Voilà encore ce qui construit le charme de Lima, et qui a disparu de chez nous bien des années avant ma naissance. Les vendeurs ambulants. Don mon quartier, il y a trois types de commerce au porte à porte : les fruits, les boissons fraîches et glaces, et les aiguiseurs de couteaux. Chacun s'annonce à sa manière. Le vendeur de fruit, avec sa charrette, crie dans une sorte de haut parleur qui déforme sa voix et qui évoque vaguement les chants des muezzins de Fès : « Piña, Naranja, Papaye... » Le vendeur de glace, sur son tricycle, siffle dans une petite flûte enfantine au son strident. Quant à l'aiguiseur de couteaux, avec son monocycle, il descend rapidement la gamme d'une flûte de pan pour se faire remarquer. Mardi dernier, en l'entendant arriver alors que je buvais tranquillement mon café dans la charmante cour qui borde ma maison, j'ai couru chercher mon couteau pour le faire aiguiser. Le vieil homme bascule son engin, afin que le roue puisse tourner dans le vide, ainsi il peut l'entourer d'une courroie, et avec sa pédale de bois, la faire tourner et entraîner dans le mouvement la meule aiguiseuse...
Et puis il y a aussi les acheteurs, de bouteilles en plastique et de papier... Tout un « business » que j'avais déjà évoqué...
En ville, un peu plus statiques, on trouve ainsi de nombreux cireurs de chaussures, des stands de tout et n'importe quoi à même le sol (couteaux, DVDs, CDs, journaux, cigarettes, chips...), et les plus incroyables de tous, les peseurs : équipés d'une simple balance, ils proposent aux passants de connaître leur poids exact contre la modique somme de 10 centimes !