Voilà un article bien compromettant sur Mgr Cipriano Thorne, actuel cardinal péruvien et ex-archevêque d'Ayacucho, dont j'avais déjà pas mal entendu parler ici... Quelques anecdotes contées par des Ayacuchanos pur souche, et largement confirmées dans cette article, dont voici l'introduction :
"Berceau de la théologie de la libération, le Pérou a fait l'objet d'une reprise en main des grands propriétaires et de l'Église catholique -qui y bénéficie d'un concordat avantageux-, par le biais de l'Opus Dei, une congrégation partiellement secrète. L'un de ses prélats, Mgr Cipriani Thorne, impliqué dans les crimes de la dictature d'Alberto Fujimori, a été « créé » cardinal par Jean-Paul II. Il exige de ses fidèles l'obéissance aux autorités et refuse la communion aux élus favorables au droit à l'avortement. Mis en cause par les jésuites, il est accusé de faire chanter ses collègues évêques, d'avoir couvert des meurtres et commandité l'assassinat de son prédécesseur. Edgar González Ruiz relate le combat mortel que se livrent des princes de l'Église. À Lima, le sang ne tache pas la pourpre cardinalice."
Pour ceux que ça intéresse, le lien se trouve dans la colonne de droite, en haut...
Publié par gaspalima à 18:51:39 dans - Histoire contemporaine du Pérou | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par gaspalima à 16:54:40 dans - Histoire contemporaine du Pérou | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par gaspalima à 16:53:20 dans - Histoire contemporaine du Pérou | Commentaires (2) | Permaliens
Alan Garcia est l'actuel Président de la République péruvienne, élu le 4 juin 2006 et en poste depuis le 28 juillet. Il l'a emporté au second tour contre le très controversé ex-commandant militaire Humala, ultra-nationaliste et indigéniste, auteur notamment d'une tentative de coup d'Etat en 2001 contre Fujimori.
Alan Garcia a déjà une histoire au Pérou : il en a été le Président pendant 5 ans, de 1985 à 1990. Le bilan peut tenir en deux points :
- Une incroyable déroute économique : l'inflation était de 120 % en 1987, 1722 % en 1988, 2776 % en 1989 et 7649 % en 1990! Soit une inflation cumulée de 2 200 200 % en 5 ans! Bref, une surémission de monnaie conjuguée à une accumulation de la dette extérieure, l'instauration d'une nouvelle monnaie puis la tentative de nationalisation des secteurs de la banque et de l'assurance ont conduit au plus gros désastre économique jamais connu par le pays. Les années Garcia ont vu le pourcentage de péruviens vivant en-dessous du seuil de pauvreté passer de 41 à 55!
- Le terrorisme : le Sentier Lumineux, qui avait commencé ses activités terroristes quelques années avant Garcia, a profité de la situation économique et des tensions sociales pour redoubler de violence. Le gouvernement a pour répliquer instauré la terreur militaire, coupable de nombreux massacres, de rafles (1600 disparus en 5 ans) et d'exécutions sommaires dans les prisons lors de mutineries.
La population, mécontente, ne réélira pas Garcia en 1990. Fujimori prendra alors les rênes (j'en parlerais un autre jour).
Revenu récemment au pouvoir, il s'est déjà illustré : face au fléau que représente ici le problème du viol des mineurs, il propose de modifier la Constitution pour élargir la peine de mort (réservée aujourd'hui aux cas de trahison de la Nation) ; même peine proposée contre les terroristes...! Certes cela permettrait de dégrossir les prisons, mais à part ca! Pas sortis d'affaire, les péruviens!
Pourtant, sa récente réelection n'est pas due au hasard et s'explique par plusieurs facteurs. Garcia est avant tout un grand orateur, ce qui on le sait, séduit. Imaginez en plus que le Pérou a vécu onze années avec un président japonais qui ne maitrisait pas l'espagnol (Fujimori, 1990-2001)! Toledo, son successeur, ne flambait pas par sa dialectique non plus.
Mais la raison la plus déterminante réside sans doute dans le fait que Garcia est à la tete du parti le mieux organisé du pays, et historiquement l'un des plus importants du continent sud américain : l'APRA (Alianza Popular Revolucionaria Americana), créée en 1921 par Haya de la Torre et dont les principes ont été exposés en cinq points en 1926:
- Action contre l'impérialisme américain ;
- Pour l'unité politique de l'Amérique latine ;
- Pour la nationalisation des terres et des grandes entreprises ;
- Pour l'internationalisation du canal de Panama ;
- Pour la solidarité avec tous les peuples et classes opprimés dans le monde.
Et ce parti a du livrer plus de 60 ans de lutte politique pour enfin accéder au pouvoir... en 1985, avec Alan Garcia. Voilà son doute ce qui explique qu'aujourd'hui encore, il ait eu les armes pour accéder au pouvoir...
Publié par gaspalima à 01:21:42 dans - Histoire contemporaine du Pérou | Commentaires (0) | Permaliens
Je suis sûr que peu d'entre vous en ont entendu parler... Pourtant ce mouvement d'inspiration maoïste a secoué le Pérou pendant 20 ans, et la guérilla qui l'opposait aux militaires aurait fait plus de 69 000 victimes...Et ce dans un passé très récent : entre 1980 et 2000. Autant dire que le pays en parle encore et que bien sûr, il continue d'en souffrir. Je vous laisse dans un premier temps lire cette petite réflexion que se faisait Alain Labrousse, spécialiste du sujet, en 1989 :
"C'est en 1980, dans l'incrédulité ou l'indifférence de leurs concitoyens, que les militants du groupe maoïste "Sentier lumineux" déclenchent la "guerre populaire" dans les Andes du Pérou. Aujourd'hui, ils ont étendu leurs opérations à l'ensemble du pays, en particulier en Amazonie dont ils utilisent la production de drogue pour se financer. Ils menacent désormais les voies d'accès à la capitale péruvienne, Lima, et leur dirigeant, le quasi-mythique "Président Gonzalo", n'hésite pas à appeler de ses voeux "un génocide de proportion nationale".
Au nom de quoi se battent ces guérilleros sectaires et sanglants qui ne recoivent le soutien d'aucun pays socialiste ? De la soif de revanche du monde indien écrasé durant cinq siècles ? D'un retour à la pureté du maoïsme et de la Grande révolution culturelle chinoise ? Ou d'une mystique de la révolution qui rappelerait celle de certains intégristes musulmans ?
Pour répondre à ces questions, les auteurs sont allés sur tous les terrains où se développe le Sentier lumineux : les montagnes d'Ayacucho, les contreforts de l'Amazonie ou les bidonvilles de Lima. Dans les "zones d'appui", ils ont interrogé ceux qui vivent quotidiennement au contact d'une des guérillas les plus mystérieuses du monde qui a su capitaliser le désespoir des exclus et des déracinés. Les nombreux témoignages qu'ils ont recueilli leur ont permis d'écrire pour la première fois l'histoire du Sentier et d'analyser son idéologie. Surtout, leur enquête laisse prévoir, en Amérique latine et dans le tiers-monde, d'autres explosions dont la guerre populaire au Pérou ne serait qu'un signe annonciateur."
La suite à venir
Publié par gaspalima à 19:13:04 dans - Histoire contemporaine du Pérou | Commentaires (0) | Permaliens
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28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com
A bientôt!
Gaspard
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