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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

La Flor de Retama | 30 mars 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vengan todos a ver hay vamos a ver(bis)

en la plazuela de Huanta, amarillito flor de retama

amarillito amarillando flor de retama (bis)

Donde la sangre del pueblo hay se derrama(bis)

Allí mismito florece amarillito flor de retama

amarillito amarrillando flor de retama(bis).

Por cinco esquinas están ,los sinchis entrando están (bis)

van a matar estudiantes, huantinos de corazón

amarillito, amarillando flor de retama (bis)

van a matar campesinos ,huantinos de corazón

amarillito amarillando flor de retama (bis)

La sangre del pueblo tiene rico perfume (bis).

huele a jazmines violetas geranios y margaritas

a pólvora y dinamita (bis)

a pólvora y dinamita!!carajo!! (bis)

Ce "huayno" raconte initialement la rebellion qui a eu lieu a Huanta (province voisine de la mienne) en 1969, rebellion étudiante à la suite d'un décret du gouvernement militaire qui demandait à tout élève ratant un cours de payer 100 soles, sous prétexte que l'éducation était gratuite... Et rebellion à laquelle les militaires ont répondu par le massacre de 20 à 50 personnes, selon les estimations. Mais ce huayno est également devenu un symbole des années de violence politique, de 1980 à 2000... Huanta détient le triste record du nombre de morts pendant cette période. (Huayno = chanson, complainte locale, qui pérennise "tous les moments de douleurs, de joie et de terrible lutte", dixit José María Arguedas.)

Publié par gaspalima à 01:22:25 dans - Ayacucho | Commentaires (0) |

Le Grand Sud | 26 mars 2007

 

 Jeudi 8 mars, début de soirée, les bagages faits, je quitte ma bourgade de Ayacucho, direction le Sud... Une première nuit de virages et un col à 4800 recouvert de neige, malheureusement presque indiscernable, et me voilà dans le désert côtier avant l'aube. Ica. Et un autre bus qui me dépose à 8 heures du matin à Nazca, je n'étais pas encore descendu aussi bas et le désert s'impose plus magistral que jamais, plus doux au regard qu'au Nord de Lima, plus clair, moins gris, mais toujours aussi sec, et les bicoques de carton installées dans cet univers de poussière qui vous donnent la chair de poule... Une petite oasis encaissée et parfaitement irriguée, et le désert à perte de vue. Nazca, huit heures d'attente dans un état transitoire, fatigue, chaleur et envie de se déchausser... Après les montagnes d'Ayacucho, le choc!
            Vers 16h, j'attrape au vol le Lima-Arequipa... Encore neuf longues heures de traversée du désert. L'océan apparaît peu avant la tombée de la nuit, juste après la traversée d'une brève oasis parsemée d'oliviers. Magistral, bordant ce désert de dunes.
            J'arrive à Arequipa à une heure du matin. Capucine, ma soeur aînée, m'a donné rendez-vous dans une auberge du centre. Elle s'y trouve avec toute sa belle famille : Olivier, ses parents et son frère Christophe. Les retrouvailles ont lieu le soir même.
            Arequipa, deuxième ville du pays, 2300 mètres d'altitude, posée sur un plateau encore très sec mais dominée au loin par des sommets enneigés, dont le fameux Misti, volcan culminant à plus de 5800 mètres. La ville blanche, réputée pour sa culture et le chauvinisme de ses gens. Ville qui a connu l'indépendance quelques jours et qui s'est toujours revendiquée ville à part.
            Architecture coloniale remarquable, ruelles propres et taxis homogènes, cette ville change en effet de ce que je connais du Pérou. L'ambiance... Visite du superbe monastère Santa Catalina, véritable ville dans la ville qui longtemps fut complètement coupée du monde extérieur. Ballade dans le quartier marchand, qui borde le marché principal. Concentré, animé, on passe des fruits et légumes au secteur du métal, puis à la grande feria du matériel scolaire motivée par la récente rentrée des classes.
            Moins de deux jours au final dans cette agréable ville qui vraiment me plaît et me laisse imaginer de belles choses. A peine le temps de s'en imprégner par un déjeuner au marché et quelques bières dans une vieille taverne, et l'on part pour Chivay, dans le canyon de Colca. Deuxième lieu le plus visité du Pérou après le Machu Pichu...
            Et pourtant, le village de Chivay, perché à 3600 m et qui borde le canyon en l'un de ses endroits les moins profonds, garde son atmosphère de petit village des Andes. On se trouve une pension très bon marché un peu excentrée et l'on profite tranquillement de cette fin de dimanche. La Plaza de Armas, démesurée par rapport à la taille du village, est entourée de pizzerías et de lieux touristiques... On y trouve même un Irish Pub! Mais vraiment, je suis surpris par l'authenticité du lieu, malgré toutes ces visites. On arrive d'ailleurs à se faire servir une soupe aux pates de poulet et un steack d'alpaca.
            Lundi et mardi, ballades dans le secteur. D'abord du côté de Cabanacondé, où l'on aura la chance de pouvoir admirer le vol des condors (au milieu de groupes de touristes français, belges et américains), puis vers Chivay... Vue sur les lointains sommets enneigés, cultures en terrasse fascinantes, et ce canyon tantôt profond de 1200 mètres et escarpé à vous en donner des frissons, tantôt ouvert et couvert d'une nature généreuse. Contacts sympas avec la population locale... Vraiment, endroit magnifique et finalement très bien préservé, sans doute du fait d'une volonté farouche de se protéger que l'on retrouvera d'ailleures tout au long du voyage. Quelques apéros et parties de coinche plus tard, le mercredi à 1 heure du matin, on part pour Puno, où l'on met les pieds vers midi après un beau parcours à travers l'Altiplano. Le lac Titicaca, un mythe qui prend forme...
             L'après-midi du vendredi est consacré à la flâne... Petite ballade dans cette ville minière plutôt agréable... Le centre, le marché artisanal, le port et le marché central (assez décevant), petite visite à Justine dans son centre d'économie solidaire... Et le lendemain, départ en bâteau pour l'île de Taquile. Petite pause au niveau des îles flottantes, dans la baie de Puno. Concept impressionant mais ambiance Disney Land : les habitants de ces minuscules îles de roseau accueillent notre bateau de gringos à coup de danses traditionnelles, et l'on se sent vite au zoo. Photo sur photo, entrée forcée dans ce qui reste d'intimité à ces gens, sur des îlots de 60 mètres  carré... et puis Taquile.
            Taquile, petite île de 5 km de long située à la sortie de la baie de Puno. Mille à mille deux cents habitants. A peine arrivé, on abandonne notre groupe de gringos qui repartira une heure et demie et un déjeuner en groupe plus tard. On prend une chambre chez l'accueillant Benjamín et on part à la découverte de cette île couverte de cultures en terrasses et parsemée d'eucalyptus.
            Une communauté aux rites encore bien conservés. Les hommes sont tous coiffés d'un bonnet pendant. S'il est entièrement rouge, c'est que l'homme en question est marié. Sinon, le bonnet est rouge et blanc. Les habitants que l'on croise durant notre ballade tricotent ou travaillent la laine en marchant... D'autres taillent des pierres pour la construction d'un nouveau bâtiment sur la Plaza Mayor... Les femmes portent des robes à milliers de volants et tous sont aimables avec nous.
            Le soir, dîner avec Benjamín et sa famille... Alors que l'orage commence à gronder, tous se mettent à siffler... pour le chasser. Notre hôte nous explique le fonctionnement de l'île. Le tourisme est la seule rentrée d'argent, le troc reste la pratique courante... Les quelques chambres d'hôtes et restaurants ouvrent à tour de rôle et une bonne partie des recettes est mise en commun. Les bateaux de tourisme sont régulés et tout est fair pour la préservation de la culture insulaire... Bien que depuis quelques années les mariages intercommunautaires soient autorisés...
            Après deux jours passés dans cet hâvre de paix, nous rejoignons Puno. Capucine et Olivier partent le soir même pour Cusco, tandis qu'avec Christophe, nous traversons la frontière bolivienne le lendemain matin (samedi)... En ce qui me concerne, uniquement pour une histoire de visa... Deux petites heures à Copacabana, le temps de manger avec les parents d'Olivier et Christophe, en Bolivie depuis une semaine... Et retour chaotique à Puno... Obligé de corrompre un douanier bolivien pour obtenir mon bon de sortie, et malade comme un chien durant tout le retour. Donc nouvelle nuit à Puno et le dimanche à 6 heures, bus pour Cusco. Huit longues heures...
            Cusco. Ou plutôt Ollantaytambo, dans la vallée sacrée, lieu de rendez-vous avec Capu et Olivier, en fin d'après-midi. Petit village inca, magnifique, tout de pierre et d'adobe. Eux ont visité l'onéreux Machu Pichu dans la journée. Lundi, visite du site d'Ollantaytambo, puis retour à Cusco dans l'après-midi...
            Cusco, bondé de gringos malgré la saison basse, mais il faut l'admettre, ville exceptionnelle. L'ambiance n'est pas des plus péruviennes et le nombre de restaurants et magasins de luxe est frappant, mais les ruelles bordées de ces immenses pierres de l'époque inca ont un charme inouï.
            Grosse soirée le lundi et donc mardi coupé en deux... Ballade urbaine au programme alors que le mercredi matin, nous sommes allé visiter les sites de Tambomach'ay et de Sacsaywaman. L'après-midi nous a permis de maudire le bolleto turistico, cher et qui pourtant donne accès à peu de choses dans la ville. Dernières parties de cartes autour d'une Cusqueña... Et je repars vers Ayacucho, tandis que le voyage de Capucine et Olivier s'achève le lendemain.
            Départ 19 heures pour moi, arrivée à 6h15 à Andahuaylas... et je remonte quinze minutes plus tard dans un nouveau bus, c'est parti pour onze heures et demi de piste abîmée... Paysages magnifiques, traversée de l'Apurimac, arrivée dans la région d'Ayacucho au niveau du Rio Pampas, puissant fleuve bordée d'impressionantes parois sèches mais au bord duquel les villages sentent déjà la selva... Bananiers et papayes, terrains de foot occupés, chaleur et ambiance détendue.
            Et encore pas mal de longueurs, sur mon siège non inclinable placé juste au-dessus des roues arrières... avant Ayacucho, 18 heures. Fin d'un beau voyage. Pour les photos, en bas à droite...

Publié par gaspalima à 17:44:40 dans - Escapades | Commentaires (0) |

La fabuleuse hospitalité des habitants de Huatuscalla | 05 mars 2007


             Samedi matin, j'avais une reunion à Huanta, la toute petite capitale de la province frontalière à la mienne, celle de Huamanga. Il s'avère qu'elle a été annulée, forcément, il y avait trois personnes sur les quinze attendues, très décevant mais ce n'est pas de ça dont j'ai envie de vous parler. Car après nous sommes partis marcher, avec un ami, dans les environs de Huanta. Trois heures de ballade agréable sur une piste accidentée, à croiser des locaux tous plus chaleureux les uns que les autres... "Et gringo, où vas-tu?", "Eh gringo, goute mes tunas (figues de barbarie)!", et je vous en passe. Après une dizaine de kilomètres, on arrive au pieds d'une dernière petite colline à gravir, de laquelle la vue sur le spectaculaire canyon de Huatuscalla est imprenable. La pause s'impose, alors que le ciel prend des allures menaçantes et que nous n'avons pas de tente pour passer la nuit... qui s'approche à grand pas! Nous redescendons vers 18 heures au pieds de la colline, où se trouve un hameau de dix maisons tout au plus. Nous avions déjà repéré la sommaire chapelle aux portes ouvertes, nous demandons au premier villageois d'y passer la nuit : quelle question! Bien sûr, soyez les bienvenus! Et ce n'est qu'un début... Voilà qu'un homme qui revient des champs vient nous offrir huit mangues. La nuit tombe vite, le froid arrive, on s'installe dans un confort spartiate, sur un sol dur et caillouteux... Mais la mamacita d'en face vient nous proposer des couvertures en quechua... Ses quelques mots d'espagnol nous permettent finalement de la comprendre et de la remercier comme il se doit. Après quelques heures allongé en vain, à observer les trous au plafond et à écouter l'orage gronder au loin, je sors sous une nuit très claire ; c'est la pleine lune. Le sommeil ne me vient pas et je fume une cigarette... Deux silhouettes se dégagent au loin et s'approchent, ce sont deux femmes qui me signalent avoir apperçu deux voleurs de bêtes dans les parages, mais que ne l'on s'en fasse pas, le village veille...
           
Et vient le sommeil, à peine gêné par la pluie qui dégouline jusqu'à nous. Le dimanche, on se lève dès 7 heures, le brouillard bouche la vue et la pluie n'a pas cessé, mais le village vit déjà, au rythme de la lumière (il n'ont pas d'électricité). Le voisin vient nous offrir des bananes, puis celui de la maison du fond vient nous chercher : il est temps de prendre le petit-déjeuner! Une soupe chaude, un avocat, du maïs grillé... Et une tisane chez la vieille voisine... Avant de repartir vers 9h30 sous une pluie de plus en plus fine. Quel accueil incroyable! Redescente glissante, sur un terrain boueux, mais le soleil apparaît et donne des couleurs magnifiques à toute la vallée. Nous regagnons Huanta vers midi, et après un petit tour dans le spectaculaire marché dominical, qui fonctionne encore beaucoup au troc, nous rejoignons Ayacucho, éblouis par la générosité de ces gens. Quelques photos en bas à droite...

Publié par gaspalima à 22:15:23 dans - Ayacucho | Commentaires (2) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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