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Je m'interrogeais sans cesse sur ce qui pouvait combler ma vie, tellement que j'avais fini par la réapprendre dans le désordre ; des choses auparavant oubliées, enfouies par habitude, délaissées, perdues que je me plaisais à rassembler en attendant mieux. Ce plaisir de stagner dans ma certitude et son confort a engendré chez moi des dérives opposées dans lesquelles je m'empressais de mengouffrer ardemment, comme dans une brèche encore assez béante pour y glisser la moitié de soi et s'en voir décapiter. Mais au diable l'infortune ! La fière fièvre intrépide ne vaut-elle pas d'en perdre la tête ? Je me souviens d'une époque où seul comptait l'inconnu, à jamais l'inconnu, sans raison, sans but, sans rien, enveloppé dans une stase des plus primaires : à vivre tout simplement pour s'en souvenir dès à présent, pour se jucher, avec dédain, très haut sur la vierge et seule immensité qui m'aurait habité jusqu'à maintenant. Et un jour alors peut-être, s'amoncellera sur ces cendres, ce commencement d'ailleurs, ce dépaysement, cette dysharmonie.
Publié par Bado à 11:08:23 dans Evasions complices. | Commentaires (3) | Permaliens
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