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Cette fois ça y est, je pars de Lima... Vingt-quatre heure plus tard que prévu, puisque le bus du dimanche est plein, mais pour de bon. Petit bilan d'un dernier mois un peu particulier...
Un mois qui a senti la transition du début à la fin ; fin de la grisaille et arrivée d'un soleil brûlant ; fin du stage et dernières tâches à boucler ; quelques visites francophones et petit relâchement dans mes efforts pour n'être qu'avec des autochtones... Mais aussi plongée dans mon quartier de Salamanca et découverte de quelques lieux inconnus à Lima...
Tout d'abord la vie de quartier... Outre les relations très sympas avec les commerçants du coin et dignes d'une vie de village, j'ai eu la chance d'approfondir avec Oscar, Ricardo, Alex et compagnie, toute cette bande du petit parc, déjà la trentaine et plutôt désoeuvrés mais toujours le cœur à rire et à prendre la vie du bon côté... Et pourtant, les perspectives ne sont pas toujours bien encourageantes... Entre celui qui a une fille à deux pâtés de maison qu'il n'a jamais pu voir, celui qui a la sienne aux Etats-Unis, tous ceux qui sont au chômage et qui vivent encore chez leur mère, celui qui vient de se faire expulser des Etats-Unis après 12 ans de vie et quatre ans au trou, que je n'ai jamais aperçu sobre, et puis tous ceux avec qui il n'est déjà plus possible de parler, parce que la pasta de coca les a eu (ce qu'on appelle crack : les restes de la première transformation de la feuille de coca, qui coûtent trois fois rien et brûlent sérieusement le cerveau à les voir)... Bref, le tableau n'est pas bien beau mais je le présente de la pire des manières, parce que tout cela est bien loin de se sentir aux premiers abords. L'optimisme continue à régner. Et ces gens là m'ont permis de découvrir une autre réalité du Pérou, d'aller manger dans les petits bouis-bouis populaires que je n'avais jusqu'à là pas même remarqués, de me faufiler dans les petites allées de Salamanca si discrètes qu'on ne les voit pas, de participer aux rares fêtes, de rigoler, de passer du bon temps, d'apaiser la solitude de certains soirs (car j'ai vécu seul tout un mois dans cette immense maison un peu glauque), d'arpenter Lima allongé à l'arrière du micro van de Rafi... Bref, de me faire un ou deux bons amis et pas mal de connaissances.
Et puis cette dernière quinzaine a aussi été l'occasion pour moi de découvrir de nouveaux endroits à Lima...
Las Malvinas, sur l'Avenue Argentina : des immenses entrepôts reconvertis depuis peu en centres commerciaux un tantinet anarchiques et complètement informels, mais apparemment rien comparé à ce que c'était il y a encore quelques mois...
Gamarra, étendu sur deux ou trois immenses pâtés de maison au cœur de la Victoria et truffé de mille et une boutiques d'habits, d'ateliers de confection, de centres commerciaux installés comme ils le peuvent dans des vieux immeubles coloniaux défraîchis, bref un centre du textile tellement énorme et animé qu'il en devient une véritable attraction pour les sens... Par contre, que les choses soient claires, Lima est bien loin d'être à la pointe de la mode et du goût... Difficile de trouver son bonheur !
Le Mercado mayoristo de frutas de Circunvalación, immense entrepôt dans lequel les tas de bananes s'élèvent à perte de vue, au milieu des papayes, ananas, mangues, avocats, oranges, fraises, melons et de tous ces autres fruits auxquels on n'avait encore jamais eu affaire, un véritable tourbillon de couleurs animé par toutes ces charrettes encore pleines qui vous bousculent de tous les côtés et cette soif de vendre qui vous suit dans tous vos mouvements...
Et puis Pueblo Libre et son riche musée de l'Anthropologie, un quartier que je ne connaissais pas mais bourré de charme et de petits endroits sympas, à l'instar du Queirollo, vieille taverne à vin, à Pisco et à jambon du pays, jumelle de celle du centre avec ce côté populaire un peu atténué.
Et puis en plus de ça bien sûr, pas mal de nuits festives dans les « beaux » quartiers de Barranco et Miraflorès, un ou deux concerts de groupes liméniens, et pas mal de moments de répit aussi ! Et puis quelques autres bons moments que j'oublie, comme cette Pachamanca chez la mère de Giovanna au Cerro el Pino (plat des Andes, orgie de viande, de pommes de terre et de camote, traditionnellement cuit sous la terre dans un four en pierre construit pour l'occasion). Voilà, Lima, une page qui se tourne, et une nouvelle qui s'ouvre, Ayacucho... Mes récentes entrevues avec ma nouvelle maître de stage et ses collègues promettent un stage passionnant mais également dur, un vrai rythme de travail et des semaines chargées, et la confrontation à des gens au passé très lourd. Je vous réserve les détails pour la prochaine fois...
(ci-dessous, extrait d'un bouquin qui décrit étonnement bien un voyage en combis à travers Lima)
Publié par gaspalima à 17:40:53 dans - Petites histoires liméennes | Commentaires (0) | Permaliens
28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com
A bientôt!
Gaspard
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