Voila un petit résumé de mes trois semaines de vacances... Bonne année à tous!
Le désert de Sechura Samedi 15 décembre, départ en début de soirée... Longue nuit de bus, presque quinze heures, pour rejoindre Piura, sur la côte Nord du Pérou (à 50 km de l'océan). A peine arrivé, je monte dans un combi pour rallier Sechura, petit village que je crois au bord de l'eau... Encore une bonne heure entassé dans le petit véhicule, puis l'on me dit de continuer sur quelques kilomètres si je veux voir la mer. Je suis lâché un quart d'heure plus tard, au milieu de rien, si ce n'est du désert de Sechura...
Mon bus s'éloigne et je sens l'aventure qui commence... J'aperçois tout de même au loin quelques baraques ; je m'approche, l'océan se fait entendre, et enfin la plage... et une demi-douzaine de camions ! C'est en fait le « port » de Sechura, où les bateaux de pêche débarquent leur marchandise. Je trouve un bouiboui pour manger un poisson frit, mon gros sac aux pieds, puis vais me baigner dans une eau déjà un peu réchauffée, (le courant froid d'Humboldt sévit sur quasiment toute la côte péruvienne). Journée au soleil, puis je tends le pouce pour aller à Sechura et négocier une chambre pour la nuit.
Lundi matin, je regagne Piura, et de là prends un bus en début d'après-midi pour Loja, Equateur.
Equateur, premières impressions Huit longues heures de car en pleine journée... La traversée du désert, puis l'arrivée dans la cordillère, douce montée dans un paysage aride parsemé de ceibos, arbres magistraux et tout juste verdoyant, de la famille du baobab. Frontière. A pieds, traversée d'un petit cour d'eau et passage en Equateur. Premier village : les toits des maisons sont recouverts de vieilles tuiles, et les ruelles sont propres. Puis la nuit tombe et le voyage s'éternise. Et Loja, enfin. Accompagné de David, péruvien rencontré dans le bus, je rejoins le centre ville, à pieds dans la pénombre. Les rues sont propres, les maisons ne sont pas barricadées, l'ambiance est apaisante... Et puis le centre, les vieilles maisons coloniales entretenues, aux balcons boisées, les feux tricolores respectés et les taxis uniformes, les voitures neuves... Changement radical ! Je trouve une chambre à prix raisonnable, en dollars s'il vous plaît : la monnaie nationale, le sucre, a été remplacée en 2000 par la devise nord-américaine !
Le mardi, je pars à la visite de cette petite bourgade si tranquille... que je m'y emmerde ! L'ambiance évoque plus les villes de chez nous que celles du Pérou, vraiment, et tout seul, les scènes à observer manquent ! Je fais le tour, une fois, deux fois, vais manger un « almuerzo » à 1.5 dollar (menu complet, soupe, riz blanc et poulet, formule qui reviendra quasiment tous les jours pendant le voyage), puis cherche désespérément une terrasse de café pour bouquiner. Je finis par arriver à mes fins, et me plonge dans l'univers des Balkans (N. Bouvier, L'usage du monde), à tel point que j'ai du mal à me situer en sortant de ma lecture ! Et puis je tue le temps, en observant les petits cireurs de chaussure sur une place, je dîne mexicain et file au terminal de bus. Encore une nuit de car.
Quito
Route sinueuse, nuit peu confortable... Mais Quito à l'arrivée. Je monte dans le bus et pars à la recherche d'une chambre dans le centre. Sitôt fait, j'écris un mail à Robin pour lui indiquer le lieu de rendez-vous. Il n'arrive finalement que deux petites heures après moi, en compagnie d'une amie, Julie.
On reste dans la belle capitale (à 2800 mètres d'altitude, la deuxième plus haute du monde après La Paz) jusqu'au vendredi, fin de matinée... Visite et marche dans le centre colonial, charmant, propre presque jusqu'à l'étincellement, dans le Quito moderne, gringoland et boîte salsa qui nous vaudra une belle gueule de bois le jour du départ ; foot en compagnie des locaux, et puis pas mal de pluie.
Latacunga, Zumbahua, Quilotoa et Condor Matzi Vendredi midi, donc, départ vers le sud, Latacunga. Petite ville pas désagréable dans laquelle nous passons l'après-midi et la nuit, avant de filer vers Zumbahua... Deux heures de route magnifique, durant lesquelles on s'enfonce dans la cordillère occidentale de l'Equateur... Jusqu'à ce petit village dans lequel on s'établira pour quatre jours.
Première journée tranquille, celle du samedi. Montée au Cerro Tacaxa qui surplombe la vallée. Et la soirée se déroule autour d'un pneu brûlé avec les jeunes du village, on leur chante nos chansons françaises en réponse à leurs complaintes locales.
Le sommet du fond est notre objectif du lendemain : la laguna Quilotoa, établie dans le cratère du volcan du même nom. On y va en transport en commun, entassés dans un pick-up avec les indigènes et leurs sacs de patates, de fèves et d'œufs. Journée de marche autour du lac, magnifique mais assez dure, il faut l'admettre, étant donnée l'altitude (Zumbahua est à 3400, le lac à 4000)... Redescente sur les rotules, et il faut encore marcher sur la piste en attendant le véhicule salvateur. Il finira par arriver et nous reconduire au village. C'est Noël ! Et la fête à Zumbahua ! Sur fond de salsa quechua (assez répétitive !), les locaux dansent, plus ivres les uns que les autres. Tandis que l'on achète de quoi faire le pot-au-feu, au mouton... Il faut dire que les choix ne sont pas multiples ! On invite à notre table quelques Quiteños en « mission » professionnelle dans la sierra profonde, malheureusement nous avons bien entaché la fameuse réputation de la cuisine française ! Mouton caoutchouteux et jus trop gras... Mais l'atmosphère de Noël est là ! Rhum chaud à la cannelle et cours de salsa sur le trottoir au programme pour la suite de la soirée.
Le lundi, malgré le temps menaçant, nous partons en début d'après-midi, équipés d'une tente et d'un réchaud, bivouaquer à 4000m, au pieds du Condor Matzi que l'on espère « gravir » le lendemain matin. Après deux petites heures de marche, on commence à chercher un endroit plat pour s'installer... Et la pluie fait son entrée. La tente est plantée lorsqu'elle se transforme en grêle, les perspectives ne sont pas réjouissantes. Jusqu'à la vue de cette petite chaumière, une aubaine alors que le brouillard pénètre la vallée et recouvre le Condor Matzi.
Certes l'on n'arrivera pas à allumer de feu, mais le bouillon au mouton trop gras de la veille s'avère être en fait la meilleure soupe du monde et les modestes pâtes que l'on y fait cuire prennent des allures de festin... On chante pour se réchauffer, aidés aussi par le reste de rhum, avant d'aller s'entasser dans cette tente trop petite, pour sombrer dans un sommeil chaotique.
Le matin n'a pas dissipé le brouillard, et Robin monte seul au sommet... Jusqu'à ce j'entreprenne, finalement, de le rejoindre... Puis Julie... Ascension assez rapide et sans grande difficulté, si ce n'est encore une fois l'altitude qui coupe le souffle. Puis l'on redescendra replier la tente et rejoindre Zumbahua sous un léger crachin.
Après-midi relaxante, sur le balcon en bois de l'hôtel, puis foot avec les locaux et la journée se poursuit sans rien de marquant.
Le mercredi, lever à l'aube, direction la côte.
Puerto Lopez ou la ruta del sol Très longue tournée de transport. Escalade de la cordillère occidentale et redescente sur des versants qui prennent bientôt une verte tonsure de forêt équatoriale. Soixante-dix dans un bus quarante place, asphyxiant. Quevedo, almuerzo, et de nouveau le bus, jusqu'à Porto Viejo. Bananiers, cannes à sucre, haciendas en veux tu en voilà. Porto Viejo, le temps d'insulter un vieux rabatteur exaspérant et l'on repart pour les deux dernières heures, dans un bus vide. Avachis dans le fond, on fume tranquillement en longeant la côte pacifique et l'on arrive enfin à destination. Bain de nuit dans l'océan presque aussi chaud que l'air ambiant et poisson frit. L'été après l'hiver.
Jeudi, journée plage... Après quelques emplettes, à savoir tongs, ballon de volley et matelas pneumatique, on est prêts ! Ceviche équatorien, qui est loin de valoir le péruvien, et soleil, baignade...
Vendredi, bateau. Petit tour organisé par la famille dans laquelle on loue une chambre. Pêche (et ceviche avec le poisson pêché), baignade, masque, palmes et tuba, plage sur une île et quelques frayeurs sur la fin, journée sympa avec une famille de Quito, quelques anglais et deux japonais. Et dîner tous ensemble le soir. Montanita, autre ambiance
Le samedi en fin de matinée, on tend le pouce pour rejoindre Montanita et quelques potes de Lima... Une petite heure à l'arrière d'un pick-up pour arriver dans le paradis des touristes ! Ambiance surfeur, pas l'endroit rêvé... On trouve une chambre pas trop chère un peu à l'écart (car évidemment les prix sont exorbitants), une belle plage assez tranquille, après-midi baignade et foot sur la plage. Puis la fête. Le 30, d'abord. Grosse fête. 31, grosse gueule de bois. Agonie sous la chaleur torride. Le soir, foie gras, et re-fête. Feu d'artifice sur la plage à minuit, et puis jusqu'à pas d'heure. Les gens viennent de partout, Pérou, Equateur, Colombie, Porto Rico, Europe... Et le 1er, vous l'aurez compris... Grosse gueule de bois ! En milieu d'après-midi, on décide de fuir la cohue et de finir le séjour quelques kilomètres plus au Sud. On choisit Valdivia sur la carte, à 10 kilomètres seulement. Un monde !
Encore en stop, encore à l'arrière d'un pick-up, on débarque dans ce petit village et l'on cherche une chambre. L'hôtel est fermé parce qu'il n'y a plus d'eau... « Allez voir au musée ». Le musée est fermé parce que celui qui a la clé est encore bourré, festivités obligent. On a compris, il va falloir changer de village. On regagne la route, prêts à tendre le pouce, lorsque l'homme qui nous avait guidé jusqu'alors revient pour nous proposer de nous héberger chez son frère. Une petite bicoque plus que modeste, mais une famille incroyablement accueillante. Petit dîner dans la rue voisine et soirée très, très courte.
Le lendemain, on attaque la redescente à Lima
La descente finale Mardi matin, 2 janvier, on rejoint Guayaquil, la plus grande ville du pays, en stop (à l'arrière d'un pick-up bien sur). Deux bonnes heures, puis la journée dans cette ville portuaire pas si désagréable que sa réputation ne laisse à penser. Puis nuit dans le bus, jusqu'à Piura, tandis que Julie file vers Loja. Petit-déj' à Piura, et trois heures de car jusqu'à Chiclayo. Trois heures de transit, pour déjeuner et visiter un tant soit peu cette ville aux tons pastels assez plaisants. Trois heures de bus jusqu'à Trujillo. Soirée sur place.
Le lendemain, on part visiter la Huaca del Sol et la Huaca de la Luna, deux temples datant de la civilisation Moche (entre le IV et le Xème siècle mas o menos), tout de torchis (boue, paille et coquillages) ! Conservation permise par un climat extrêmement sec. Visite intéressante. Et après-midi de flâne dans ce centre-ville si coloré et si bien restauré. Vraiment, ville plaisante. Et le soir, on rejoint Lima, au prix d'une dernière nuit de car. Arrivée vers 7h, bien sur je n'ai pas les clés de chez moi, il faut attendre un peu devant la maison de la famille dans laquelle je vivais... Qui nous accueille finalement à sa manière, si bien que l'on sort de chez eux avec le sourire aux lèvres ! Et tout le quartier semble incroyablement ouvert ce matin : chaque personne à qui on demande un renseignement nous donne son adresse et nous fait promettre de venir lui rendre visite. Et puis je retrouve avec plaisir les quelques commerçants du coin qui me sont devenus familiers. Bref, retour à Lima.
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