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Nouveau accord :Scénario et perspectives | 10 août 2007

OCP : Comment se dessine l'avenir de l'Office ?

Après plusieurs mois d'études, un accord a été signé le 19 juillet dernier entre l'Etat, l'OCP et la CDG pour une grande restructuration de l'OCP. Scénarii et perspectives.

Le reporter 06-08-2007; photo nom publiée avec l'article sur le magazine (Choix loufice.blog) 

L'homme, à la tête aujourd'hui de l'OCP (Office Chérifien des Phosphates), avait occupé avant cela plusieurs grands postes de responsabilité. Membre du groupe de réflexion auprès de feu SM Hassan II, d'avril 1996 à juillet 1999, Mostapha Terrab - puisque c'est de lui qu'il s'agit - avait notamment marqué les esprits lorsque, à la tête du régulateur des télécommunications, l'ANRT, il avait su gérer avec professionnalisme et impartialité l'ouverture du secteur à un deuxième opérateur : en l'occurrence, Meditel.

Ce qui lui avait ensuite valu les portes ouvertes de la Banque mondiale où officia alors en tant que spécialiste de la régulation d'avril 2002 à février 2006.

Depuis le 15 février 2006, il préside aux destinées de cet office - l'OCP - qui gère la première grande richesse minière du pays : les phosphates.

Son premier constat : les dettes de la caisse interne des retraites atteignent 33 milliards de DH. Dettes qui ont servi, durant les années 70 et 80, de trésorerie ou de fonds propres pour soutenir les caisses de l'Etat ou pour renforcer les programmes d'investissement de l'Office.

Mostafa Terrab qui partage l'idée que l'Etat doit contrôler les secteurs stratégiques, s'engage avec le gouvernement pour la mise sur pied d'un plan de restructuration. Il fallait nécessairement externaliser la caisse interne des retraites de l'OCP vers le régime collectif d'allocations de retraites (RCAR) piloté par la CDG. Le projet est soumis en décembre 2006. Le ministère des Finances charge une banque d'affaires d'élaborer une étude. A la lumière de cette étude, les négociations entre les parties durent plusieurs mois. Et puis, le 19 juillet, un accord est signé entre l'Etat, l'OCP et la CDG.

L'accord tripartite prévoit que l'Office participe à cette restructuration à hauteur du tiers du montant requis, soit 11 milliards de DH. Pour sa part, l'Etat apporterait sa participation de façon indirecte, à travers l'annulation de l'impôt sur l'extraction du phosphate qui représente quelque 700 millions de DH par an. Reste la part de la CDG.

Si le montant de sa participation est connu, le 1/3 également, la procédure, elle, n'est pas encore déterminée.

La banque d'affaires JP Morgan a été chargée de proposer des solutions. Plusieurs scénarii sont envisagés. L'un veut que la Caisse prenne participation dans l'une des filiales de l'Office, comme Maroc-Chimie ou Maroc-Phosphore. Selon le deuxième scénario, les deux institutions monteraient ensemble un holding. Tandis que le troisième scénario ouvre la voie à la reconversion de l'institution publique en une société anonyme, où la CDG prendrait participation. Il est cependant bien clair dans l'esprit de tous qu'une éventuelle transformation de l'Office en SA ne signifierait absolument pas qu'il serait sur le chemin de la privatisation.

Une fois le redressement entrepris, une éventuelle entrée en Bourse de l'Office n'est pas à écarter. En effet, l'Office travaille actuellement selon des normes de comptabilité internationales (IFRS) et compte publier son bilan en toute transparence. Une entrée en Bourse à Casablanca et, probablement aussi, simultanément, sur une place financière étrangère, dans 3 à 5 ans, permettrait de dégager des capitaux faramineux qui donneraient à l'Office la possibilité de renforcer ses capacités financières et de gagner des parts du marché mondial.

Marouane Kabbaj

Mis en ligne le 6 août 2007

Publié par ocp à 18:25:26 dans A vous les commentaires | Commentaires (0) |

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Colère Royale 






Dès le début 2006, le Palais royal était déjà conscient de la gravité de la situation. En février 2006, Mohammed VI, très en colère, écarte Mourad Chérif, qu'il n'aime guère, de la direction de l'OCP. Le souverain nomme à sa place Mostafa Terrab, rentré d'urgence de Washington où il était un des hauts cadres de la Banque mondiale. On se souvient que Terrab avait été écarté du sérail marocain en 2002, alors qu'il avait brillamment piloté l'appel d'offres de la seconde licence GSM. Son retour est un signal fort.
Quelques mois après son arrivée, le nouveau patron de l'OCP se débarrasse, en septembre 2006, d'un groupe de dirigeants qui aurait été les complices de Mourad Chérif dans des actes délictueux (faux et usage de faux, visas de marchés antidaté, etc...). Une « restructuration », plaide la nouvelle direction, est à l'œuvre, des cadres nouveaux doivent être appelés à l'état-major. En fait, nous indiquent alors des sources proches du Palais, la réalité est plus simple : les pertes étaient considérables du côté des filiales étrangères créées par la direction financière. Les proches du roi s'interrogent notamment sur les conditions de vente à prix cassé de phosphate, la richesse nationale, à une société américaine dirigée par un ancien cadre commercial du groupe...(...)
morceaux choisis par loufice.blogg du livre de Catherine Graciet et Nicolas Beau, qui sort le 7 décembre 2006, aux éditions La découverte

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