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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

La fabuleuse hospitalité des habitants de Huatuscalla | 05 mars 2007


             Samedi matin, j'avais une reunion à Huanta, la toute petite capitale de la province frontalière à la mienne, celle de Huamanga. Il s'avère qu'elle a été annulée, forcément, il y avait trois personnes sur les quinze attendues, très décevant mais ce n'est pas de ça dont j'ai envie de vous parler. Car après nous sommes partis marcher, avec un ami, dans les environs de Huanta. Trois heures de ballade agréable sur une piste accidentée, à croiser des locaux tous plus chaleureux les uns que les autres... "Et gringo, où vas-tu?", "Eh gringo, goute mes tunas (figues de barbarie)!", et je vous en passe. Après une dizaine de kilomètres, on arrive au pieds d'une dernière petite colline à gravir, de laquelle la vue sur le spectaculaire canyon de Huatuscalla est imprenable. La pause s'impose, alors que le ciel prend des allures menaçantes et que nous n'avons pas de tente pour passer la nuit... qui s'approche à grand pas! Nous redescendons vers 18 heures au pieds de la colline, où se trouve un hameau de dix maisons tout au plus. Nous avions déjà repéré la sommaire chapelle aux portes ouvertes, nous demandons au premier villageois d'y passer la nuit : quelle question! Bien sûr, soyez les bienvenus! Et ce n'est qu'un début... Voilà qu'un homme qui revient des champs vient nous offrir huit mangues. La nuit tombe vite, le froid arrive, on s'installe dans un confort spartiate, sur un sol dur et caillouteux... Mais la mamacita d'en face vient nous proposer des couvertures en quechua... Ses quelques mots d'espagnol nous permettent finalement de la comprendre et de la remercier comme il se doit. Après quelques heures allongé en vain, à observer les trous au plafond et à écouter l'orage gronder au loin, je sors sous une nuit très claire ; c'est la pleine lune. Le sommeil ne me vient pas et je fume une cigarette... Deux silhouettes se dégagent au loin et s'approchent, ce sont deux femmes qui me signalent avoir apperçu deux voleurs de bêtes dans les parages, mais que ne l'on s'en fasse pas, le village veille...
           
Et vient le sommeil, à peine gêné par la pluie qui dégouline jusqu'à nous. Le dimanche, on se lève dès 7 heures, le brouillard bouche la vue et la pluie n'a pas cessé, mais le village vit déjà, au rythme de la lumière (il n'ont pas d'électricité). Le voisin vient nous offrir des bananes, puis celui de la maison du fond vient nous chercher : il est temps de prendre le petit-déjeuner! Une soupe chaude, un avocat, du maïs grillé... Et une tisane chez la vieille voisine... Avant de repartir vers 9h30 sous une pluie de plus en plus fine. Quel accueil incroyable! Redescente glissante, sur un terrain boueux, mais le soleil apparaît et donne des couleurs magnifiques à toute la vallée. Nous regagnons Huanta vers midi, et après un petit tour dans le spectaculaire marché dominical, qui fonctionne encore beaucoup au troc, nous rejoignons Ayacucho, éblouis par la générosité de ces gens. Quelques photos en bas à droite...

Publié par gaspalima à 22:15:23 dans - Ayacucho | Commentaires (2) |

Olccohuasi et les sorties "professionnelles" | 23 février 2007

Jeudi matin, rendez-vous 3h30 du matin au départ des combis ; direction Olccohuasi... Lever difficile et longue attente, il faut que le seul bus de la journée se remplisse... à quatre heures et demi passées, on part, surchargés comme à l'accoutumée. Quinze minutes de route asphaltée pour grimper la côte ouest de Ayacucho, puis une grosse heure de piste de plus en plus mauvaise et descente dans une nouvelles vallée. A 6 heures du matin, je pose les pieds dans le minuscule village d'Olccohuasi avec Esperanza, la psychologue d'ADEHR, Karim, l'avocate, et Maximó, un anthropologue de la médecine légale d'Ayacucho... Village de dix bâtisses à tout casser, posé au milieu d'une vallée aride mais d'où l'on apperçoit au loin des montagnes vertes et rouges, et qui offre par endroits des parcelles de luxuriante végétation grâce à une irrigation réussie. Situé à à peine plus d'une heure de la capitale départementale, la population a été oubliée lors du dernier recensement ; elle n'existe pas. Les poteaux électriques et les lampadaires font illusion, mais non, il n'y a ni lumière, ni eau potable, ni téléphone ni même radio. Rien. Mais l'accueil est chaleureux, les habitants sortent tour à tour de leurs maisons, sortis de leur sommeil pour répondre à nos questions avant d'aller faire paître les bêtes. Avec Maximó, nous partons presqu'immédiatement à Chacapukiu, un autre de ces villages abandonnés, à une heure de montée du premier. Le paysage est extraordinaire. Il a là-bas une femme à voir, une mère de victime à qui il doit imposer un long questionnaire pour avoir une description précise de la disparue : en avril, les corps vont être exhumés, analysés pour être reconnus, et en cas de succès les actions en justice pourront démarrer. Après une longue course poursuite dans les hauteurs, on finit par trouver cette Mama Eugenia, occupée dans ces champs. L'entretien se fait en quechua et je ne comprends rien, mais les larmes de cette vieille femme me suffisent à saisir l'essentiel. On redescend vers 11 heures, mes deux collègues ont à peu près fini leurs questionnaires, et le combi ne tarde pas à arriver... Plein comme jamais... Autrement dit, il n'y vraiment pas la place de rentrer quatre personnes! Mais comme dans ce pays, on finit toujours par s'arranger, on se retrouve à huit sur le toit, vingt-trois à l'intérieur, sans compter les sacs de patates et les fargots de bois, et le véhicule de vaciller pendant une heure et demie sur des pistes vertigineuses, sincèrement le trajet le plus impressionnant depuis que je suis dans ce pays! Mais le petit Toyota tiendra bon jusqu'à la route asphaltée, à partir de laquelle on est susceptible de croiser des patrouilles de police... Il faut donc finir à pieds, ça tombe bien car nous avons une ultime personne à rencontrer dans les hauteurs rurales d'Ayacucho... Les déplacements professionnels à Ayacucho, ça vaut le détour! Et puis quelques premières photos en bas à droite, je viens de me racheter un numérique, allimentant sans scrupule un marché noir qui m'a eu...!

Publié par gaspalima à 01:30:37 dans - Ayacucho | Commentaires (0) |

Carnaval et folklore ayacuchano | 23 février 2007

Voilà presque deux semaines que je suis installé dans cette petite et paisible ville des Andes, et en ce mois de février le carnaval bat son plein... Depuis le début du mois, les bombes à eau fusent en tous sens, lancées des balcons, des mototaxis ou du trottoir d'en face, et il n'est pas rare de prendre un seau d'eau sur la tête durant le week-end... Mais depuis samedi, ça redouble! Les festivités ont officiellement commencé, les groupes costumés défilent toute la journée, les femmes chantent et les hommes accompagnent à la guitare, à la flûte et à l'accordéon... Complaintes ayacuchanas, en quechua et chantées avec cette voix aigue si progre aux indiennes d'ici ; l'alcool coule à flot du matin au soir et fait des ravages...
            C'est d'ailleurs bien souvent à l'alcool que sont liées les multiples anecdotes qui font partie du folklore d'Ayacucho... L'instituteur d'André, le fils de mon hébergeur, qui frappe à la porte un dimanche à 11h du matin, pour réclamer son salaire afin de pouvoir continuer à boire... Le patron du Kimbara, discothèque qu'avait réservée Laurent (un volontaire parisien) depuis un mois pour fêter son départ, aux abonnés absent le samedi soir en question : ivre mort quelque part dans la ville alors que sans lui personne ne peut éclairer la salle... Et puis les coupures générales d'électricité à répétition, les coupures d'eau qui vous empêchent de tirer la chasse d'eau pendant une journée entière... Mais toujours et toujours les complaintes des guitares d'Ayacucho...

Publié par gaspalima à 01:20:47 dans - Ayacucho | Commentaires (1) |

Rectificatif | 09 février 2007

J'ai dit que la ville d'Ayacucho était encerclée de monts "encore verts"? N'importe quoi! Elles sont blanches, grises, beiges, marron, voire blanches quand le ciel se découvre au Nord et à l'Est, et noires quand l'orage y sévit ; et adoptent tout les tons du vert à l'Ouest comme au Sud, certaines ont même des teintes ocres...

Sinon tout va toujours bien, j'ai discuté du prix de ma chambre avec mon hébergeur, il m'a proposé 50 soles (12,5 euros), je n'ai pas pu cacher ma surprise, et finalement on a convenu que je lui en payerais 80 (20 euros) en échange de quoi il va m'acheter un meuble pour ranger mes affaires, et puis je peux partir quand je veux... Impeccable! Et puis mes enquêtes à Huanta ont commencé hier, et ce n'est pas gagné! Demain j'y anime une réunion à laquelle assisteront une dizaine de proches de victimes, il faut bien se lancer hein! Concernant le papier sur le Sentier Lumineux qui suit, il est loin d'être complet et tout n'est sûrement pas clair, alors pour ceux que ca intéresse n'hésitez pas à poser des questions! Et puis il sera prochainement complété...

Publié par gaspalima à 23:30:14 dans - Ayacucho | Commentaires (2) |

Ayacucho, petite présentation et premières impressions | 07 février 2007

Me voilà à Ayacucho, petite ville de 200 000 habitants, posée sur un plateau à 2 800 mètres d'altitude et encerclée par des monts encore verts...
La ville aux 33 églises, réputée aussi pour ses maisons coloniales, est dotée d'un charme indéniable. Accueilli par le soleil et un ciel bleu limpide à 7 heures du matin, j'ai posé mes affaires chez Ivan, un avocat avec qui je vais travailler et qui vit seul avec son fils de 9 ans, André.
Les conditions sont bien plus modestes que ce que j'ai connu à Lima, et la douche froide risque de ne pas être facile tous les jours, mais au moins je m'approche beaucoup plus de la réalité provinciale du Pérou. Je reste donc là jusqu'à nouvel ordre.
Ayacucho, c'est avec Huancavelica l'une des deux régions les plus pauvres du Pérou. L'ambiance de la ville est très rurale, tout le monde se connaît ou presque ; les paysans viennent vendre leurs produits dans des marchés animés et colorés, et donc partiellement Quechua “hablante”... Je pense d'ailleurs prendre quelques cours pour acquérir les bases...
Et puis la région est aussi tristement célèbre pour avoir accueilli les plus sanglantes batailles de l'Indépendance, et beaucoup plus récemment pour avoir été le berceau de la guérilla entre le Sentier Lumineux et le pouvoir militaire (1980-2000)... Thème sur lequel je vais travailler et dont je vous dirais plus au fur et à mesure.
La saison des pluies, qui s'étend de janvier à mars, s'est illustrée à 17 heures : des trombes d'eau soudaines qui ont transformé en moins d'une heure les rues pentues du centre en véritables torrents, qu'il faut donc traverser en sautillant, ce qui n'empêche pas les pieds de se tremper. Puis l'alcalmie.
Bref, la première impression, à chaud, est excellente et les gens paraissent bien accueillants. Jeudi, je commence le travail de terrain à Huanta, à 45 minutes de combi...

Publié par gaspalima à 18:29:58 dans - Ayacucho | Commentaires (0) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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