Voilà presque deux semaines que je suis installé dans cette petite et paisible ville des Andes, et en ce mois de février le carnaval bat son plein... Depuis le début du mois, les bombes à eau fusent en tous sens, lancées des balcons, des mototaxis ou du trottoir d'en face, et il n'est pas rare de prendre un seau d'eau sur la tête durant le week-end... Mais depuis samedi, ça redouble! Les festivités ont officiellement commencé, les groupes costumés défilent toute la journée, les femmes chantent et les hommes accompagnent à la guitare, à la flûte et à l'accordéon... Complaintes ayacuchanas, en quechua et chantées avec cette voix aigue si progre aux indiennes d'ici ; l'alcool coule à flot du matin au soir et fait des ravages...
C'est d'ailleurs bien souvent à l'alcool que sont liées les multiples anecdotes qui font partie du folklore d'Ayacucho... L'instituteur d'André, le fils de mon hébergeur, qui frappe à la porte un dimanche à 11h du matin, pour réclamer son salaire afin de pouvoir continuer à boire... Le patron du Kimbara, discothèque qu'avait réservée Laurent (un volontaire parisien) depuis un mois pour fêter son départ, aux abonnés absent le samedi soir en question : ivre mort quelque part dans la ville alors que sans lui personne ne peut éclairer la salle... Et puis les coupures générales d'électricité à répétition, les coupures d'eau qui vous empêchent de tirer la chasse d'eau pendant une journée entière... Mais toujours et toujours les complaintes des guitares d'Ayacucho...