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PLATONOV. Attendez, vous ne comprenez rien du tout. Vous n'avez aucune idée de l'enfer dans lequel je vis! Un enfer de vulgarité et de déception. Ne haïssez-vous jamais ceux chez qui vous discernez une lueur de votre propre passé? Ne les haïssez-vous pas de vous rappeler ces jours enfuis où vous étiez jeune - et pur - et plein de rêves idéalistes? Tout est tellement simple quand on est jeune. Un corps vif, un esprit clair, une honnêteté inaltérable, le courage et l'amour de la liberté, de la vérité et de la grandeur. (Il rit). Mais voilà que surgit la vie quotidienne. Elle vous enveloppe toujours plus étroitement de sa misère. Les années passent, et que voyez-vous alors? Des milions de gens dont la tête est vidée par l'intérieur. Eh bien, cependant, que nous ayons su vivre ou non, il y a quand même une petite compensation: l'expérience commune, la Mort. Alors, on se retrouve à son point de départ: pur. (Silence). "A peine au monde, nous pleurons, car nous sommes entrés sur cette grande scène de folie." C'est terrible, ne trouvez-vous pas?
Anton Tchékhov. Ce Fou de Platonov. Acte I Scène XIV.
Publié par nymphedark à 18:08:34 dans _ | Commentaires (3) | Permaliens
27-11-2005 16:14
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Je suis...
26-11-2005 22:59
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Si, si artiste!
26-11-2005 22:00
De toxik-contact Sujet:
melancolies