d'enfant craintive, je trace à l'encre noire
sur les lignes égales. Je trace des espérances. Dans le creux des carreaux de
mes carnets d'école, les émotions naissantes pareilles à des pétales, ont le
parfum du rance.
Petite
fille duelle au caprice astreignant, mes doigts doux ne s'accrochent qu'aux
images vénéneuses. Je saute entre les murs sur des attentes fiévreuses, m'isole
dans des comptines aux notes nauséeuses. Refrains spasmophiliques où s'atténue
encore le reflet des lumières dans nos yeux bien trop blancs.
L'envie e(s)t le
supplice.
Ainsi donc je dessine des cœurs qui tombent en cendres, de la même manière dont on
peint des remords. Les embrasements glacés et embrassements rompus; les rouges
silencieux qui battent au fond du corps. Ecarlates lancinantes sous la tendre
membrane de ces amours mort-nés, je force la rature.
Je
m'essaie à un trait d'élégance entravée. Sur ces quelques ébauches de ferveurs
enfantines, fascinations lascives, étreintes imaginées. Les caresses qui
abrasent la volonté de fuir. Sur ces douceurs terribles qu'on tente
d'apprivoiser. De ces cœurs dans la marge qui dansent comme une satire, la
catharsis tordue sous les mains torturées.
C'est
l'éclat aveuglant d'une raison trop vive, brute et coercitive, se répercutant
dans nos moindres pensées. Ouvrant de nouvelles plaies sur fond de soie trop
tendre, incisant avec peine ces furieux animaux qui grandissent en nous, du
début à la faim, perdant même ses besoins, oubliant l'appétit. Le sommeil cramoisi,
les attractions froissées.
Le
trouble viole le délice dans une chambre capitonnée.
Les
petits cœurs tentés virevoltent dans le Sombre des décharges électriques,
provoquent des orages. Tiraillés de désir. Oppressés par l'envie. Songes
antinomiques. Regards qui pétrifient. L'enthousiasme sauvage. Et par-dessus on barre, on barre et on
détruit.
Et ces dessins rêveurs d'un cauchemar déchiqueté,
bribes de papier qui brûlent et crépitent dans le vent, lentes palpitations des
cages insupportables, on chute à même le sol pour gratter dans la terre, à
s'exploser les doigts, pour enfouir dans des gouffres les démences qui
accablent, plus bas que les abîmes où nos crânes s'abîment, on gratte à même le
soir pour engloutir les nuits, le corps qui nous échappe et ses organes qui
crient, on s'éclate les membres à les cogner trop fort, à ces odeurs charnelles
de latentes combustions, et on se brutalise en fendant nos gencives, et puis en
attendant que nos fluides nous noient, et on se brutalise on ne fait plus que
ça, pour ne se retrouver que dans un corps à corps, pourtant désaccordé,
au-delà de l'essence, à en perdre nos sens, structure rubigineuse, qui ne se
soumet pas, notre angoisse dévorante, un outil avorté, qui nous mène au seuil
même.
D'une paralysie.
Photomontage. Hybride en réponse à un sujet de Pratiques d'après analyse. 140x90 cm.
Publié par nymphedark à 13:12:27 dans Nymphe | Commentaires (13) | Permaliens

In heaven, everything is fine.
In heaven everything is fine.
In heaven everything is fine.
Photographie. Ou comment égayer ses cours d'Histoire de l'Art.
Publié par nymphedark à 01:38:51 dans Nymphe | Commentaires (1) | Permaliens
Tu es une toute petite fille, Électre. Les autres petites filles rêvent de devenir les plus riches ou les plus belles de toutes les femmes. Et toi, fascinée par l'atroce destin de ta race, tu as souhaité de devenir la plus douloureuse et la plus criminelle. Tu n'as jamais voulu le mal: tu n'as voulu que ton propre malheur. A ton âge, les enfants jouent encore à la poupée ou à la marelle; et toi, pauvre petite, sans jouets ni compagnes, tu as joué au meurtre, parce que c'est un jeu qu'on peut jouer toute seule.
Les Mouches, Jean-Paul Sartre.
Publié par nymphedark à 11:36:18 dans Extraits de Livres. | Commentaires (8) | Permaliens

Il y a cette passion qui ronge les organes. Dissoute dans le sable de nos minutes retournées, elle se renverse encore, perverse, déverse son poison. Le choc de l'inconscient qui crée l'attirance perpétuelle de ces choses qui vous renvoient dans une cellule close appelée Dégradation. Nous sommes assis dans nos propres esprits comme dans les sièges sales d'un ancien cinéma, les rideaux s'entrouvrant tels des lèvres vaginales et laissant percevoir le danger calfeutré qui nous guette au delà. Tellement doux à l'effleurement, tellement âcre à l'attachement.
Une Animalité Décadente, comme cette réclusion, une folie impalpable, délire asphyxiant que l'on chasse de la main ; et malgré tout nous prend, nous hante à l'identique de ces caresses rêveuses d'un passé sur lequel on ne tourne pas les pages. Comme un carnet d'enfant aux lignes écorchées dont on tourne la clef, que l'on dénude par amour du supplice ou simple cruauté, envers nous-mêmes et nous sommes seul.
Un goût sensiblement amer sur nos langues mélangées, qu'on tente d'annihiler, mais qui après l'averse, s'ouvre dans le réel comme une corolle épaisse, alors nous constatons. Oui cette amertume froide est notre condition: nous éclosions dans des fleurs parfumées et nous dépérirons dans des fanes purulentes.
Nous sommes terrorisés autant qu'émerveillés par ce dur Architecte, inconscient et quelconque, qui toujours nous habite tel un imaginaire; l'attirance du néfaste circulant dans nos veines selon ses plans terribles qui pourtant ne sont autres que les pénibles nôtres.
Nous accusons sans cesse.
Nous créons en nous-mêmes des spectacles mauvais et cependant promis à une forte audience.
La part d'altruisme et le coeur éperdu luttent au fond de nos gouffres, s'indignent du charme grave que nous apprécions dans l'amoindrissement. De la chute superbe des dévotions externes, de notre amour obscène pour les fascinations se transformant en cendres.
Mais nous ne faisons rien.
Photographie. Un de mes travaux photographiques provenant de la série Digitales.
Publié par nymphedark à 23:08:03 dans Nymphe | Commentaires (7) | Permaliens
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