Comme j'en ai parlé à certains déjà, l'un des projets de mon stage est d'organiser une campagne de nettoyage au Cerro el Pino, cette colline si pauvre et insalubre du quartier de la Victoria... Personne n'y paye ses impôts, et personne (ou presque) ne se préoccupe des problèmes d'hygiène. Les difficultés sont donc multiples à la base : comment nettoyer la colline, comment sensibiliser les gens, et même avec toute la bonne volonté de chacun, comment ensuite organiser un ramassage des ordures régulier sans l'appui de la municipalité?!
Il a donc fallu dans un premier temps aller rencontrer tous les responsables locaux : le centre de santé du Pino, la table de concertation, la junta directiva, à chaque fois en tâtonnant, les bonnes soeurs étant incapables de communiquer la moindre information, la moindre piste... Ce fut donc une très bonne surprise de voir à quel point les gens se bougeaient et s'organisaient sur le Cerro, cet espèce de misérable village abandonné en plein milieu de Lima!
Bref, le temps a passé, les idées se sont structurées, les rencontres se sont succédées... Jusqu'à ce que la soeur Adella, pour nous aider à finaliser les choses, ne nous recommande d'aller rendre visite à Señor Armas, chef d'entreprise et candidat aux municipales (les élections ont lieu le 19 novembre). Nous y sommes allés hier, nous avons été recus comme il se doit ici, et nous avons appris de cet homme que la grosse ONG péruvienne Ciudad Saludable allait présenter le jour même à de potentiels financeurs espagnols... un projet de collecte des ordures pour le Cerro el Pino! Voilà près d'un mois que l'on cherche des renseignements de toutes parts, et personne n'a été foutu de nous parler de ce projet!!! Il faut préciser que la colline compte 20 000 habitants, ce qui n'est pas énorme, et que Ciudad Saludable travaille avec l'association des professionnels et des techniciens du Cerro el Pino et avec ce señor Armas! Autrement dit les soeurs comme tous les dirigeants que nous avons rencontrés jusqu'à là auraient du être au courant! Incroyable!
Ceci dit le bilan est plutôt positif car nous allons à présent nous insérer dans un programme plus important et plus durable. Nous avons rencontré toute l'équipe hier après-midi, qui s'est montrée très intéressée par nos idées et prête à composer avec nous. Mais voilà un bon exemple de la désorganisation à la péruvienne! Imaginez qu'il faut chaque jour composer avec, dans un pays inconnu et sans appui ou si peu!
Publié par gaspalima à 00:26:01 dans - Mon stage | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par gaspalima à 18:48:47 dans - Petites histoires liméennes | Commentaires (1) | Permaliens
Encore une histoire comptée par Romel, autour d'un verre de chuchito, à la nuit tombante...Une légende que l'on raconte dans son petit hameau, et qui date d'il y a fort longtemps, à l'époque où l'on y vivait encore en autharcie... Un des habitants, en se promenant le long du torrent un soir de clair de lune, aurait appercu une femme blanche, endormie. Le lendemain, il en informa ses amis, qui tous ensemble décidèrent à en avoir le coeur net... Une blanche, ici? Qui vivrait dans la nature?
En remontant le torrent, en effet, ils finirent par appercevoir au loin une silhouette, puis cette femme, blanche et terriblement belle. Celle-ci plutôt craintive, et extirpée de son sommeil par le bruit de la troupe, leur parla ainsi : "je suis une déesse, et je vis ici dans la jungle. Je n'apparaîs que les soirs de pleine lune. Je vais vous proposer un marché : je veux que vous preniez soin de moi, que vous me protégiez des étrangers, en échange de quoi je ferais de cet endroit un véritable paradis. Mais si par contre, il m'arrive malheur, je disparaîtrais à jamais, et cet endroit deviendra un enfer". Sur cette dernière parole, elle plongea dans le torrent et disparu aussitôt, laissant place à un divin halo lumineux. Ainsi les habitants surent qu'ils venaient de rencontrer une déesse. Ils se décidèrent donc à respecter le pacte.
Et le lendemain en effet, l'endroit s'était transformé : les arbres abondaient de fruits, le climat était doux, les animaux, tous paisibles et inoffensifs, se laissaient attraper sans la moindre difficulté...
Ainsi continua la vie du hameau, en harmonie totale avec cette nature si généreuse.
Mais un jour arrivèrent deux étrangers, qui séduits par l'endroit, s'installèrent. Bien vite, les autres habitants leur racontèrent qu'ils protégeaient une déesse, et tous ensemble, ils irent lui rendre visite. "Cette femme est bien belle", se dit l'un des deux hommes. "Et je ne crois pas à leurs histoires de déesse. S'ils la protègent ainsi, c'est qu'elle est la princesse et qu'elle est destinée à reigner. Demain, à la tombée de la nuit, nous irons lui rendre visite, seuls". Et le lendemain, à l'insu du reste du village, les deux hommes s'en retournèrent au torrent, l'esprit bien mal intentionné. Arrivés à la femme, et malgré leur étonnement de la voir jaillir de l'eau de la sorte, ils s'employèrent à la capturer.
Alors une lumière divine apparut, et les deux hommes sentirent le corps de la déesse se durcir et se transformer en pierre, progressivement, des pieds jusqu'à la taille... Affolés, ils prirent leurs jambes à leur cou, et plus personne jamais ne les vit.
Le lendemain, au lever du soleil, l'air s'était transformé, une odeur de pourriture régnait sur le village ; les fruits étaient tombés des arbres, les animaux étaient devenus agressifs, le chaos s'était intallé. Les habitants, effrayés, se précipitèrent dans la jungle devenue si hostile, et au prix de la traversée de multiples dangers, finirent par voir le buste de la déesse incrustée dans la roche.
A partir de ce jour, les habitants du village durent travailler rudement la terre pour vivre, et la misère s'installa sur la région.
Puis vinrent le narcotrafic et le terrorisme...
Publié par gaspalima à 01:23:19 dans - Escapades | Commentaires (0) | Permaliens
J'en avais entendu parler avant, le témoignage de Romel, cinquantenaire du coin, n'en fut pas moins prenant... Ca parle de terrorisme, ca parle de narco-trafic, ca parle de terreur militaire. En quelques mots, il nous a décrit l'ambiance qui régnait à Tingo Maria jusqu'à peu. D'un côté, les militaires, tueurs à l'aveuglette, capables de raffles inexpliquées à tout moment. Et de l'autre, les terroristes, tueurs viseurs, moralistes, en mission... Prendre parti pour l'un comme pour l'autre coutait la vie, car dans les petits coins tout se sait vite... Alors il fallait éviter de parler à qui que se soit, se cloîtrer, ne pas faire de pas de travers (les terroristes vous tuaient pour avoir trompé votre femme, le militaire par saute d'humeur... où pour vous avoir vu adresser la parole à un terroriste)...
Romel nous a au final vanté les bienfaits de Fujimori (président du Pérou de 1990 à 2000), qui bien que bafoueur des droits de l'homme et corrompu fini, a eu le mérite de mater cette guérilla... Mais à quel prix!Et en plus de ca, les traficants de cocaïne, une vraie mafia qui aujourd'hui encore sévit non loin de la ville (et ce n'est pas pour autant qu'on prendra partie pour l'éradication des cultures de coca)...
Publié par gaspalima à 00:59:41 dans - Escapades | Commentaires (0) | Permaliens
Comme je l'ai expliqué plus tôt, cette semaine à Tingo Maria était l'occasion pour dix délégations de dix universités différentes de se regrouper et de parler ensemble de l'environnement... Mais en plus, ces étudiants étaient là pour gagner des concours : celui du meilleur projet en priorité (des projets du type recyclage de déchets dans tel ou tel district...), mais également les concours de la Noche cultural!
Je pose le décor : un genre de salle polyvalente dans lequel l'on vient dîner quelques spécialités locales (souvent à base de bananes plantins), occasion dont quelques artisans locaux profitent pour essayer d'écouler leurs stocks... Puis le show commence : un espèce de clown maquillé débarque bruyamment et chauffe la salle ; un grand cercle se forme autour de lui, et bientôt, un représentant de chaque université est invité à le rejoindre... Sans oublier le représentant francais...! Je me retrouve bientôt à devoir imiter les chiens de tous les coins du pays, micro en main ; le byzut est bon enfant... Le gagnant (à l'applaudimètre) devra ensuite danser sur scène avec une hôtesse prévue à cet effet...
Et vient le tour des filles : l'election de la Miss! Il paraitraît que le mot macho vient du Pérou... En tous cas, les représentantes des diverses universités ont alors eu comme défi d'être jolies et de savoir danser, le plus chaudement possible! Et il faut voir comme elles en voulaient, vraiment elles le voulaient ce trophée! Finalement Miss La Molina a gagné au pierre-feuille-ciseau contre Miss Tingo Maria, l'épreuve de la bière cul sec n'ayant pas pu les départager!
Pourquoi pas après tout! En tous cas ca n'a pas eu l'air de choquer qui que soit ici! Il faut préciser que dans ses spots de promotion du tourisme, la municipalité met en avant ses belles grottes, sa faune, sa flore, ses belles cascades et... ses belles filles!
Publié par gaspalima à 00:50:52 dans - Escapades | Commentaires (0) | Permaliens
28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com
A bientôt!
Gaspard
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