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LOUFICE DES PIJIPIS ____________________OCP DES HORS CADRES

Blog en hommage à tous le Personnel journaliers (PJP), Ouvriers (OE), Agent de maitrise(TAMCA)_________________________________ Non à la discrimination contre les enfants des Agents OCP dans les villes minières : Piscine, excursions, biens sociaux...

M.Jettou: intégration au RCAR des caisses de retraite de l'OCP et de l'ONE | 25 novembre 2006






M.Jettou: intégration au RCAR des caisses de retraite de l'OCP et de l'ONE
MAP (23/11/2006)

Le Premier ministre, M. Driss Jettou a annoncé, mercredi à Rabat, l'intégration prochaine des caisses internes de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) et de l'Office national de l'Electricité (ONE) au Régime Collectif d'Allocations de Retraites (RCAR). 



Intervenant lors de la réunion de la Commission nationale chargée de la réforme du système de retraite, M. Jettou a souligné que le processus d'intégration des systèmes internes de retraite de certains établissements publics au sein du RCAR s'inscrit dans le cadre des réformes urgentes engagées par le gouvernement dans le but de faire face à la situation "délicate" que connaissaient certains systèmes de retraite et qui risque de menacer leurs équilibres financiers sur le moyen terme.

L'ensemble de ces opérations d'intégration devront coûter aux caisses de l'Etat quelque 55 milliards DH, a relevé le Premier ministre, faisant remarquer que si ces mesures permettent d'alléger la pression en termes de temps, elles ne constituent pas pour autant une alternative à une réforme globale du système de retraite au Maroc.

Une telle réforme constitue une nécessité dictée par les données objectives relatives aux mutations sociodémographiques que connaît le Maroc, a souligné M. Jettou, ajoutant que l'ensemble des intervenants (gouvernement, acteurs socio-économiques) sont appelés à s'acquitter de leur responsabilité pour épargner les systèmes de retraite d'une crise imminente qui résulterait de l'absence de solutions appropriées.

Il a ainsi souligné que le gouvernement s'engage, à travers le dialogue et la concertation, dans le traitement de ce dossier, l'objectif étant d'aboutir à des décisions consenties par l'ensemble des partenaires.

M. Jettou a par ailleurs relevé que l'augmentation de l'espérance de vie en général et celle de la population active en particulier a eu des répercussions sur l'équilibre démographique du système de retraite.

L'ensemble de ces facteurs, a soutenu M. Jettou, ont poussé de nombreux pays (Finlande, Canada, Mexique, Pologne) à opter pour des réformes visant essentiellement le relèvement de l'âge légal de retraite (entre 65 et 69 ans), la révision du taux des cotisations (18 pc en Hollande et 28 pc en Espagne) et la révision de l'assiette de calcul de la retraite en prenant en considération le salaire moyen d'une période déterminée au lieu du dernier salaire servi.

Présentant le rapport sur la première phase des travaux de la Commission nationale chargée de la réforme du système de retraite, le rapporteur de ladite commission, M. Thami El Barki, a dressé un diagnostic de la situation actuelle du système de retraite, relevant que le recul du taux démographique de ce système est à même de provoquer, à l'horizon 2010, un premier déficit des caisses de retraite et une rupture des provisions en 2016, ainsi que l'augmentation de 20 à 31 pc des taux de prélèvement.

M. El Barki a ajouté que le rapport de la Commission conclut notamment à la vulnérabilité des équilibres démographiques du système de retraite, l'aggravation des engagements et la mauvaise gestion de certaines caisses, soulignant à cet égard l'importance d'adopter un système unique de retraite qui prendrait en considération l'ensemble des données démographiques et socio-économiques actuelles et futures.

La seconde phase des travaux de Commission nationale devra se pencher sur l'élaboration d'un plan de réforme devant être adopté avant fin 2007, a-t-il fait savoir.

Publié par ocp à 23:37:34 dans A vous les commentaires | Commentaires (0) |

Et si nos revendications etaient à l'ordre du jour | 27 octobre 2006

 Dix jours aprés la mise en place du blog! s'agit il d'une simple coincidence




Le Souverain reçoit le directeur général de l'OCP    MAP:26.10.2006 | 17h50 S.M.

le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a reçu, jeudi au Cabinet Royal à Rabat, le directeur général de l'Office chérifien des phosphates (OCP), Mostapha Terrab, qui a présenté au Souverain un rapport sur la situation de l'Office depuis sa nomination par S.M. le Roi à la tête de cet établissement.
L'audience s'est déroulée en présence de Mohamed Rochdi Chraïbi, membre du Cabinet Royal
 


Et si nos revendications etaient à l'ordre du jour




Le roi nous a il donné raison

Publié par ocp à 13:59:08 dans A vous les commentaires | Commentaires (1) |

Le phosphate qui enrichit, la pollution qui tue | 23 octobre 2006

Le phosphate qui enrichit, la pollution qui tue : La petite ville de Hattane en danger !


La petite ville de Hattane, située à une vingtaine de kilomètres à l¹est de Khouribga, est en danger du fait des agressions que son environnement subit depuis des années. L¹homme est menacé dans sa santé et les terres risquent l¹infertilité, outre les conséquences graves que pourrait subir l¹économie liée à l¹agriculture dans la région.
Les habitants de cette ville désignent du doigt les unités de traitement de Béni Dir dépendant de l¹Office chérifien des phosphates. Ces usines sont chargées du séchage du minerai extrait de la région, activité qui n¹est pas sans dangers. En effet, cette industrie est source de nuages de poussières, en permanence, mais aussi et surtout d¹odeurs aussi nauséabondes qu¹insupportables nées de la consommation du coke et du fuel. Même les maisons n¹échappent pas à ses nuisances solides et gazeuses. Beaucoup d¹habitations se sont fissurées du fait des explosions dans les mines pour l¹extraction des phosphates.
Pis encore, les terres agricoles, sources de vie des familles comptant par centaines, ont vu leur production diminuer gravement à cause des poussières fines qui les envahissent. Des poussières qui couvrent les terres et assèchent tout, mettant à mal les pâturages et, par conséquent, le cheptel.
En l¹absence de toute réaction des autorités de la région, les habitants envisagent de recourir à la justice. Car la menace est présente, grande et sérieuse.
Selon des médecins de la ville, déjà des maladies respiratoires, dermiques et autres allergies (asthme, peau, nez, yeux...) se répandent parmi la population locale. Une association, ³Al Manar² pour l¹environnement, le développement et l¹action sociale, a par ailleurs soulevé, à maintes reprises, ces problèmes à travers des correspondances adressées aux milieux compétents. Aucune réponse! Ceci au moment où l¹on parle de l¹ouverture prochaine d¹une fabrique de dynamite dans la région d¹Ouled Bouazza, dans les environs de Hattane, avec l¹installation de quatre fourneaux.
Certes, Hattane est source de richesses phosphatières au Maroc, avec une production quotidienne de 8.000 tonnes. Pourtant ses habitants n¹en profitent pas, à en juger par sa population marginalisée, sa jeunesse au chômage et la pauvreté qui s¹y étend. A signaler que toute la ville ne dispose que d¹un simple dispensaire dirigé par un seul médecin. Triste sort pour une population dans une région des plus riches du pays !
ALBAYANE 8-8-2005

 

Publié par ocp à 05:53:25 dans A vous les commentaires | Commentaires (0) |

Le phosphate qui empeche le Sourire | 23 octobre 2006

A Cause Des phosphates des milliers de personnes se trouvent dans l'incapacité de manifester leur joie par un sourire

 Concours Fondation Mohammed VI pour l'environnement

Ce Phosphate qui empêche le sourire!

L'eau est élément indispensable à la vie. Cet élément vital peut être pollué, et par conséquent, sa consommation entraînera des maladies graves.
Ce reportage concerne l'eau, plus précisément l'eau polluée consommée par la majorité des habitants de Khouribga, et qui est à l'origine d'une maladie des dents, très répandue chez les habitants de la campagne, surtout, appelée la Fluorose, caractérisée par une couleur jaunâtre-marron des dents; qui s'abîment progressivement. Les personnes atteintes par cette maladie, et surtout les jeunes filles, évitent souvent de sourire, pour ne pas montrer leurs dents, d'où le titre de ce reportage «l'eau... empêche le sourire!» bien sûr on parle de l'eau polluée. Celle-ci, est à l'origine de cette maladie faisant souffrir, en silence, les personnes atteintes et surtout les jeunes filles dont la souffrance n'est pas seulement d'ordre corporel mais elle est aussi psychique, sociale et économique.
Pour mettre en évidence ces problèmes dus à la consommation de l'eau polluée et avoir une idée sur la nature de cette pollution, et comment provoque-t-elle cette Fluorose, nous nous sommes adressés à:
Des personnes atteintes par cette maladie
Le docteur dentiste Wakrim
Un responsable à l'Onep (Office national de l'eau potable).
















I- LES PERSONNES ATTEINTES
 
a- Une élève:
Nous avons commencé notre interview avec une élève de notre lycée, Nezha, qui est atteinte de cette maladie.
- Bonjour Nezha!
- Bonjour!

- Nous sommes les jeunes reporters du lycée El Phosphate, nous allons réaliser un reportage sur l'eau et plus précisément l'eau polluée de Khouribga qui est à l'origine d'une maladie dentaire appelée fluorose. Si tu le permets, nous voulons te poser quelques questions liées à ce problème.
- Allez-y, posez vos questions.

- Nezha, souvent, tu évites de sourire, pourquoi?
- Pour ne pas montrer mes dents abîmées et jaunâtres.

- Est-ce que tu as une idée sur l'origine de cette maladie, dont tes dents sont atteintes?
- Le dentiste m'a dit qu'elle est due à l'eau, dont la teneur en fluor est très élevée.

- Nezha, tu es originaire du douar Ouled Abdoun, est-ce que tous les habitants de cette région sont atteints par cette maladie?
- Oui.

- Y a-t-il des gens de ta famille qui habitent ailleurs?
- Oui, mon oncle à Fès, ma tante à Kénitra,...

- Sont-ils atteints de cette maladie?
- Oui, car ils sont nés à Ouled Abdoun, mais leurs enfants qui sont nés à Fès et à Kénitra ne sont pas touchés par cette maladie.

- Cette eau polluée ne touche pas seulement le côté corporel mais également le côté psychique, social et économique, qu'en penses-tu?
- Oui, c'est vrai, sur le côté psychique, une fille souffre beaucoup à cause de cette maladie car ses dents font partie de sa beauté. Sur le plan social, une fille atteinte de cette maladie a moins de chance pour se marier, donc pour avoir un foyer, des enfants et un avenir. Parfois, des gens se moquent d'elle, c'est pourquoi elle préfère ne pas sourire. Sur le plan économique, la plupart des entreprises comme Kitéa, les banques,... cherchent des filles qui répondent à des critères bien précis, notamment celles qui peuvent sourire à la clientèle, ce qui diminue notre chance pour un travail bien payé et sérieux.

- Merci Nezha, nous partageons ta souffrance. Notre but en tant que jeunes reporters c'est de faire entendre ta voix qui n'est que celle de tous les Khouribgais notamment les jeunes filles et de faire sentir votre souffrance et douleur par les lecteurs de ce reportage.
- Vous allez publier ce reportage dans un journal?

- Non, nous allons participer à un concours organisé par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement en partenariat avec le ministère de l'Education nationale.
- Tout d'abord, merci pour la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement qui a permis aux jeunes reporters de transmettre nos douleurs psychiques, nos problèmes sociaux et économiques. En effet, ce problème lié à la consommation de l'eau polluée ne me concerne pas toute seule mais c'est le problème de la majorité des Khouribgais, surtout, ceux qui habitent à la campagne et utilisent l'eau des puits.

- Ton dernier mot Nezha?
- J'espère que vous gagnerez au concours et je tire la sonnette d'alarme en disant mille fois «Prenez soin de l'environnement».

- Merci Nezha, au revoir.
b- La visite d'un paysan à douar Ouled Abdoun:
Nous nous sommes déplacés vers douar Ouled Abdoun qui se trouve à 15 km au nord-ouest de la ville de Khouribga, via la voiture de notre encadrant: le professeur Mohamed El Mansouri et celle du directeur du lycée, là nous avons rencontré un paysan assis à côté d'un puits. Après lui avoir expliqué la raison de notre visite, il a accepté de répondre à nos questions.

- Monsieur, c'est l'eau de ce puits que vous buvez?
- Oui, nous utilisons l'eau de ce puits pour boire, nous laver,...
- Est-ce que vous traitez toujours l'eau de ce puits?
- Avant, un fonctionnaire de la Jamâa venait souvent y mettre des comprimés, mais depuis 5 ans, il ne vient plus, c'est nous mêmes qui traitons l'eau de ce puits par l'eau de Javel.
- Vous effectuez ces traitements de manière régulière?
- Non, vu nos grandes occupations, on n'oublie parfois de traiter cette eau.
- Qu'est-ce que vous constatez lorsque vous oubliez ce traitement? y a-t-il un changement de l'odeur, de la couleur ou de la saveur de cette eau?
- Non, mais on constate qu'il y a des «khchouch».
- Pardon, c'est quoi «khchouch»?
- Certains insectes, des petits serpents, des grenouilles,... c'est ce qu'on appelle «khchouch».
- Pardon, je vois que la couleur des dents de plusieurs personnes est jaune et marron et parfois elles sont abîmées. A ton avis, quelle est la cause de ce phénomène?
- Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que depuis ma naissance, j'ai trouvé autour de moi des gens avec des dents comme ça.
- Quel est le problème que pose cette situation pour toi et ta famille?
- Beaucoup de problèmes, surtout pour nos filles. C'est difficile pour une jeune fille dont les dents sont jaunâtres et abîmées de trouver un mari, la plupart des hommes cherchent des filles belles, qui peuvent sourire, pour se marier.
- Mais je vois qu'il y a autour de nous, des mères avec leurs enfants malgré leurs dents abîmées et jaunâtres!
- Actuellement, tout a changé. Avant, ce sont les parents qui cherchaient une épouse pour leur fils. Tandis que maintenant, c'est le mari lui-même qui cherche sa future femme et bien sûr il cherche, la beauté dont les dents font partie, la tendresse et le beau sourire...
- Donc, l'eau de cette région empêche le sourire!
- Elle empêche également, le mariage des jeunes filles!
- Merci d'avoir accepté de répondre à nos questions.


II- VISITE D'UN DOCTEUR DENTISTE
 
Au début, notre professeur nous a présenté au docteur et lui a expliqué le but de notre visite. Puis, nous avons commencé notre conversation.
- Docteur, permettez-moi de vous demander si l'eau consommée par les habitants de Khouribga est la cause de la fluorose? Si oui, comment?
- Tout d'abord, je vous félicite pour votre choix du sujet que personne n'a traité avant vous. Il s'agit d'un problème sanitaire très répandu dans notre région qui est dû à une intoxication par le fluor. Celui-ci est nécessaire à la santé des dents lorsque sa concentration ne dépasse pas un milligramme par litre ; alors qu'à Khouribga, la nappe phréatique traverse des couches géologiques riches en phosphate et par conséquent, la teneur de l'eau en fluor est très élevée, c'est-à-dire largement supérieur à un milligramme par litre, ce qui provoque la fluorose.
- Docteur, cette maladie touche seulement les dents?
- Non, elle touche également les os.
- Que peut-on faire pour éviter la fluorose?
- Eviter l'eau polluée par un excès de fluor et donner aux nouveau-nés durant les deux premières années de l'eau minérale parce que c'est durant cette période qu'a lieu la minéralisation des dents.
- Merci docteur et bonne chance.


III- VISITE DE L'OFFICE NATIONAL DE L'EAU POTABLE (ONEP):
 
Au début, l'une de nos amies nous a présenté à un responsable de l'Onep, puis nous avons commencé à lui poser des questions:
- Monsieur, avez-vous une idée sur la teneur de l'eau en fluor?
- Je n'ai pas une idée précise, mais je peux vous dire que cette eau subit avant sa distribution un traitement rigoureux par nos laboratoires afin d'améliorer sa qualité.
- On dit que l'eau de Khouribga contient un excès de fluor, ce qui est à l'origine d'une maladie dentaire appelée: Fluorose.
- C'est quoi la fluorose?
- C'est une maladie dentaire caractérisée par une couleur jaunâtre marron des dents, et dont vos dents sont atteintes.
- Oui (en faisant des grimaces), je comprends, c'est vrai. Avant 1994, la distribution de l'eau à Khouribga était assurée par la commune et l'OCP, donc son traitement était non efficace. Mais après 1994, c'est l'Onep qui s'occupe de son traitement et sa distribution en utilisant des moyens perfectionnés qui répondent aux exigences internationales.
- Donc, le problème posé par la consommation de l'eau et qui est à l'origine de la fluorose ne se pose plus!
- Chez les habitants de la campagne, ce problème subsiste toujours car ils utilisent l'eau des puits qui est riche en fluor, donc polluée.

- Merci monsieur d'avoir répondu à nos questions.

Les Khouribgais qui habitent la campagne, pourront-ils un jour sourire sans problème avec des dents saines? Autrement dit, pourront-ils avoir accès à l'eau potable non polluée par le fluor pour qu'on puisse profiter de leur sourire?

Reportage réalisé par les élèves du lycée Phosphate (Académie Chaouia-Ouardigha)



http://www.leconomiste.com/print_article.html?a=71553

Publié par ocp à 05:40:39 dans A vous les commentaires | Commentaires (0) |

Reportage, Khouribga : Côté privé, côté public | 19 octobre 2006

Par Driss Bennani Reportage, Khouribga : Côté privé, côté public 

Khouribga est peut-être la seule ville au Maroc à avoir essayé deux modes de gestion différents. D'un côté, celui de ses conseils municipaux successifs. De l'autre, celui de l'OCP, l'office le plus puissant du pays. Le décalage est frappant.


Khouribga est née deux fois. La première naissance, fruit d'une histoire d'amour entre une mine et un office, a donné un bébé charmant que les nouveaux parents ont chéri jusqu'à l'âge adulte. La deuxième, presque accidentelle, est celle d'un enfant difforme, bâtard, dont les parents n'ont jamais voulu. Il a donc grandi seul, un peu n'importe comment, au hasard de ses tuteurs. Aujourd'hui, les deux cohabitent difficilement, séparés par une ligne de chemin de fer que l'office a, au départ encore une fois, réalisé pour les beaux phosphates de la mine.
Ainsi est Khouribga : une ville, deux visages. D'un côté, la ville OCP. Créée et gérée (intégralement jusqu'à il y quelques années) par l'Office chérifien des phosphates, l'un des plus puissants offices du pays. De l'autre, une ville à mettre entre guillemets, comme tant d'autres dans cette région pauvre du royaume, gérée par des conseils provinciaux comme tant d'autres. Une ville bientôt fantôme, puisque sans cesse désertée par ses habitants, surtout jeunes.
Sur place, le décalage est toujours aussi frappant. À l'entrée de la ville, une large avenue, démesurée et laide, rappelle toute la folie de certains élus "bétonophiles". Des deux côtés, des habitations inachevées, un nouveau siège de la préfecture (le troisième) et des stations d'essence reconverties dans des gargottes à grillades et tajines. La ville n'a, elle, rien de spécial. Quelque 300.000 personnes y vivent essentiellement d'activités liées à l'exploitation des phosphates, et d'agriculture (si l'on en croit la brochure officielle de la ville). En cette période de l'année, la ville accueille une nouvelle édition de son festival du cinéma africain et des milliers de ses enfants expatriés en Italie.
L'autre ville se trouve à quelques centaines de mètres du chemin de fer qui divise Khouribga en deux. Première constatation, la verdure. "Malgré les années de sécheresse, cette partie de la ville a pu préserver un minimum de plantations", affirme cet habitant. Le cadre est joli, presque enchanteur. Des rangées symétriques de villas de style colonial aux tuiles rouges bordent des avenues ombrées de grands eucalyptus.
Bienvenue au village. Ici, c'est le domaine réservé des cadres OCP. Plus loin, plus modeste, le quartier des ouvriers. Un village construit en pierres, mais peu à peu défiguré par ses habitants qui ont commencé à construire des habitations sur deux niveaux, en briques et en ciment.
Le plus impressionnant, c'est qu'au-delà de la gestion, le village a entièrement été construit (puis entretenu) par l'OCP. En plus des habitations prévues au départ pour les ingénieurs européens (d'où le style colonial), le village est muni d'un hôpital pluridisciplinaire relevant de l'office, des clubs et des foyers pour le personnel, une centrale électrique, des stations d'épuration de l'eau, etc. Côté loisirs, toutes les installations se trouvent de ce côté de la ville. Les piscines, les terrains de tennis, de rugby, etc. En tout, l'office sponsorise plus de 32 disciplines sportives dans la ville. Saviez-vous, par exemple, que Khouribga disposait d'un karting, d'un centre pour le dressage de chiens et d'un club de tir ? Rien que cela. Bref, ce côté de Khouribga est peut-être le seul dans tous le pays à avoir essayé une gestion autre que celle (calamiteuse, faut-il le rappeler) des conseils proviciaux et préfectoraux. Y a-t-il des leçons à en tirer ? Certes, beaucoup. Pourquoi est-ce que, par exemple, tout marche bien du côté "privé" de la ville alors que tout stagne de l'autre ? Premier bout de réponse (évident du reste), les moyens financiers de l'OCP. Véritable machine à sous (qui commence à s'essoufler cependant), l'office n'a jamais eu à se plaindre du manque de moyens pour mener à terme ses projets. Mais ce n'est pas tout, puisque de l'aveu même de ce responsable local, "l'OCP verse des subventions conséquentes à plusieurs communes, cela ne les empêche pas d'être à la traîne du développement local. Tout est une affaire de gestion". Voilà, le mot est lâché.
"Quand l'OCP décide d'un investissement, c'est qu'il vient d'abord en réponse à un besoin. Il est validé par les organes concernés et le budget est vite débloqué. Il y a un calendrier d'exécution, des pénalités de retard, un suivi... comme dans une entreprise. Il y a aussi des cadres qualifiés, recrutés selon des profils déterminés et non pour faire plaisir à tel ou tel groupe de pression", commente cet élu local. De l'autre côté, les projets inachevés ne manquent pas. Le plus impressionnant, cette salle couverte qui attend d'être ouverte depuis plus de 10 ans. Idem pour les nombreux travaux de voierie, d'assainissement, etc.
Depuis quelques années, une question taraude les esprits des habitants de Khouribga. Que deviendra leur ville sans l'OCP ? La question est d'autant plus d'actualité que l'office commence à se désengager petit à petit de la gestion du village, et donc de la ville. Toute une partie à été cédée aux habitants et au conseil municipal et son état est tout simplement déplorable. "Regardez autour de vous. Les arbres ont séché, des maisons tombent en ruine, le sol est fissuré", déplore un habitant. Selon de nombreuses sources locales, les trois stations d'épuration d'eau cédées par l'OCP à la ville sont toutes maintenant à l'arrêt, faute d'entretien. Décidément, même vivant côte à côté, nos responsables ne prennent pas le bon exemple. "ça doit être la faute au système", répèteront-ils.

Publié par ocp à 22:20:21 dans OCP la facette positive | Commentaires (1) |

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Colère Royale 






Dès le début 2006, le Palais royal était déjà conscient de la gravité de la situation. En février 2006, Mohammed VI, très en colère, écarte Mourad Chérif, qu'il n'aime guère, de la direction de l'OCP. Le souverain nomme à sa place Mostafa Terrab, rentré d'urgence de Washington où il était un des hauts cadres de la Banque mondiale. On se souvient que Terrab avait été écarté du sérail marocain en 2002, alors qu'il avait brillamment piloté l'appel d'offres de la seconde licence GSM. Son retour est un signal fort.
Quelques mois après son arrivée, le nouveau patron de l'OCP se débarrasse, en septembre 2006, d'un groupe de dirigeants qui aurait été les complices de Mourad Chérif dans des actes délictueux (faux et usage de faux, visas de marchés antidaté, etc...). Une « restructuration », plaide la nouvelle direction, est à l'œuvre, des cadres nouveaux doivent être appelés à l'état-major. En fait, nous indiquent alors des sources proches du Palais, la réalité est plus simple : les pertes étaient considérables du côté des filiales étrangères créées par la direction financière. Les proches du roi s'interrogent notamment sur les conditions de vente à prix cassé de phosphate, la richesse nationale, à une société américaine dirigée par un ancien cadre commercial du groupe...(...)
morceaux choisis par loufice.blogg du livre de Catherine Graciet et Nicolas Beau, qui sort le 7 décembre 2006, aux éditions La découverte

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