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A toi, la désavouée,
Je voudrais qu'on s'écrive tous les deux, simplement avec nos mots, d'après nos maux. Rapproche-toi encore, je ne souhaite pas m'égosiller d'hardiesse dans ce message que je t'adresse, ni que tu ne me laisses désespéré, nu et affaibli dans mes ruines, qu'importe la prouesse. J'aimerais reposer sur toi, même en rêve dès lors que mes dires m'auront libéré. Je les vois ainsi t'investissant dans leur pureté et toi les dégustant sans t'en douter. Nous serions ici et là, détruits l'un pour l'autre, hors de nous, malades, incapables de rien. Mais nous n'en saurons jamais rien et nous n'aurions été que les simples victimes d'une dérive silencieuse, impromptue. Alors vivons notre devenir, ensemble cette fois, existence perfide, et moi l'infame au travers de notre renaissance, d'un "chacun pour soi, chacun pour l'autre".
Publié par Bado à 14:49:50 dans Délire émotionnel. | Commentaires (2) | Permaliens
J'avais descendu les escaliers de cet immeuble, accueillant ma visite régulièrement sentimentale de jeune transit, je venais de maltraiter la lourde porte, dernier rempart avant le dehors, et je repris contact brutalement avec la réalité de l'endroit. Ici-bas, des tours à perte de vue, voir à leur perte tout court, froides et austères. La vie grouille, surtout d'indifférence, de nonchalance, d'imposture, d'anonymat mais moi je me balade impunément dans le quartier de mon matin, les sens en éveil. J'endure le froid, la faim, le sommeil mais je sais que ça peut aller par-delà. Justement, je comptais y aller ; par-delà. Je m'engouffre alors en sous-sol pour emprunter le transport des riches et des pauvres, enfin surtout des pauvres. Parfois, la fibre sociale s'effrite et chacun en pâtit. Quiconque eut pu s'en octroyer les vertus humanistes en pensant à la misère, la mendicité, même infantile, mais qu'en est-il lorsque la petite main frotte le pantalon propre et conforme des honnêtes citoyens? Ça décale et ça décade ; des nuques honteuses, des regards dans les chaussettes du voisin de malheur, des silences en plomb, des coups de matraque dans les restes de ce qui n'est plus aujourd'hui, qu'habituel. Encore un cauchemar dont on ne se réveille pas complètement, encore que, j'ai parfois des doutes. Saleté de doutes.
Publié par Bado à 23:15:16 dans Quotidien, quotidienne. | Commentaires (0) | Permaliens
Morceaux par morceaux, tout bascule ; des feuilles orphelines soufflées par un vent assassin au froid ravageur poussant la vie par le fond. Les senteurs légères apprivoisent encore pour quelques temps la curiosité de tout un monde. Couleurs par couleurs, se déclinent la funeste fin de la saison lumineuse, de la chaleur outrancière. La mort s'est invitée dans nos rangs chaotiques de francs camarades et nous récite ce poème glacial intimidant et coutumier. L'habitude n'efface pas pour autant le chagrin récurrent d'un moment fort où l'automne nous gagne, petit à petit, sans rien d'étonnant mais tellement pourtant.
Publié par Bado à 17:43:50 dans Quotidien, quotidienne. | Commentaires (1) | Permaliens
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Ils ont lu et écrit.