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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

Le Grand Sud | 26 mars 2007

 

 Jeudi 8 mars, début de soirée, les bagages faits, je quitte ma bourgade de Ayacucho, direction le Sud... Une première nuit de virages et un col à 4800 recouvert de neige, malheureusement presque indiscernable, et me voilà dans le désert côtier avant l'aube. Ica. Et un autre bus qui me dépose à 8 heures du matin à Nazca, je n'étais pas encore descendu aussi bas et le désert s'impose plus magistral que jamais, plus doux au regard qu'au Nord de Lima, plus clair, moins gris, mais toujours aussi sec, et les bicoques de carton installées dans cet univers de poussière qui vous donnent la chair de poule... Une petite oasis encaissée et parfaitement irriguée, et le désert à perte de vue. Nazca, huit heures d'attente dans un état transitoire, fatigue, chaleur et envie de se déchausser... Après les montagnes d'Ayacucho, le choc!
            Vers 16h, j'attrape au vol le Lima-Arequipa... Encore neuf longues heures de traversée du désert. L'océan apparaît peu avant la tombée de la nuit, juste après la traversée d'une brève oasis parsemée d'oliviers. Magistral, bordant ce désert de dunes.
            J'arrive à Arequipa à une heure du matin. Capucine, ma soeur aînée, m'a donné rendez-vous dans une auberge du centre. Elle s'y trouve avec toute sa belle famille : Olivier, ses parents et son frère Christophe. Les retrouvailles ont lieu le soir même.
            Arequipa, deuxième ville du pays, 2300 mètres d'altitude, posée sur un plateau encore très sec mais dominée au loin par des sommets enneigés, dont le fameux Misti, volcan culminant à plus de 5800 mètres. La ville blanche, réputée pour sa culture et le chauvinisme de ses gens. Ville qui a connu l'indépendance quelques jours et qui s'est toujours revendiquée ville à part.
            Architecture coloniale remarquable, ruelles propres et taxis homogènes, cette ville change en effet de ce que je connais du Pérou. L'ambiance... Visite du superbe monastère Santa Catalina, véritable ville dans la ville qui longtemps fut complètement coupée du monde extérieur. Ballade dans le quartier marchand, qui borde le marché principal. Concentré, animé, on passe des fruits et légumes au secteur du métal, puis à la grande feria du matériel scolaire motivée par la récente rentrée des classes.
            Moins de deux jours au final dans cette agréable ville qui vraiment me plaît et me laisse imaginer de belles choses. A peine le temps de s'en imprégner par un déjeuner au marché et quelques bières dans une vieille taverne, et l'on part pour Chivay, dans le canyon de Colca. Deuxième lieu le plus visité du Pérou après le Machu Pichu...
            Et pourtant, le village de Chivay, perché à 3600 m et qui borde le canyon en l'un de ses endroits les moins profonds, garde son atmosphère de petit village des Andes. On se trouve une pension très bon marché un peu excentrée et l'on profite tranquillement de cette fin de dimanche. La Plaza de Armas, démesurée par rapport à la taille du village, est entourée de pizzerías et de lieux touristiques... On y trouve même un Irish Pub! Mais vraiment, je suis surpris par l'authenticité du lieu, malgré toutes ces visites. On arrive d'ailleurs à se faire servir une soupe aux pates de poulet et un steack d'alpaca.
            Lundi et mardi, ballades dans le secteur. D'abord du côté de Cabanacondé, où l'on aura la chance de pouvoir admirer le vol des condors (au milieu de groupes de touristes français, belges et américains), puis vers Chivay... Vue sur les lointains sommets enneigés, cultures en terrasse fascinantes, et ce canyon tantôt profond de 1200 mètres et escarpé à vous en donner des frissons, tantôt ouvert et couvert d'une nature généreuse. Contacts sympas avec la population locale... Vraiment, endroit magnifique et finalement très bien préservé, sans doute du fait d'une volonté farouche de se protéger que l'on retrouvera d'ailleures tout au long du voyage. Quelques apéros et parties de coinche plus tard, le mercredi à 1 heure du matin, on part pour Puno, où l'on met les pieds vers midi après un beau parcours à travers l'Altiplano. Le lac Titicaca, un mythe qui prend forme...
             L'après-midi du vendredi est consacré à la flâne... Petite ballade dans cette ville minière plutôt agréable... Le centre, le marché artisanal, le port et le marché central (assez décevant), petite visite à Justine dans son centre d'économie solidaire... Et le lendemain, départ en bâteau pour l'île de Taquile. Petite pause au niveau des îles flottantes, dans la baie de Puno. Concept impressionant mais ambiance Disney Land : les habitants de ces minuscules îles de roseau accueillent notre bateau de gringos à coup de danses traditionnelles, et l'on se sent vite au zoo. Photo sur photo, entrée forcée dans ce qui reste d'intimité à ces gens, sur des îlots de 60 mètres  carré... et puis Taquile.
            Taquile, petite île de 5 km de long située à la sortie de la baie de Puno. Mille à mille deux cents habitants. A peine arrivé, on abandonne notre groupe de gringos qui repartira une heure et demie et un déjeuner en groupe plus tard. On prend une chambre chez l'accueillant Benjamín et on part à la découverte de cette île couverte de cultures en terrasses et parsemée d'eucalyptus.
            Une communauté aux rites encore bien conservés. Les hommes sont tous coiffés d'un bonnet pendant. S'il est entièrement rouge, c'est que l'homme en question est marié. Sinon, le bonnet est rouge et blanc. Les habitants que l'on croise durant notre ballade tricotent ou travaillent la laine en marchant... D'autres taillent des pierres pour la construction d'un nouveau bâtiment sur la Plaza Mayor... Les femmes portent des robes à milliers de volants et tous sont aimables avec nous.
            Le soir, dîner avec Benjamín et sa famille... Alors que l'orage commence à gronder, tous se mettent à siffler... pour le chasser. Notre hôte nous explique le fonctionnement de l'île. Le tourisme est la seule rentrée d'argent, le troc reste la pratique courante... Les quelques chambres d'hôtes et restaurants ouvrent à tour de rôle et une bonne partie des recettes est mise en commun. Les bateaux de tourisme sont régulés et tout est fair pour la préservation de la culture insulaire... Bien que depuis quelques années les mariages intercommunautaires soient autorisés...
            Après deux jours passés dans cet hâvre de paix, nous rejoignons Puno. Capucine et Olivier partent le soir même pour Cusco, tandis qu'avec Christophe, nous traversons la frontière bolivienne le lendemain matin (samedi)... En ce qui me concerne, uniquement pour une histoire de visa... Deux petites heures à Copacabana, le temps de manger avec les parents d'Olivier et Christophe, en Bolivie depuis une semaine... Et retour chaotique à Puno... Obligé de corrompre un douanier bolivien pour obtenir mon bon de sortie, et malade comme un chien durant tout le retour. Donc nouvelle nuit à Puno et le dimanche à 6 heures, bus pour Cusco. Huit longues heures...
            Cusco. Ou plutôt Ollantaytambo, dans la vallée sacrée, lieu de rendez-vous avec Capu et Olivier, en fin d'après-midi. Petit village inca, magnifique, tout de pierre et d'adobe. Eux ont visité l'onéreux Machu Pichu dans la journée. Lundi, visite du site d'Ollantaytambo, puis retour à Cusco dans l'après-midi...
            Cusco, bondé de gringos malgré la saison basse, mais il faut l'admettre, ville exceptionnelle. L'ambiance n'est pas des plus péruviennes et le nombre de restaurants et magasins de luxe est frappant, mais les ruelles bordées de ces immenses pierres de l'époque inca ont un charme inouï.
            Grosse soirée le lundi et donc mardi coupé en deux... Ballade urbaine au programme alors que le mercredi matin, nous sommes allé visiter les sites de Tambomach'ay et de Sacsaywaman. L'après-midi nous a permis de maudire le bolleto turistico, cher et qui pourtant donne accès à peu de choses dans la ville. Dernières parties de cartes autour d'une Cusqueña... Et je repars vers Ayacucho, tandis que le voyage de Capucine et Olivier s'achève le lendemain.
            Départ 19 heures pour moi, arrivée à 6h15 à Andahuaylas... et je remonte quinze minutes plus tard dans un nouveau bus, c'est parti pour onze heures et demi de piste abîmée... Paysages magnifiques, traversée de l'Apurimac, arrivée dans la région d'Ayacucho au niveau du Rio Pampas, puissant fleuve bordée d'impressionantes parois sèches mais au bord duquel les villages sentent déjà la selva... Bananiers et papayes, terrains de foot occupés, chaleur et ambiance détendue.
            Et encore pas mal de longueurs, sur mon siège non inclinable placé juste au-dessus des roues arrières... avant Ayacucho, 18 heures. Fin d'un beau voyage. Pour les photos, en bas à droite...

Publié par gaspalima à 17:44:40 dans - Escapades | Commentaires (0) |

Marcahuasi | 23 janvier 2007

            Jeudi en fin d'après-midi, on sonne à ma porte : Christophe et Alex, deux amis partis pour ne pas revenir une semaine auparavant... Ça tombe bien, j'envisageais de partir le week-end dans la Sierra de Lima ; ils sont motivés et ont une tente ! Samedi matin, 8 heures et demi, on monte donc dans le premier combi venu pour Chosica, petite ville située à 40 kilomètres du centre et qui fait encore partie de la municipalité de Lima. De là, il ne nous restera qu'une grosse trentaine de kilomètres à parcourir pour atteindre le petit village de San Pedro de Casta et commencer la marche...
            Mais les choses s'avèrent vite être plus compliquées qu'elles n'en avaient l'air. Arrivés à Chosica vers 9h45, on apprend que le prochain bus ne part qu'à 16h. On a la chance de tomber sur trois liméniens qui veulent faire le même trajet, on se cotise donc pour prendre un taxi. Nous sommes six, plus le chauffeur sept... et voilà qu'un ami du chauffeur monte aussi... Serrés comme des sardines, le taxi contourne vite l'axe principal pour nous amener dans des petites ruelles aux allures de coupe-gorge. Mais pourquoi ce deuxième type est-il venu aussi ? Parce que la route est longue et dure, disent-ils... On sort de Chosica toujours aussi compressés et dans une ambiance tendue. Ça sent le traquenard et avec la fatigue, la situation est de plus en plus inquiétante... Et encore plus lorsque l'on commence à s'enfoncer au milieu de ces immenses montagnes sèches et désertiques, dans le silence total, et que la piste se détériore de mètre en mètre. Je vois dans le rétroviseur le regard concentré et dur du conducteur, je sens la tension générale... Et l'on commence à monter, toujours plus lentement, le compteur indique 10km/h... Mais petit à petit, le trajet s'éternisant, l'ambiance se décrispe et c'est désormais le vide qui inquiète, ce ravin si profond et si proche de nous. Après deux heures de piste, on atteint un premier village... Plus que deux heures à tenir, congestionnés ! Et San Pedro de Casta, enfin, à 14 heures. Beaucoup de stress pour rien, mais personne n'aura compris au final pourquoi ce deuxième chauffeur est monté, gros de surcroît !
            Pique-nique sur la place du village, alors que le ciel commence à gronder et que l'air se rafraîchi. Il faut dire que l'on est déjà à 3 180 m d'altitude. Sans perdre de temps, on commence donc la montée. Les gens d'ici sont très aimables et nous ont indiqués une cabane dans laquelle on pourrait s'abriter en cas de pluie... Viennent deux ou trois heures de montée au-dessus du village. On prend petit à petit de la hauteur sur une vallée magnifique, encore étonnement parsemée de cactus. Et l'on arrive sur le plateau de Marcahuasi, à 4 100 m, en fin d'après-midi. Malgré une visibilité réduite, on aperçoit déjà quelques roches aux formes curieuses, quelques jolies ruines et une petite lagune. La cabane est vite trouvée, tant mieux car la pluie commence à tomber. Accompagnés de deux chiens qui nous ont suivi depuis le village, on boit un mate de coca (infusion de feuilles de coca) pour se réchauffer... Le coucher de soleil sera l'un des plus étonnants que l'on puisse voir et la nuit nous offrira, c'était inespéré, un magnifique ciel étoilé. Poulet a la brasa et soupe chaude, la soirée se déroule et s'écourte comme il se doit après une telle journée.
            Dimanche, 6 heures, j'ouvre l'œil. La luminosité dans la cabane laisse présager un ciel clair. Je me lève, il est en effet complètement dégagé ! Quelle chance ! Un rapide petit-déjeuner, un mate de coca, et l'on part explorer ce vaste plateau qui s'étend à présent à perte de vue. Magnifique ! Les bords nous permettent d'avoir une vue sur toute la vallée... Mais à la place, c'est une exceptionnelle mer de nuages que nous dominons. Trois heures à gambader sur le Marcahuasi, à s'émerveiller de chaque nouveau point de vue, à se laisser enfermer dans une sorte d'amphithéâtre naturel, à interpréter chaque nouvelle roche et sa forme animale... Nos chiens nous suivent et effrayent les quelques ânes et taureaux... Mais à part eux, le plateau est désert et le soleil commence à chauffer sérieusement. Vers 10h, après un petit encas à la cabane, nous plions nos affaires et entamons la redescente, par l'autre côté. Nous sommes vite pris dans un brouillard dense mais malgré tout lumineux, qui donne à ces paysages une ambiance très particulière. Avec la fatigue, et lorsque l'on arrive dans le village tout embrumé de San Pedro, l'atmosphère est complètement irréelle. A 14 heures, on prend le combi... Encore quatre longues heures pour rejoindre Chosica et le monde, pendant lesquelles il est impossible de dormir tant la piste est mauvaise... Un pneu crevé et quelques péripéties plus tard, on arrive à destination ; une dernière heure de combi pour rejoindre le centre de Lima et enfin, à 19h30, la porte de chez moi. Fin d'un week-end d'une intensité rare, et ce à quelques 80 kilomètres du centre de Lima !
Je vous laisse voir les photos d'Alex, en bas à droite...

Publié par gaspalima à 23:53:42 dans - Escapades | Commentaires (3) |

De Lima à Lima... en passant par l'Equateur (les photos sont là! Un clic en bas à droite) | 06 janvier 2007

 

Voila un petit résumé de mes trois semaines de vacances... Bonne année à tous!


 Le désert de Sechura Samedi 15 décembre, départ en début de soirée... Longue nuit de bus, presque quinze heures, pour rejoindre Piura, sur la côte Nord du Pérou (à 50 km de l'océan). A peine arrivé, je monte dans un combi pour rallier Sechura, petit village que je crois au bord de l'eau... Encore une bonne heure entassé dans le petit véhicule, puis l'on me dit de continuer sur quelques kilomètres si je veux voir la mer. Je suis lâché un quart d'heure plus tard, au milieu de rien, si ce n'est du désert de Sechura...

  Mon bus s'éloigne et je sens l'aventure qui commence... J'aperçois tout de même au loin quelques baraques ; je m'approche, l'océan se fait entendre, et enfin la plage... et une demi-douzaine de camions ! C'est en fait le « port » de Sechura, où les bateaux de pêche débarquent leur marchandise. Je trouve un bouiboui pour manger un poisson frit, mon gros sac aux pieds, puis vais me baigner dans une eau déjà un peu réchauffée, (le courant froid d'Humboldt sévit sur quasiment toute la côte péruvienne). Journée au soleil, puis je tends le pouce pour aller à Sechura et négocier une chambre pour la nuit.
 Lundi matin, je regagne Piura, et de là prends un bus en début d'après-midi pour Loja, Equateur.
 Equateur, premières impressions

Huit longues heures de car en pleine journée... La traversée du désert, puis l'arrivée dans la cordillère, douce montée dans un paysage aride parsemé de ceibos, arbres magistraux et tout juste verdoyant, de la famille du baobab. Frontière. A pieds, traversée d'un petit cour d'eau et passage en Equateur. Premier village : les toits des maisons sont recouverts de vieilles tuiles, et les ruelles sont propres. Puis la nuit tombe et le voyage s'éternise. Et Loja, enfin. Accompagné de David, péruvien rencontré dans le bus, je rejoins le centre ville, à pieds dans la pénombre. Les rues sont propres, les maisons ne sont pas barricadées, l'ambiance est apaisante... Et puis le centre, les vieilles maisons coloniales entretenues, aux balcons boisées, les feux tricolores respectés et les taxis uniformes, les voitures neuves... Changement radical ! Je trouve une chambre à prix raisonnable, en dollars s'il vous plaît : la monnaie nationale, le sucre, a été remplacée en 2000 par la devise nord-américaine !
Le mardi, je pars à la visite de cette petite bourgade si tranquille... que je m'y emmerde ! L'ambiance évoque plus les villes de chez nous que celles du Pérou, vraiment, et tout seul, les scènes à observer manquent ! Je fais le tour, une fois, deux fois, vais manger un « almuerzo » à 1.5 dollar (menu complet, soupe, riz blanc et poulet, formule qui reviendra quasiment tous les jours pendant le voyage), puis cherche désespérément une terrasse de café pour bouquiner. Je finis par arriver à mes fins, et me plonge dans l'univers des Balkans (N. Bouvier, L'usage du monde), à tel point que j'ai du mal à me situer en sortant de ma lecture ! Et puis je tue le temps, en observant les petits cireurs de chaussure sur une place, je dîne mexicain et file au terminal de bus. Encore une nuit de car.




Quito


Route sinueuse, nuit peu confortable... Mais Quito à l'arrivée. Je monte dans le bus et pars à la recherche d'une chambre dans le centre. Sitôt fait, j'écris un mail à Robin pour lui indiquer le lieu de rendez-vous. Il n'arrive finalement que deux petites heures après moi, en compagnie d'une amie, Julie.
On reste dans la belle capitale (à 2800 mètres d'altitude, la deuxième plus haute du monde après La Paz) jusqu'au vendredi, fin de matinée... Visite et marche dans le centre colonial, charmant, propre presque jusqu'à l'étincellement, dans le Quito moderne, gringoland et boîte salsa qui nous vaudra une belle gueule de bois le jour du départ ; foot en compagnie des locaux, et puis pas mal de pluie.


  Latacunga, Zumbahua, Quilotoa et Condor Matzi

Vendredi midi, donc, départ vers le sud, Latacunga. Petite ville pas désagréable dans laquelle nous passons l'après-midi et la nuit, avant de filer vers Zumbahua... Deux heures de route magnifique, durant lesquelles on s'enfonce dans la cordillère occidentale de l'Equateur... Jusqu'à ce petit village dans lequel on s'établira pour quatre jours.

Première journée tranquille, celle du samedi. Montée au Cerro Tacaxa qui surplombe la vallée. Et la soirée se déroule autour d'un pneu brûlé avec les jeunes du village, on leur chante nos chansons françaises en réponse à leurs complaintes locales.


Le sommet du fond est notre objectif du lendemain : la laguna Quilotoa, établie dans le cratère du volcan du même nom. On y va en transport en commun, entassés dans un pick-up avec les indigènes et leurs sacs de patates, de fèves et d'œufs. Journée de marche autour du lac, magnifique mais assez dure, il faut l'admettre, étant donnée l'altitude (Zumbahua est à 3400, le lac à 4000)... Redescente sur les rotules, et il faut encore marcher sur la piste en attendant le véhicule salvateur. Il finira par arriver et nous reconduire au village. C'est Noël ! 

 Et la fête à Zumbahua ! Sur fond de salsa quechua (assez répétitive !), les locaux dansent, plus ivres les uns que les autres. Tandis que l'on achète de quoi faire le pot-au-feu, au mouton... Il faut dire que les choix ne sont pas multiples ! On invite à notre table quelques Quiteños en « mission » professionnelle dans la sierra profonde, malheureusement nous avons bien entaché la fameuse réputation de la cuisine française ! Mouton caoutchouteux et jus trop gras... Mais l'atmosphère de Noël est là ! Rhum chaud à la cannelle et cours de salsa sur le trottoir au programme pour la suite de la soirée.
      Le lundi, malgré le temps menaçant, nous partons en début d'après-midi, équipés d'une tente et d'un réchaud, bivouaquer à 4000m, au pieds du Condor Matzi que l'on espère « gravir » le lendemain matin. Après deux petites heures de marche, on commence à chercher un endroit plat pour s'installer... Et la pluie fait son entrée. La tente est plantée lorsqu'elle se transforme en grêle, les perspectives ne sont pas réjouissantes. Jusqu'à la vue de cette petite chaumière, une aubaine alors que le brouillard pénètre la vallée et recouvre le Condor Matzi.

       Certes l'on n'arrivera pas à allumer de feu, mais le bouillon au mouton trop gras de la veille s'avère être en fait la meilleure soupe du monde et les modestes pâtes que l'on y fait cuire prennent des allures de festin... On chante pour se réchauffer, aidés aussi par le reste de rhum, avant d'aller s'entasser dans cette tente trop petite, pour sombrer dans un sommeil chaotique.
      Le matin n'a pas dissipé le brouillard, et Robin monte seul au sommet... Jusqu'à ce j'entreprenne, finalement, de le rejoindre... Puis Julie... Ascension assez rapide et sans grande difficulté, si ce n'est encore une fois l'altitude qui coupe le souffle. Puis l'on redescendra replier la tente et rejoindre Zumbahua sous un léger crachin.
      Après-midi relaxante, sur le balcon en bois de l'hôtel, puis foot avec les locaux et la journée se poursuit sans rien de marquant.
      Le mercredi, lever à l'aube, direction la côte.
 
Puerto Lopez ou la ruta del sol Très longue tournée de transport. Escalade de la cordillère occidentale et redescente sur des versants qui prennent bientôt une verte tonsure de forêt équatoriale. Soixante-dix dans un bus quarante place, asphyxiant. Quevedo, almuerzo, et de nouveau le bus, jusqu'à Porto Viejo. Bananiers, cannes à sucre, haciendas en veux tu en voilà. Porto Viejo, le temps d'insulter un vieux rabatteur exaspérant et l'on repart pour les deux dernières heures, dans un bus vide. Avachis dans le fond, on fume tranquillement en longeant la côte pacifique et l'on arrive enfin à destination. Bain de nuit dans l'océan presque aussi chaud que l'air ambiant et poisson frit. L'été après l'hiver.
            Jeudi, journée plage... Après quelques emplettes, à savoir tongs, ballon de volley et matelas pneumatique, on est prêts ! Ceviche équatorien, qui est loin de valoir le péruvien, et soleil, baignade...
            Vendredi, bateau. Petit tour organisé par la famille dans laquelle on loue une chambre. Pêche (et ceviche avec le poisson pêché), baignade, masque, palmes et tuba, plage sur une île et quelques frayeurs sur la fin, journée sympa avec une famille de Quito, quelques anglais et deux japonais. Et dîner tous ensemble le soir.  

 Montanita, autre ambiance

Le samedi en fin de matinée, on tend le pouce pour rejoindre Montanita et quelques potes de Lima... Une petite heure à l'arrière d'un pick-up pour arriver dans le paradis des touristes ! Ambiance surfeur, pas l'endroit rêvé... On trouve une chambre pas trop chère un peu à l'écart (car évidemment les prix sont exorbitants), une belle plage assez tranquille, après-midi baignade et foot sur la plage. Puis la fête. Le 30, d'abord. Grosse fête. 31, grosse gueule de bois. Agonie sous la chaleur torride. Le soir, foie gras, et re-fête. Feu d'artifice sur la plage à minuit, et puis jusqu'à pas d'heure. Les gens viennent de partout, Pérou, Equateur, Colombie, Porto Rico, Europe... Et le 1er, vous l'aurez compris... Grosse gueule de bois ! En milieu d'après-midi, on décide de fuir la cohue et de finir le séjour quelques kilomètres plus au Sud. On choisit Valdivia sur la carte, à 10 kilomètres seulement. Un monde !
      Encore en stop, encore à l'arrière d'un pick-up, on débarque dans ce petit village et l'on cherche une chambre. L'hôtel est fermé parce qu'il n'y a plus d'eau... « Allez voir au musée ». Le musée est fermé parce que celui qui a la clé est encore bourré, festivités obligent. On a compris, il va falloir changer de village. On regagne la route, prêts à tendre le pouce, lorsque l'homme qui nous avait guidé jusqu'alors revient pour nous proposer de nous héberger chez son frère. Une petite bicoque plus que modeste, mais une famille incroyablement accueillante. Petit dîner dans la rue voisine et soirée très, très courte.
      Le lendemain, on attaque la redescente à Lima


 La descente finale
 Mardi matin, 2 janvier, on rejoint Guayaquil, la plus grande ville du pays, en stop (à l'arrière d'un pick-up bien sur). Deux bonnes heures, puis la journée dans cette ville portuaire pas si désagréable que sa réputation ne laisse à penser. Puis nuit dans le bus, jusqu'à Piura, tandis que Julie file vers Loja. Petit-déj' à Piura, et trois heures de car jusqu'à Chiclayo. Trois heures de transit, pour déjeuner et visiter un tant soit peu cette ville aux tons pastels assez plaisants. Trois heures de bus jusqu'à Trujillo. Soirée sur place.
      Le lendemain, on part visiter la Huaca del Sol et la Huaca de la Luna, deux temples datant de la civilisation Moche (entre le IV et le Xème siècle mas o menos), tout de torchis (boue, paille et coquillages) ! Conservation permise par un climat extrêmement sec. Visite intéressante. Et après-midi de flâne dans ce centre-ville si coloré et si bien restauré. Vraiment, ville plaisante. Et le soir, on rejoint Lima, au prix d'une dernière nuit de car. Arrivée vers 7h, bien sur je n'ai pas les clés de chez moi, il faut attendre un peu devant la maison de la famille dans laquelle je vivais... Qui nous accueille finalement à sa manière, si bien que l'on sort de chez eux avec le sourire aux lèvres ! Et tout le quartier semble incroyablement ouvert ce matin : chaque personne à qui on demande un renseignement nous donne son adresse et nous fait promettre de venir lui rendre visite. Et puis je retrouve avec plaisir les quelques commerçants du coin qui me sont devenus familiers. Bref, retour à Lima.

Publié par gaspalima à 21:21:35 dans - Escapades | Commentaires (0) |

¡Próxima estación... Ecuador! | 15 décembre 2006


 



Demain soir, 19h30, je monte dans le bus, direction Piura, tout au Nord du Pérou... Si tout va bien, j'y arriverais le dimanche vers 10h30, et c'est ici que l'aventure commencera! Jusqu'au 5 janvier... Je retrouverais sans doute Robin à Quito, le mercredi 20, et puis après, on verra bien! Je vais faire en sorte de vous donner quelques nouvelles pendant le voyage... A bientôt!

Publié par gaspalima à 22:16:14 dans - Escapades | Commentaires (0) |

La Caleta Vidal | 10 décembre 2006

Vendredi, fête de l'Immaculée Conception, jour férié. Jeudi, comme le gouvernement en a à distribuer, jour férié, également. Jeudi soir, grosse soirée. Comme il se doit. Arrivée chez moi vers 8h du matin ; 10h à Miraflorès ; 11h, on est prêts, les courses sont faites, la tente et le sac de couchage sur le dos, on part deux jours camper sur une plage du Nord, à quelques 180 km de Lima... Arrivée 16h, et oui le Pérou est bien loin du TGV... La Caleta Vidal.
 
            Petit village de bord de mer, de pêcheurs, petit village tout de sable vêtu, havre de paix, ambiance quasi-mystique à la nuit venue... Rafael, Katy et Mauricio, trois amis de longue date, cinquantenaires qui vivent ici une partie de l'année, nous accueillent au crépuscule, après la plage ; ils nous offrent le dîner, l'hébergement et nous racontent la vie et les personnages du village...
 
            Le sempiternel nu-pieds, qui le jour où il a porté sa première et unique paire de chaussures, a fait quinze fois le tour de la place du village en fixant ses pieds, avant de finalement se déchausser et de jeter les zapatos lacées ensemble ; elles sont restées plusieurs semaines accrochées aux fils électriques, entre deux poteaux.
            Le vieil avare qui se fait passer pour un fou, les multiples couples liméniens qui se sont rencontrés dans ce village envoûtant, le jour où l'électricité est arrivée, puis l'éclairage public, les parties de pêche, les fêtes traditionnelles, les réveillons, l'anniversaire du vieux Juan qui ce jour-là a porté crânement sa première cravate... Voilà pour le vendredi.
            Au passage, Mauricio m'a fait cadeau d'une toute petite amphore trouvée dans les parages au milieu de milles et une merveilles datant d'avant l'an 0...
            Le jeudi, on est allés à Caral. Au kilomètre 184 de la Panaméricana Norte, se trouve le chemin qui mène à la ville la plus ancienne de toute l'Amérique... Une heure et demie de piste à 8 dans un taxi 5 places (23 km) pour remonter 4900 ans d'histoire... Indiqué dans aucun des guides que j'ai parcouru jusqu'à présent, le site est perdu au milieu du désert.
 
 Une bonne heure de visite, puis nous sommes allés un peu plus loin, dans le village de Caral, où ont lieu les fêtes annuelles à cette période. Habits traditionnels indiens, musique et danses, nous sommes vite invités sur la piste sableuse, la troupe se déplace de maison en maison pour la célébration... La Chicha Jora (boisson de maïs faiblement alcoolisée) ne m'aide pas particulièrement à m'endiabler mais le résultat a le mérite de faire rire les autochtones !
            Après l'épisode Caral, nous sommes retournés à la Caleta, histoire de profiter un peu de la plage, de prendre en se qui me concerne mon tout premier bain dans un Pacifique glacé (les courants chauds sont bien plus au Nord), avant de regagner Lima en début de soirée, en bus après une tentative de stop ratée...
 
            Voilà le bilan de deux jours hors de Lima avec de vrais liméniens, très vite passés mais si dépaysant...
            Les photos sont sur votre droite... !



Publié par gaspalima à 22:58:37 dans - Escapades | Commentaires (0) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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