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La séance des questions orales à la Chambre des conseillers a connu un fait rarissime. Le ministre de l'Energie et des mines a refusé de répondre à des questions précises contenues dans l'interpellation faite par le groupe de l'Alliance socialiste, au sujet des audits de l'OCP.
La question du groupe de l'Alliance socialiste date de six mois quand elle fut présentée comme question urgente. Elle sera introduite par les questions «normales», et traite des résultats des deux audits, interne et externe, que l'Office chérifien des phosphates (OCP) avait initiés, suite à une intervention du gouvernement. La question des conseillers, se basant sur des informations et des articles de presse, s'interroge sur l'existence (ou non) de déficits générés par une mauvaise gestion. L'importance de la question est à la hauteur du poids de cette entreprise nationale dans l'économie nationale. Ahmed Rahmouni, au nom du groupe, a demandé au ministre une réponse claire sur la question des audits. «Oui ou non, l'OCP a-t-il subi des audits ? Si oui quels en sont les résultats», a tout simplement demandé le conseiller. Dans sa réponse, le ministre de l'Energie Mohamed Boutaleb s'est contenté de généralités. L'Office a un Conseil d'administration et sa gestion est bonne. Plus, la transparence y règne, soutient encore le ministre qui ajoute que des rapports annuels sont rédigés sur tous les plans, financier et social, notamment.
Un intérêt national
Le seul hic pour le ministre est la problématique des retraites «à la solution de laquelle nous sommes en train d'œuvrer», dira-t-il. Face à la dérobade du ministre, le conseiller de l'Alliance socialiste a usé de son droit de réponse pour insister sur la nature de la question qui cherche à éclairer l'opinion publique. «Est-ce que l'OCP a engagé, oui ou non, monsieur le ministre, des audits et y a-t-il des déficits au niveau de la gestion», martela encore le conseiller. Il versera d'autres éléments à ce dossier, sur la démission de certains directeurs et responsables de l'Office, depuis la dernière nomination d'un président-directeur général, les départs à l'amiable, voire même certains accords passés avec d'anciens responsables leur garantissant l'immunité. L'Alliance socialiste a encore insisté : «Il s'agit d'une institution publique et de deniers publics, c'est pourquoi l'opinion publique est en droit de savoir comment cet Office est-géré.» Cette question urgente de l'Alliance socialiste date du mois de décembre dernier, alors que le gouvernement n'a pas communiqué sur cette question, pourtant d'intérêt national. Le comble a atteint son paroxysme quand le ministre a estimé qu'il n'avait plus rien à dire sur la question, après la deuxième intervention du conseiller. Autrement dit, c'est le refus de répondre qui peut être synonyme de cachotteries ou tout simplement que l'OCP est toujours considéré comme une chasse gardée.
A.D.
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