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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

Petit rapport de stage... | 15 décembre 2006

Tout de même! J'en suis au deux tiers du parcours environ et j'ai l'impression d'en avoir très peu parlé. Je vais donc essayer de résumer au mieux ce qui s'est passé jusqu'ici, et en toute franchise.
Tout d'abord, je suis arrivé début octobre dans un structure religieuse, la Congrégation du Buen Pastor (présente partout dans le monde et dont la maison mère se trouve en France, à Angers), qui ne recevait des stagiaires que depuis trois mois. La plupart d'entre eux ont d'ailleurs fait un travail de volontariat. Mais moi, mon objectif était tout autre, ma mission initiale étant de créer une structure de micro crédit. Quelle utopie !
Pour ma part, j'ai visité quatre des cinq ou six institutions du Bon Pasteur à Lima :
-         Le foyer Reyna de la Paz, qui accueille les mères adolescentes (et leurs enfants) et les forment, par le biais d'ateliers quotidiens, à la création de vêtements, à la cuisine et à la pâtisserie, à la coiffure, à la cosmétique ou à l'informatique selon leur choix.
-         Domi, une structure d'accueil pour adolescentes abandonnées, bien souvent à la rue et toxicomanes. Ces deux structures travaillent directement avec le gouvernement. Elles ont un véritable rôle de service public que le public ne peut pas offrir.
-         Le Collège Santa Maria Eufrasia, pour filles de bonnes familles ; c'est ici que vit ma maître de stage, et cette école permet à la Congrégation de récolter quelques sous. J'y ai parfois donné des cours de français, le samedi matin (classes de 15 à 20 filles ayant de 6 à 40 ans !).
-         Le foyer du Cerro El Pino, cette fameuse colline bidonville. Il ouvre tous les jours à 15h, et offre un espace aux enfants du quartier pour faire leurs devoirs, puis jouer. S'y déroulent aussi des activités d'hydroponie, des cours pour les adultes, et bien sûr, du catéchisme. Depuis peu, le foyer abrite une petite tienda, une boutique tenue par cinq jeunes et qui vend des boissons fraîches, des glaces, et toutes sortes de babioles confectionnées par leurs soins.

En tant que pur volontaire, il y a donc de quoi faire. Mais ce n'est pas exactement ce pour quoi j'étais venu. Or dès le mois de janvier, d'autres stagiaires vont arriver, et d'autres encore en juin, et ainsi de suite. Les sœurs, bien qu'enthousiastes, se sont vite avérées peu aptes à nous conseiller et à nous épauler dans la définition de nos projets, il a donc fallu avant tout imaginer la création d'une structure plus ou moins autonome, capable d'aider les stagiaires à réaliser leurs objectifs et de remédier au problème des rapides transitions dans les effectifs. Et capable aussi, en tant qu'association, de contourner certaines limites législatives contraignant la Congrégation. Ainsi est née l'idée de la création du Centre de Projets du Bon Pasteur.

Pour ça, nous avons eu la chance de nous faire mettre à disposition dès le début une grande maison, à Salamanca, ayant la capacité d'héberger 5 à 8 personnes (j'y vis en ce moment) et dans lequel nous avons pu installer le bureau. Le matériel tarde à arriver, bien sûr... L'ordinateur a mis deux mois, le temps qu'une entreprise finisse par nous l'offrir. Internet suivra, je l'espère. Bref, en ce qui concerne ce Centre, le travail se résume à :
-         la rédaction des statuts pour la création d'une association et le dépôt. A l'heure actuelle nous attendons le verdict de l'avocat ami des sœurs qui doit nous approuver tout ça mais qui traîne ;
-         la rédaction du mode de fonctionnement, la création d'archives comprenant tous les projets rédigés mais pour lesquels le temps nous manque, tous les contacts que nous avons rencontré (et ça croyez-moi, dans une grande ville inconnue et si bordélique, ça prend un temps et une énergie monstre), la création d'une page Web bilingue (elle est prête et n'attend qu'à être mise en ligne, ce qui ne serait tarder), bref, faire en sorte que les nouveaux venus n'aient pas à refaire tout ce que l'on a déjà fait, malgré notre départ.

 Parallèlement à tout ça, au Cerro El Pino, est venue l'envie de s'investir dans l'amélioration des conditions de vie. Or le problème qui paraît être le plus important est celui des ordures... Elles jonchent le sol et la municipalité de La Victoria ne fait rien pour changer les choses... Pas de camions poubelles, ni même de poubelles d'ailleurs. Il a donc fallu avant tout aller à la rencontre des gens, des responsables, essayer de comprendre comment se structurait cette communauté de 20 000 habitants. Pour le coup, on a rencontré du monde ! La Junta directiva, le Secrétariat Général, la Mesa de Concertación, le Centre de Santé, le Collège, le Vaso de Leche, Manthoc... Le problème est qu'à chaque fois, un élément nouveau venait remettre en question notre projet, lui-même construit au fil des rencontres... Puis vinrent la visite de la Victoria (lire « Le plastique c'est fantastique »), et enfin les rencontres de Señor Armas (candidat déchu aux municipales du 19 novembre et PDG de Motores Peruanos), de l'ONG Ciudad Saludable (lire « Ciudad Saludable ») et de l'ASOPROTEC... Trois institutions en train de monter un grand projet de récupération des ordures aux Cerro El Pino... ! Tant d'efforts pour apprendre ça au final. Evidemment, ça a été fantastique de savoir qu'il y aurait une continuité dans nos efforts. Mais si nous avions eu vent plus tôt de l'existence de ces acteurs, que de temps nous aurions gagné !

Le temps ayant justement déjà bien passé, nous avons décidé d'organiser un ultime évènement et de le préparer au mieux possible : La Gran Feria de Limpieza del Cerro, prévue le samedi 13 janvier 2007. Nous avons donc convoqué toutes les institutions rencontrées, peu sont venues mais les deux plus importantes y étaient, et ensemble nous sommes en train d'imaginer cet évènement, qui a pour but non seulement de nettoyer tant que possible la colline, mais surtout de conscientiser et de fédérer une frange de la population autour de cette problématique. Campagne d'information (affiches et porte à porte, voire convocation de la presse), et pétitions sont notamment au programme (pour avoir l'appui de la municipalité). Les idées, l'énergie et le temps ne manquent pas pour faire de cet évènement une réussite. Par ailleurs nous essayons de sensibiliser les enfants du foyer de la congrégation, qui s'avèrent encore bien jeunes...

 Voilà pour le bilan. Il faut savoir que lâchés ainsi dans la nature, sans compte à rendre à personne ou presque, l'efficacité n'est pas notre pain quotidien ! Les moments de découragement sont nombreux mais globalement, je suis pour ma part satisfait des choses réalisées et de ce que j'ai appris. Mes conversations avec ma maître de stage m'ont montré qu'elle aussi l'était. Je vais prendre trois semaines de vacances à présent et le mois de janvier va servir à boucler tout ça, et à apporter mon aide plus directe au foyer du Cerro El Pino, qui en a grandement besoin en période de vacances d'été (de mi-décembre à début mars). Mais par contre, j'ai définitivement pris la décision de signer une nouvelle convention à partir de février, et pour les quatre mois suivants, dans un organisme plus structuré, apte à me proposer un véritable plan de travail. J'ai justement un contact très sérieux avec une ONG qui s'appelle ADEHR, basée à Ayacucho (berceau du terrorisme du Sentier Lumineux dans les années 1980 et 90) et qui effectue un travail double : promotion des droits des victimes, oubliées par le gouvernement, et travail de mémoire (recueil de témoignages, écriture d'un livre, ouverture d'un musée, installation de plaques commémoratives etc...). Ce sont surtout des avocats qui y travaillent. Le rôle que je pourrais y tenir est encore bien vague, mais une avocate me propose de passer le mois de janvier à le définir et à dresser un plan de travail... C'est encore très frais (je l'ai rencontrée mardi seulement), affaire à suivre ! Voilà c'est fini, merci à ceux qui sont allés au bout de ce long texte !
 

Publié par gaspalima à 22:05:46 dans - Mon stage | Commentaires (0) |

Ciudad Saludable | 15 novembre 2006

Comme j'en ai parlé à certains déjà, l'un des projets de mon stage est d'organiser une campagne de nettoyage au Cerro el Pino, cette colline si pauvre et insalubre du quartier de la Victoria... Personne n'y paye ses impôts, et personne (ou presque) ne se préoccupe des problèmes d'hygiène. Les difficultés sont donc multiples à la base : comment nettoyer la colline, comment sensibiliser les gens, et même avec toute la bonne volonté de chacun, comment ensuite organiser un ramassage des ordures régulier sans l'appui de la municipalité?!

Il a donc fallu dans un premier temps aller rencontrer tous les responsables locaux : le centre de santé du Pino, la table de concertation, la junta directiva, à chaque fois en tâtonnant, les bonnes soeurs étant incapables de communiquer la moindre information, la moindre piste... Ce fut donc une très bonne surprise de voir à quel point les gens se bougeaient et s'organisaient sur le Cerro, cet espèce de misérable village abandonné en plein milieu de Lima!




Bref, le temps a passé, les idées se sont structurées, les rencontres se sont succédées... Jusqu'à ce que la soeur Adella, pour nous aider à finaliser les choses, ne nous recommande d'aller rendre visite à Señor Armas, chef d'entreprise et candidat aux municipales (les élections ont lieu le 19 novembre). Nous y sommes allés hier, nous avons été recus comme il se doit ici, et nous avons appris de cet homme que la grosse ONG péruvienne Ciudad Saludable allait présenter le jour même à de potentiels financeurs espagnols... un projet de collecte des ordures pour le Cerro el Pino! Voilà près d'un mois que l'on cherche des renseignements de toutes parts, et personne n'a été foutu de nous parler de ce projet!!! Il faut préciser que la colline compte 20 000 habitants, ce qui n'est pas énorme, et que Ciudad Saludable travaille avec l'association des professionnels et des techniciens du Cerro el Pino et avec ce señor Armas! Autrement dit les soeurs comme tous les dirigeants que nous avons rencontrés jusqu'à là auraient du être au courant! Incroyable!




Ceci dit le bilan est plutôt positif car nous allons à présent nous insérer dans un programme plus important et plus durable. Nous avons rencontré toute l'équipe hier après-midi, qui s'est montrée très intéressée par nos idées et prête à composer avec nous. Mais voilà un bon exemple de la désorganisation à la péruvienne! Imaginez qu'il faut chaque jour composer avec, dans un pays inconnu et sans appui ou si peu!

Publié par gaspalima à 00:26:01 dans - Mon stage | Commentaires (0) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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